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Douches pour décontamination du personnel gazé

Question liée à la page suivante du Dico :
Principe de la ventilation dans les ouvrages CORF dans la catégorie Principes et généralités


Fil ouvert par DRAGLOR ( 24 ) - Posté le 16/10/2017

Bonjour à tous,

Je recherche des informations concernant les installations de traitement des gazés dans les ouvrages.
Auriez-vous des descriptions, croquis ou photographies de ces aménagements ?
Merci d’avance.


Réponse de montagel ( 36 ) - Posté le 16/10/2017
Dernière modification par montagel le 16/10/2017.
Bonjour
Vous pouvez voir le sas de decontamination dans la fiche
- Bousse A24
Secteur Boulay
Photos 7 et 8
Cela correspond peut etre à votre recherche

Cordialement

Montagel


Réponse de jolasjm ( 1984 ) - Posté le 16/10/2017
Dernière modification par jolasjm le 16/10/2017.
Bonsoir

Les locaux pour le traitement des gazés sont décrits dans un des additifs à la Notice STG qui traite des entrées d’ouvrage et des défenses intérieures. Je pense avoir ce document, mais ne pourrai l’exhumer que dans une dizaine de jours à mon retour de déplacement. Si quelqu’un a cette notice en stock, il peut peut-être aider ? ;-)

Cordialement
Jean-Michel


Réponse de Pascal ( 1035 ) - Posté le 17/10/2017

Bonjour

Initialement, les installations de traitement des personnels gazés étaient constituées par les douches du casernement, à proximité desquelles étaient situé un local de déshabillage, un endroit pour les vêtements contaminés et un stock de vêtements neufs.

Le circuit était alors le suivant :
- arrivée par l'une des entrées,
- transport jusqu'au casernement,
- déshabillage et dépôt des vêtements souillés dans un local fermé,
- douches (avec une addition de soude dans l'eau pour décaper la peau),
- séchage et rhabillage,
- transport vers l'infirmerie.

Il va sans dire que le transit de personnels gazés et potentiellement contaminants entre les entrées et le casernement ne manquait pas de poser des risques et c'est pourquoi des ensemble de décontamination ont ensuite été installés directement au niveau des entrées des ouvrages. Le principe restait le même, mais tout risque de contamination limité à l'entrée.

Ces rajouts sont bien visibles dans l'ouvrage du Galgenberg au niveau de l'entrée munitions. Dans cet ouvrage, le rajout de soude se faisait par injection d'une solution dans la conduite desservant les douches grace à une pompe Jappy encore visible dans les douches du casernement


Cordialement, Pascal


Réponse de DRAGLOR ( 24 ) - Posté le 06/11/2017

Bonjour à tous,
Réponse tardive pour cause de déplacement professionnel mais un grand merci pour ces informations bien utiles.
Cordialement.


Réponse de molvange ( 50 ) - Posté le 10/11/2017

Est-ce que ces douches ont été rajoutées dans les entrées de tous les ouvrages ?

Michel


Réponse de soetrich ( 8 ) - Posté le 16/12/2017

Bonjour à tous,

Les douches de décontamination dans l'ouvrage de Fermont se trouvent dans la caserne à coté de l'infirmerie et pas dans l'éntrée Hommes

Cordialement,

Hans


Réponse de SCHOEN ( 373 ) - Posté le 16/12/2017

Bonsoir,

Les douches n'ont pas toutes été installées Michel.

Grosso modo, c'est un additif de la seconde moitié des années 30, donc dans les ouvrages nouveaux fronts et les ouvrages qui commençaient à être modernisés, dans le secteur de Faulquemont de mémoire.

