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74° Bataillon Alpin de Forteresse

(74° BAF)






Le 74° Bataillon Alpin de Forteresse est l'unité d'infanterie d'active couvrant le secteur nord du SFAM en temps de paix. A la mobilisation, Il donne naissance à la 61° Demi Brigade Alpine de Forteresse (DBAF) composée des 74°, 84° et 94° BAF.


Le bataillon du temps de Paix


Le 74° Bataillon Alpin de Forteresse (BAF) est créé le 10 avril 1934 à Draguignan à partir du IV/141° RIA et hérite des traditions du 61° RI. Il est l’un des trois Bataillons Alpin de Forteresse du SFAM. Il est alors constitué d'une section de commandement, d’une SHR (qui deviendra CHR en 1937) et quatre compagnies mixtes. Une Section d'Eclaireurs Skieurs (SES) sera ensuite créé.

En 1936 il quitte Draguignan pour rejoindre la région de la frontière nord des Alpes Maritimes. Son PC sera en Vésubie, plus précisément à Lantosque (caserne Maud’hui). Son commandement sera assuré par le Cdt TRUTTMANN du 16/10/1935 au 25/08/1939. Le secteur lui étant assigné est donc la partie nord du SFAM, à savoir la liaison entre le XIV° CA (14° Région Militaire - Lyon) et le 75° BAF. Il couvre 3 vallées, la Vésubie, la Tinée et la haute vallée du Var. A ce moment là, sa SHR avec les 1° et 4° Cies seront en Vésubie. Ses 2° et 3° Cies seront en Tinée.

Sa CEA (qui deviendra CEO en 1938) est dans le haut Var (Entrevaux ; En 1939 la 1° Cie y sera également). Cette CEO fournira les équipages des AP (1), PO (2) et d’infanterie des GO (3). Sa SES stationnera l'hiver au centre alpin de Beuil.

En 1937 la SHR devient une compagnie (CHR) et la 3° Cie sera désormais cantonnée à Beuil.
Les quatre compagnies du 74° BAF du temps de paix constitueront les noyaux d'active des 74°, 84° et 94° BAF du temps de guerre.

Insigne 74° BAF

Insigne du 74° BAF



Encadrement

Chef de bataillon : Cdt ABADON
Adjudant-Major : Cne SARRADE puis Cne BOYER (4/1940) (8)
• 1° Cie : Cne GUIGOUIS puis Lt ANTONIAZZO (26/09/1939) puis Lt ARLUC (08/01/1940)
• 2° Cie : Cne ARDISSON puis SARRADE (27/09/1939) puis Lt SUBE (02/1940) puis VIELLARD (21/06/1940)
• 3° Cie : Cne BURG
• 4° Cie : Cne DENOYER

• CHR : Cne MERO
• SES : Lt BARGELLINI




La mobilisation

Le 74 ° BAF du temps de guerre est un bataillon de réserve type A. Il est mis sur pied le 25 aout 1939 à Guillaumes par le CMI 151 à partir des 1° et 4° compagnies du 74° BAF du temps de paix. Son PC est établi à Guillaumes .

Le nouveau bataillon est constitué d'une section de commandement, de quatre compagnies mixtes, d’une CHR, d’une section de mortiers, d’une SES et de deux équipages d’ouvrages. Il est affecté au SFAM.

Dès le 25/08/1939 tous les éléments d’active du Bataillon (5), ainsi que les B1 (6), occupent les AP et la LR y compris les 2 AP d’Isola et de Saint Dalmas. La CHR et la section de Commandement , avec un renfort de mulets, rejoignent le PC à Guillaumes, le 8/09/1939.

Le 28/8/1939, le Bataillon est rattaché à la 29° DI Alpine, celle-ci ayant pris en compte le secteur nord (sous-secteurs Mounier, Tinée-Vésubie et Authion), le SFAM gardant le secteur sud (Authion exclu). Début septembre il occupe, avec les II et III/3° RIA, le sous-secteur Mounier comprenant les quartiers Haut-Var et Beuil avec pour mission leur interdiction en cas d’invasion.

Les différentes compagnies sont réparties sur la Position de Résistance, étalées le long des cols de Giallorgues, Pal, Crous, Crousette et La Valette ou elles préparent activement l’installation de réseaux et d’abris.
Des «Points Forts» sont également répartis entre la PR et la ligne d’avant-poste (comprenant les ouvrages de Saint Dalmas et d’Isola). Sa SES se positionne à Saint Etienne de Tinée.

Dès le 15 septembre le dispositif d’automne est adopté, le gros des unités évacuent les cols et se replie dans les vallées en raison de chutes de neige rendant très difficile tout ravitaillement. Les compagnies sont progressivement dirigées sur les villages suivants qui deviendront leurs cantonnements d’hiver:
• 1° et 4° Cie : Entraunes.
• 2° Cie : Villeneuve d’Entraunes
• 3° Cie : Péone.

