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83° Bataillon Alpin de Forteresse

(83° BAF)








Le 83° Bataillon Alpin de Forteresse (BAF) est l’un des deux bataillons faisant partie de la 157° Demi Brigade Alpine de Forteresse. Il est créé à la mobilisation ainsi que l’autre bataillon qui la compose, le nouveau 73° BAF.

Insigne 83° BAF

Insigne du 83° BAF




La mobilisation

Bataillon de réserve de type A, il est mis sur pied le 25 aout 1939 à Jausiers par le Centre Mobilisateur d'Infanterie (CMI) 148 à partir des 1ière et 3ième Cies du 73° BAF du temps de paix. Son PC, à ce moment-là, est Tournoux. Il est composé d'une section de commandement, d'une Compagnie Hors Rang (CHR) de deux compagnies mixtes, d’une Compagnie d’Equipages d’Ouvrages (CEO) auxquelles se rajoutent deux Section d'Eclaireurs Skieurs (SES 1et SES 2).

La CEO fournit les équipages des AP (1), PO (2), abris (3) et d’infanterie des GO (4).
La SES 1 est composée de personnels d’active de l’ex 73° BAF et la SES 2 de réservistes principalement d’origine Ubayenne.
Il occupe le sous-secteur Ubaye - Ubayette comprenant les quartiers Saint Paul (1° Cie) et Meyronnes (2° Cie).

  • A partir du 19/10/39, adoption du dispositif d’hiver, le gros du bataillon, se replie progressivement dans la vallée, à Tournoux laissant un détachement à Larche. La CEO quitte les ouvrages et rejoint également Tournoux.


  • A partir de la mi-Mars 1940 début du déneigement des ouvrages d’altitude.


  • Le 29/3/40 VIRAYSSE est réoccupé par un groupe de la 2ième Cie qui lui-même sera relevé par la SES 2 un mois plus tard. Celle-ci aura désormais une mission de résistance ferme sur sa position


  • A partir du 1/4/40, adoption du dispositif d’été : les positions de combats sont progressivement réoccupées.


  • A partir du 23/4/40 le Secteur Queyras-Ubaye est pris en compte par la 64° DI. Deux des trois bataillons du 299° RIA s’intègrent au dispositif de défense de l’Ubaye.
    Le quartier Saint Paul passe sous les ordres du commandant le I/299° RIA et la 1° Cie du 83° BAF assure désormais la défense de la combe de Fouillouse (le PC de la Cie est transféré à Champ Rond). Ses positions de combat sont réparties entre Le Châtelet, Fouillouse-haut et PLATE LOMBARDE. La 2° Cie du 83° BAF conserve le quartier Meyronnes.
    Le PC du bataillon a quitté Tournoux pour s’installer à Meyronnes.



Encadrement

Chef de bataillon : Cdt ANTONY(25/8/39) puis Cdt GAUDILLOT (1/2/40)
Adjudant-Major : Cne FREYNE, TOUCHARD puis Cne PIRRAUD (22/1/40)

1° Cie : Cne FAUCHIER
2° Cie : Cne GUERIN (25/8/39) puis BERTRAND-COMITAUD (19/10/39)

CEO: Cne CHODRON de COURCEL (25/8/39)
CHR : Cne PIRRAUD (25/8/39) puis Lt PAILLET (22/1/40) puis Lt PETIT (16/2/40)

SES 1 : Lt PETIT puis Lt COSTA de BEAUREGARD (25/5/40)
SES 2 : S/Lt GRIMALDI puis Sgt/Ch AUGIER (26/5/40)

Insigne SES du 83° BAF

Insigne des deux SES du 83° BAF



Récit des combats

Nota : celui-ci reprend, en grande partie, le document écrit en 1940: « Ordre de bataille de la vallée de l’Ubaye » par le Col DESSAUX. Néanmoins une partie des noms de lieux utilisés dans les rapports et sur les cartes d’époque ayant légèrement changé, ceux du texte sont les noms actuels.
Les événements principaux sont situés dans le quartier Meyronnes, ceux situés dans le quartier Saint Paul sont signalés.


  • Le 11/6/1940 : Début des hostilités. Mise en œuvre pendant la nuit du dispositif 96 bis coupant la route nationale au pont du Riou Tort. Evacuation de la population civile de Maison-Méane, Larche, Saint Ours, Fontvive et Meyronnes.