Antoine


Réponse de jolasjm ( 1984 ) - Posté le 16/12/2017
Dernière modification par jolasjm le 16/12/2017.
Bonsoir,

Quelques précisions sur le sujet :
- La référence la plus ancienne aux locaux de décontamination est l'annexe II de la "notice du 23 Avril 1930 relative à l'installation d'un casernement souterrain dans un ouvrage puissant". Ce document prescrit la construction de locaux de décontamination dans le casernement souterrain à proximité de l'infirmerie. Il est précisé à ce propos que ces locaux-ci sont strictement et exclusivement réservés au traitement éventuel du personnel de l'ouvrage. C'est dans ce cadre que la plupart (si ce n'est tous) les gros ouvrages ont été équipés de ce type de locaux standards dans le casernement.

Comme précisé plus haut par Pascal, cette configuration pose problème en cas d'arrivée de personnels de l'ouvrage qui auraient été contaminés à l'extérieur (agents de liaison, patrouilles, corvées de ravitaillement, effectif rejoignant l'ouvrage...). Pour palier cette situation, un additif à la notice relative à l'organisation défensive des galeries souterraines des ouvrages de fortification - qui décrit les entrées - est émis 26 Septembre 1936. Il porte spécifiquement sur l'installation de locaux de décontamination dans les entrées.

Ces locaux sont configurés de façon identique à ceux de l'infirmerie, mais réduits au strict minimum : un local de déshabillage et d'élimination des vêtements souillés, un local de douche, et enfin un local de rhabillage avec des vêtements propres. La notice de 1936 comporte un plan-type de ces locaux.

Le local de déshabillage, prévu pour un homme aidé d'un infirmier, communique par un guichet avec un local où les vêtements souillés sont mis en sacs spéciaux. Ces sacs ne sont pas traités sur place (évacués vers l'arrière), mais une réservation prévoit pour des "ouvrages futurs" un local d'étuvage pour désimprégnation. Concernant le local de douche, il est précisé qu'il doit disposer d'un caillebotis intégral et que l'eau soit soigneusement collectée. Le local de rhabillage doit en principe permettre le séjour d'un homme et d'un infirmier contrôleur, ainsi qu'une armoire à vêtements. Un appareil électrique de chauffage de l'eau de douche doit être installé à proximité dans l'entrée. La suite des locaux doit imposer un sens unique de circulation pour éviter croisement de contaminés et de non-contaminés.

La ventilation est aussi décrite dans cette notice, en particulier le débit de design permettant un renouvellement très rapide de l'air compte tenu des locaux adjacents selon que la décontamination est installée dans l'entrée de hommes ou des munitions. Dans le cas spécifique des entrées munitions, il est prévu de pouvoir raccorder la ventilation en question sur celle du bloc pour augmenter le débit. L'air aspiré est filtré et renvoyé dans un local à grand volume (chambre de tir, garage,...).

Dans les ouvrages existants, il est préconisé que la chambre de repos de l'EM soit déplacée, et que les locaux de décontamination soient installés dans l'espace libéré de la chambre. Dans le cas de l'EH, il est préconisé une réduction de la taille de la chambre de tir ou d'utiliser la place de l'aérorefroidisseur quand celui-ci peut être ou a été retiré. La notice définissant les entrées mixtes d'ouvrages nouveaux-fronts, écrite en septembre 1934, ne fait pas référence à ce type de locaux.

Ces dispositions ayant été définies tardivement, probablement consécutivement à des essais ici ou là, il parait raisonnable de penser qu'elles sont loin d'avoir été généralisées dans les gros ouvrages. Par ailleurs, on peut questionner l'efficience réelle de ces locaux en cas d'arrivée d'un flux important de gazés. Le Cne KASPER, commandant le Génie de l'Anzeling évoque le point dans son rapport sur la période 1939-40, page 69. Dans le cas de cet ouvrage, des locaux tels que décrits ci-dessus avaient été installés dans les deux entrées, mais le Génie de l'ouvrage avait malgré cela modifié deux wagonnets (nommés wagonnets "Z") pour permettre le déplacement rapide, sans effort et "confiné" de gazés entre les entrées et les locaux spéciaux de l'infirmerie. - mieux à même de traiter un flux important.

Cordialement
Jean-Michel


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