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Principe de gestion de l’eau dans la fortification - 4 - Stockage, distribution et évacuation






Cette dernière partie porte sur le stockage et la distribution dans les ouvrages ainsi que sur les réseaux d'évacuation des eaux usées.

Stockage de l'eau - Citernes

Construction

Le stockage de l'eau est effectué dans des citernes spécifiquement prévues à cet usage. Celles-ci sont en général réalisées en tôle d’acier de 4 à 5mm d’épaisseur, soudée ou rivetée et leur capacité est adaptée au besoin. Elle varie de quelques dizaines litres pour un point d'eau ou quelques centaines de litres dans une casemate simple à 25-35 m3 pour les réservoirs principaux des gros ouvrages.

HATTEN (I / 23° RIF) (Abri)

Abri de hatten

CAP MARTIN - (Ouvrage d'artillerie)

Ouvrage de Cap Martin



Lorsque la capacité d'eau nécessaire est plus importante, plusieurs citernes pouvant être isolées entre elles sont mises en communication. En exemple les réserves d'eau de refroidissement des moteurs de l'usine de l'ouvrage du Galgenberg constituée de trois citernes de 33 m3 reliées entre elles, celle de l'ouvrage du Schiesseck composée de quatre citernes mises en liaison (deux de 54 m3 et deux de 44 m3) et celle de l'ouvrage du Grand Hohékirkel constituée de quatre citernes de 30 m3.

Les parements intérieurs des citernes de grande capacité destinées au stockage de l'eau de consommation sont en général recouverts d’une couche d’enduit réalisé en mortier de ciment adapté aux caractéristiques physiologiques de l’eau stockée ou parfois doublés par une tôle en acier semi-inoxydable en contact direct avec l’eau contenue.

Afin d’éviter la déformation des parois des citernes de grande dimension sous la poussée exercée par le volume d’eau stocké, diverses solutions ont été appliquées. On trouve dans certaines citernes des traverses relient mécaniquement les parements opposés entre eux ou dans d'autres cas comme à Gordolon, des renfort constitués par des profilés IPN soudés sur les parois à l'extérieur ou à l'intérieur des citernes.

GORDOLON (GN) - (Ouvrage d'artillerie)

Ouvrage de Gordolon.
Citernes pour eau potable

PETIT REDERCHING - (Abri)

Abri de petit Réderching
Citerne d'eau pour le refroidissement des moteurs



Dans la région fortifiée de la Lauter, les citernes de petite capacité des casemates sont dotée d'une pliure dans les parements qui permet de garantir une rigidité suffisante des parois.

HOCHWALD Haut Avant - Bloc 20 - O7 ( Observatoire d'artillerie )

Observatoire du Haut Avant

HOCHWALD C3 - (Casemate d'infanterie - double)

Observatoire du Haut Avant



Au delà de ces cas standard, de nombreuses autres formes de citernes ont été utilisées, en particulier dans les ouvrages nouveaux fronts et dans les avant-postes des Alpes

LA SALMAGNE - (Ouvrage d'infanterie)

Ouvrage de la Salmagne,
citerne bétonnée

Avant Poste du Planet

Avant poste du Planet



D'autres réserves de circonstance ( catégorie 3) ont été créées lorsque des entrées d'eau imprévues furent découvertes lors de la construction des ouvrages.
On peut citer à ce titre les citernes bétonnées construites sous le radier alimentées par des drains comme celles de l'atelier, de la galerie des câbles et du bas du bloc de 135 de l'ouvrage du Galgenberg 1, celles des bouts de galerie de l'ouvrage du Michelsberg ou encore la bâche ouverte de l'ouvrage de Schoenenbourg utilisée pour le stockage de l'eau destinée à la lutte contre l'incendie alimentée par une source qui sourd à cet endroit.