A partir du 14/10/1939 mise en place du dispositif d’hiver.
Les EO des AP restent sur place, ceux des PO se replient sur Beuil et Péone.
La SES est, intégrée au «groupement de SES Haute-Tinée» commandé par le Cne BURG et dont le PC est à Peïra Grossa (abris alpins - Crous). Ce groupement est composé de 7 SES, celle du 74° BAF stationne à Saint Dalmas le Selvage.

Du 24 au 31/10/1939 la 29°DIA (transférée dans le Nord Est) est relevée par la 65° DI, le 74° BAF partage désormais le sous-secteur Mounier avec le 203° Régiment d'Infanterie Alpine (RIA).

Durant l’hiver (jusqu’au 15 mai) les différentes compagnies perfectionnent leur instruction militaire. Des déplacements dans la neige ainsi que des séances de tirs sont également au programme. La SES suis l’entrainement à la technique du ski dans le cadre de l’école de ski de Beuil. Les hommes y passent leur brevet de skieur militaire. Ils se perfectionnent également à Auron.

Du 16/04 au 05/06/1940 adoption du dispositif d’été. Toujours affecté au sous-secteur Mounier, le 74° BAF partage le Quartier « Haut Var » avec le I/203° RIA, le quartier Beuil étant sous la responsabilité des II et III/203° RIA.

L’ordre de bataille du Bataillon au 25/04/1940 est désormais le suivant :
• 1° Cie : Estenc - Jallorgues (Gialorgues) : 2 sections de FV, 1 section de mitrailleuses et l’AP de Saint Dalmas.
• 2° Cie : Les Tourrès - Pal : 3 sections de FV (Demandols et Ciavalet) et 1 section de mitrailleuses.
• 3° Cie : Péone – Crous : 2 sections de FV (Roya et Crousette), 1 section de mitrailleuses et l’AP d’Isola.
• 4° Cie : Estenc - Giallorgues 3 sections de FV (Pont Haut, La Gorgia) et 1 section de mitrailleuses.
• PO de La Valette et de Crous occupés.
• SES : Pont Haut (en aval de Saint Dalmas le Selvage).

A partir du 15 mai et malgré l’épaisseur de neige tous les cols sont réoccupés et le Bataillon passe en état d’alerte.
Début juin, le dispositif est le suivant :

Quartier Haut Var :
• Sous quartier Jallorgues (Gialorgues) : 1° et 4° Cies avec PC au col Giallorgues (PR), La Gorgia (PF à la 4° Cie), l’AP de Saint Dalmas, SES au Pont Haut. (7)
• Sous quartier Pal : 2ième Cie avec PC au col de Pal (PR), Ciavalet (PF), Demandols (PF).
• Sous quartier Crous : 3ième Cie avec PC au col de Crous, Roya (PF), col de Crousette (PF). Des éléments de la 2° Cie du 203° RIA sont également intégrés au dispositif.
Quartier Beuil :
• Sous quartier Gravières : dépendant du III/203° RIA, l’AP d’Isola ainsi que le PO du col de la Valette y sont intégrés.


Insigne de la SES du 74° BAF

Insigne de la SES du 74° BAF


Récit des combats

De l’entrée en guerre de l’Italie (10/06/1940) au 14/06/1940 la situation dans le sous-secteur est calme.

A partir du 16/06/1940 des escarmouches ont lieu entre les Italiens et les SES 18°, 23° et 60° BCA.

A partir du 22/6/1940 l’offensive en Tinée se précise mais est contenue, les Italiens ne réussissant à pas à dépasser la ligne d’AP grâce à la l’action retardatrice des SES et à une artillerie très efficace.
Les Italiens avaient deux axes d’attaque (col de Colla Lunga et vallon de Castiglione - Chastillon) avec comme objectifs les cols de la Valette, de Crous et de Pal.

Dans le quartier Beuil l’ouvrage d’AP d’Isola, occupé par la section du Sgt/Ch JOYEUX (74°BAF), participe activement à empêcher la progression des Italiens descendant du vallon de Castiglione (Chastillon).

Durant la nuit de l’Armistice le Sgt/Ch JOYEUX ira réoccuper le village d’Isola (évacué au début des hostilités) avec 2 groupes de FV afin d’empêcher les Italiens de s’y installer.
De tout le Bataillon seul l’équipage de cet ouvrage sera au contact de l’ennemi et se servira de ses armes.

Dans le quartier Haut Var le PF du Tolondet subira également une attaque causant des pertes, plus de 4/5h00 après l’armistice, l’unité Italienne n’ayant pas été informée de la cessation des combats.
Ce point fort bien que dépendant du 74° BAF (Cne BURG) était tenu par des éléments du 203° RIA. La SES/18° BCA qui était aux avants postes à Douans s’y était repliée. Son chef, le Lt BONNEL en avait pris le commandement. L’attaque fit plusieurs blessés ont certains grièvement (9).

A la cessation des hostilités (25 Juin1940 à 0h35), le Bataillon n’aura perdu aucun de ses hommes. Alors que la commission d’armistice impose la démilitarisation du territoire à une distance de 50 kilomètres de la frontière le 74° BAF reste provisoirement positionné sur la PR du sous-secteur Mounier (la 65° DI l’ayant quittée pour se regrouper dans la région de Brignoles, où elle sera dissoute le 11/7/1940). Il occupe de ce fait les anciennes positions du 203° RIA.

