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73° Bataillon Alpin de Forteresse

(73° BAF)






Le 73° Bataillon Alpin de Forteresse est l'unité d'infanterie d'active couvrant la vallée de l’Ubaye en temps de paix. A la mobilisation, il participe à donner naissance à la nouvelle 157° Demi-Brigade Alpine de Forteresse (DBAF) composée des 73° et 83° BAF.



Le bataillon du temps de Paix


Le 73° Bataillon Alpin de Forteresse (BAF) est créé le 16 octobre 1935 à Jausiers à partir du IV/159° RIA et hérite des traditions du 157° RI. Il est, avec le 72° BAF, l’un des deux Bataillons Alpin de Forteresse de la 157° DBAF.

Il est alors constitué d'une section de commandement, d’une CHR, deux compagnies d’intervalles (1° et 2°) et deux compagnies d’Equipages d’Ouvrages (3° et 4°). Une Section d'Eclaireurs Skieurs (SES) sera ensuite créé. Les compagnies sont stationnées au fort de TOURNOUX (La Condamine) et à la caserne BREISSAND (Jausiers).

Le sous-secteur lui étant assigné est la liaison entre celui du 72° BAF et le XV°CA. Celui-ci couvre toute la vallée de l’Ubaye et ses affluents. Jusqu’à la déclaration de guerre le bataillon sera repartit de la façon suivante :
- le PC, les services et la CHR seront la caserne BREISSAND.- les 1ière et 3ième Cies occuperont le quartier Ubayette - les 2ième et 4ième Cies occuperont le quartier Restefond.

Les CEO fourniront les équipages des AP (1), PO (2) et d’infanterie des GO (3).
Sa SES stationnera à Grande Serenne et au camp des Fourches.


Insigne 73° BAF

Insigne du 73° BAF





La mobilisation


Les quatre compagnies du 73° BAF du temps de paix constituent les noyaux d'active des 73° et 83° BAF du temps de guerre.

Le 73° BAF du temps de guerre est un bataillon de réserve type A. Il est mis sur pied le 24 aout 1939 à Jausiers par le CMI 148 à partir des 2ième et 4ième Cies du 73° BAF du temps de paix. Son PC reste à Jausiers. Le bataillon est constitué d'une section de commandement, d’une CHR, d’une CEO, de deux compagnies mixtes et de deux SES.

Il occupe désormais le sous-secteur Jausiers comprenant les quartiers Sagnes (1° Cie) et Restefond (2° Cie).

  • Du 1 au 21/9/1939, l’emploi du temps est partagé entre parfaire l’instruction des réservistes, procéder aux reconnaissances et à effectuer les travaux d’aménagement des positions.

  • Du 21/09/1939 au 30/10/1939, adoption du dispositif d’hiver, le gros du bataillon se repli dans la vallée, au hameau de Lans et à Jausiers.

  • Le 30/11 le groupement de SES de la vallée relève au hameau de Lans la 2° Cie qui est transférée au Sauze.

  • A partir du 16/4/40, adoption du dispositif d’été. Les alpins sont affectés au déneigement des routes d’accès aux Sagnes et au Restefond. La très grande quantité de neige restant au mois de juin rendra l’occupation de la région de Restefond difficile. La route de Jausiers à Restefond ne sera déneigée que le 1 juin. Les routes du camp de Grange Communes au Fourches et, du col à la Moutière seront, à cette date, encore inutilisables. Néanmoins tous les ouvrages seront occupés et tous les points d’appui du quartier tenus conformément au plan de défense. Avant que les différentes compagnies reprennent leurs emplacements occupés avant le dispositif d’hiver, la SES réoccupera le camp de Restefond puis le camp des Fourches. La SES bis, elle, sera détachée au 83° BAF et dirigée sur le quartier Saint Paul.




  • Encadrement


    Chef de bataillon : Cdt LEBEAU
    Adjudant-Major : Cne BOUTAN puis Cne BENONY (9/2/40)

    1° Cie : Cne GILOTTE puis Cne BARRET (15/4/40)
    2° Cie : Cne VITOUX

    CEO: Cne DALSTEIN puis Cne GILOTTE (2/3/40)
    CHR : Cne BOULARD

    SES/73 : S/Lt DALBERRTO puis S/Lt POITREY (15/4/40)
    SES bis/73 : S/Lt POITREY puis Adj ROMAN (15/4/40) puis Sgt de GEOFFRE




    Récit des combats


    De l’entrée en guerre de l’Italie (10/6/40) au 15/6 la situation dans le sous-secteur est calme. Les Italiens se contentent d’occuper les cols et crêtes frontière autour du vallon du Salso Moreno et jusqu’à Vens mais ne manifeste aucune activité.

  • Du 17 au 20/6, dans le quartier Restefond, pas de changements mais les premiers contacts ont lieu entre la seconde SES du quartier (SES II/299° RIA) et les Italiens : échange de coups de feu au col de Fer. Devant l’avance des Italiens, celle-ci se replie sur Le Pra.

  • Le 21/06, Dans le quartier Sagnes des patrouilles ennemies venant du Pas de la Cavale, profitant d’une très mauvaise visibilité, s’infiltrent jusqu’à la bosse du Lauzanier. Elles sont refoulées par le détachement du 73° BAF occupant le PA.
    Dans le quartier Restefond, à la faveur de la très mauvaise visibilité, des détachements Italiens commencent à descendre le vallon du Salso Moreno par les cols de Pourriac et de Gorgeon Long. Ils sont contenus par la SES et nos premiers tirs d’artillerie dont ceux du RESTEFOND. A la nuit, l’ennemi se retire sur la frontière mais conserve des éléments importants au Pas de la Cavale.

