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BAMBIDERSTROFF Sud - C71

( Casemate d'infanterie )






Informations générales



Secteur fortifié

Sous secteur

Quartier

Statut

SFFA - SF Faulquemont

Steinbesch ( Zimming )

Verifié


Maitre d'ouvrage

Constructeur

Plan type


MIL - CORF

Entreprises civiles


Commune

Lieu-dit

Coordonnées

BAMBIDERSTROFF (57690)

6.608983 - 49.107658 (WGS 84)




Cartographie




La localisation sur carte et photo aérienne vous est proposée grace à Géoportail et l'IGN
Vous pouvez changer de fiche directement depuis la cartographie en cliquant sur les icones représentées .




Notes et informations




ARMEMENT, Infanterie


-1 Cloche GFM type B
-2 Cloches pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31
-2 créneaux pour FM 24/29 de défense rapprochée
-2 Goulottes lance-grenades

Pas de moyen de défense anti-char en état de combattre.

NB: Suite à une inspection du Général Laure, la casemate Bambi-sud reçoit fin mars, début avril 1940, deux armes-mixtes. Ces armes ne seront pas installées et resteront stockées dans le fossé Diamant.


Note n° :20184

CONSTRUCTION, Mission, ou Fonction de l'objet


Mission de la Casemate : Appui réciproque et flanquement en direction de la Casemate d'Einseling-Nord, Bambi-Nord et Petit Ouvrage du Bambesch.


Note n° :20190

DENOMINATION, Dénomination officielle


Casemate C 71


Note n° :11740

EFFECTIF, Commandement et/ou unité


L'équipage de la casemate est originaire du 156°RIF

-Chef de Casemate : Lieutenant VEIDT
-Sergent-Chef : Yves Senamaud
-Caporal-Chef : Gambotti (qui est corse)
-Caporal-Chef : ? (Nom inconnu, mais le caporal est originaire de Mesnil-Sur-Oger, dans la Marne)
-Effectif théorique de 18 hommes.


Note n° :20186

EQUIPEMENT, Divers


En avril 1940, un char FT-17 équipé d'un canon de 37mm est venu s'embosser entre la casemate Bambi-nord et Bambi-sud.
Le chef de char est un jeune Maréchal-des-Logis, considéré selon le chef de la casemate Bambi-sud comme ''Certainement compétent et au demeurant très sympathique, plein de courage et de bonne volonté''.


Note n° :20185

EQUIPEMENT, Electrique


L'électricité est produite par un groupe électrogène à moteur Diesel CLM type 1PJ 65.
Elle est utilisée pour l'éclairage, la ventilation et le pompage de l'eau du puit


Note n° :20188

ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle


La Casemate est loué à un particulier, membre du milieu Maginot.


Note n° :20189

HISTORIQUE, Chronologie


Mardi 11 Juin 1940 - Bambiderstroff :
Les Allemands annoncent qu'ils vont faire leur entrée dans Paris ...

Mercredi 12 juin 1940 - Bambiderstroff :
Attaque allemande dans la trouée de la Sarre, en direction de Sarralbe ?
La T.S.F. française ne dément pas l'entrée des troupes allemandes dans Paris.
Le Char F.T. nous quitte pour rejoindre son unité. Je le regarde s'éloigner, toujours guidé par son "cornac". Le ridicule ....
Le Lieutenant VEIT nous réunit avec DUCOS pour faire le point. C'est pénible

*Témoignage Yves Senamaud


Note n° :20191

Jeudi 13 Juin 1940 - Bambiderstroff :

Vers sept heures du matin, le Sergent-Chef DUCOS m'appelle :
-" SENAMAUD, ils sont partis... "
ILS, ce sont les Troupes d'Intervalles...
Partis, sans nous prévenir,cela me parait impossible. Pourtant il faut bien se rendre à l'évidence : Les Intervalles ont décroché à l'anglaise.

