Wikimaginot, le wiki de la ligne maginot




TM 32 - Central téléphonique extensible semi étanche






Les centraux téléphoniques extensibles semi-étanche ont été utilisés pour l'équipement des centraux fixes de la fortification Maginot dés que le nombre d'abonnés était égal ou supérieur à 16.
Une exception notable à cette règle concerne les centraux 'tir' des PC d'artillerie qui étaient systématiquement constitués de centraux sous carter étanche indépendamment du nombre d'abonnés desservis. Cette exception s'explique par la nécessité de pouvoir mettre en relation plusieurs abonnés simultanément, possibilité offerte par les centraux téléphoniques de campagne TM 32 utilisés dans les centraux sous carters étanches mais pas par les panneaux d'abonnés utilisés par les centraux téléphoniques extensibles semi-étanches (1).


Central de l'ouvrage de Rochonvillers




Constitution des centraux extensibles semi-étanches


Les centraux extensibles semi-étanches sont constitués d’un répartiteur principal, de boitiers de protection contre les surtensions et d’un ou plusieurs groupes de panneaux d’abonnés fixés au mur. Chaque groupe de panneaux est desservi par une table d’exploitation. Une sonnerie trembleuse et un ensemble de piles compléte l'ensemble.
Afin d'assurer la protection des telephonistes desservant le central contre les surtensions de toute nature, les tables d’exploitation et le personnel les desservant sont isolés electriquement du sol par une estrade en bois traité.



Constitution d'un central fixe



La vue ci-dessus donne le principe de la composition d’un central extensible semi étanche. Les lignes d’abonnés sont issues du répartiteur principal du central (qui est souvent le répartiteur principal de l’ouvrage) et sont reliées à la réglette correspondante sur l’un des panneaux d’abonnés. Cette liaison ne se fait pas directement mais passe au travers d’un dispositif de protection contre les surtensions logé dans les boîtiers de protection contre les surtensions.

Le terme extensible utilisé dans la dénomination officielle de ces matériels provient de la faculté offerte de créer des centraux d'importance variable en associant plusieurs groupes de panneaux d'abonnés. En exemple le central principal de l'ouvrage du Galgenberg pouvant desservir jusqu'à 128 abonnés qui est composé de deux groupes de panneaux desservant chacun 48 directions et de deux tables d'exploitation ou encore celui du Fort d'Illange abritant le PC de Secteur Fortifié de Thionville qui était constitué de cinq groupes de deux panneaux d'abonnés totalisant chacun 64 directions desservis chacun par une table d'exploitation.



Panneaux d'abonnés


Les panneaux d’abonnés se présentent sous la forme de boîtiers en fonte renfermant les réglettes des aboonés du central. Ces panneaux ont été produits en deux versions, l’une comportant une seule rangée de 16 réglettes d'abonnés, l’autre deux rangées de 16 réglettes, soit 32 abonnés.
Les panneaux sont soit utilisés seuls, soit groupés par deux afin de desservir 16, 32, 48 ou 64 abonnés. Lorsqu'ils sont groupés, les panneaux sont fixés l'un au dessus de l'autre.

Lorsque le central n'est pas exploité, les panneaux d'abonnés sont fermés par des couvercle vissés et leur étanchéité est garantie par un joint caoutchouc.



Réglette pour panneau d'abonné


La photo ci dessous est celle d'une réglette pour panneau d'abonné. Elle comporte en face avant une fenêtre laissant apparaitre la palette de l'annonciateur d'appel et une prise jack permettant de connecter l'abonné à l'un des circuits dicordes de la table d'exploitation.


Réglette pour panneau d'abonné d'un central extensible semi-étanche



Les vis visibles en partie haute de la réglette correspondent au circuit de sonnerie de la réglette et les deux vis visibles en partie basse correspondent elles aux deux fils de la ligne de l’abonné provenant du boitier de protection correspondant au panneau d'abonnés concerné.
Dans le cas des abonnés faisant partie du réseau d’alerte, il suffisait afin d’établir une liaison directe entre les lignes des abonnés concérnés lorsque le central était inexploité de relier entre elles les vis inférieures de leurs réglettes respectives grâce un câble à deux conducteurs. Dans ce cas, un jack isolant était introduit dans chacune des deux réglettes afin de mettre hors service les deux annonciateurs d’appel. La partie du jack dépassant de la reglette était d'une taille réduite afin de ne pas gêner la mise en place du couvercle du panneau. Les jacks et liaisons établies étaient simplement supprimés lorsque le central était exploités