Éléments auxiliaires

Dans les citernes, le stockage de l’eau est réalisé à pression nulle. Elles comportent un évent et un trou d’homme en partie supérieure lorsqu’elles ne sont pas simplement démunies de couverture.

Elles sont équipés d'un tuyau de trop-plein permettant l'évacuation de l'eau excédentaire vers l'égout, de deux conduits d'arrivée (haut) et de départ (bas) ainsi que d'une vanne de vidange positionnée au point bas.
Les conduits d'arrivée et de départ sont en général dotés de vannes permettant d'isoler la citerne du reste de l'installation.

Afin de pouvoir connaitre simplement le volume d'eau stocké, les citernes sont dotés d'indicateurs de niveau. On en trouve de deux types différents, l'un constitué d'un flotteur placé à l'intérieur de la citerne relié par un câble à un curseur se déplaçant le long d'une régle graduée placée à l'extérieur de cette dernière, le second étant un simple tube de verre dans lequel le niveau du liquide est directement visible.

BARBONNET (BT) - (Ouvrage d'artillerie)

Tubes indicateurs de niveau

BARBONNET (BT) - (Ouvrage d'artillerie)

Indicateur à flotteur



Distribution de l'eau - Réseaux et installations

Les installations hydrauliques des constructions comprennent le réseau de distribution et les réservoirs de stockage. Elles sont dimensionnées en fonction des besoins de l'équipage, de l'armement et du refroidissement des moteurs.
On peut de manière simplifiée classer les installations réalisées selon les trois types suivants:



Casemates et assimilés

Les installations hydrauliques des casemates sont réduites à leur plus simple expression. Elles tiennent compte des besoins propres à l'équipage, à l'armement et au refroidissement des moteurs sans toutefois disposer des réserves distinctes édictées par la notice (cf pages précédentes).

L'installation est constituée par un premier réservoir destiné au stockage de l'eau pour le service courant (équipage et armement) et un second dédié au refroidissement du moteur du groupe électrogène alimentant la casemate.
Ces deux réservoirs sont alimentés par un puits grâce à une pompe électrique ou manuelle lorsque la nappe affleure.

HOCHWALD C3 - (Casemate d'infanterie - double)

Hochwald - Casemate C3
Citerne pour le refroidissement du groupe

HOCHWALD C3 - (Casemate d'infanterie - double)

Hochwald - Casemate C3
Citernes pour le service courant



Le prélèvement de l'eau se fait grâce à un robinet placé en partie basse de la citerne. Dans certains cas, un réservoir placé en hauteur permet d'alimenter un point d'eau par gravité. Ce réservoir est alors alimenté depuis la citerne prévue pour le service courant grâce à une pompe manuelle Japy.

Chaque règle souffrant ses exceptions, citons dans cette échelle de construction l'abri de l'Ancienne Redoute où l'installation se résume à un simple réservoir placé en hauteur. La faible capacité de ce réservoir s'explique par la nappe d'eau affleurant le radier d'où l'eau peut être directement puisée à volonté grâce à une simple pompe manuelle Japy rendant inutile le stockage de l'eau.

ANCIENNE REDOUTE - (Abri)

Abri de l'Ancienne Redoute
Réservoir haut et point d'eau


Abris et ouvrages monoblocs

Dans les abris et ouvrages monoblocs dans lesquels la construction s'étend au plus sur deux niveaux, l'installation réalisée répond en principe aux prescriptions de la notice tant pour ce qui est des capacités des réservoirs que sur la distinction faite entre eux.

L'exemple donné ci-dessous est celui de l'abri du Bois de Cattenom. Il présente l'avantage d'être sur deux niveaux et les citernes étant à l'étage supérieur permettent d'alimenter la plus grande partie des consommateurs par gravité. Ce schéma s'applique à un grand nombre d'abris CORF du Nord-Est, hors les abris cavernes.

