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Magasin à munitions M1(M1) dans la catégorie Construction - Terminologie


Fil ouvert par samuel1964 ( 64 ) - Posté le 02/07/2016

Bonjour,
Pouvez-vous, s'il vous plaît, me dire si le plan du magasin M1 et annexes du Soetrich est le même que celui du Bréhain? Je vous pose cette question après consultation du plan de ce dernier.

Je profite de ce message pour savoir si l'ouvrage du Bréhain est visitable et si il existe des archives à son sujet. Je vous pose cette question car vu son état d'abandon mais ce qui fait son "charme" c'est sa richesse en fresques, d'où mon coeur pour ce dernier.

Merci d'avance,

samuel


Réponse de jolasjm ( 5931 ) - Posté le 02/07/2016

Bonjour Samuel

Les plans du M1 de Bréhain et Soetrich sont différents même si le principe est le même. Il en est de même des locaux annexes.

Le M1 de Soetrich n'a que 3 alvéoles, et Bréhain en a 4 et une demi alvéole.

Il y a cependant des similarités : dans les cas de ces deux ouvrages on a affaire à des M1 inachevés, en particulier sans la galerie circulaire finale permettant la communication entre les deux côtés.

Bréhain n'est pas visitable.

Cordialement
Jean-Michel


Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 02/07/2016

Bonjour Jean-Michel,
Je vous remercie pour les renseignements.

Cordialement,
Samuel


Réponse de alainH ( 356 ) - Posté le 03/07/2016

Bonjour Samuel, bonjour à tous.
Je peux apporter quelques précisions, mais sans les références précises des notices techniques (nous sommes dans notre pied à terre, la doc étant à Metz...)
Les magasins M 1 ne sont prévus que pour les "ensembles d'artillerie", c'est-à-dire les ouvrages d'artillerie les plus importants (Hacken, Fermont, etc.). Les "petits ouvrages d'artillerie" (Schoenenbourg, Michel, etc.)en sont dépourvus. Par exception, les trois ouvrages d'artillerie de la forêt de Cattenom sont pourvus d'un M 1 par suite des difficultés prévisibles pour les ravitailler en munitions en période de crise (le M 1 du Kobenbusch n'a cependant pas été construit afin de financer l'égout !).

Il y a deux cas de figure:
>> Quand les grands wagons de la voie de 60 extérieure peuvent pénétrer dans le fort et donc dans le magasin M 1, ce dernier comporte la galerie arrière en fer à cheval, afin de relier les deux quais du M 1 et permettre ainsi la circulation des grands wagons dans un seul sens.
>> Quand les grands wagons ne peuvent pas pénétrer dans l'ouvrage car les ascenseurs ne le permettent pas (cas de Bréhain, stade final avec la voie de 60 extérieur)ou que l'ouvrage n'est pas ravitaillé par voie ferrée (Soetrich), le M 1 n'a pas de galerie arrière.
Une dernière singularité concerne le M1 du Galgenberg qui ne comporte qu'une seule galerie par suite du faible tonnage en munitions qui y est entreposé.
BC
alainH


Réponse de Frédéric Lisch ( 293 ) - Posté le 03/07/2016

Salut à tous,

Je complète les propos d'Alain...

Les magasins M1 (et les annexes) des ouvrages de Bréhain et Soetrich sont l'application quasi-littérale de l'un des plans-types de la notice du 2 avril 1931 relative aux "magasins à munitions à l'intérieur des ouvrages de la frontière Nord-Est". Ce plan est également appliqué aux ouvrages de Fermont et Latiremont et devait être appliqué aux petits ouvrages d'artillerie dont le stade de construction s'est arrêté aux blocs d'infanterie (par exemple : Mauvais Bois, Aumetz, Otterbiel).

Bien que l'idée soit très répandue, il ne s'agit pas de magasins inachevés car ceux-ci font allusion au deuxième plan-type de la notice : c'est-à-dire un "Magasin à munitions M1 auquel n’arrivent que des wagons type léger alimenté exclusivement par camions et par puits". Ce plan-type ne comporte pas de galerie semi-circulaire reliant la galerie d'arrivée et la galerie de départ vers les blocs. Cette galerie semi-circulaire est donc inutile, comme le précise le titre à rallonge, puisque les plateformes extérieures modèle 1888 ne peuvent pas pénétrer dans l'ouvrage (absence du raccordement de plain-pied ou de plan incliné).

