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Système de tirs fictif dans les ouvrages de la TPM


Fil ouvert par MDL/CHEF HARMAND ( 198 ) - Posté le 27/11/2018
Dernière modification par MDL/CHEF HARMAND le 27/11/2018.
Bonjour à tous .

Je suis actuellement en train de lire les documents photographiés lors de mon dernier passage à Vincennes et dans l'un d'eux daté du 22 mai 1939 entre les généraux Colson et Huntziger on y apprends que pour faciliter l'entraînement aux tirs des jumelage de mitrailleuses , on propose plusieurs solutions

-dans les ouvrages

1)tirs réduits sur cible fixe
2)tirs décalés d'un modèle analogue à ceux prévus pour les jumelages de mitrailleuses ( quelqu'un sait de quoi il s'agit ??)
3) Tirs fictifs ( dispositif électromagnétiques à l'étude )


on parle également du prélèvement d'une AM pour la TPM et son installation au stand de tir de Iré le sec ( le champs de tirs existe toujours à côté de Montmédy en allant vers Marville et Longuyon ) à des fins d'exercices pratiques et la future installation d'une AM sous béton dès que la production aura commencée ( et oui on attends encore )


cordialement


DH


Réponse de jolasjm ( 2484 ) - Posté le 28/11/2018

Bonjour David

Pour ce qui est du point 1, la pratique classique était de disposer une caisse à sable à distance du créneau pour servir de réceptacle aux tirs d'entrainement. Dans ce cas, le débattement du jumelage était bridé pour éviter les balles perdues. Une notice STG couvre cet aspect en parallèle de celui des stands de tir "forteresse" bien connus.
2) je n'ai pas d'info
3) question intéressante. Il y a trace dans les archives de contacts entre l'armée et un inventeur privé concernant une arme électromagnétique dans la cadre de la veille technologique militaire. Ce concept - lancement d'un projectile par champ magnétique - a été plus formellement étudié par la Commission des Etudes et Expériences Physiques, espèce de comité scientifique de l'armée, en 1935-36. Ma compréhension de ce que j'ai lu est qu'il n'y avait pas été donné suite du fait de la relative incrédulité militaire et des exigences jugées exagérées de l'inventeur. Soit cela n'a peut-être rien à voir avec le point 3 des échanges Colson-Huntziger, soit l'armée s'est ravisée et a relancé une étude de ce type sur un autre concept.

L'ennui est que les archives sont assez peu loquaces sur ces questions de type "innovation de rupture"...

Cordialement
Jean-Michel


Réponse de MDL/CHEF HARMAND ( 198 ) - Posté le 28/11/2018

Bonsoir Jean-Michel et à tous .

de ce que j'ai comprendre de l'ambiance du courrier , il s'agirait plutôt d'un dispositif fixé sur la mitrailleuse , comme un laser ou autre canon à ions qui émet des ondes électromagnétiques ( le même principe que pour un micro-onde )et qui lorsque le faisceau d'onde touche une cible doit la faire sonner ou s'illuminer ( du moins j'imagine )


comme les jeux pour les gosses ou tu te ballades avec une cible qui sonne quand tu es touché , enfin bref un tir fictif quoi .N'existe il pas d'ailleurs des systèmes de surveillance de site ? ( un faisceau infrarouge coupé déclenche une alarme )

de toute façon cela n'a jamais été mis en application sur la ligne Maginot

à fouiller le cas échéant , en tout cas merci pour la réponse
cordialement .

David


Réponse de jolasjm ( 2484 ) - Posté le 28/11/2018

Bonsoir David

L'utilisation de faisceaux infrarouges était en effet en développement pour deux applications connues si on en croit les archives d'avancement d'études du service d'étude des matériels de transmission :

- Développement d'un appareil IR de communication unilatérale d'alerte à utiliser entre les avant-postes des Alpes et la LPR. Jugé moins sensible aux conditions météo que la signalisation optique, un proto développé par la Section d'Etude du Matériel de Transmissions a été testé en Avril 1937 entre l'ouvrage de Flaut et le casernement de Lantosque. Trop encombrant et difficile à mettre en œuvre malgré de bons résultats, cet appareillage a été remis sine-die et remplacé par des radios OTCF.
- Dispositif infrarouge pour l'alerte en avant des barrières de route non surveillées (je pense que la protection des DMP chargés était aussi visée par ce type de développement). En 1937 il était prévu de le tester à l'automne sur un barrage de route d'Obersteinbach. L'essai a été relativement concluant, et le cout estimé du dispositif est estimé à 10.000 F. Je ne sais par contre pas si un développement opérationnel a été effectué en fin de compte.

Par contre je n'ai pas encore vu d'évidence de matériel du genre des "laser-games" actuels. A creuser, donc.

Cordialement

Jean-Michel


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