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Tourelle de 75 mm modèle 1932 R

(75 R 32)






Comme la plupart des tourelles installées sur la ligne Maginot, la tourelle de 75 32 R est dérivé de la tourelle de 75 modèle 1905 qui avait donné entière satisfaction lors du conflit précédent.
Sa denomination vient de Tourelle modèle 1932 pour deux matériels de 75 mm raccourcis


Description


La tourelle de 75 R 32 est constituée d'une partie fixe surmontée d'une avant cuirasse dans laquelle une partie mobile se déplace de haut en bas assurant la mise en batterie de la tourelle (position de tir) ou son eclipse (position de retrait ne laissant dépasser que la calotte supérieure). La partie supéreiure de cet ensemble mobile constitue la chambre de tir de la tourelle et peut tourner à 360° autour d'un axe vertical, permettant à la tourelle de couvrir toute la zone située autour d'elle.

L'ensemble est construit sur trois niveaux:

L'étage inférieur
Ce niveau comprend le contrepoids à balancier destiné à compenser le poids de la partie mobile et permettre son mouvement de translation vertical ainsi que la motorisation électrique correspondant, la goulotte d'évacuation des douilles et le systéme de ventilation propre à la tourelle.

L'étage intermédiaire
Cet étage est celui comprenant le poste de pointage de la tourelle et comprend aussi les norias permettant l'approvisonnement en munitions des pieces situées à l'étage supérieur.

L'étage supérieur
C'est à proprement parler la chambre de tir de la tourelle comportant les deux piéces de 75 sur leur affut protégées par une calotte épaisse en acier.


La tourelle est équipée de deux canons-obusiers de 75 R 32 . Les deux pièces sont solidaires l'une de l'autre et leur pointage est identique.
Elle est dotée d'indicateurs de fauchage de site et de direction. Les commandes de fauchage actionnent, pendant le tir, l'ensemble de la tourelle en rotation et l'ensemble des pièces en hauteur et c'est tout l'ensemble qui se décale pendant le tir sur commande du pointeur en mode fauchage.


Montage du canon de 75 R 32 sous tourelle
Berceau support prévu pour deux tubes
Musée de l'ouvrage de Schoenenbourg



La portée maximale des pièces est de 9 200 mètres et la cadence de tir nominale est de 26 coups par minute, celle ci pouvant sur de trés courtes durées dépasser les 50 coups par minute, cette durée étant limitée par les capacités d'approvisionnement en munitions et l’échauffement des tubes).


Montage du canon de 75 R 32 sous tourelle
Berceau support prévu pour deux tubes
Musée de l'ouvrage de Schoenenbourg




Lorsque cela est nécessaire, le refroidissement des tubes est assuré par aspersion d'eau. Certaines tourelles ont été équipées au niveau de leur avant cuirasse d'un système de buses pouvant injecter de l'eau directement dans les bouches des pièces lorsque la tourelle est en position éclipsée.



Equipements


Le poste de pointage se trouve à mi-hauteur de l'étage intermédiaire, accroché sur le fut pivot. La chambre de tir est aveugle, une lunette périscopique APX L655 débouchant entre les deux pièces abouti au niveau du poste de pointage pour permettre le tir 'à vue'.
Les mouvements de la tourelle (pointage en direction et en hauteur, mise en batterie) sont motorisés. Elle est dotée de deux norias électriques assurant l'approvisionnement en munitions des pièces depuis l'étage intermédiaire.

Les ordres sont transmis depuis le PC du bloc jusqu'à la tourelle par un système de transmetteur d'ordre Carpentier modèle 1937 , et entre les étages de la tourelle, par un transmetteur de marque Téléflex .



Fabrication, cout


La fourniture et l'installation de ces tourelles a fait l'objet d'un marché passé en 1932 avec la société Châtillon-Commentry et Neuves-Maison et la société Ateliers et Chantiers de la Loire .

La fabrication a été assurée par Cail (4 exemplaires), Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons dans son usine de Montluçon Saint-Jacques (5 exemplaires ) et les Ateliers et chantiers de la Loire dans son usine de Saint Nazaire(3 exemplaires).

Les avant-cuirasses de ces tourelles ont été produites par les Forges et aciéries de St-Chamond, les Aciéries de Longwy et celles de Schneider au Creusot.

Le cout de ce système d'arme, hors armement et munitions s'élevait à 2 500 000 Francs auxquels se rajoutaient 140 000 Frs au titre du transport.