La représentation schématisée de la réglette donnée ci-dessous permet d'en comprendre le principe de fonctionnement :


Plan schématisé d'une réglette d'abonné



„Au repos, la palette est verrouillée en position haute (position représentée). La partie avant de la palette est peinte en noir et en blanc phosphorescent. L’opérateur a donc devant lui un voyant de couleur noire .
„Lorsque l’abonné dont le circuit abouti sur la réglette manoeuvre sa magnéto, l’annonciateur d’appel ( électro-aimant ) est parcouru par le courant d’appel et attire le chien qui maintenait la palette en position haute. La palette ainsi libérée bascule et laisse apparaître au travers de la fenêtre du voyant sa partie blanche. Dans le même temps, le basculement de la palette libère un contact fermant le circuit sonnerie de la réglette d’abonné et la sonnerie trembleuse du central retentit pour avertir l’opérateur.

„L’opérateur averti de la demande de l’abonné introduit une fiche de la table d’exploitation dans la prise jack de la réglette du demandeur. L’introduction de cette fiche réarme la palette en position haute et isole l’annonciateur
d’appel de la ligne du demandeur.
„En fin de communication, le retrait de la fiche jack de la réglette de l’abonné laisse celle ci dans l’état initial, palette en position haute avec la partie noire visible. La réglette est prête pour recevoir un nouvel appel.

Les circuits de sonnerie de toutes les réglettes d'un même panneau d'abonné sont reliés en parallèle à l’intérieur de ce dernier. Chaque panneau est équipé en son centre d’un interrupteur de sonnerie permettant d'interrompre le circuit ainsi formé.



Réglette à six jack


Du fait de la longueur limitée des dicordes des tables d'exploitation, il était difficile voire impossible dans les centraux importants de relier entre eux des abonnés issus de groupes non voisins. Lorsque cela était toutefois nécessaire, il était fait appel à des réglettes à six jacks permettant de connecter entre eux des abonnés localisés sur des panneaux distants l'un de l'autre.
Cette réglette se presente sous la forme d'une face avant équipée de six prises jacks groupées deux par deux, chaque groupe de deux jacks correspondant à un circuit téléphonique. Sa mise en place nécessitait la suppression de deux réglettes d'abonnés.
Les réglettes de panneaux distants étaient reliées entre elles et cette liaison entre panneaux distant permettait de réaliser l'interconnection de leurs abonnés.
Dans le cas du central du Fort d'Illange donné ci dessus, ces reglettes ont été utilisées pour permettre de mettre en relation entre eux les abonnés des cinq groupes de panneaux d'abonnés le constituant.



Boitiers de protection


Les circuits téléphoniques reliant les réglettes des panneaux d’abonnés au répartiteur principal transitent au travers de boîtiers de protection afin d'assurer la protection des opérateurs contre les surtensions dangereuses susceptibles de transiter par les lignes utilisées.

Ces boitiers de protection existent en deux capacité, 16 ou 32 lignes correspondant aux capacité des panneaux d'abonnés qu'ils protégent. Ils renferment pour chaque circuit un dispositif protègeant chacun des conducteurs de la ligne téléphonique. Ce dispositif est constitué coté ligne répartiteur d'un parafoudre à pointe réglable placé entre le conducteur et la terre, d'un fusible de 3 ampères inséré dans la ligne et d'un second éclateur à gaz coté panneau d'abonné placé lui aussi entre le conducteur et la terre.
Le premier parafoudre est destiné à permettre l'écoulement vers la terre des surtensions importantes généralement dues à la foudre, il est réglé pour des tensions de l'ordre de 1300 volts. Le second parafoudre a lui une tension d'amorçage beaucoup plus faible, de l'ordre de 110 volts et est destiné à protéger le réseau des tensions résiduelles. Son activation entraine en général le fusion des fusibles de la ligne interrompant par la même la circulation du courant dans le circuit.



Table d'exploitation


La table d’exploitation est constituée d’un bâti en fonte monté sur galets équipé d’un pupitre d'exploitation. Ce pupitre comprend deux postes opérateurs basé sur le schéma adopté pour les postes téléphoniques type TM32 ainsi que les circuits dicordes. Les vingt huit cordons permettant la mise en relation des abonnés au travers des circuits de la table (deux par circuit dicorde) se trouvent en partie supérieure du pupitre. Afin d’éviter leur enmellement, ces cordons sont chacun munis d’un contrepoids permettant le rappel automatique de leur câble.

