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VERSOYEN (Barrage Rapide du)

( Casemate d'infanterie )









Secteur Fortifié
SFS - SF Savoie

Sous Secteur
Tarentaise

Quartier

Maître d'ouvrage
MIL - CORF

Constructeur
MOM

Année
1937

Commune
BOURG SAINT MAURICE (73700)

Lieu-dit / Parcelle

Coordonnées
45.626981 - 6.786102

Validité information
Disparu

Niveau de réalisation en 1940

Etat actuel





Notes et informations



CONSTRUCTION, Description


Cet ouvrage monobloc de protection inférieure à 1 se composait d'un bloc anti-char et d'une barrière rapide destinée à verrouiller la RN 90 venant d'Italie.

L'ensemble etait de construction similaire au barrage rapide de Montgenévre


L'ouvrage disposait d'un créneau JM/AC 47 prenant d'enfilade la RN90 et un créneau pour un jumelage de FM (information à prendre sous réserves car tous les documents font référence à un jumelage mitrailleuses) prenant d'enfilade la barrière rapide et le terrain en avant du tronçon non construit du fossé antichar.

Ce créneau de flanquement de barrière souffrait en outre de la gêne occasionnée par les constructions de l'autre côté de la route et des angles morts de terrain et de boisement. Il a été cependant considéré un temps de l'équiper d'un canon de 25mm (arme mixte ?).

La défense rapprochée est assurée par quatre créneaux FM et quatre goulottes à grenades.


CONSTRUCTION, Mission, ou Fonction de l'objet


Interdiction de la RN 90 venant d'Italie et défense du fossé anti-char du Versoyen.


EFFECTIF, Commandement et/ou unité


L'équipage était composé de 12 hommes du 70e BAF placés sous le commandement de l'Adj. Bernard.


EQUIPEMENT, Electrique


L'installation électrique était alimentée par le réseau civil.
L'éclairage était doublé par des lampes à pétrole.


EQUIPEMENT, Hydraulique


La casemate était alimentée en eau par une source


EQUIPEMENT, Ventilation


Le blockhaus n'était pas équipé contre les gaz de combat et ne pouvait pas être modifié pour l'être. C'est une des raisons mises en avant - avec les angles morts sérieux de son jumelage de protection de barrière - pour construire l'ouvrage du CHATELARD en arrière de celui-ci.

Source : SHD - Dossier EMA - 14°RM - 7 N 3845


ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle


La barrière a été démontée en 1941.
En 1942, le pont enjambant l'Isère à cet endroit a été élargi de même que la route de sorte que la distance séparant le bloc de l'autre bord de la route est passée de 8,80 à 20 m.
La casemate déjà bien endommagée dans les années 90 lors de l'installation de la casse automobile aurait été détruite en 2010 pendant des travaux d'élargissement du pont et de recalibrage de la chaussée


HISTORIQUE, Construction


Le premier projet du barrage rapide de VERSOYEN date du 25 Aout 1933 (dossier DG Grenoble 1474/S). Ce bloc abrite une barrière gravitaire, et est armée d'un canon antichar de 47mm prenant en enfilade la route du col du Petit St Bernard. La défense proche est assurée par deux créneaux pour PM (pistolet mitrailleur) et la protection de l'ensemble est légère, avec un mur exposé de 1,0 m de béton d'épaisseur.

Ce projet, examiné par les instances centrales du Génie à l'automne 1933, soulève un certain nombre de critiques : faiblesse de la défense propre de l'ouvrage, angle mort face à la barrière nécessitant le rajout d'un créneau, … Sous ces réserves, le projet va tout de même de l'avant avec le lancement d'une commission mixte compte tenu des impacts de ce blockhaus sur l'espace public. Lors de cette réunion début 1934, les Ponts et Chaussées informent la chefferie du Génie que la route du Petit-St-Bernard va être prochainement élargie de 8 à 11 mètres, ce qui remet complètement en cause les données du projet et nécessite une reconception (barrière plus longue, réorientation du créneau JM/AC…).

