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79° Régiment d'Infanterie de Forteresse

(79° RIF)






Le 79° Régiment d'Infanterie de Forteresse (RIF), formé à partir du 23° RIF du temps de paix, occupait le sous-secteur de HOFFEN dans la SF de Haguenau.


Temps de paix

Le 79° Régiment d'Infanterie est formé en 1684 sous l'appellation Régiment du Boulonnais et renommé 79° Régiment d'Infanterie en 1790.
Ce 79° RI s'illustre en 1914 - 1918 dans les Flandres, en Champagne et à Verdun avant d'être dissous en 1923.

Notons qu'un 79° RIF aura une courte existence en 1936 à Bitche, issu du 153° RIF.



Mobilisation

Le nouveau 79° RIF, unité de série B, est formé à Altorf du 22 au 25 Aout 1939 à partir d'un noyau du II/23° RIF de temps de paix, au CM 202 de Mutzig (6° Région - Metz) et CM 202 secondaire d'Oberroedern (dépendant de Mutzig). Il est rattaché au dépôt d'infanterie n°202 d'Epinal. Ses 2400 hommes environ sont formés d'un quart d'hommes d'active et de 3/4 de réservistes pour l'essentiel frontaliers.


Devise : "Résiste ou Crève !"


Insigne du 79° RIF



Insigne du 79° RIF


Le régiment occupe le sous-secteur s'étendant initialement de la route Haguenau-Wissembourg à gauche aux lisières de la forêt de Haguenau à droite. Ces limites seront légèrement ajustées ultérieurement. Il prend possession de 13 casemates, 2 abris et un observatoire CORF. Le camp de sûreté associé au régiment est celui de LEITERSWILLER à côté d'Hoffen.

La LPR passe au nord de Hunspach, oblique vers le Sud-Est pour longer les lisières du bois de Hoffen, se poursuit sur la crête au sud d'Aschbach avant d'obliquer plein Sud vers Hatten. Les avant-postes se positionnent dans le prolongement de ceux du 22° RIF, sur une ligne au Sud de Seebach-Trimbach.




Organisation et commandement


Le 79° RIF est un régiment à trois bataillons, qui est commandé à partir du 27 Aout 1939 et pendant toute la durée de la campagne de France par le Lt-Col Charles RETHORE . Il commande aussi le sous-secteur de HOFFEN du SF de HAGUENAU. Le PC de sous-secteur et de régiment est à KUHLENDORF .

- Chef d'Etat-Major : Cdt Denis Roger JODEAU puis Cpt Clovis BOUTRY au repli des II et III/79° RIF
- Commandant de la Cie de Commandement : Lt Jules BOUSQUET

- Médecin chef : Cpt PIGACHE


1° bataillon du 79° RIF - Quartier HUNSPACH, à gauche


- commandant : CB Marie Eugène Maurice HENRY - PC à ?.
- Chef d'EM : Cpt puis Cdt Robert BABAULT. Au départ de celui-ci pour le 22° RIF, il n'est pas précisé par qui il a été remplacé.


- CM1 : Lt Magne PALTHEY
- CM2 : Cpt DUCRUQ jusqu'en avril 1940, puis Lt Joseph TRENDEL
- CM3 : Lt Henri ALLARD
Ces CM sont issues de la CM5 du 23° RIF du temps de paix.

- CEF1: Lt puis Cpt (TT au 21 mai 1940) Alexandre SAYOUR

- CEC3 : Lt DIDIER à la mobilisation puis Lt Raoul LELOUP

- CHR 1 : Lt Robert SCHNEIDER


2° bataillon du 79° RIF - Quartier RITTERSHOFFEN (ou OBERROEDERN selon les sources), à droite


- commandant : CB Emile MACKER - PC au nord de RITTERSHOFFEN .
- Adjoint : ? - commandant la compagnie de commandement


- CM5 : Cpt Maurice MASSANES
- CM6 : Lt Pierre DELIGNIERE. Le CM6 est placée au Nord de Hatten et fait liaison avec le 23° RIF.
- CM7 : Lt Maurice ROHRER puis Lt André IMBONA. Le Lt Raymond JUNG commande les AP en avant de la LPR.
Ces CM sont issues de la CM6 du 23° RIF de temps de paix.

- CEF2: Cpt Maurice RAUCH

- CEC4 : Lt puis Cpt (TT au 01 Février 1940) Pierre QUINET. Le Cpt QUINET devient commandant du quartier au départ du CB MACKER le 14 Juin.