Son installation hydraulique est constituée d'un premier réservoir alimenté par une pompe puisant dans la nappe phréatique (puits). Ce réservoir constitue une réserve de guerre et son trop plein alimente deux autres réservoirs destinés l'un à l'usage courant (réservoir 1A) et le second au refroidissement des moteurs (réservoir 1B).

ZEITERHOLZ - X6 - (Abri)

Abri du Zeiterholz, citerne principale
(similaire à celle de l'Abri du Bois de Cattenom)



Tous ces réservoirs sont situés au niveau supérieur, le réservoir 1 A alimente par gravité les lavabos pour la troupe et un lavabo dans une chambre d'officier tous situés à l'étage inférieur.

Un lavabo placé dans la cuisine située au niveau supérieur est alimenté par un réservoir journalier (catégorie 2). Ce lavabo est destiné au lavage des ustensiles

L'alimentation en eau pour les usages de la cuisine (lavage, préparation et cuisson des aliments) est assurée par un déferiseur de marque Zhéryd alimenté directement par le réservoir 1A. Le puisage de cette eau se fait grâce à un robinet placé au niveau du défériseur.
Ce matériel est décrit page précédente.

BOIS DE CATTENOM - X14 - (Abri)

Abri du Bois de Cattenom
Défériseur Zheryd



Le circuit de refroidissement des moteurs est un circuit fermé, la circulation de l'eau est assurée par les pompes des moteurs eux-mêmes. L'usine étant située à l'étage inférieur, les moteurs sont alimentés par gravité depuis le réservoir 1B. A la sortie des moteurs, un jeu de vannes permet soit de renvoyer l'eau directement au réservoir 1B placée à l'étage supérieur, soit de la faire transiter par l'aérorefroidisseur afin de la refroidir avant qu'elle ne rejoigne ensuite le réservoir 1B.

BOIS de CATTENOM - X14 (Abri)

Abri du Bois de Cattenom - Usine électrique,
Noter la vanne 3 voies en sortie des moteurs pour le choix du retour de l'eau de refroidissement (direct ou aéroréfroidisseur)

BOIS de CATTENOM - X14 (Abri)

Abri du Bois de Cattenom
Lavabos et aérorefroidisseur




Dans le cas des abris caverne ou des abris sur un niveau unique, l'alimentation des points de puisage se fait par gravité grâce à un réservoir placé en hauteur. Ce réservoir correspondant à un réservoir journalier est alimenté par le biais d'une pompe manuelle ou électrique dans les grands abris.

COLMING - X33 - (Abri actif)

Abri de Colming, lavabos et réservoir haut



Le dimensionnement des équipements est bien sur adapté à la capacité de l'abri, certains abri comme celui de Petit-Rederching étant doté d'une distribution hydraulique n'ayant rien à envier à un ouvrage d'infanterie.

PETIT REDERCHING - (Abri)

Petit Rederching, citerne haute

BUCHHOLZBERG - (Abri)

Abri du Buchholzberg, Lavabos



Ouvrages

Ainsi que cela a été expliqué dans la page Principe de gestion de l’eau dans la fortification - 1 - Besoins et réserves à constituer, bien qu'une instruction tardive ait fixé les caractéristiques des installations hydrauliques de distribution et de stockage, seules celles des ouvrages du sud-est sont globalement conformes à ces prescriptions.

Nous proposons de voir dans le détail deux installations suffisamment connues ou documentées, celle de l'ouvrage du Galgenberg dans le nord-est qui a déjà fait l'objet d'une analyse en première partie (besoins et stockage) ainsi que celle de l'ouvrage de Cap-Martin dans le sud-est.


Ouvrage du Galgenberg

Pour rappel, les besoins journaliers de l’ouvrage correspondent à 3 600 litres d’eau potable et 14 620 litres en eau non potable. Les stockages à constituer sont de 33 500 litres d'eau potable et de 4 320 litres d'eau non potable

L'ouvrage est alimenté en eau par un forage d'une profondeur de 270 m fournissant une eau considérée comme non potable du fait de sa richesse en fer et boues diverses. Ce forage est équipé d'une pompe de surface à piston 2 assurant un débit de 49 m3 par jour.