Rien ne nous permet d'expliquer un départ aussi précipité, et l'inspection de leur tranchées ou abris ne nous apporte aucun élément nouveau.

Le Lieutenant VEIT nous rejoint. Nous nous efforçons de comprendre. Comme nous ne pouvons admettre un repli aussi insolite, il nous faut une explication...
Nous nous "cramponnons" à l'idée des les Intervalles sont partis vers l'arrière pour organiser une ligne de résistance dans le but d'éviter que les Allemands ne nous prennent à revers.

"Ce que nous ne savons pas, c'est que les troupes du Général Oskar VOGL, sont passées par la trouée de la Sarre, derrière la 95eme ID du Général Six von ARNIN, pour se rabattre derrière le Secteur Fortifié de Faulquemont".

Le Lieutenant VEIT part à l'EINSELING pour rencontrer le Lieutenant VAILLANT. De mon côté je vais au BAMBESCH, où le Lieutenant PASTRE et le Sous-lieutenant REGIS sont, comme nous, très perplexes sur ce "décrochage", dont, eux aussi, n'ont pas eu connaissance.
Le Sous-lieutenant REGIS croit que très bientôt nous recevrons l'ordre de résister "jusqu'au bout"

De son entrevue avec le Lieutenant VAILLANT, le Lieutenant VEIT ne rapporte rien de concret. Personne ne parait avoir été mis au courant de ce repli singulier.
Nous nous réunissons avec DUCOS et décidons de ne rien changer à la vie des équipages, mais d'être très attentifs.
Je soulève le problème des 2.500 coups de 25, stockés dans l'amorce de tranchée, et des canons qui sont toujours en caisses dans le Fossé Diamant. Aucune solution n'est trouvée.

Pour nous couvrir la nuit, nous décidons de doubler les sentinelles à l'extérieur des Casemates.

*Témoignage Yves Senamaud


Note n° :20192

Vendredi 14 Juin 1940 - Bambiderstroff:

La nuit,comme toujours depuis le 3 septembre1939, a été calme. Aux premières nouvelles, les allemands annoncent triomphalement qu'ils vont faire, aujourd'hui,leur entrée dans PARIS.
La T.S.F. française confirme...

Il fait un temps superbe..

Le lieutenant VEIT et le lieutenant VAILLANT vont déjeuner dans un P.C. dont j'ai oublié le nom. A son retour il rapportera être des renseignements précis sur ce que sera notre prochaine mission.

En fin d'après-midi,un motard apporte un pli URGENT ET SECRET.

C'est l'ORDRE DE SABOTAGE ET DE DECROCHAGE DES CASEMATES ET OUVRAGES CORF.

Je crois me rappeler qu'il portait le n° II.985/3/5. Il émane du Général DE GIRVAL, commandant le Secteur Fortifié de Faulquemont, je ne me souviens plus s'il était signé par le général ou pour ordre.

Cet ordre, qui m'avait été remis par le lieutenant VEIT,j e l'ai gardé par devers moi jusqu'en 1960, année où il a disparu avec mon bureau lors du tremblement de terre d'AGADIR du 29 février.

Cet ordre prescrivait, je cite de mémoire:
-que les équipages de casemates CORF décrocheraient,après avoir saboté leurs installationset matériels, le 15 JUIN 1940 à 22 heures.Ils seraient recueillis, en principe,par le G.R.C.A.
Un manuel du"parfait petit saboteur" était joint à cet ordre...

-que les équipages des ouvrages CORF décrocheraient,après avoir saboté leurs installationset matériels, le 17 JUIN 1940 à 22 heures.

Avec Paul DUCOS,nous nous réunissons avec le lieutenant VEIT afin d'étudier en détailcet ordre qui nous bouleverse. Nous pensons sans trop y croire qu'un contrordre va nous parvenir qui remettra les choses en l'état,c'est-à-dire de résister sur place.
Si cet ordre est exécuté tel qu'il est rédigé,il ne fait alors aucun doute pour nous que cela va tourner à la catastrophe.