- CHR 2 : Lt Auguste GUNTZBURGER


3° bataillon du 79° RIF - Quartier HOFFEN, au centre


- commandant : Cpt Louis BONNET - PC à l'abri de HOFFEN . Ce bataillon ne comporte que deux CM.
- Adjoint : Lt Aymar NEYCHENS


- CM9 : Cpt Auger CARRIBOU puis Lt Gilbert GEORGES après l'embarquement à Surbourg.
- CM10 : Lt puis Cpt(TT) Michel POTEVIN
Ces CM sont issues de la CM7 du 23° RIF de temps de paix.

- CEF3 : Cpt Raymond MELLOTEE puis Lt LAMOUREUX au départ du premier pour former les troupes polonaises.

- CHR 3 : Lt Pierre DAUGUET puis Lt Edwin AUER


Evolutions de l'organisation


Après mobilisation, seuls les I et II/79° RIF avec leurs CEC sont en première ligne. Le III/79° RIF est positionné en arrière des deux autres, dans la région Hohwiller-Hermerswiller. Ce n'est qu'à partir du 25 Octobre 1939 qu'il s'intercale en 1ère ligne. Les avant-postes sont tenus par rotation de l'une des CM de chacun des 3 bataillons jusqu'à arrivée des troupes de renforcement.

Au départ des II et III/79° RIF le 14 Juin 1940, l'organisation des troupes restées sur place est la suivante :


Commandant du sous-secteur et du I/79° RIF : Cpt HENRY.

Quartier Gauche (HUNSPACH) : Gros du I/79° RIF et CEC3
- Commandant : Lt PALTEY

Quartier Centre (HOFFEN) : Eléments du I/79° RIF et du III/79° RIF restés sur place.
- Commandant : Cpt POTEVIN

Quartier droit (RITTERSHOFEN): CM7 et une section de la CM6 du II/79° RIF et CEC4
- Commandant : Cpt QUINET, qui commande en même temps la 4° CEC.
- Adjoint : Lt MONGIN
- Chef de la CM7 : Lt IMBONA
- Chef des sections d'avant-poste : Lt JUNG




Histoire


D'abord seul sur le sous-secteur, le régiment est renforcé successivement par les 43°, 23° et 16° DI entre la mobilisation et Mai 1940. La période de "drôle de guerre" est calme sur le front, laissant du temps pour l'instruction et la construction de fortifications de campagne additionnelles. Les groupes francs du régiment réalisent régulièrement des patrouilles et coups de main le long de la frontière, sans incidents majeurs.

La situation se tend à partir d'Avril 1940, avec une augmentation des bombardements d'artillerie allemands, essentiellement vers les avant-postes.

- 10 Mai 1940 :
le front s'agite, avec de nombreux passages d'avions ennemis. Le niveau d'alerte est renforcé suite à la nouvelle de l'invasion de la Belgique et des Pays-Bas.

- 14 Mai 1940 :
les allemands entrent en France devant le régiment. Ils occupent toute la forêt de Bas-Mundat, sans pour autant en déboucher. Le détachement de sureté de frontière (II/29° RI de la 16° DI) est replié, en abandonnant les maisons-fortes à la frontière dans le secteur.

- 15 Mai au 13 Juin 1940 :
le secteur retrouve une forme de calme. L'ennemi avance lentement en France, mais se tient à distance des avant-postes. De nombreux incidents de patrouilles et de corps-francs marquent cependant la période, ainsi que des échanges d'artillerie de harcèlement. Devant la dégradation accélérée de la situation du front Nord, la 16° DI est mise en réserve de CA le 22 Mai, puis retirée le 26 Mai 1940. Le régiment reste seul; chaque bataillon renvoie une de ses compagnies occuper les AP devant lui.

- 13 Juin 1940 :
Le Lt-Col RETHORE reçoit l'ordre de quitter la LPR avec les 2/3 de son régiment, dans le cadre de la constitution de la DM REGARD qui doit se transporter par train vers St Dizier. La situation est en effet suffisamment grave sur le front à l'Ouest pour que l'EM veuille récupérer le plus grand nombre de troupes de forteresse pour renforcer le front en Champagne. Le décrochage des troupes d'intervalle et de l'essentiel du 79° RIF est prévu dans la nuit du 13 au 14, mais le train automobile des deux bataillons, aux ordres du Lt HARTMANN, part dés le 13 au soir par la route.