Cette pompe alimente un réservoir principal de 30 m3 placé en hauteur en hauteur au dessus du local abritant l'atelier de l'ouvrage 3 permettant de distribuer l'eau par gravité dans toutes les parties souterraines de l'ouvrage sans nécessiter de pompe de distribution. Le classement de cette réserve dans la catégorie 1a est discutable, ce réservoir ne vontenant pas d'eau potable.

Un piquage fait sur la conduite alimentant ce réservoir permet le remplissage et le maintien à niveau de la réserve d'eau de refroidissement de l'usine (réserve catégorie 1b). Cette réserve est constituée de trois citernes de 33 m3 reliées entre elles. Ces trois citernes étant à un niveau inférieur à celui du réservoir principal, ce piquage est équipé d'une vanne permettant de couper l'alimentation des citernes pour éviter qu'elles ne débordent et permettre le remplissage du réservoir principal de l'atelier.

La conduite d'alimentation du réservoir de l'atelier est elle aussi équipée d'une vanne afin de permettre lorsqu'elle est fermée, le remplissage du réservoir d'incendie (réserve catégorie 1c) constitué de deux citernes de 14 m3 placés à mi hauteur du puits du bloc 3 (tourelle de mitrailleuse).
Ces deux citernes étant situées 21 m au dessus de la galerie auraient permit de disposer d'eau sous une pression de prés de 2 bars pour le réseau d'incendie et les asperseurs du magasin M1, mais ni ce réseau ni le système d'extinction du M1 n'ont été mis en place.

Le réseau de distribution de l'ouvrage est alimenté par gravité depuis le réservoir de l'atelier. :


  • Un réservoir de 1 400 l à l'entrée munitions (réserve catégorie 2). Cette entrée étant de plain-pied, ce réservoir dessert à son tour le casernement léger à l'extérieur de l'ouvrage.


  • Un réservoir de 2 500 litres placé en hauteur au dessous des lavabos alimentant les lavabos (réserve catégorie 2)

    GALGENBERG - A15 - (Ouvrage d'artillerie)

    Lavabos de l'ouvrage, le bas du réservoir est visible en partie haute


  • Les douches de l'ouvrage.


Les douches n'étant pas considérées comme prioritaires, elles sont alimentées par un piquage sur la conduite, sans réservoir de stockage. Un cumulus électrique permet de tempérer l'eau de lavage et une pompe manuelle Japy permet d’injecter une solution de soude dans l'eau de lavage lorsque les douches sont utilisées pour la décontamination du personnel gazé 4.

Les hauts des blocs sont tous équipés de leurs propre citerne, y compris le blocs d'artillerie. Celles-ci ne sont pas alimentées par le réseau de distribution de l'ouvrage mais par la cunette placée autour du bloc ou par les wagons citernes de l'ouvrage.
Ces wagons sont équipés d'une pompe électrique d'une puissance de 2,2 KW permettant de refouler l'eau depuis la galerie jusqu'à la citerne placée l'étage supérieur du bloc. L'alimentation des citernes des bloc 1 et 2 non desservis par la voie de 60 se fait par une conduite partant de la 'gare' située un peu plus loin que le croisement des galeries vers les blocs 3 et 4 où la voie se termine et desservant les deux citernes par un jeu de vannes au pied des deux blocs.