Le plan de barrages de routes de la 14° Région Militaire de 1934 confirme la construction du barrage rapide de VERSOYEN et de son blockhaus défensif - pour un montant total de 350.000 F. Un nouveau projet est présenté par la Direction de Grenoble un peu plus tard le 23 Aout 1934. Il tient compte des commentaires faits par la CORF, l'ITTF, la STG et le SMF sur le 1er projet et de l'élargissement de la route nécessitant un agrandissement du blockhaus pour pouvoir accueillir une barrière plus longue. Le décalage et la réorientation vers la gauche du créneau JM/AC entrainant un angle mort devant la barrière plus important, le nouveau projet prévoit un créneau pour canon AC de 25mm, qui n'a pas l'accord de la CORF (ce type de créneau n'existe pas au catalogue !). Il est donc ensuite remplacé par un créneau JM (n°1 ou n°2) qui doit en réalité être équipé par un jumelage de FM récupéré dans le Nord-Est par souci d'économie. L'ITTF en profite pour demander le rajout d'un orillon armé de créneau FM côté porte d'accès pour en améliorer la défense, et d'autres créneaux FM sur le pourtour pour la couverture du futur réseau barbelé.

Pour palier l'inévitable augmentation du cout de projet, le Génie consent à bloquer 190.000 F des fonds libérés par le report en 2e cycle du barrage rapide de LANSLEBOURG pour couvrir la dépense totale.

Une première somme de 370.000 F est ainsi programmée aux prévisions d'investissement (états NN1) moitié en 1935 et moitié en 1936. En fait, dés 1935 les poutrelles nécessaires à la barrière mobile sont approvisionnées et stockées en parc du Génie. En Juillet 1935, la CORF confirme et recommande à l'EMA la construction de ce barrage bien que les deux autres prévus en 14° RM (Mont-Cenis et Larche) soient reportés en 2° cycle (note 816/ORF du 16 Juillet). Le mesures d'économie et la détente temporaire avec l'Italie, conséquence de la rencontre de Stresa, entrainent cependant le report de cette construction.

Le 22 Juillet 1937, le Gal MITTELHAUSSER - membre du CSG, commandant désigné de l'armée des Alpes et futur auteur rapport sur le "Programme d'avenir de fortification des Alpes" du 25 Juin 1938 - s'inquiète de l'absence de défense à Bourg-St-Maurice, ce qui en fait le dernier point de passage important non défendu. Cette constatation entraine la décision de construire dés 1937, et en urgence par la MOM, le barrage de route en attente, puis à partir de 1938 le barrage de la vallée en avant de la ville en commençant par l'ouvrage de CAVE à CANON. Un an plus tard, l'imperfection du croisement de feu entre CAVE à CANON et VERSOYEN déclenche le processus décisionnel de construction de l'ouvrage de CHATELARD.

Le gros oeuvre du blockhaus est achevé fin 1937, mais la barrière elle-même ne sera installée qu'en Aout-Septembre 1938.

L'amélioration du barrage rapide revient d'actualité en… Mai 1940. Inquiets de la faible protection de béton du barrage rapide comparativement aux deux ouvrages mitoyens, les instances locales du Génie et de l'Armée des Alpes proposent le 3 Mai un projet de renforcement du blockhaus en protection n°2 (passage du mur exposé de 1,0m à 2,25m d'épaisseur et renforcement de la dalle). Ceci n'est pas sans difficulté (liaison entre l'ancien génie-civil et la surépaisseur de béton, augmentation de la taille des créneaux…) mais les échanges avec la STG et le ministère avancent alors que par ailleurs l'armée française est en plein effondrement. Le 31 Mai 1940, le ministère donne son approbation au projet (la vie continue…). Il ne sera bien sur jamais mis en œuvre.
Source(s) : SHD Dossier EMA-3° Bureau - carton 7 N 3845, archives de la STG 2 V 260 et archives de la CORF Sud-Est (4V et 6V)



© 2019 -Tous droits réservés wikimaginot.eu - Cette page a été mise à jour le 04/09/2019



Fils de discussion



Fossé antichar de Bourg-Saint-Maurice
3 messages, le dernier est de jolasjm le 22/03/2016





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