- 14 Juin 1940 :
Au matin du 14 Juin, après le retrait des II et III/79° RIF, et de la compagnie de commandement, il ne reste sur la LPR que le I/79° RIF moins une CM, la CM7 du II/79° RIF et les deux CEC, soit environ 700 hommes commandés par le CB HENRY. Trois trains sont prévus en gares de Walbourg et Surbourg, dont un incluant une partie de l'EM du SFH.
* 1er train : EM du régiment et Cie de commandement, EM du III/79° RIF, la CEF 3 et une section de mitrailleurs du III/79° RIF, soit 380 officiers et hommes, à Walbourg.
* 2ème train : Commandé par le Cpt CARRIBOU, contenant la CHR du III/79° RIF, les CM9 et CM10 du III/79° RIF, et la CM3 du I/79°RIF (Lt ALLARD), 11 officiers et 450 hommes, à Surbourg.
* 3ème train : II/79° RIF - 17 officiers et 640 sous-officiers et hommes, commandés par le CB MACKER.
La première rame, arrivée à 14h, quitte Walbourg à 18h. Les autres suivent beaucoup plus tard.

C'est la dernière fois que le régiment se trouve groupé. Les aléas, perturbations ferroviaires, bombardements, et embouteillages entrainent une dispersion aux quatre-vents des trains du 79° RIF, sans jamais pouvoir se regrouper. De façon plus générale, la DM REGARD dont le régiment devait faire partie n'a jamais eu d'existence réelle.

Parallèlement, le groupement automobile HARTMANN franchit sans encombre la plaine d'Alsace.

* Sur la LPR : le CB HENRY réorganise son front, toujours en trois quartiers (voir plus haut la section "Evolutions de l'organisation").

- 15 Juin 1940 :
* 1er train : le train arrive au matin à St Dié.
* 2ème train : L'embarquement se déroule - enfin - vers 10h le 15 Juin. La rame quitte Surbourg à 15 heures.
* 3ème train : Le détachement MACKER reste toute la matinée sur place à Walbourg et embarque à 14h30 dans une rame faite de wagons à charbon.

* Sur la LPR : la situation du sous-secteur change drastiquement. Les allemands, conscients du retrait des troupes, passent à l'offensive sous forme d'infiltrations et de coups de force locaux avec appui d'artillerie dés 3h du matin. Les AP de la ligne Seebach-Trimbach sont attaqués frontalement, à commencer par celui de GEISTERHOF (Lt MEYNET). Le bloc Est d'Oberseebach est attaqué à son tour. Dans les deux cas, les attaques sont repoussées avec l'aide de l'artillerie d'ouvrage. A 9h30, un coup d'embrasure tue l'AC DAGRENAT à Oberseebach Est, entrainant l'évacuation du blockhaus qui est cependant réoccupé plus tard.

Au nord d'Aschbach les PA8 et 9, surpris par l'attaque, sont neutralisés rapidement vers 4h. Le repli intempestif des éléments du 23° RIF faisant la liaison à droite avec les AP du 79° RIF permet aux allemands de contourner la ligne de PA et d'attaquser vers PA10-11 et 11bis. La chute des PA10 et 11 intervient plus tard dans la journée, suivi par la chute de Stundwiller. Le PA11bis (Lt SCHALL) résiste jusqu'à épuisement de ses munitions et son effectif se replie ensuite sans mal. Le PA7 (Lt MAYER) résiste, toutes tentatives d'approche étant stoppées par l'artillerie.

Dans la soirée la situation est donc la suivante : les PA de gauche du sous-secteur résistent toujours et ceux de droite (CM7-II/79° RIF) sont neutralisés.

Ailleurs : la 7° Armee allemande franchit le Rhin, et le front de la Sarre est percé.