  • Bloc 1 - Casemate d’infanterie
    Un réservoir de 2 100 litres

    GALGENBERG - A15 - (Ouvrage d'artillerie)

    Bloc 1, réservoir de 2 100 litres


  • Bloc 2 - Casemate d'infanterie
    Un réservoir de 2 200 litres


  • Bloc 3 - Tourelle de mitrailleuses
    Un réservoir de 1 900 litres


  • Bloc 4 - Tourelle de mortiers de 81 mm
    Un réservoir de 1 700 litres


  • Bloc 5 - Observatoire et cloche mitrailleuses
    Un réservoir de 3 600 litres

    GALGENBERG - A15 - (Ouvrage d'artillerie)

    Réservoir du bloc 5
    Le réservoir cylindrique est le vase d'expansion du système de chauffage central.
    Noter la vanne trois voies permettant l'alimentation de la citerne depuis la cunette
    ou la mise à l'égout de l'eau provenant de cette dernière.


  • Bloc 6 - Tourelle de 135 mm
    Etage inférieur - Réservoir de 7 700 litres (réserve catégorie 1d)
    Etage intermédiaire - Réservoir de 840 litres (réserve catégorie 1a), alimenté par pompe Japy depuis le réservoir de l'étage inférieur

    GALGENBERG - A15 - (Ouvrage d'artillerie)

    Bloc 6, réservoir et point d'eau de l'étage intermédiaire



    GALGENBERG - A15 - (Ouvrage d'artillerie)

    Réservoir de 7 700 litres du bloc 6


  • Entrée des hommes
    Réservoir de 700 litres (alimenté par la cunette uniquement) (réserve catégorie 1d)
    Réservoir de 100 litres alimenté depuis le réservoir de 700 litres (réserve catégorie 1a)


  • Entrée munitions
    De plain pied, alimentée directement par le réseau de distribution de l'ouvrage (réserve catégorie 1a)


Des points de puisages existent au pied de chaque bloc (sauf les bloc 1 et 2, cf. supra) afin de permettre l'alimentation de wagons citerne.

On notera à l'examen de cette liste des incohérences dans la capacité des réservoirs. En exemple, celui de l’observatoire (un jumelage de mitrailleuses) d'une capacité de 3 600 litres, supérieure à celle du réservoir du bloc tourelle de mitrailleuses (1 900 litres) ou ceux des blocs d'infanterie 1 et 2 (2 100 et 2 200 litres) dotés de deux jumelages chacun.

Divers petits points de puisages existent dans l'ouvrage, entre autres un point d'eau au PC alimenté par un réservoir de 45 litres lui-même alimenté par un drainage, un point d'eau au pied du bloc 6 alimenté par le réservoir de l'étage inférieur du bloc ainsi que des points d'eau dans l'usine et l'infirmerie ainsi que des lavabos dans les chambres d'officier ou sous-offciers alimentés depuis le réseau de distribution de l'ouvrage

Le réseau de distribution de l'ouvrage acheminant de l'eau non potable, la question reste posée concernant cette dernière. Si les calculs prévoient la constitution d'une réserve de 33 500 litres d'eau potable, aucune citerne de capacité suffisante n'est prévue à cet effet. Le seul réservoir d'eau potable de la catégorie 1a indiqué sur les plans est une citerne de 12 m3 située au bout de la galerie du bloc 6, devant être alimentée par wagon citerne.

Il est fort probable que l'ouvrage était alimenté en eau potable par camion citernes, l'eau potable provenant du château d'eau de Cattenom lui même alimenté par un forage à Koenigsmacker, de l'autre coté de la Moselle.

Ouvrage d'artillerie du GALGENBERG

Wagon citerne



Aucune installation de traitement de l'eau permettant de la rendre potable (chloration, deférisation, flitrage...) n'existe dans l'ouvrage en dehors des systèmes locaux de la cuisine et de l'infirmerie.
L'alimentation de la cuisine se fait par un piquage depuis le réservoir des lavabos et l'eau utilisée pour la cuisson et la préparation des aliments traitée grâce à un dispositif Carbochlore grand modèle.

GALGENBERG - A15 - (Ouvrage d'artillerie)

Cuisines de l'ouvrage. Dispositif Carbochlore et réservoir d'eau purifiée



Deux chauffe-eaux électriques permettent de disposer d'eau chaude au niveau de la cuisine.