  • Le 12/6 : Mise en œuvre, par ordre de l’armée, du dispositif 93 coupant la route nationale entre Certamussat et Meyronnes. Cette destruction causera un handicap pour la défense, la position de résistance des AP ne pouvant plus être ravitaillée que par convois muletiers.


  • Le 13/6 : La SES 1, descendant de la Serre de Ventassus est accrochée, celle-ci inflige des pertes à l’ennemi et rentre à Maison-Méane.


  • Le 14, 15 et 16/6 : aucun mouvement de l’ennemi n’est signalé. Tous les Cols et tous les Observatoires sont occupés, mais les Italiens ne cherchent pas le contact.


  • Le 17/6 : Des reconnaissances ennemies, d’effectif assez important (1 à 2 sections) tentent d’approcher Maison-Méane, la Vallonet (Peyrasse) et l’Oronaye. Elles sont facilement repoussées. Les éléments qui s’étaient dirigés sur Maison-Méane s’installent dans les granges du Lauzanier mais sont dispersés par notre artillerie. VIRAYSSE reçoit des feux d’armes automatiques en batterie au Col de la Portiola et vers la cime de la Coste du Col.


  • Le 18/6 : Une patrouille qui s’était infiltrée dans les bois de la rive gauche, au Sud de Maison-Méane est attaquée à 12h45 et capturée en entier par la SES 1 (1 S/Off, 1 Caporal et 10 hommes).


  • Le 19/6 : des reconnaissances ennemies sont repoussées par nos feux dans le ravin de Rouchouse et jusqu’au PA 2018 (Trois Mélèzes).
    Un groupe de la SES 1 occupe Tête Dure et un de la SES 2 le col de Portiolette.


  • Le 20/6 : A 9h30, tirs de l’artillerie Italienne sur Maison-Méane, sur VIRAYSSE et sur tous les PA au Nord de Larche. Notre artillerie effectue un tir de contre batterie derrière le col de Larche (Haute Stura).


  • Le 21/6 : Les italiens renforcent l’occupation de tous les cols.
    Au lever du jour intense reprise des tirs de l’artillerie Italienne contrebattue par notre artillerie. Celle-ci prend également à partie plusieurs concentrations et éléments infiltrés.


  • Le 22/6 : A 8 heures nouvelle forte préparation d’artillerie. Elle est surtout concentrée sur VIRAYSSE, l’AP de LARCHE, Maison-Méane et les PA 2018 (Trois Mélèzes) et 1893. L’ennemi allonge ensuite son tir et cherche à couper nos communications entre Les Gleizolles, Meyronnes et le Pont Ripert.

    En début d’après-midi plusieurs attaques successives d’infanterie ont lieu. L’équivalent d’un bataillon débouche du col du Sautron et attaque en direction de VIRAYSSE et du Riou de Rouchouse. L’équivalent de deux bataillons débouchent du Col des Monges et attaquent en direction de Tête Dure et de l’Oronaye. En fin de journée, VIRAYSSE tient toujours, bien que particulièrement visé et presque encerclé. La SES 1 qui défendait Maison-Méane et Tête Dure se replie devant la pression ennemie. Dans la nuit elle reçoit l’ordre d’occuper et de tenir le Roir Alp et la crête à l’Ouest de VIRAYSSE face au Nord.

    Dans le quartier Saint Paul, l’offensive dans la combe de Fouillouse commence également. Des détachements légers passés par le col de La Gypière arrivent aux environs du lac des Neufs Couleurs. D’autres beaucoup plus importants (estimés à un bataillon) passés par le col de Stroppia et le col du Vallonet (via le quartier Meyronnes : col de la Portiola, la Portiolette et le Pas du Valounas) débouchent dans la région de Plate lombarde.
    Prise sous les feux des armes automatiques de PLATE LOMBARDE et d’un barrage d’artillerie, elle est arrêtée net avec de grosses pertes. Vers 17 heures, une seconde attaque est stoppée dans les mêmes conditions.


  • Le 23/6 : De 3 heures à 9 heures, même bombardement que la veille mais beaucoup plus intense. Celui-ci fera 2 tués et 2 blessés à Maison-Méane ou se dessine l’attaque. Le PA est tenu par une section de la 2/83°. A 10 heures, il reçoit l’ordre de se replier. La section évacue le village déjà débordé de plus de 2 km sur ses deux flancs et se porte sur le PA de Font Crèse ou l’ennemi l’a devancé et qu’il reprend de vive force.
    VIRAYSSE, dégagé au cours de la journée est tenu ainsi que le col de Mallemort (SES 1) et le Roir Alp.