- 16 Juin 1940 :
* Le 1er train du 79° RIF (Groupe RETHORE-BONNET) passe Arches/Epinal vers 6h puis se trouve bloqué à Conflans par un embouteillage de 6 trains devant lui. Les allemands sont à Faverney, à 10 km plus à l'Ouest et à Port-Atelier... Le bataillon débarque donc à Conflans et part à pied vers Luxeuil, à 10km à l'Est, où il se met sous les ordres du groupement DULUC avec une partie du 69° RAMF en provenance de Hoffen. La mission du groupement DULUC est de protéger les arrières de la 7° Armée sur un front Fougerolles-Luxeuil-Lure. La défense de Lure incombe aux éléments du 79° RIF.
* 2ème train : le train CARRIBOU avance très lentement, par sauts de 500 mètres, passant successivement Molsheim, Schirmeck puis allant vers St Dié.
* 3ème train - Groupe MACKER : le train arrive à Schirmeck et stoppe là. Sur la foi d'une information affirmant la coupure de la voie à St Dié, le CB MACKER ordonne le débarquement de ses hommes. Le bataillon est placé sous les ordres du Col REYNAUD (70° RIF, de la 103° DIF, elle-même rattachée au 43° CAF qui se regroupe dans les Vosges). Il doit se positionner à Barembach, à l'Est de la ville. L'ordre est annulé alors que le bataillon arrive à Barembach; il doit revenir à Schirmeck pour embarquer à nouveau et reprendre son voyage. Bombardement de la gare de Schirmeck pendant le rembarquement, et nouveau contrordre : retour à Barembach.

* Le groupe automobile HARTMANN traverse de son côté Besançon in-extremis avant l'arrivée des allemands. C'est la seule partie du 79° RIF qui échappera de-facto à l'emprisonnement, laissant au passage les troupes ferroviaires sans aucun moyen logistique routier, etc. Le groupement ira ainsi jusque dans le Lot-et-Garonne où il livre le Drapeau et les matériels du régiment au CMI 202 replié au même endroit.

* Sur la LPR : Dés le matin, l'attaque reprend après préparation d'artillerie, cette fois-ci vers Oberseebach. Le bloc Est, se défend vigoureusement mais doit être évacué vers 11h. Ses occupants se réfugient au bloc Nord du village. Les casemates entre Hunspach et Oberroedern sont bombardées dans la journée et participent par leurs tirs à interdire les infiltrations autour d'Aschbach. En particulier, le PA7 est attaqué toute la journée mais résiste, pour être replié sur ordre dans la soirée. Une partie de ses défenseurs sera cité à l'ordre de la Brigade.

En fin de journée les allemands sont maintenant au contact de la LPR entre Aschbach et Buhl. L'information de l'arrivée des allemands par l'Ouest à Saverne pousse le commandement du sous-secteur à quitter le PC de KUHLENDORF pour s'installer dans l'abri du BUCHOLZBERG. Parallèlement, le PC du quartier droit est transféré de RITTERSHOFFEN à l'abri de HATTEN.

- 17 Juin 1940 :
* Après une nuit dans un bois au nord de la ville, le groupe RETHORE-BONNET passe la journée à Luxeuil. La CEF3 se positionne sur les entrées de la ville côté Ouest, avec le groupe du 69° RAMF, notamment au pont de Breuches, et les autres éléments s'installent au Nord et au Sud de la ville, renforcés par un détachement de chars du 29° BC. La journée est passée à bâtir les défenses.
* 2ème train : le train arrive à St Dié et progresse toujours très lentement.
* Groupe MACKER : Il reçoit l'ordre de se positionner à Grendelbruch (12km N-E de Schirmeck), ordre annulé quelques heures plus tard... Retour à Barembach.

* Sur la LPR : la journée est plus calme, les allemands consolidant leurs positions.

- 18 Juin 1940 :
* Groupe RETHORE-BONNET : Les allemands, qui remontent de Vesoul, attaquent le bouchon de St Sauveur, au sud de la ville et celui du pont de Breuches dés 5h. Le bouchon Nord de la ville est bientôt encerclé et capturé. Les PA ouest de la ville sont pris dans la matinée et les combats se déplacent dans la ville. Le groupement se replie alors vers Breuchotte puis Faucogney en menant des combats de retardement. Les restes du groupement arrivent à Faucogney dans la nuit du 18 au 19.
* 2ème train : le train CARRIBOU passe Bruyères et stationne la nuit du 18 au 19 à Lepange entre St Dié et Epinal.
* Groupe MACKER : l'ordre de se déplacer à Grendelbruch est enfin confirmé fermement. Le bataillon n'y reste même pas la journée, car l'ordre de revenir à Schirmeck tombe à 17h. Les routes étant gravement encombrées, le bataillon revient au point de départ par les pistes de forêt...