Des systèmes de chloration JM étaient en place dans l'infirmerie et probablement la cuisine officiers ou des points d'eau raccordés directement sur le réseau de distribution de l'ouvrage existent.


Ouvrage de Cap-martin

L'installation de stockage et de distribution de l'eau de l'ouvrage de Cap-Martin (sud-est) répond aux prescriptions de la notice.

L'alimentation en eau de l'ouvrage situé en zone urbanisée est assurée par le réseau civil de la Compagnie des Eaux de Menton. Dans le cas où ce réseau viendrait à ne plus fonctionner, l’alimentation de secours est prévue par camions citerne, un système de branchement est prévu à cet effet au niveau de l'entrée de l'ouvrage, la conduite alimentant les réserves d'eau de refroidissement des moteurs, un piquage sur cette conduite permettant aussi d’assurer l’alimentation de la citerne de service normal.

Le réseau extérieur alimente directement une première citerne dite de service normal de 25 m3 (réserve de catégorie 1a). Trois citernes de réserve de 25 m3 chacune permettent le stockage.

Le stockage de l'eau de refroidissement des moteurs est assuré par trois citernes de 16 m3 chacune (réserve de catégorie 1b). Elles sont alimentées par refoulement électrique depuis la citerne de service normal ou, en cas de disparition du réseau civil alimentant cette dernière, par camion citerne grâce à la conduite provenant de l'entrée de l'ouvrage.

Aucune réserve de lutte contre l’incendie n'est prévue (réserve de catégorie 1c).

Les réserves de consommation journalière (catégorie 2) sont constituées de deux citernes, l'une de 4 m3 correspondant au besoin journalier de l'équipage en période normale alimentée depuis la citerne de service normal et une seconde citerne de 1,9 m3 correspondant aux seuls besoins journaliers de la cuisine et du poste de secours lorsque l'ouvrage n'est plus alimenté par le réseau d'eau de ville, alimentée depuis les citernes de réserve.

Ces réservoirs alimentent à leur tour par refoulement électrique des réservoirs locaux dits d'usagers. Ces réservoirs sont de deux types :


Les réservoirs destinés au lavage et à l’alimentation du personnel.
Ces réservoirs ont une capacité correspondant à une journée d'utilisation, ils sont situés en hauteur et alimentent les points de puisages (robinets) par gravité.


  • Deux réservoirs de 210 litres pour les lavabos destinés à l'équipage

    SAINTE AGNES (SAG) - EO9 - (Ouvrage d'artillerie)

    Ouvrage de Sainte Agnes, Lavabos

    AGAISEN (AN) - E03 - (Ouvrage d'artillerie)

    Ouvrage de l'Agaisen,
    lavabos et réservoir haut

  • Un réservoir de 80 litres du poste de secours alimentant deux lavabos.

  • Un réservoir de 1 900 litres pour la cuisine


Les réservoirs destinés au refroidissement de l'armement.
Ces réservoirs ont une capacité correspondant à quatre jours d'utilisation. Le réservoir du bloc d'entrée (infanterie) est situé en haut du bloc. Pour les deux blocs d’artillerie, les réserves sont constituées pour moitié d'un réservoir au pied du bloc et pour l'autre moitié d'un réservoir dans chaque chambre de tir en haut de bloc.
Ces deux citernes sont alimentées par refoulement électrique depuis la citerne de service normal, une pompe manuelle Japy permet l’alimentation de la citerne du haut de bloc depuis celle du bas de bloc ou depuis un wagon citerne en cas de panne du refoulement électrique.


  • Bloc entrée
    Un réservoir de 800 litres en haut de bloc.

  • Bloc de barrage
    Un réservoir de 2 200 litres au pied du bloc, un réservoir de 2 200 litres en haut de bloc pour la pièce.