Il quitte ensuite la Haute Vallée du Var (03/07/1940) pour les environs de Digne ou les réservistes seront démobilisés. Une partie des personnels d’active seront versés au Sous Groupement de Gardiennage d’Infanterie A à Nice (toujours sous le commandement du Cdt ABADON), dans le but d’assurer le gardiennage des ouvrages du SFAM (unité elle-même dissoute en mars 1941). Une autre partie sera versée au 21° RIC à Toulon ou au 43° RIA à Marseille

Le 74°BAF sera dissous le 31/7/1940

Pour la petite histoire, une unité FFI sera créé le 27/9/1944 sous l’appellation « Bataillon Haute Tinée 74 » mais celle-ci n’aura aucune tradition avec l’original car composé en très grande partie d’Italiens (95%) et d’étrangers (dont des ex-prisonniers Allemands d’origine Polonaise, et même quelques ex-prisonniers russes). Il sera ensuite transféré dans la région de Menton (23/11/1944) et deviendra le 01/01/1945 « Bataillon 21/XV ».



Notes
(1) AP : Saint Dalmas le Selvage, Isola, Valabres, Conchetas, Castel Vieil, Le Planet
(2) PO : col de Crous, col de La Valette, Fressinea, Valdeblore (Reynardière), La Séréna, Caire Gros, Col du fort
(3) GO : Rimplas, Flaut, Gordolon
(4) Les unités d’actives sont appelées échelon A, l’échelon B1 concerne les réservistes se trouvant dans la région frontalière (et donc immédiatement mobilisables) et l’échelon B2, les réservistes éloignés du centre mobilisateur (avec un délai plus long en raison de la distance par rapport à leur lieu de résidence). Les échelons B1 frontaliers ont rejoint, dès le 24/8/1939, les Centres d’Habillage de Saint Etienne de Tinée (Couvent de trinitaires), Isola, Beuil, Guillaumes, Entrevaux ou les Alpins ont été habillés, équipés et armés. (5) Dès le 16/8/1939 des sections de la 1° Cie cantonnée à Entrevaux étaient parties, dans le cadre de la «mesure d’alerte», occuper des positions dans le haut Var.
(6) Concernant plus précisément la 3° Cie mixte, une partie des B1 (originaires en grande partie d’Isola) ont été convoqués directement à Isola, à savoir le personnel pour un groupe de mitrailleuses et un groupe de FV ainsi qu’une section de FV destinée au PF de Roya. Toujours pour la même 3° Cie, une autre partie des B1 (originaires en grande partie de la Haute Vallée du Var) ont été convoqués à Guillaumes, à savoir une partie du personnel de la SES , d’une section de FV pour le col de Crousette , d’un groupe de combat et d’une section de mortiers pour le col de Pal, d’un groupe de combat et d’une section de mortiers pour le col de Jallorgues (ces constitutions sont non exhaustives).
(7) Des détachements feront la liaison, au col de la Cayolle et de la Braisse, avec le XIV° CA (II/299° RIA).
(8) Le Cne SARRADE a quitté le Bataillon au mois d’avril, affecté à la Brigade de Haute Montagne destinée à la Norvège.
(9) plusieurs sources contradictoires comptabilisent le nombre de blessés ainsi que leurs blessures. Alors qu’un ouvrage parle de 1 mort, 1 aveugle et 6 blessés. Un autre ne parle que de blessés. Ceux-ci ont été évacués sur l’Ambulance Alpine située à Péone par mulet. Cela représentait 7 à 8h de calvaire, en particulier pour l’un blessé au ventre et un autre blessé à la colonne vertébrale. Après recherches il s’avère que l’Eclaireur Skieur DESURMONT du 18° BCA, blessé à la moelle épinière et donné pour mort lors de cette attaque ne décédera en réalité que le 01/04/1941.


Rédaction initiale : Marc ENDINGER - 3/1/2020.
MAJ : Marc ENDINGER 25/5/2020

Nota: cet historique ne saurait être exhaustif, celui-ci étant une synthèse, entre autre, de diverses sources quelquefois divergentes (surtout au niveau des dates.)
Les différents rapports d’officiers (écrits après la fin des hostilités) sont également, quelquefois, contradictoires quant au positionnement des compagnies.

Sources : Les grandes unités Françaises historiques succincts (SHAT) ;
La bataille pour Nice et la Provence (MONTAGNE) ;
«Hommes et ouvrages de la ligne Maginot» (A. HOHNADEL, J-Y. MARY, J. SICARD) ;
Le front oublié des Alpes Maritimes (PE KLINGBEIL), Témoignages d’anciens combattants de l’Armée des Alpes ; remerciement à A-M BESSE pour les documents du SHD (34N187) http://www.leschroniquesdemichelb.com/









Secteur(s) concérné(s) :SFAM




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