Wikimaginot, le wiki de la ligne maginot




L'OLIVE (Batterie caverne)

( Ouvrage d'artillerie )









Secteur Fortifié
SFD - SF Dauphiné

Sous Secteur
Haute Clarée, Guisane

Quartier
Peyrolles

Maître d'ouvrage
MIL - Commandement

Constructeur
MOM

Année
1935

Commune
NEVACHE (05100)

Lieu-dit / Parcelle

Coordonnées
44.997037 - 6.645984

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940
Construit

Etat actuel
Incomplet





Notes et informations



CONSTRUCTION, Description

Le fort de l'Olive est un fort construit en 1881 et 1882.
Deux casemates de construction MOM sous roc pour de 75 mle 1897 de campagne sur plateforme cuve seront rajoutées entre 1928 et 1935. Ces casemates flanquent en direction des cols de Thures et de l'Échelle.

Cette batterie caverne est complétée d'un important abri en tôle métro et d'un petit observatoire MOM dans l'un des saillants de l'ancien fort.

Un téléphérique à traction animale permettait, depuis le village de Plampinet, de ravitailler le fort


CONSTRUCTION, Mission, ou Fonction de l'objet

La mission du Fort de l'Olive était de contrôler la vallée de la Clarée et d'interdire le débouché des cols-frontières des Acles (2212 m), de l'Échelle (1779 m) et des Thures (2194 m).


EFFECTIF, Commandement et/ou unité

1884 : 6 officiers et 9 sous-officiers, 216 soldats

1914 :Effectif théorique
Infanterie: 1 officier et 62 soldats du 110 ème Régiment Territorial
Artillerie: 2 officiers, 105 soldats et 1 cheval du 11 ème régiment d’artillerie à pied
Génie et services divers: 5 télégraphistes
Soit un effectif de 175 hommes (et 1 cheval !)

1939-1940 : La position d'artillerie est occupée par le 10° Bie du 154° RAP aux ordres du SLT Levillain


EQUIPEMENT, Hydraulique

Le fort de l'Olive est doté de deux citernes de 330 et 80 m3 alimentées par les sources de l’Enlon d’un débit de 10 l minute
grâce à une conduite en fonte de 1800 m.


EQUIPEMENT, Transmissions

Le Fort de l'Olive est raccordé au réseau téléphonique de la fortification Maginot par un câble souterrain à 3 paires depuis le blockhaus de l'Enlon et une liaison par ligne militaire aérienne depuis l'avant poste de Plampinet


ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle

Le Fort de l'Olive a été cédé à la commune de Névache par l'état en 2011

- 10/2014 - Un richissime investisseur serait potentiellement intéressé pour acquérir les 30 340 mètres carrés de l’ex-emprise militaire perchée à 2.239 mètres dans le massif des Cerces, au-dessus de la vallée de la Clarée, afin d’y installer un haras.
Il ne s’agirait pas d’un banal centre équestre.

L’objectif serait d’y créer un centre d’oxygénation en altitude pour des chevaux de compétition dont la valeur marchande sur les champs de course est estimée à plusieurs millions d’euros.

- 2020 : le projet du "centre équin d'altitude !" n'a toujours pas abouti. Le fort est ouvert à tous les vents.
Source(s) :
ledauphine.com



HISTORIQUE, Chronologie

En juin 1940, le fort de l'Olive tirera sur le fort Jaffereau à Bardonécchia et dans le même temps, reçut une quarantaine d'obus de 149 mm tirés par la batterie italienne du Chaberton avant que cette dernière ne soit détruire par les mortiers français.
Les dégâts occasionnés au fort sont encore visibles de nos jours


HISTORIQUE, Construction

Le fort de l'OLIVE, bâti entre 1881 et 1883 dans le cadre des fortifications Séré de Rivières de Briançon, est modernisé à la marge par adjonction entre 1890 et 1894 d'un magasin caverne pour la poudre et d'un téléphérique de liaison avec Plampinet.

Compte tenu de sa position avancée très bien placée pour protéger les cols de l'Echelle et des Thures, le Gal DEGOUTTE propose dans son programme de défense des Alpes de Décembre 1927 la construction de deux batteries cavernes au fort de l'Olive, l'une battant les cols de l'Echelle et des Thures et l'autre - en arrière du fort - celui des Acles. Ce programme ne sera que très partiellement validé par le ministère, mais la batterie "Thures-Echelle" de ce projet général échappera à la remise en cause et recevra un financement en 1928 pour débuter les travaux dés 1928, hors assentiment de la Commission de Défense des Frontières et de la CORF.

Les travaux débutent à l'été 1928 avec la MOM par le creusement à partir de l'abri caverne post-Séré de Rivières d'une galerie d'accès vers les futurs emplacements de tir. De son côté, la CDF admet la nécessité de construire une avancée de la ligne principale de résistance au niveau de l'Olive dans son rapport final de Février 1929, mais sans en préciser la nature. Les années 1929-1930 étant des années de prise en main des destinées de la fortification alpine par les autorités centrales (CDF/CORF), le chantier sur site s'arrête par absence de directives claires. La forme réelle des casemates futures est encore "à l'étude" (Rapport du Gal HIRSCHAUER au Sénat). Dans cette ambiance générale d'incertitude, le Gal DEGOUTTE insiste néanmoins auprès du Mal PETAIN pour que cette batterie caverne soit achevée.