Une tablette rabatable est située de chaque coté du bati, deux supports pour piles grande capacité type Leclanché sont fixés à l'arriére de celui-ci.

Lorsqu'elle n'est pas utilisée, un couvercle en aluminium doté d'un joint caoutchouc permet de préserver la table d'exploitation de l'humidité et de la poussiére.



Circuit dicordes - Annonciateurs


Les circuits dicordes sont au nombre de 14 par table d'exploitation, chaque table permettant donc l’établissement d’un maximum de 14 communications simultanées. Un circuit dicorde est composé de deux cordons terminés par une fiche jack permettant de se connecter sur les réglettes correspondant aux abonnés demandeur et demandé, d’une clef d’écoute à trois positions et d’un annonciateur électro-mécanique de fin de communication.


Schéma d'un circuit dicorde



Les deux premiéres positions de la clef d'écoute permettent de mettre de l’abonné demandeur en relation avec le poste opérateur de la table d'exploitation ou avec l’abonné demandé. La troisiéme position permet l’écoute de la communication en cours.

L'annonciateur de fin de communication est raccordé en parraléle sur le circuit dicorde et permet à l'abonné apellant de signaler la fin de la communication en actionnant la magnéto de son poste. Le courant d'appel ainsi généré entraine alors la chute d'une palette mécanique faisant passer d'une part le voyant de l'annonciateur du noir au blanc au blanc et fermant d'autre part un contact électrique de sonnerie.

L'ensemble des contacts de sonnerie de tous les circuits dicordes est raccordé en serie, ce circuit étant à son tour raccordé sur une fiche au circuit de sonnerie du central par un cordon muni d’une fiche semblable à celle equipant les cordons de raccordement prévus pour la connexion des postes d'abonnés sur les douilles de prise d'abonnement . Une clef (interrupteur) en partie centrale de la table d'exploitation permettait d'interrompre le circuit de sonnerie, la mise hors service de la sonnerie pouvant être effectuée dés lors que le niveau de bruit ambiant le permettait, ou de nuit afin de ne pas déranger les personnels logeant en général à coté du central.
Lorsque la sonnerie était coupée, les demandes de libération des circuits provenant des abonnés étaient tout de même accompagnées d’un léger signal sonore du à la vibration de l'annonciateur du circuit dicorde.




Postes opérateurs


La table d'exploitation est equipée de deux postes opérateurs, l'un dénommé poste opérateur principal situé à droite de la table et le second denommé poste opérateur de secours situé sur la gauche. Le schéma de principe de ces postes opérateurs est le même que celui des postes téléphonique de campagne modèle 32 . Le combiné téléphonique ou le casque avec laryngophone était raccordé sur chaque poste opérateur par l'intermédiaure d'une fiche à 4 plots similaire à celle utilisée pour les centraux de campagne type TM 32 . Le circuit microphonique de chaque poste opérateur est alimenté par deux piles à forte capacité type Leclanché placées dans les supports fixés à l’arrière du bâti.

Les circuits dicordes de la table d'exploitation sont répartis en deux groupes droite et gauche et chaque groupe est raccordé au poste opérateur situé de son coté. Cette disposition permet l’exploitation de la table par deux sapeurs télégraphistes en cas de fort trafic. Dans le cas ou un seul sapeur est chargé de son exploitation , une clef (interrupteur) permet de basculer l’ensemble des circuits sur le poste Poste opérateur principal.


Central de l'ouvrage de Métrich



Sur cette photo du central de l’ouvrage de Métrich prise en 1940 sont visibles les trois groupes de panneaux desservis chacun par une table d’exploitation. Le panneau d’abonnés et la table d’exploitation situés au premier plan donnent une excellente vision du matériel utilisé .
De chaque coté de cette table le manivelles des magnétos des postes opérateurs encadrent les 14 clefs correspondant aux circuits dicordes . La quinzième clef est celle permettant l’exploitation de la totalité des circuits de la table sur le poste opérateur de droite . La rangée supérieure est celle des annonciateurs d’appel, dont on voit clairement les boutons de réarmement. Les jacks des dicordes sont visibles en partie arrière du pupitre. Quatre d’entre eux sont utilisés pour l’établissement de deux communications .