Cependant, le génie se réserve le droit de relier les deux galeries du magasin dans le cas de l'agrandissement de l'ouvrage, par exemple lors de la construction des blocs d'artillerie prévus en deuxième cycle. Nous connaissons notamment les projets d'agrandissement de l'ouvrage de Fermont (voir le livre de Jean-Yves Mary, "Quelque part sur la Ligne Maginot").

En théorie, ce type de magasin M1 est donc réservé aux petits ouvrages d'artillerie (ou ouvrages dits "intermédiaires") dont le trafic en matériel et en munitions est dit "moyen".

Pour un ouvrage au trafic dit "faible", il existe un troisième plan-type dont les alvéoles sont établies en "arêtes de poisson" sur une unique galerie d'arrivée et de départ à deux voies. Ce plan-type n'a connu aucune application. Nous avons cependant connaissance d'un projet de magasin M1 à l'ouvrage de Castillon reprenant à la lettre ce troisième plan-type.

A la différence, les ouvrages de plus grande importance (les "ensembles") comportent un magasin M1 dont les deux galeries sont reliées par une galerie semi-circulaire. Ce plan-type reprend le principe du "magasin central" de l'instruction du 21 décembre 1929. Ce magasin, bien plus vaste, permet l'évacuation des grandes plateformes vers l'extérieur une fois que le déchargement est terminé. D'ailleurs, la galerie de départ vers les blocs dispose d'une voie de dérivation permettant la circulation de ces plateformes sans pour autant gêner le chargement des wagons légers destinés au ravitaillement des blocs. Cette voie de dérivation n'apparaît pas dans les galeries d'un magasin de petite taille puisque celles-ci sont en cul-de-sac.

Comme le souligne Alain à juste titre, un cas unique qui semble intéressant d'être abordé : le magasin M1 du Galgenberg. Également selon une idée très répandue, celui-ci n'est pas inachevé mais est une simplification du troisième plan-type de la notice d'avril 1931. Il comporte deux alvéoles et une demie alvéole, toutes reliées par une "écoute" de circulation du personnel. Bien curieusement, ce type de M1 simplifié apparaît sur le projet définitif de l'ouvrage du Bois du Four qui devait comporter à terme 4 tourelles d'artillerie.

Frédéric Lisch.


Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 03/07/2016

Bonjour à tous,
Premièrement, je vous remercie pour vos informations.
En prenant comme exemple le Bréhain:
1)Les casiers avec les munitions arrivent à l'entrée des munitions sur des grands wagons sur voie de 60.
2) Ensuite, ils sont transbordés sur des petits wagons vu l'entrée en puits.
3) Au pied de l'entrée, ils sont conduits au M1 avec un locotracteur.
4) Vu la configuration du M1, ils entrent soit par la première ou deuxième entrée.
5) Ils y sont stockés dans les différentes alvéoles.

Ce qui m'amène à me poser quelques questions (désolé si ces dernières sont peut-être "simplistes").
1) Comment sont transbordés les casiers d'un wagon à un autre et dans les alvéoles?
2) Les quais au niveau des alvéoles, sont-ils à la hauteur des wagons?
3) Vu la configuration du M1,les locotracteurs doivent effectuer une marche arrière après le déchargement mais aussi pour amener les casiers vers les M2.
4) Vu l'humidité dans l'ouvrage, les alvéoles, doivent-elles être "chauffées" pour la bonne conservation des munitions?
5) L'entrée d'une alvéole, est-elle fermée par une porte "spéciale"?
6) Pour la sécurité de l'ouvrage, une porte para souffle protège les avants, caserne, etc.. Mais pour ce qui est des puits, l'entrée des munitions et surtout le personnel s'y trouvant, existe-t-il un système de protection?
7) Quel est +/- la proportion entre une alvéole du M1 et celle d'un M2?