*Témoignage Yves Senamaud


Note n° :20193

En effet nous observons que:

-Notre décrochage va créer un trou béant dans le dispositif et causer inévitablement d'énormes difficultés supplémentaires aux P.O. du BAMBESCH et de l'EINSELING. J'ai dit alors que rien n'empêcherait les allemands de pousser un canon à tir rapide à BAMBI-NORD et "d'allumer" le BLOC SUD du BAMBESCH jusqu'à ce que le créneau saute....C'est en gros ce qui s'est passé 5 jours après notre départ....

-Il n'y a pas d'illusion à se faire: nous ne serons jamais recueillis par le G.R.C.A. Le terme "en principe" employé dans l'ordre est très clair...

-Nous ne sommes ni équipés, ni armés, ni formés pour pouvoir affronter avec un minimum de chances de succès le moindre petit accrochage en route.

-Quatre jours après notre départ,nous n'aurons PLUS de ravitaillement...

-Les équipages des ouvrages CORF seront dans l'impossibilité de décrocher le 17 juin. Par intuition nous pressentons que les allemands vont boucler les arriéres de la Ligne. Dans 48 heures les allemands seront au contact et les équipages d'ouvrage n'auront plus que l'espoir de pouvoir tenir jusqu'à un armistice inévitable.

Nous reprenons contact avec l'EINSELING et le BAMBESCH pour essayer à nouveau d'obtenir un contrordre en nous appuyant sur le fait,qui ne sera pas démenti,que seule la ligne C.O.R.F. intacte permettra d'opposer une défense cohérente aux allemands.
Tous sont d'accord, y compris le KERFENT et LAUDREFANG,qui sont intervenus de leur coté, mais ,très vite,nous nous apercevrons que l'ordre de décrochage ne sera pas rapporté.
Le sergent-chef DUCOS ,avec son bon sens habituel,résume la situation en me disant:"SENAMAUD,c'est râpé".....
Mais il est juste de reconnaître que tous les équipages,et cela est bien normal, sont atteints d'AGORAPHOBIE. Ils ont été formés pour le béton et ne peuvent se battre efficacement que dans la Forteresse. Essayez,pour voir,de faire combattre à l'air libre un équipage de sous-mariniers et vous verrez le résultat. Ce n'est pas pour rien que dans la Marine il a été créé
un corps de fusiliers-marins......

Les nouvelles captées dans la soirée sont de plus en plus pessimistes quand la source est française. Par contre si l'on écoute les allemands,d'après eux,ils sont maîtres de toute la FRANCE;Ils le font savoir à grands coups de gueule et de
déchaînement de musique militaire. Le moral en prend un grand coup...

Vers 22 heures,de grandes lueurs d'incendie apparaissent dans la région des Avants-Postes, devant le petit ouvrage du KERFENT.

*Témoignage Yves Senamaud


Note n° :20194

Samedi 15 Juin 1940

Les dés sont jetés. L'ordre de décrochage des Casemates du Secteur Fortifié de Faulquemont est maintenu.
Après avoir procédé à la destruction des matériels ,les équipages quittent les Casemates à 22 heures. En principe nous devons être recueillis par le G.R.D.I. Rien,évidement.....
A mon avis cet ordre aberrant sera responsable de la chute des petits ouvrages. La 1ére Armée du général Von WITZLEBEN a pu manoeuvrer sans risque et sans gloire.
Avec Paul DUCOS nous nous jurons que nous ne serons jamais prisonniers. Avec beaucoup de chance,c'est ce qui est arrivé.
Il nous faut prévenir les équipages ,ce qui ne posera aucun problème particulier : en Casemate, nous vivons cote à cote, et les secrets seront toujours des secrets de Polichinelle.
Très vite,les Caporaux-Chefs font préparer les équipements, l'armement ainsi que trois jours de vivres.
En ce qui concerne l'armement,nous emporterons:
-pour BAMBI-NORD: 1 F-M ,cartouches, grenades, armes de poing.
-pour BAMBI-SUD: 2 F-M,cartouches,grenades, armes de poing.
Les F-M prévus pour la fortification n'ont ni bi-pieds, ni bretelles. GAMBOTTI improvise et prévoit des musettes pour les chargeurs.
La destruction commence,ce n'est pas aussi simple qu'il y parait. Comme nous n'avons pas de masse ,nous nous servons des canons de mitrailleuse. Casser, brûler, déchirer, combler les fosses septiques avec des vivres, des cartouches, des pièces de mitrailleuse, etc...
Tout cela est dérisoire et très vite nous comprendrons que nous n'arriverons jamais à tout détruire.