* Sur la LPR : Reprise des attaques vers les AP au nord dés le matin (Geitershof et Oberseebach). L'effort porte sur les AP4, 5 et 5bis. Seul l'AP5 est neutralisé et pris. La situation isolée des avant-postes encore actifs entraine cependant la décision de leur repli sur la LPR, repli qui intervient dans la nuit du 18 au 19. La journée est mise à profit pour renforcer les défenses vers l'arrière (Sud-Ouest et Sud), et reste relativement calme face au quartier Rittershoffen / Oberroedern.

- 19 Juin 1940 :
* Groupe RETHORE-BONNET : combats à Faucogney, soutenus par des pièces du 69° RAMF. A 21h, le pont du village est détruit. Le temps gagné à Faucogney permet de préparer une nouvelle ligne de défense au col des Fourches, au dessus de Rupt, avec liaison avec le 168° RIF qui est au fort de Rupt. Un nouveau repli vers cette position est organisé, toujours au contact de l'ennemi.
* 2ème train : le Cpt CARRIBOU réussit à joindre le commandement qui lui demande de se mettre à disposition de la défense de Remiremont (Col CLAUDEL). Le trais arrive péniblement à Arches, entre Remiremont et Epinal, et le groupe débarque pour prendre le chemin de la ville. Alors que l'ennemi est annoncé à Plombières, 12 km à l'Ouest de Remiremont, les CM du groupe CARRIBOU prennent position vers l'Ouest et le Nord de Remiremont. Le 3ème CM se concentre autour du pont sur la Moselle.
* Groupe MACKER : le bataillon reste immobilisé à Schirmeck.

* Sur la LPR : les destructions en avant de la station de Hunspach sont activées. Des plénipotentiaires allemands arrivant d'Oberseebach sont renvoyés. Dans la soirée, une première attaque d'infanterie importante vers les casemates d'Aschbach et d'Oberroedern est repoussée grace à l'artillerie. Une compagnie du 81° BCP est mise à disposition du 79° RIF par le 23° RIF pour renforcer les arrières du sous-secteur vers l'Ouest.

- 20 Juin 1940 :
* Groupe RETHORE-BONNET : le groupe se maintient sur la rive Ouest de la Moselle jusque vers 15h. Le Thillot au sud et Remiremont au Nord sont déjà atteints, ce qui rend la position intenable. Un dernier repli est organisé vers la crête à l'est de la vallée de Moselle. Au passage le 69° RAMF vide ses munitions sur un groupement blindé allemand débouchant du col des Fourches. Les quelques dizaines d'hommes du groupe se replient vers Saulx et le col du Rhamné, rejoignant les restes du Groupement DULUC.
* Groupe CARRIBOU : le 20 au matin les allemands sont au contact et bombardent les positions et le fort de Parmont qui surplombe la ville. La défense tient ainsi toute la journée.
* Groupe MACKER : pendant ce temps là le bataillon attend toujours autour de Schirmeck...

* Sur la LPR: L'attaque sur les casemates de la CEC4 est préparée durant la journée par des tirs tendus d'artillerie sur les cloches des blocs, qui sont endommagées l'une après l'autre. La casemate d'OBERROEDERN Nord est la plus touchée, et celles du bois de Hoffen voient leurs communications coupées. Une partie de la CHR du régiment se volatilise dans la nature à Hoffen.

C'est suivi entre 17h00 et 18h15 par un bombardement par stuka des casemates puis des tirs de fumigènes. La casemate d'OBERROEDERN Nord est touchée par 4 bombes, dont une dans le fossé de la chambre de tir Ouest. L'abri de HOFFEN est endommagé par des bombes, une porte arrachée, l'étage inférieur percé et son puits crevé. Le Cpt QUINET fait évacuer les non combattants de l'abri et change de PC pour une boite de coupure au Nord de Rittershoffen. Le Sgt DELSART est tué par un projectile dans la cloche de la casemate d'OBERROEDERN Sud. A 18h15, les stosstruppen passent à l'action, en priorité contre OBERROEDERN Nord. La défense s'en fait à bout portant, quasiment au corps à corps, avec l'appui des casemates mitoyennes. L'attaque est finalement repoussée avec de lourdes pertes allemandes, avec l'aide déterminante des tourelles du SCHOENENBOURG. Une autre attaque se développe dans le vallon entre les deux casemates d'ASCHBACH, elle même repoussée par les tirs de casemates. Le Sgt-C KERNEIS est cependant tué à son poste de combat dans son bloc MOM entre les deux casemates. D'autres pertes sont à déplorer dans les blocs MOM entre les casemates d'ASCHBACH et du bois d'HOFFEN. En début de nuit, le Cpt QUINET retrouve avec son EM l'ancien PC de bataillon à Rittershoffen.