En vous remerciant de votre aide,

Samuel


Réponse de jolasjm ( 5931 ) - Posté le 03/07/2016
Dernière modification par Pascal le 03/07/2016.
Bonjour

Merci pour toutes ces précisions. Elles viendront enrichir la fiche sur les magasins M1 dans la partie "Tout Savoir" du site.

Pour en revenir au débat technique : le cas de Fermont est intéressant puisque pour celui-ci on sait que le projet d'Avril 1931 prévoyait un M1 avec galerie semi-circulaire. Or dés ce projet il est prévu une entrée munitions de type A pour train (on sait ce qu'il advint ensuite de l'alimentation des ouvrages de la Crusnes par voie-ferrée !), mais en puits donc inaccessible aux plateformes Pechot Mle 1888. Cette configuration sans accès ferroviaire extérieur aux galeries mais avec un M1 équipé d'une galerie semi-circulaire ferait de cet ouvrage un contrexemple à la règle. Contrexemple visiblement corrigé dés les versions ultérieures (voir celle de décembre 1932 qui n'en comporte plus) !

Mon commentaire sur l'"inachèvement" de certains M1 valait pour le fait qu'ils auraient été étendus si les blocs de 2° cycle avaient été construits. Ainsi:
- Fermont devait passer de 2 cellules complètes et 2 partielles, à 3 complètes et 3 partielles.
- Latiremont : une cellule partielle devait être transformée en complète
- Anzeling devait compter une cellule complète de plus,
- Simserhof et Hochwald devaient en voir 2 de plus chacun.

Concernant les questions additionnelles de Samuel
1- les caisses étaient transbordées par monorail aérien, et/ou pont roulant au plafond avec palan.
2- Oui
3- les wagons sont amenés en marche arrière, le train étant poussé par le locotracteur. Celui-ci en principe ne pouvait pas entrer dans le M1 pour des questions de sécurité.
4- les alvéoles ne disposaient pas de chauffage, là encore pour des raisons de sécurité. Les munitions chargées sont par définition étanches, et la poudre brute - de toute façon en faible quantité - était stockée dans des conteneurs étanches aussi.
5- Non, il n'y a qu'une simple chicane avec une porte coulissante latérale côté quai. Par contre en face on trouve une niche parasouffle qui permet d'amortir une explosion éventuelle. A l'entrée de chaque branche principale du M1 on trouve aussi un rideau métallique (symbolique, sans doute !)
6- Non, pas de protection. Le souffle était supposé trouver son chemin vers l'extérieur. Dans le cas des entrées de plain-pied ou en plan incliné, c'était relativement facile, dans le cas des entrées en puits, il y aurait probablement eu plus de dégâts, en particulier sur les monte-charges...
7- il y a 3 niveaux de stockage (M1 centralisé, M2 au pied des blocs d'artillerie, M3 au plus proche des pièces). Quand M1 il y a, sa capacité est variable dépendant de la taille de l'ouvrage et de sa facilité à être alimenté. En principe, pour une pièce donnée un peu moins de la moitié de sa dotation était stockée dans le M1, la moitié dans le M2, et quelques % des coups dans le M3. Les cellules de M2 sont moins grandes que celles du M1 (une 15aine de mètres par 5-6 mètres quand il n'y a pas de M1, 7 ou 8 mètres de profondeur quand il y a un M1, alors qu'une alvéole de M1 fait 23 mètres de profondeur utile pour la même largeur).

Bien cordialement
Jean-Michel


Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 04/07/2016

Bonjour Jean-Michel, bonjour à tous,
Après avoir consulté le plan de l'ouvrage de Bréhain au sujet du M1, est-il possible qu'il existe une erreur au sujet du nombre des alvéoles? Je compte 3 alvéoles et une +/- 3/4.

Bien cordialement,
Samuel


Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 05/07/2016

Bonjour Jean-Michel, bonjour à tous,
En pièce jointe, vous trouverez un "plan" (désolé,je ne suis pas un très bon dessinateur)que j'ai réalisé en me basant sur le plan de votre site internet et en ajoutant les renseignements de Jean-Michel. Pour ce qui est du bureau du chef de magasin, je n'ai pas trouvé son emplacement.