A BAMBIDERSTROFF-SUD, j'ai un problème particulier avec la destruction des 2500 coups de 25 et des 2 canons. Une équipe s'emploie au dessertissage de ces obus. La poudre est recueillie dans des sacs, mais très rapidement malgré les précautions prises,nous marcherons sur la poudre au risque de provoquer des explosions en chaîne. Pour les canons de 25,ils sont d'une solidité à toute épreuve et les 2 hommes qui s'acharnent dessus n'arrivent à rien.
La rage de détruire....
Le lieutenant PASTRE et le sous-lieutenant REGIS viennent nous faire leurs adieux. Je les sens consternés par ce "carnage". A cet instant ils pensent certainement que leur tour va arriver demain.
Nous nous saluons une dernière fois ,sans pouvoir parler.

Le lieutenant VEIT me fait part de son intention de préserver le P.C. , afin que les allemands voient comme nous étions bien installés??
C'est vrai que ce P.C. était bien organisé, c'est également vrai que nous y avons passé des heures agréables, mais d'ici à LEUR laisser en l'état comme le suggère le lieutenant ,c'est autre chose. D'ailleurs nous n'aurons pas à nous interroger longuement, METZINGER frappe, entre, prend mon poste de T.S.F. et l'écrase par terre. C'est fini pour les états d'âme.....
Ensuite ce seront les dossiers, les photos, les objets personnels, enfin tout ce qui peut être accumulé en une année dans ce qui fut notre maison.

*Témoignage Yves Senamaud


Note n° :20195

J'ai décidé qu'au moment du départ,avec ma réserve d'essence,j'essaierai de faire sauter ce que nous n'aurons pas pu détruire. A cet effet METZINGER prépare un relais avec des bandes molletières que nous imprégnerons d'essence. Au préalable,le moteur sera mis en marche après avoir été vidangé et les réserves de gasoil ouvertes.
Le sergent-chef DUCOS procédera de la même façon à BAMBI-NORD. Cette méthode de sabotage est prévue dans les consignes reçues: un incendie de plus ou de moins ne changera rien aux déductions des allemands sur le décrochage de la Ligne.
C'est terminé. Ensemble, nous mangeons je ne sais pas quoi. Un vrai repas d'enterrement...

Maintenant il faut s'équiper. Je me rappelle avoir mis une veste en gabardine toute neuve, coupée par DELPECH,de quoi "crever de chaleur"
Je vérifie le pistolet STAR qui me vient de mon père,ancien commandant de la 5éme compagnie du 43 éme R.I. en 14/18,pendant que GAMBOTTI rassemble l'équipage à l'extérieur des barbelés.
Avec METZINGER nous mettons le moteur en marche,vidangeons le carter et ouvrons les réserves de gasoil qui s'écoulent dans les caniveaux. Je trempe le relais de bandes molletières
dans l'essence. Nous le déroulons avec précaution;l'extrémité est passée dans le judas de la porte étanche que nous verrouillons.
J'allume....

Nous partons...Vers où???

Tout en marchant aux cotés du Lieutenant VEIT et de Paul DUCOS,je fais mentalement un retour en arrière sur ce qui a été notre vie et nos espoirs depuis septembre 1939.
C'est le silence...
Après une heure de marche nous apercevons des flammes sur les BAMBI. Je suis soulagé,la destruction des Casemates aura été totale.

