Wikimaginot, le wiki de la ligne maginot



Front du Luxembourg et le SF de la Crusnes

Lié à la page suivante du Dico :
Participer aux Fils de Discussion dans la catégorie Pages d'aide


Fil ouvert par samuel1964 ( 64 ) - Posté le 09/12/2020

Bonjour à tous,
Je viens de lire l'article du général Petiet au sujet du front du Luxembourg entre le 10 et le 15 mai 1940.
Les combats de ces journées se sont déroulés dans le SF de la Crusnes. Pouvez-vous, s'il vous plaît, me renseigner si les ouvrages de la Ligne Maginot de ce secteur sont intervenus durant ces journées?
Merci à tous,
Samuel


Réponse de alainH ( 245 ) - Posté le 09/12/2020

Bonjour Samuel
succinctement, l'ouvrage de Bréhain est intervenu avec ses 2 tourelles de 75 mm (tirs sur Esch: 4 200 coups tirés du 10 au 14 mai), puis avec sa tourelle de 135 mm à partir du 12 mai (tirs sur Villerupt).

Egalement Rochon et Molvange (tirs des Tlles de 75 mm sur Kayl).
Cordialement
alainH


Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 10/12/2020

Bonjour Alain,
Je te remercie pour tes renseignements.
Pour ce qui est des tirs des 2 tourelles de 75 mm sur Esch et Molvange, elles ont tiré à la limite de portée.
Pour ce qui est des tirs de la tourelle de 135 mm, cela voudrait dire que les Allemands ont "tâté" la défense rapprochée de l'ouvrage.
En résumé et si je comprends bien, le Bréhain est un excellent exemple que la Ligne Maginot pouvait être très redoutable.
Très cordialement,
Samuel


Réponse de jolasjm ( 4464 ) - Posté le 10/12/2020
Dernière modification par jolasjm le 10/12/2020.
Bonjour Samuel

Villerupt n'est pas exactement au contact de Bréhain, on ne peut donc pas dire aussi directement que les allemands sont venus "tâter" la défense rapprochée dés le 10-12 Mai, mais ce sont en effet les premiers exemples de démonstration de capacité opérationnelle. Il y en a eu un certain nombre d'autres ensuite, et bien plus au contact (Fermont, Michelsberg, Einseling-Téting, Aschbach...) - là les armes d'infanterie sont entrées dans la danse - et qui tous ont été funestement ressentis par l'adversaire. Pour simplifier à l'extrême une question large et compliquée, les seuls ouvrages ou éléments qui ont été pris et vaincus - qui sont des exemples amplement publicisés pour "démontrer" l'inutilité de la ligne Maginot - sont des petits ouvrages ou des casemates mal couverts par l'artillerie de position ou d'ouvrage, ou isolés du fait du retrait des troupes d'intervalle après le 13 Juin 40.

Un autre exemple très démonstratif de capacité, et peu mis en avant hélas dans la comm "tous publics" autour de la ligne, c'est la magnifique résistance de la ligne Maginot alpine face aux italiens.

Bien cordialement
Jean-Michel


Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 10/12/2020

Bonjour Jean-Michel,

Je te remercie pour tes précisions.

Ayant lu au sujet de la résistance de la ligne Maginot alpine, je partage pleinement ton avis. A mon humble avis et n'étant pas spécialiste, je pense que cette résistance à permis à la France de conserver une grande partie de son territoire au moment de "l'armistice".

Très cordialement,

Samuel


Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 11/12/2020

Bonsoir à tous,

Pour résumer l'article du général Petiet (à la grosse louche), la bataille du 10 au 14 mai 1940 s'est, en partie, déroulée pour la prise de Longwy qui se trouve dans le secteur des ouvrages du Fermont et de Latiremont. Ces ouvrages ont-ils soutenu la défense de cette ville?

Vu les tirs du Bréhain sur Villerupt, peut-on supposer que la résistance de l'aile droite de l'armée française a été plus durement éprouvée durant cette période?