  • Bloc de flanquement
    Un réservoir de 4 400 litres au pied du bloc, un réservoir de 2 200 litres en haut de bloc pour chacune des deux pièces.


Le réseau de distribution de l'ouvrage permet l'alimentation des citernes et réservoirs entre eux par refoulement. Ce refoulement est assuré par une pompe électrique de 2,75 CV et un jeu de vannes permet de sélectionner la citerne dans laquelle l'eau est puisée et la citerne ou le réservoir de destination.
La pompe électrique est doublée et une solution de secours à main est assurée apr une pompe japy en cas de dysfonctionnement des deux pompes ou de coupure de l’alimentation électrique.

Il est ainsi possible d'alimenter :

  • La citerne de service normal depuis les citernes de réserve

  • Les réservoirs journaliers depuis la citerne de service normal

  • Les citernes en haut ou bas de bloc depuis la citerne de service normal ou les citernes de réserve.
    La sélection du réservoir de destination se fait au niveau du bloc grâce à un jeu de vannes.


Deux heures sont nécessaires chaque jour pour assurer le remplissage des différents réservoirs de l'ouvrage. Un plan complet de cette installation est disponible sur wikimaginot et permet de comprendre le fonctionnement et les différentes possibilités offertes par cette installation.



Eau usées - Drainage

Comme dans toute construction, la mise en place d'un réseau d'évacuation des eaux usées s'est imposée dans la fortification.

Les réseaux d'égout des ouvrages sont réalisés de manière conventionnelle et articulés autour d'un collecteur principal en grès vernissé dans lequel sont envoyées les eaux usées provenant principalement des infiltrations et de la condensation, des cuisines et blocs sanitaires ou lavabos, des trop-pleins des cuves ou de la mise à l'égout des cunettes des blocs. Les écoulements des fossés extérieurs sont directement évacués vers l'extérieur et ne transitent pas par le réseau intérieur de l'ouvrage.
Ce collecteur est place soit directement sous le radier des galeries, soit dans certains ouvrage, dans un carneau pratiqué dans ce radier et fermé par des dalles de béton.
Afin de préserver la surpression entre les blocs et les galeries, le collecteur est doté de siphons au niveau des sas isolant les blocs des galeries. Ces siphons sont constitués d'une portion de tuyau plus basse que le collecteur principal placée entre deux regards de visite afin d'en permettre l'entretien 5

Les eaux de condensation ou d'infiltration sont collectées et récupérées par des fils d'eau (rigoles le long des murs) ou des drains dans les parois. Les autres eaux sont acheminées directement à l'égout par un tuyau ou recueillies par des ensembles grilles et siphons adaptés.


Aucune précaution particulière n'est prise pour le rejet des eaux et les effluents gras des scuisines ou de l'usine y sont directement versés sans passer par un décanteur. De plus, l'ensemble du réseau est doté d'une pente relativement faible de l'ordre de 2 à 12 /1000ème du fait de la présence de la voie ferrée imposant des pentes faibles. Cette faible pente n'a pas été sans poser de souci dans les égouts où le débit était faible, permettant aux dépôts de s'accumuler lorsque le collecteur n'était pas parcouru par un flux constant et important.

Dans certains ouvrages, des systèmes automatiques ont été mis en place de manière à permettre d'envoyer régulièrement des chasses dans le réseau d'égout afin d'éviter ces accumulations de matières. Ce dispositif se retrouve couramment dans les Alpes

SAINT GOBAIN - (Ouvrage d'infanterie)

Ouvrage de Saint Gobain,
chasse d'eau automatique pour l'entretien de l'égout

SAINT ANTOINE - (Ouvrage d'artillerie)

Ouvrage de Saint Antoine,
chasses d'eau automatique (urinoirs en haut, et égout en bas



Dans certains ouvrages ayant des blocs dont le pied se trouve en contrebas du collecteur d'égout principal de l'ouvrage, des pompes de relevage ont été installées afin de permettre de refouler les eaux usées de ces blocs vers le collecteur principal. C'est le cas notamment dans le nord-est des blocs d'infanterie 1 et 2 de l'ouvrage du Kobenbusch, du bloc 4 de l'ouvrage du Schiesseck ou encore du blocs 4 de l'ouvrage de Saint Gobain et du bloc 6 de l'ouvrage de Roche la Croix dans les Alpes.