Nous allons vers un rendez-vous où personne ne nous attend..
Incapable de prendre la moindre initiative,je marche mécaniquement. Je suis complètement démoralisé....

*Témoignage Yves Senamaud


Note n° :20196

Dimanche 16 Juin 1940: Bois de REMILLY KM15


Vers 4 heures du matin nous arrêtons notre marche dans les bois de REMILLY.
La colonne du Lieutenant MORETTE,qui comprend les équipages des Casemates de l'EINSELING et des QUATRE-VENTS,nous a rejoint.
Bien entendu le G.R.C.A. n'est pas au rendez-vous,ce qui n'est pas pour me surprendre.
L'Etat-Major du Secteur Fortifié de FAULQUEMONT n'a pas ,lui non plus,jugé utile d'envoyer un officier en observateur.
Mais pourquoi s'en étonner ,c'est dans la logique des choses,mais cela ajoute un peu plus à ma tristesse.

Le Sergent-Chef DUCOS ,toujours en très grande forme,part aux nouvelles avec le Lieutenant VEIT.DUCOS a ceci de particulier qu'il avale les mauvaises nouvelles sans "contraction d'estomac".Il poussera même une reconnaissance à bicyclette dans la région d'HERNY.
Etant tombé sur une patrouille allemande,cette initiative faillit très mal tourner.

Nous ne pouvons continuer à tourner en rond. Il faut prendre une décision avant la nuit.
Le lieutenant VEIT décide de partir en tête,avec le Sergent-Chef DUCOS,le médecin auxiliaire VITTON et l'équipage de BAMBI-NORD.
Cette solution ne me parait pas être la bonne. Je m'exprime. Mais les ordres sont les ordres..
Paul DUCOS qui sent mon désarroi,me réconforte et essaie de me persuader que tout se passera bien.

BAMBI-NORD est parti,maintenant c'est notre tour. Notre avance est très lente;la cause en
est les trop grandes précautions que nous prenons pour progresser.

*Témoignage Yves Senamaud


Note n° :20197

Le groupe Gambotti sera malheureusement capturé par les allemands, Yves Senamaud, dans son témoignage, note que :

Je veux revenir sur cet espèce de coup de main qui a permis aux allemands de capturer le groupe GAMBOTTI.
A l'évidence,et compte tenu de la façon dont ils ont opéré,il faut bien admettre que les allemands étaient renseignés.
Trois hypothèses peuvent être envisagées:

-imprudence d'un ou de plusieurs homes du groupe GAMBOTTI qui,étant sortis du bois,ont été repérés par un observatoire. Très plausible,d'autant que la faim a pu pousser ces hommes à chercher du ravitaillement.

-dénonciation:la cupidité,cela existe.....

-dans son livre "on a livré la ligne Maginot",page 47,ROGER BRUGE raconte comment la colonne MORETTE a été amenée à la reddition le 22 Juin 1940 à 17h30 à la ferme SALIVAL.
Or le groupe GAMBOTTI a été capturé le 23 Juin 1940 vers 10 heures du matin à une quinzaine de kilomètres de la ferme SALIVAL.
Une indiscrétion,une erreur ont pu alerter les allemands ce qui les aurait inciter à envoyer une patrouille en reconnaissance avec mission de nous neutraliser.
J'ai tendance à privilégier cette version.

*Yves Senamaud


Note n° :20198

Après un très long périple d'environ 350KM, Senamaud et une partie de ses camarades arriveront à la zone libre et de ce fait, ne passeront pas le reste de la guerre en captivité.


