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Cloche à Vision Directe et Périscopique

(VDP)






Solution hybride entre la cloche "VP" (Vision Périscopique) et la cloche GFM (Guetteur-Fusil Mitrailleur), la cloche VDP (Vision Directe et Périscopique) comporte des créneaux permettant l'observation directe à vue en sus de la possibilité d'utiliser un périscope. En pratique, elle a été réservée à une utilisation comme organe d'observation dans les ouvrages.


Développement


Non prévue aux début de la conception de la ligne Maginot dans la mesure ou l'observation organique devait se faire exclusivement par des cloches VP, son développement est demandé par le Gal BELHAGUE à la DPST (Délégation Permanente de Sections Techniques) le 1er Aout 1930 en même temps que celui d'une cloche pour jumelage de mitrailleuses. La raison de ce nouveau développement tient à plusieurs facteurs :

  • La cloche VP et ses périscopes lourds et sensibles sont considérés fragiles, surtout dans un contexte d'installation dans des observatoires d'ouvrages qui peuvent être soumis à un intense bombardement en même temps que les organes actifs dudit ouvrage.

  • Les observatoires ne bénéficiant pas de vues lointaines ou ayant une fonction d'observation rapprochée au profit d'un ouvrage peuvent s'accommoder d'une observation directe

  • L'observation n'étant que rarement nécessaire sur 360°, on peut limiter le nombre de créneaux d'observation et donc l'exposition de la cloche.


  • Cette différentiation de rôle entre cloche VP et VDP est formellement confirmée par la CORF aux Directions des Travaux de Fortification en Septembre suivant, avec demande de définir pour chacun des secteurs fortifiés quel type de cloche sera installé dans quel observatoire. A ce moment, la cloche VDP est toujours en cours de développement.

    Un avant-projet de cloche développé par le Service du Matériel des Fortifications en lien avec la Section Technique de l'Artillerie est présenté à la DPST en Mai 1931 et approuvé le 1er Juin avec demande de fabrication d'un prototype. Dans l'intervalle, les services du Génie définissent le plan de génie civil de cette cloche pour ne pas retarder les travaux de conception des ouvrages auxquels elle est destinée. Par souci de simplification ce génie civil sera le même que celui de la cloche GFM.

    Le prototype de la cloche est réceptionné aux usines de St Chamond le 8 Mars 1932. Cette première cloche est ensuite installée dans l'ouvrage du BILLIG, faisant le 24 Janvier 1933 l'objet par la STG et le SMF d'un processus de réception définitive sur place, deux mois avant la réception définitive de la 1ère cloche VP.



    Caractéristiques


    Contrairement à la cloche VP, la cloche VDP émerge largement de la dalle béton dans laquelle elle est installée du fait de la présence des créneaux de vision directe, la hauteur du dépassement étant fonction du champ de vision vertical à couvrir.

    Cette cloche existe en deux modèles, le grand modèle pour la protection 3 et 4, et le petit modèle pour la protection 1 et 2. Les dimensions hors-tout sont grosso-modo celles des cloches GFM équivalentes, avec cependant une toiture plus aplatie. Le génie civil de maçonnerie de la cloche est identique à celui de la cloche GFM correspondante, cette compatibilité croisée étant voulue par conception pour laisser la liberté aux DTF de décider de remplacer éventuellement une cloche GFM par une cloche VDP jusque tardivement dans le processus de conception des blocs d'ouvrage.

    L'épaisseur d'acier en toiture est de 250mm, et de 300mm en façade pour le grand modèle, et 150mm et 200mm respectivement pour le petit modèle.

    Elle est équipée de 3 créneaux séparés de 72° entre eux, avec une ouverture verticale de +15°/-15° pour le créneau normal et +5°/-25° pour le créneau spécial. Le champ de vision horizontal de 75°. La cloche couvre donc un champ horizontal total de 219°.

    La cloche à vision périscopique comporte :
    - une colonne centrale dans laquelle peut coulisser la colonne support de périscope pour permettre d’éclipser le périscope ou de le mettre en position d’observation. Cette colonne est montée dans un encastrement sphérique permettant le réglage précis de la verticalité in-situ. Le mouvement de la colonne est commandé par deux manivelles placées dans la chambre d’observation. Un dispositif de blocage permet l’immobilisation absolue de la colonne support du périscope. La colonne support et le périscope sont équilibrés par un contrepoids.
    - un plancher pouvant tourner autour de son axe et pouvant se déplacer verticalement. Le mouvement de translation verticale est solidaire du mouvement de la colonne support de périscope. Le mouvement de rotation du plancher est obtenu par l’observateur prenant appui sur une main courante.
    - un doublage intérieur dans la partie haute de 25mm en acier, fixé à 25mm de la paroi intérieure.
    - divers équipements de service (éclairage, tablette, siège à rabattement, prise de courant pour baladeuse...)

    Chaque cloche est munie de palans permettant la mise en place des périscopes qui sont très pesant (250kg environ).

    Dans la cloche à vision directe et périscopique, le périscope est supporté par un dispositif fixé au doublage, au sommet de la cloche.

    La plate-forme qui sert de plancher à la chambre d’observation est analogue à celle des cloches de GFM.

    Ce type de cloche était équipé d'un périscope de grossissement 8 du type M, N ou du périscope type P2 pour l'observation de nuit. Les créneaux de vision directe sont équipés d'épiscopes L696.

    Elle est par ailleurs dotée d'un système d'éclairage sur variateur et d'une alimentation électrique pour l'éclairage du réticule du périscope ainsi que de deux prises téléphoniques permettant la mise en communication avec la cloche conjuguée et le bureau des observateurs du bloc ou le PC Observation dont elle dépend.



    Source : SHD - carton 2V270,
    Notice descriptive de la cloche VDP pour bloc d'ouvrage.



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