Bonne soirée à tous,

Samuel


Réponse de jolasjm ( 4464 ) - Posté le 11/12/2020
Dernière modification par jolasjm le 11/12/2020.
Bonsoir Samuel

Latiremont n'avait aucun moyen de soutenir les défenseurs de la PAL (Position Avancée de Longwy) car ses 75mm sont exclusivement sous casemates et donc en flanquement. Ces casemates ne voient pas la ville : Longwy échappe donc aux tir de cet ouvrage. Par contre Latiremont a tiré sur tout ce qui est passé dans le champ de ses casemates dés le 13 Mai (Differdange/Hussigny et la frontière peuvent être atteint par le Bloc 5. Fermont peut en effet atteindre la ville de Longwy a portée maximale de sa tourelle de 75 mais la ville est hors champ de sa casemate d'artillerie, tout comme pour Latiremont. Le B1 de Fermont (T75) a ouvert le feu le 12 Mai sur les convois allemands longeant la frontière, sauf erreur.

A noter que les tourelles de Bréhain tiraient assez profondément en territoire luxembourgeois et donc ont du constituer une gène bien supérieure aux allemands que Fermont n'a pu l'être, en tous cas initialement.

Je te recommande l'excellent livre de Jean-Yves Mary sur les combats dans le secteur et les prises de contact sur la PAL ("La bataille des 3 frontières" chez Heimdal), qui décrit bien les événements du 10 au 15 Mai, avec l'évacuation des civils restants, le sabotage des usines métallurgiques le 11 Mai, le bombardement allemand qui débute le 12, suivi de la perte des postes avancés de la ville et l'investissement de la ville haute (citadelle), puis le repli de la PAL considérée indéfendable.

Nota : l'une des alternatives de tracé de la ligne Maginot étudiée en 1930 pour le tronçon "Crusnes" passait par Longwy, dont les fortifs Vauban auraient été équipées d'au moins un gros ouvrage moderne ! Cette alternative a été repoussée car jugée trop proche de la frontière et traversée par les profondes vallées industrielles de la Chiers, la Moulaine et le ruisseau de cote Rouge rendant la défense compliquée. Sans doute que les combats de Mai 1940 à Longwy se seraient passés différemment si cela avait été le cas !

Par contre je ne saisis pas très bien ton point sur la résistance de "l'aile droite" de l'armée française. Techniquement son aile droite est à Menton (ou à la limite Sundgau/Jura si on ne parle que de l'Allemagne) ?

Bien cordialement
Jean-Michel


Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 12/12/2020

Bonjour Jean-Michel,

Je te remercie pour tes renseignements ainsi que de m'avoir fait connaitre un livre que j'ignorais totalement.

Pour ce qui est de l'aile droite, j'avoue que je me suis très mal exprimé. Je veux parler des troupes françaises, uniquement, dans le secteur de la Crusnes.

Très cordialement,

Samuel


Réponse de jolasjm ( 4464 ) - Posté le 12/12/2020
Dernière modification par jolasjm le 12/12/2020.
Bonjour Samuel

Je vois mieux. Non, l'aile droite du SF de la Crusnes n'a pas été beaucoup plus sollicitée que cela entre le 10 et le 15 Mai 40. Le gros des troupes allemandes se déplaçait parallèlement à la frontière dans le Luxembourg : les ouvrages n'ont fait que harceler des objectifs d'opportunité dans leur champ de tir et de couvrir certains avant-postes frontières que les allemands venaient "tâter" pour tester. L'artillerie a aussi couvert à distance la progression le 10 Mai de la 3° DLC et la 1° Brigade de Spahis qui ont fait une incursion au Luxembourg pour aller se rendre compte sans vraie envie de titiller le flanc gauche de la poussée allemande. La cavalerie est vite revenue dans ses frontières dés le 11.

Pour faire simple - et un peu caricatural, je m'en excuse -, la 3° Armée s'est contentée de regarder le train passer en comptant les wagons...

Bien cordialement
Jean-Michel


Réponse de samuel1964 ( 64 ) - Posté le 14/12/2020

Bonsoir Jean-Michel,

Je te remercie pour tes précisions.

On ne refait pas l'histoire, mais une bonne contre-attaque appuyée par l'artillerie sur le flanc gauche de l'armée allemande aurait été des plus judicieuse. Enfin, je pense....
Très cordialement,

Samuel


Vous ne pouvez pas participer à ce fil de discussion, seuls les membres peuvent y répondre ou y contribuer. S'inscrire est gratuit, rapide et sans engagement.