Circuit de sonnerie du central


Le schéma ci dessous permet de comprendre le principe du fonctionnement de la sonnerie dans un central extensible semi-étanche.


Schéma du circuit de sonnerie d'un central



Le circuit de sonnerie du cenral est constitué d'uen sonnerie trembleuse fonctionnant sous une tension continue de trois volts fournie par deux piles de type Leclanché. La sonnerie est activée par la table d'exploitation en fin de communication ou par les panneaux d'abonnés pour signaler un appel entrant.

La pierre angulaire ce ce circuit est une prise à deux plots d’un type particulier, semblable aux douilles d’abonnés mais dont le boîtier est muni de trois entrées de câble au lieu de deux. Une premier entrée de cable est utilisée par le cable correspondant aux circuits sonnerie de tous les panneaux d'abonné du central mis en commun et dont les deux conducteurs sont soudés sur les deux bornes de la prise. La seconde entrée est utilsée par le cable correspondant aux piles du circuit de sonnerie et la troisiéme entrée, à la sonnette trembleuse. La table d'exploitation est raccordée à l'aide de la fiche de son circuit sonnerie sur la prise en question.
Sous réeserv que les interrupteurs de sonnerie de la table ou des panneaux d'abonnés soient sur 'Avec sonnerie', tout sollicitation de l'un des annonciateurs de fin d'appel de la table d'exploitation ou de l'un des annonciateurs d'appel des panneaux d'abonnés entraine du fait de la fermeture du contact électrique associé le fonctionnement de la sonette trembleuse.



Exploitation d'un central semi-étanche


Le principe de l’établissement d’une communication au travers d’un central extensible semi-étanche est le
suivant :


L'abonné demandeur manoeuvre la magnéto d’appel de son poste.

Dans le central dont il dépend, l'annonciateur de la réglette d’abonné lui correspondant est parcouru par le courant d'appel de la magnéto et libére sa palette, faisant passer son voyant de la position libre (couleur noire ) à celle d'appel (couleur blanche phosphorescente) pour signaler la demande.
La chute de cette palette ferme un contact électrique qui actionne la sonnerie du central


„

L'opérateur insère la première fiche d‘un circuit libre de sa table d’opérateur dans la réglette de l’abonné demandeur

L’insertion de cette fiche provoque le réarmement de la palette de la réglette d'abonné du demandeur et interrompt de facto la sonnerie du central.
„L'opérateur abaisse la clef du circuit dicorde utilisé, mettant ainsi le poste opérateur de la table d'exploitation en relation avec le demandeur
„Il se renseigne sur le numéro de l’abonné demandé.
.


L'opérateur insère la seconde fiche du circuit dicorde dans la réglette correspondant à l'abonné demandé

Il manoeuvre la clef du circuit dicorde utilisé dans l’autre sens, établissant ainsi la liaison entre son poste opérateur et le poste de l’abonné demandé puis actionne la magnéto du poste opérateur, envoyant ainsi un courant d’appel vers le poste de l’abonné demandé.

„

L’abonné demandé répond à l'appel

L'opérateur remet en position intermédiaire la clef du circuit dicorde, l'abonné demandeur est alors mis en relation avec l'abonné demandé au travers du circuit dicorde de la table d'exploitation.


„

La communication terminée, l’abonné demandeur actionne sa magnéto.

Le courant d’appel produit parcourt l'annonciateur de fin d'appel du circuit dicorde de la table d'exploitation et libére sa palette, faisant passer le voyant de la position libre (couleur noire ) à celle de fin d'appel (couleur blanche phosphorescente) pour signaler la fin de l'appel à l'opérateur.
La chute de cette palette actionne la sonnerie du central au travers de son circuit de sonnerie.

„

L’opérateur retire les fiches du circuit dicorde des réglettes du demandeur et du demandé

Il interrompt ainsi la liaison établie entre les deux abonnés et réarme ensuite la palette de l’annonciateur du circuit dicorde utilisé sur sa table en appuyant sur le bouton correspondant.
Fin de la communication.








1 - Les premiers centraux tirs étaient constitués par des centraux téléphoniques semi-étanche et ces matériels ci ont été remplacés par des centraux soux carter étanche au milieu des années 30.


Sources : TM 32, le téléphone dans la ligne Maginot - P LAMBERT 1999

© wikimaginot 2017 - Rédaction initiale Pascal LAMBERT




© 2017 / 2019 -Tous droits réservés wikimaginot.eu - Cette page a été mise à jour le 22/04/2017