  • Le 22/06, dans le quartier Saint Paul, débouchant du vallon de Mary, les Italiens sont arrivés à la cabane du lac de Chillol mais ils sont bloqués par la SES bis.
    Dans le quartier Sagnes les infiltrations continuent mais elles sont contenues par les patrouilles.
    Dans le quartier Restefond, des tirs mal réglés de l’artillerie Italienne ont lieu dans la région de l’AP des Fourches.

  • Le 23/06, dans le quartier Saint Paul les colonnes du Bataillon d’Alpini «Pièves di Teco» descendent le vallon de Chillol dans le but de contourner le PA de Maurin. Celles-ci sont contenues au débouché du vallon par la SES bis appuyée par notre artillerie. Epuisée, la SES est relevée et se replie sur Saint Antoine. Dans le quartier Sagnes, le groupe du quartier d’Aout est attaqué et refoulé sur le PA par les colonnes Italiennes du bat. Alpini «Belluno», montées par le vallon du Lauzanier. Arrivées sur la crête, entre le col du quartier d’Aout et le pas de la Petite Cavale, elles commencent à arroser les Sagnes à l’arme automatique. Une colonne commence à descendre par le pas de la petite Cavale. Celle-ci est prise à partie, à la faveur d’une éclaircie, par les 2 groupes et les mortiers du PA de Pelousette. Toute la zone est également pilonnée par notre artillerie.
    Dans le quartier Restefond, durant la nuit l’AP des FOURCHES est soumis à un bombardement assez violent. Notre artillerie effectue un tir de contrebatterie. Au petit matin à la faveur du brouillard, une infiltration a lieu dans le vallon de Salso Moreno, celle-ci est prise à partie par les tirs de l’AP des FOURCHES, de la section du 73° BAF située sur la crête de La Tour et également encadrée par un barrage d’artillerie. Alors que le calme est revenu des tissus blancs sont aperçus dans le vallon. Le médecin lieutenant DUVERNE y descend accompagné d’un groupe du 73°. Ils y font 18 prisonniers dont 2 blessés (de la 141° du bat Alpini «Bolzano»). Dans l’après-midi, l’AP des FOURCHES est soumis à un bombardement intense aussitôt suivi d’un tir de contre batterie Français.

  • Le 24/06, dans le quartier Saint Paul une contre-attaque de la SES bis permet d’éviter l’encerclement du PA de Maurin ou la 2Cie 299° RIA risque d’être débordée.
    Dans le quartier Sagnes, une nouvelle tentative d’infiltration a lieu par la Bosse du Lauzanier. Au col du quartier d’Aout le PA est attaqué mais résiste grâce au feu des armes automatiques et à l’artillerie qui continue ses tirs de harcèlement toute la nuit.
    Dans le quartier Restefond, les Italiens ne manifestent aucune activité hormis le bombardement des Fourches, notre artillerie y continue ses tirs d’interdiction sur les passages obligé et en Italie, redoublant d’intensité à partir de 20h30 comme dans tous les secteurs et ce jusqu’à 0h35.

  • Le 25/6 à 0h35, cessation des hostilités.
    Dans le quartier Sagnes, au petit matin un détachement d’Alpini perdu dans le brouillard se présente au PA « pour retrouver leurs unités présente dans la vallée». Ils restent surpris par la réponse des Alpins de la 1/73° qu’aucun Italien n’a réussi à y arriver.
    Dans le quartier Restefond, les Italiens enlèvent leurs derniers morts dans le vallon du Salso Moreno en présence d’un détachement du 73° et d’Alpini se faisant face.


  • Le bataillon est regroupé à Jausiers le 29 Juin 1940, puis quitte ensuite la vallée de l’Ubaye pour être dirigé sur Saint Firmin en Valgaudemar (04 Juillet 1940). Une prise d’armes avec remise de décorations a lieu le 10 Juillet 1940. Le bataillon sera dissous le 02 Aout 1940. Le personnel d’active sera versé au bataillon Département des Hautes-Alpes à Gap, futur III/159° RIA de l’Armée d’Armistice. Dans le but d’assurer le gardiennage des ouvrages, des personnels de la CEO formeront l’Unité de Gardiennage 11/14 rattachée au III/159° RIA.



    Notes :
    (1) AP : Les Fourches et Le Pra
    (2) PO : col de Restefond, Granges Communes et La Moutière
    (3) GO : Restefond



    Rédaction initiale : Marc ENDINGER le 4/4/2020

    Nota: ce résumé historique ne saurait être exhaustif, celui-ci étant une synthèse, entre autre, de diverses sources quelquefois discordantes (surtout au niveau des dates).

    Sources : Document : « Ordre de bataille de la vallée de l’Ubaye » par le Col DESSAUX; «Hommes et ouvrages de la ligne Maginot» A. HOHNADEL, J-Y. MARY, J. SICARD ; «Juin 1940 La seconde guerre mondiale dans les Hautes Alpes et l’Ubaye» par H. BERAUD, Témoignages d’anciens combattants de l’Armée des Alpes,


    Secteur(s) concérné(s) :SFD




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