- 21 Juin 1940 :
* Groupe CARRIBOU : le 21 l'ordre est donné de se replier vers Gérardmer. Ce repli se passe au contact de l'ennemi, ce qui rend les choses difficiles et oblige à laisser une partie du matériel sur place. En fin de journée, il reste moins de deux compagnies en effectif, sous-équipées qui plus est.

* Sur la LPR : les allemands sont sur les arrières du sous-secteur. Hermeswiller est pris, permettant de prendre à revers les défenseurs (81° BCP) du fossé AC Hohwiller-Kuhlendorf. Les liaisons avec Rittershoffen sont perdues par suite de la reddition de l'unité de Génie (206/2) défendant le village et Leiterswiller semble pris. Les casemates entre Hoffen et Seltz continuent à être bombardées tant par l'artillerie que par l'aviation, sans attaque d'infanterie cependant. Le Cpt QUINET quitte son PC de Rittershoffen, menacé, pour s'installer dans l'abri de HATTEN.

- 22 Juin 1940 :
* Groupe RETHORE-BONNET : toujours encerclé, mais ne subissant aucunes attaques, le groupe voit ses vivres baisser dangereusement.
* Groupe CARRIBOU : il devient clair qu'il est impossible d'atteindre Gérardmer, déjà attaqué par les allemands par l'Est. Le groupe CARRIBOU change donc ses plans et oblique plein Nord vers Bruyères, à travers bois où les unités seront encerclées et capturées entre Réhaupal et Jussarupt. Séparé de ses troupes et manquant de justesse d'être capturé par une colonne allemande vers Granges sur Vologne, le Cpt CARRIBOU part avec le soldat CHARLANNE vers Chaumont puis vers la zone libre après l'armistice. Il arrivera à Toulouse le 10 Juillet.
* Groupe MACKER : le II/79° RIF quitte Schirmeck pour prendre position plus haut en vallée de la Bruche, entre les Quelles et la MF de Bambois, au Sud-Ouest de Schirmeck. Le bataillon restera là sans voir l'ennemi ni combattre jusqu'au 23 Juin. L'unité se rend sur ordre du 43° CAF dont elle dépend et dont elle n'a jamais vu la couleur car celui-ci est encerclé plus au Nord autour du Donon. Le bataillon part en captivité sans avoir combattu.

* Sur la LPR : journée plus calme, uniquement marquée par les bombardements de la LPR en provenance de l'avant ET de l'arrière. Tentatives d'attaques vers Hatten, repoussées.

- 23-24 Juin 1940 :
Une tentative allemande entre Schoenenbourg et le Bucholzberg est repoussée le 23. Les casemates de Hunspach repoussent aussi des tentatives d'infiltration le même jour. Au total, les bombardements baissent progressivement en intensité sur la LPR. Le clocher de Schoenenbourg est incendié le 24.

- 25 Juin 1940 :
Cessez-le-feu à 0h35 heure française.
* Groupement RETHORE-BONNET : Les restes du 79° RIF sont toujours encerclés dans la forêt sur le plateau de Longegoutte - entre Rupt et Saulxures. Le Col DULUC et Lt-Col RETHORE négocient la reddition et le départ en captivité.
* Sur la LPR : Le cessez-le-feu n'est effectif qu'à 1h30 suite à de derniers combats d'infiltration autour du bois d'Hoffen. Les troupes françaises restent en position en attendant les instructions du SFH et du GQG.

- 26 Juin au 2 Juillet 1940 :
Le front reste calme et rigoureusement figé aux positions du 25. Le SFH reçoit l'émissaire du GQG qui transmet l'ordre de reddition à l'ennemi. Les unités rendent les casemates et positions le 2 Juillet 1940 et sont accompagnées à Haguenau où leur captivité débute. Ceci marque la fin du 79° RIF.



Sources : Archives SHD - Carton 34 N 92 : historiques du 79° RIF, ordres de bataille et rapports d'officiers ; "Hommes et Ouvrages de la ligne Maginot", J-Y Mary, A. Hohnadel, et coauteurs Tomes 1 à 3 ; "200 km de béton et d'acier - la ligne Maginot en Alsace"; J-B Wahl.

Rédaction : Jean-Michel Jolas - 02/2017 © wikimaginot.eu


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