Caractéristiques de la tourelle


- Diamètre de la calotte supérieure : 304 cm
- Epaisseur de la toiture : 30 cm
- Epaisseur de la muraille : 30 cm
- Hauteur émergeant en batterie : 102 cm
- Poids total : 188.7 t
- Poids des parties fixes : 87,6 t
- Poids de la partie mobile : 101,1 t
- Éclipse et mise en batterie : à l'étage inférieur
- Pointage en direction rapide : A bras et à moteur depuis l'étage intermédiaire
- Pointage en direction lent : A bras depuis le poste de commande au dessus de l'étage intermédiaire
- Pointage en hauteur : A bras depuis le poste de commande au dessus de l'étage intermédiaire
- Pointage en hauteur : A bras depuis le poste de commande au dessus de l'étage intermédiaire
- Commande des Norias : Électrique, commande à l'étage intermédiaire
- Lunette de tir direct : Poste de commande



Caractéristiques des pièces :


Lorsquelles sont montées sous tourelle, les pièces ont un pointage en hauteur variant de -9°à +40°30', le pointage en direction étant de 360°.

Les caractéristiques des canons obusiers de 75 R 32 sont données sur la page qui leur est dédiée



Personnel


Le fonctionnement d'une tourelle d'artillerie de 75 R 32 nécessitait à lui seul un total de 25 personnels, non compris les personnels du PC du bloc


Chef de tourelle

- Sous officier chef de tourelle : 1


Etage inférieur:


- Brigadier chef de d'équipe : 1
- Maître ouvrier : 1
- Conducteur : 1


Etage intermédiaire:


- Sous officier chef de pièce : 1
- Brigadier pointeur : 1
- Aide pointeur : 1
- Brigadier artificier : 1
- Déboucheur : 2
- Approvisionneur : 2
- Pourvoyeur : 5
- Auxiliaire : 4


Chambre de tir

- Brigadier pointeur : 1
- Tireur : 1




Munitions, caractéristiques et dotation


Les munitions utilisées par les canons-obusiers de 75R32 sont détaillées dans la page Munitions utilisées dans la fortification proposée sur le site .


La dotation règlementaire par tourelle (deux pièces) était de 6 400 coups répartis comme suit :

- 3 600 coups dans le magasin M1 de l'ouvrage,
- 3 200 coups dans le magasin M2 au pied du bloc,
- 600 coups dans le magasin M3 en haut du bloc




Déploiement


Au total, ce sont 12 exemplaires de cette tourelle qui ont été installés sur la ligne Maginot, numérotés de 401 à 412.
Au moins 18 autres engins prévus sous tourelle ont soit été annulés soit reportés en 2ème cycle.


- 401 - Ouvrage de Rochonvillers, bloc 3
- 402 - Ouvrage du Mont des Welsches, bloc 2
- 403 - Ouvrage du Billig, bloc 4
- 404 - Ouvrage du Schiesseck, bloc 7
- 405 - Ouvrage de Molvange, bloc 5
- 406 - Ouvrage de Soetrich, bloc 6
- 407 - Ouvrage du Mont des Welsches, bloc 4
- 408 - Ouvrage du Four à Chaux, bloc 2
- 409 - Ouvrage de Soetrich, bloc 5
- 410 - Ouvrage du Kobenbusch, bloc 5
- 411 - Ouvrage de Schoenebourg, bloc 4
- 412 - Ouvrage de Schoenenbourg, bloc 3


Les premiers essais réels de la tourelle de 75R32 ont lieu au B3 de ROCHONVILLERS. Le tir technique se déroule les 29 et 30 janvier 1935, et se conclut de façon assez positive :
- aucun incident sérieux
- la noria à munitions de la tourelle est jugé très supérieur à celui de la tourelle de 75/33
- par contre l'espace intérieur de la tourelle est jugé trop exigu. L'étage supérieur de la tourelle a été conçu dans l'hypothèse d'une culasse semi-automatique, ce qui n'est en réalité pas le cas, et qui nécessite 4 chargeurs au lieu de deux. Cette situation jugée dangereuse mise en évidence par l'essai pousse la CEPARF à demander la relance de l'étude de cette culasse semi-automatique. Sur cette base, la CORF demande formellement le 26 Février 1935 (note 216/ORF) à la direction de l'armement de lancer cette étude qui permettrait de repasser de 4 à 2 chargeurs dans la chambre de tir.


Divers


Le fonctionnement d'un bloc équipé d'une tourelle de 75 R 32 demandait entre 40 et 50 KW






Rédaction initiale : Pascal LAMBERT 2016
Sources : wikipedia, Burtscher Jean Louis, Truttmann Philippe, Hohnadel Alain, Web



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