Pour permettre l'évacuation des eaux de l'ouvrage, un égout est créé au point le plus bas de ce dernier et débouche à l'extérieur dans un ruisseau ou il verse ses eaux.

THONNELLE - (Ouvrage d'infanterie)

Ouvrage de Thonelle, débouché de l'égout de l'ouvrage



Dans les ouvrages (sauf les petits ouvrages sans locaux souterrains) et les abris caverne, cet égout est construit en deux parties, la première étant une galerie visitable , la seconde constituée par une ou deux buses en acier débouchant à l'air libre.

Egout d'ouvrage

Egout d'ouvrage, vue en coupe



Dans la partie visitable, l'eau circule dans une rigole à l'air libre ou, dans le cas ou l'égout est utilisé comme sortie de secours, dans une buse sous le radier.

GALGENBERG - A15 - (Ouvrage d'artillerie)

Ouvrage du Galgenberg, l'égout visitable

Ouvrage d'artillerie de BREHAIN

Ouvrage de Bréhain, égout visitable



En règle générale, cette galerie est protégée par une porte blindée ou une porte étanche, des puits de câble ou un puits servant d'issue de secours pouvant se greffer sur l'égout.

LATIREMONT - A3 - (Ouvrage d'artillerie)

Ouvrage de Latiremont, accès à l'égout visitable

Ouvrage d'infanterie de Rohrbach

Ouvrage de Rohrbach, accès à l'égout visitable



Un siphon est prévu à l'extrémité de la partie visitable l'égout, toujours accessible de l'intérieur de l'ouvrage. Il est situé au bout de la partie visitable de l'égout ou parfois au droit de la porte étanche isolant cet égout de l'ouvrage dans le cas ou la galerie d'égout débouche à l'air libre et est utilisée comme issue de secours.

Ouvrage d'artillerie de BREHAIN

Ouvrage de Bréhain, siphon au bout de l'égout visitable

TETING - A38 - (Ouvrage d'infanterie)

Ouvrage de Téting, siphon au bout de l'égout visitable







1 - Ces deux citernes sont placées à proximité immédiate de puits de services utilisés lors de la construction de l'ouvrage et rebouchés ensuite. Elles sont alimentées par le drain réalisé au pied de ces puits.

2 - La pompe de surface équipant initialement le puits a été retirée par les allemands et remplacée par une pompe immergée après guerre

3 - Ce local situé au centre de l'ouvrage abritait l'atelier artillerie-génie. Cet atelier a été transféré avant guerre dans un nouveau local aménagé dans l'extension de l'usine électrique réalisée dans le cadre de l’alimentation par l'arrière.

4 - Cette disposition perdra de son sens puisque deux douches pour le personnel gazé seront ultérieurement installées dans les entrées hommes et munitions pour pouvoir traiter plus rapidement ce personnel et éviter toute dispersion des agents toxiques entre les entrées et le casernement lors du transport des personnes gazées.

5 - Le siphon de l'un des blocs de l'ouvrage de Rochonvillers avait posé problème depuis l'origine et s'étant trouvé totalement bouché, a finalement nécessité des travaux dans les années 50 ou 60. Au cours de ces travaux, il est apparu que lors de la construction de l'ouvrage, l'entreprise avait assemblé des coudes sur toute la longueur du siphon au lieu d'une portion de tuyau droite comme prévu.







Rédaction

Pascal Lambert






Sources




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