La chose est finalement tranchée par le ministère le 17 Février 1930 : il autorise enfin formellement la poursuite des travaux, toujours sous responsabilité de la MOM. Le chantier reste néanmoins dormant durant les campagnes d'été 1930 et 1931, par absence de clarté tactique et d'étude de l'achèvement de ce qui était prévu (les deux emplacements de tir ne sont pas encore déroctés...).

Les choses frémissent enfin en 1932. La 14° Région Militaire propose d'ajouter pour un montant de 100.000F aux travaux à réaliser en 1932 par la MOM l'achèvement des deux casemates pour 75mm sous roc, restées inachevées (Note 933 3/2-S du 12 Novembre 1931 du Gal SERRIGNY). Le Génie reste néanmoins réticent et demande une étude budgétaire précise des travaux.

La CORF, consultée sur le sujet, émet un avis très défavorable, considérant les embrasures sous roc proposées bien trop vulnérables - nécessitant bétonnage et cuirassements - et le budget prévu par ailleurs notoirement insuffisant. Elle préconise un renvoi pur et simple du projet en deuxième cycle compte tenu des retards budgétaires globaux déjà lourds à cette date. Elle recommande en outre de trouver des positions d'artillerie vers le blockhaus de LENLON, qui soient défilées du Chaberton et qui permettent le même résultat sans investissement.

La 14° Région Militaire revient à la charge, avec l'appui écrit de l'EM de la 27° DI, en Avril 1932 pour confirmer son devis initial et pour signaler l'absence de positions correctement défilées vers LENLON. Contre l'avis de la CORF, l'Etat-Major Général donne raison à la 14°RM et prescrit la réalisation des travaux sur budget MOM par ailleurs alloué à la défense des Alpes (DM 1302 3/11-1 du 14 Mai 1932).

L'avant-projet est représenté à la CORF le 22 Juillet 1932 et soulève les même commentaires que six mois auparavant, sur un ton nettement moins diplomatique cette fois-ci. Le général BELHAGUE souligne ainsi qu'il n'est plus acceptable de présenter en 1932 un projet basé sur de grandes ouvertures frontales justiciables d'une artillerie rayée - solution qui aurait été juste acceptable au 19° siècle... L'ITTF, consulté en parallèle, réitère et supporte en Aout 1932 les commentaires de la CORF en insistant sur la nécessité de protéger la face frontale des casemates par une protection à minima de 1 compte tenu de la relative fragilité du rocher et à l'exposition à des coups directs provenant des cols.

L'EMA en la personne de GAMELIN ne souhaitant pas se dédire vis-à-vis de la 14°RM, mais sensible aux arguments des généraux BELHAGUE et BICHLER, renvoie alors le projet à ses concepteurs pour prise en compte des commentaires, en particulier sur la question du bétonnage et de la taille des créneaux, quitte à limiter le champ d'action des pièces au strict minimum sur chacun des deux cols (DM 2350 3/11-1 du 22 Aout 1932).

La chefferie de Briançon retourne un projet modifié le 4 Novembre 1932 (651/S). Ce document prévoit maintenant un mur de 2,25 mètres frontalement et des embrasures restreintes à 1,14 x 1,68 m côté Thures et 1,14 x 1,28 m côté Echelles. A ce stade, 60.000 F ont déjà été engagé sur la campagne de travaux de 1932 et Briançon estime nécessaire de faire rajouter 70.000 F à cela, incluant la nécessité de faire faire le travail par une entreprise civile compte tenu de la complexification des choses.

La finalisation des galeries et le bétonnage des deux casemates - en protection plus faible que prévue mais avec des volets d'embrasure pour protéger les servants, tel que proposé par le Gal BICHLER - intervient sur les campagnes de travaux 1933 et 1934. Le surcout des travaux est financé par le report - "sine-die" à ce moment-là - d'un projet d'éclairage des locaux souterrains pour 50.000 F pourtant approuvé en 1933. En avril 1933, 90 mètres de la galerie d'accès aux casemates sont percés sur les 100 mètres prévus. A l'été 1934 le percement est achevé.

Fin 1934, la 14°RM revient avec son projet d'éclairage électrique des casemates cavernes ainsi que l'électrification du téléphérique Plampinet-l'OLIVE, encore à traction animale. La CORF, consultée, décline à donner son avis considérant - avec un rien de mauvaise humeur compte tenu du passé sur ce dossier - le sujet "hors de ses attributions (sic)". Le projet sera approuvé pour les 60.000 F de partie éclairage, à réaliser sur crédits 1935, mais renvoyé aux calendes pour la partie téléphérique (chiffrée à 170.000 F).

Rédaction : Jean-Michel Jolas - © wikimaginot.eu - Mars 2018 complété en Novembre 2020
Source(s) :
SHD - cartons 7N3845 (EMA - relations avec la 14° RM) et 7N3797 (Avancement des travaux), 9NN4447






Fils de discussion



Fort de l'Olive - Livre de Charles Crozat
5 messages, le dernier est de jolasjm le 18/10/2020



Page n° 14318 mise à jour le 04/11/2020 - © wikimaginot.eu 2020




Cette page peut receler des erreurs, des inexactitudes ou être incomplète.
Nous vous invitons à nous aider à l'améliorer en y participant.

Pour cela rien de plus simple: il vous suffit de cliquer sur
Nous contacter au bas de cette page
pour nous faire part de vos commentaires, suggestions, corrections ou informations et nous transmettre vos photos et documents.

Merci d'avance, la communauté wikimaginot.eu