Pouvez-vous, s'il vous plaît, me dire si ce "plan" est +/- correct?

Bien cordialement,
Samuel



Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 06/07/2016

Bonjour,
Dans le livre, Combats dans la Ligne Maginot du Lt Col. de Resve R. Rodolphe, Éditions Klausfelder, page 179, on peut y lire, au sujet de la sécurité contre l'incendie du magasin M1 du Hochwald, "Le magasin M1 les impressionne par les dimensions de ses alvéoles pleins de caisses de cartouches d'infanterie, de bombes de 81, d'obus de 75 et de 135. Les appareils de sécurité contre l'incendie avec leurs énormes tuyaux peints en rouge rutilent dans les chambres blanches sous la lumière crue des lampes électriques.

Bien cordialement,
Samuel


Réponse de Pascal ( 4305 ) - Posté le 06/07/2016

Bonjour Samuel

Le bureau du sous-officier chargé de la gestion du magasin M1 était trés probablement situé au niveau de l'un des locaux repérés 1 sur votre plan.

Cordialement, Pascal


Réponse de jolasjm ( 5931 ) - Posté le 09/07/2016
Dernière modification par Pascal le 09/07/2016.
Bonjour Samuel

Concernant le plan du M1 de BREHAIN: ce n'est malheureusement pas la première fois (ni la dernière sans doute !) qu'il y a des incohérences entres sources. Sur le plan présent sur le site (issu du 43° Régiment de Transmissions) il possède 3 alvéoles complètes et une partielle, alors que dans la totalité des autres références où il apparaît (Muraille de France dans ses deux versions, Hommes et Ouvrages T3, La ligne Maginot de B Wahl et celui de J-Y Mary...) il est présenté avec 4 alvéoles et demi. Le plan issu des Transmissions présente par ailleurs d'autres différences notables sur les magasins : l'annexe du M1 y est bien plus développée que ce qui est visible sur les autres plans issus de la littérature.

Le site contient quelques photos du M1 assez précises. La n°30800 de Claude Georgen me laisse penser, au vu de la distance importante entre le rideau d'entrée de galerie de desserte et la première alvéole visible, que le plan du 43° RT serait une bonne transcription de la réalité... Si 4 alvéoles complètes il y avait, alors la première aurait dû être visible bien plus proche de ce rideau, avec sa niche en face. Pure interprétation à confirmer plus spécifiquement...

Concernant le dispositif de sécurité par aspersion d'eau : il a en effet été prévu dans un 2e temps, après construction des ouvrages (notice STG de Juin 1936). Cela consistait en un dispositif de pompage d'eau avec pulvérisation à l'air. Les réserves eau/air sont placées dans les niches anti-souffle face aux alvéoles, et alimentent des têtes de pulvérisation d'eau (genre sprinkler de nos jours) au plafond dans les couloirs et chicanes, ainsi qu'au plafond de l'alvéole stockant la poudre.

Là encore, selon les sources, il n'aurait été installé en 1938-39 qu'à un nombre limité d'exemplaires à titre de prototype. Il est tout à fait possible que le HOCHWALD ait été un prototype compte tenu de l'importance de l'ouvrage. Pour ce qui est du BREHAIN, les photos montrent que ce dispositif n'a pas été installé.

Cordialement
Jean-Michel


Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 09/07/2016

Bonjour Jean-Michel, Pascal et à tous,
Je vous remercie pour vos renseignements.

Je profite de ce message pour vos poser une autre question. Dans un magasin M1, dans quel ordre était rangé les munitions?

Bien cordialement,
Samuel


Réponse de jolasjm ( 5931 ) - Posté le 09/07/2016

Bonjour

Je vous engage à lire la notice l'Instruction provisoire sur les services de l'artillerie dans les ouvrages de région fortifiée", attachée à la fiche wiki des magasins M1, et qui décrit avec précision les règles de stockage dans les magasins d'ouvrage.

Cordialement
Jean-Michel



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