Mercredi 3 juillet 1940 LA LOUE ,LA ROUTE BLANCHE/LA LIGNE DE DEMARCATION/LONS LE SAULNIER KM 52 total KM 350


Le jour n'est pas encore levé quand le passeur nous réveille.
Sans un mot,nous marchons,morts de peur à l'idée que tout peut encore "foirer"...
Voici la LOUE ,magnifique rivière à truites. L'eau est glacée.
C'est au sud de LE LOYE,à l'endroit où la LOUE fait de nombreux méandres,et en direction de NEVY-LES-DOLE que nous avons du la traverser. Matin radieux....

Avant d'arriver à la berge, notre passeur s'arrête et annonce:
La ROUTE BLANCHE,LA ROUTE DE GENEVE:c'est la LIGNE de DEMARCATION.
Dès que vous l'aurez franchie,vous serez en ZONE LIBRE.
Je vous souhaite bonne chance. C'est la dernière fois que je fais le passeur,cela va devenir trop dangereux.....
Nous nous étreignons.
Nos oreilles bourdonnent,nos muscles sont tendus à craquer...
Nous bondissons ,nous courons,nous sommes passés,nous tombons dans les bras l'un de l'autre.....

CA Y EST ...

Nous dégageons au pas de gymnastique et , à bout de souffle, nous nous laissons tomber dans un fossé de la nationale 475.
LIBRES ET HEUREUX.....

Un camion de "la vache qui rit" s'arrête .Il nous emmènera à LONS-LE-SAULNIER.


Note n° :20199

Jeudi 4 Juillet 1940 BOURG EN BRESSE KM 61 total KM 411


Maintenant c'est de la routine. Pour nous dégourdir les jambes,nous marchons un peu sur la nationale 83, mais nous ne manquerons pas d'arrêter le premier véhicule qui ,sur notre bonne mine,nous amènera à BOURG-EN-BRESSE.

C'est ce qui se produit, avec en prime le "tuyau" qu'en se présentant à la préfecture de BOURG,nous obtiendrons un billet de chemin de fer pour notre lieu de destination.

Effectivement,ça marche. Un brave fonctionnaire,qui se plaint d'être seul,abandonné de tous, nous délivre un ORDRE de REQUISITION pour PAU et LIMOGES...... Il ne nous reste plus qu'à trouver une chambre à proximité de la gare,ce qui est facile.

Le soir, nous nous offrirons un repas au Restaurant......

Vendredi 5 Juillet 1940 LYON ROANNE KM 159 total KM 570

Notre prochain train part de LYON-VAISE. En l'attendant nous nous promenons le long des berges de la SAONE où nous assistons à l'arrivée d'un PANZER. Très impressionnant....
Déjà des filles tournent autour des chars..;Ce seront sans doute les mêmes que nous retrouverons en 1944, accrochées aux tourelles des chars de la 1ére Armée Française.....

Mauvaise nouvelle : notre train ne va que jusqu'à ROANNE. Il nous faudra faire, à pied, ROANNE-SAINT GERMAIN DES FOSSES. C'est tout juste si nous ne protestons pas...
A ROANNE, le chef de gare est pris à partie sous l'oeil goguenard de soldats allemands attardés dans la région.
Il ne nous reste plus qu'à partir,une nouvelle fois, pour une marche de 67 kilomètres.

Mais il fait si beau,et comme il fait bon vivre dans ce BOURBONNAIS.........

NOTE de L'AUTEUR:
PAUL DUCOS a continué la guerre à la D.F.L.,et a été blessé dans la région de VESOUL (?)

En ce qui me concerne, j'ai rejoint la SYRIE et l'AFRIQUE du NORD chez les TIRAILLEURS et les GOUMIERS.

*Témoignage Yves Senamaud


Note n° :20200

SOURCES, Bibliographie ou documents de réference


Témoignage écrit du Sergent-Chef Yves Sanamaud.


Note n° :20187

''On a livré la ligne Maginot'' Roger Bruge


Note n° :20201







Photos actuelles



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Ligne Maginot - Casemate de Bambiderstroff Sud - détail de la partie supérieure de la casemate réalisée style toiture 2 pans, afin de dévier un bombardement vertical
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