    Dans la combe de Fouillouse (quartier Saint Paul) l’attaque est déclenchée à 5 heures. Les Italiens, ayant repoussé la SES 3/299° RIA qui occupait le refuge de Chambeyron (lac des Neufs Couleurs), débouchent au Nord de Fouillouse-haut ou ils sont pris sous le tir des armes automatiques du PA, ainsi que de notre artillerie. Dispersés certains éléments refluent vers le refuge, d’autres (environ 2 compagnies) se jettent en désordre dans les bois de la Preina harcelés par nos tirs, puis commencent à se rendre vers la fin de la journée.
    De nouvelles tentatives de déboucher des cols de la Gypière et de Stroppia sont encore faites, mais menées sans grande vigueur, et arrêtées par nos feux d’artillerie.



  • Le 24/6 : L’attaque reprend à l’aube avec une vigueur accrue. Quatre régiments, sont engagés devant nos avant-postes : 43° et 44° RI dans le Vallonet (Peyrasse) et la Rouchouse ; 17° et 18° RI dans l’Oronaye et l’Ubayette. A VIRAYSSE, l’ennemi arrive au corps à corps et parvient jusqu’aux superstructures.
    La garnison (SES 2 et observateurs d’artillerie) dégage l’ouvrage à la grenade. Au col de Mallemort, la SES 1 tient toujours.

    Un bataillon attaquant dans la Rouchouse est pris sous un tir de barrage à la barre rocheuse et arrêté par nos feux d’infanterie. Un tir fusant de gros calibre et l’action de nos mitrailleuses disloquent complètement l’attaque. Les survivants, 335 hommes, se rendent aux PA 2018 (Trois Mélèzes) et 1893. En avant de Larche, l’ennemi arrêté par nos feux ne peut dépasser les bois de Malboisset. Le point d’appui de Font Crèse, violemment attaqué et bombardé se replie, mais l’ennemi est arrêté sur la crête de Rofre par un groupe de réserve.
    Au cours de cette journée, des coups de très gros calibre (supérieurs au 210 et probablement 305) ont été observés dans la région de Viraysse - Larche.
    Dans la combe de Fouillouse (quartier Saint Paul), vers les cols de la Gypière et de Stroppia plus aucune action offensive est observée. Une cinquantaine d’Italiens dispersés dans les bois de la Preina la veille sont capturés à Saint Antoine, devant le PA du Châtelet.
    Au cours de la nuit et jusqu’à 0h35, comme dans tous les secteurs, d’intenses tirs d’artillerie ont lieu de part et d’autre. Le village de Larche est particulièrement visé par l’artillerie Italienne. Les Français répliquent , toutes les pièces vident leurs magasins sur passages obligés et les regroupements observés plus tôt. La position de Font Crèse est réoccupée avant minuit.


  • Le 25/6 : cessation des hostilités.
    Dans la matinée une compagnie Italienne tente de s’installer dans le village de Larche bien que le drapeau français y soit arboré. Après des pourparlers assez vifs, ces éléments se retirent.

    Pendant la journée, les Italiens relèvent leurs morts, très nombreux dans les ravins de la Rouchouse.


Le bataillon est regroupé à La Condamine et à Tournoux le 30 Juin 1940, puis quitte ensuite la vallée de l’Ubaye pour être dirigé sur Chauffayer (Valgaudemar) le 1 Juillet 1940. Une prise d’armes avec remise de décorations a lieu le 14 Juillet 1940 puis les réservistes sont libérés les jours suivants.
Le personnel d’active sera versé au bataillon Département des Hautes-Alpes à Gap, futur III/159° RIA de l’Armée d’Armistice.

Nota: ce résumé historique ne saurait être exhaustif, celui-ci étant une synthèse de diverses sources quelquefois discordantes.

Peinture 83° BAF

Peinture murale dans l’abri de Châtelet






Notes :
(1) AP : Larche
(2) PO : Plate Lombarde , Saint Ours Bas
(3) Abris :NO Fontvive , NE de Saint Ours et Ancien Camp
(4) GO : Roche la Croix, Saint Ours Haut




Rédaction initiale :

Marc ENDINGER, le 15/4/2020





Sources :

Ordre de bataille de la vallée de l’Ubaye - Col DESSAUX;
Hommes et ouvrages de la ligne Maginot - A. HOHNADEL, J-Y. MARY, J. SICARD ;
Fortifications des Alpes, leur rôle dans les combats de 1939-1945 / Ubaye, Ubayette, Restefond - P.LACHAL, Amicale Ubayenne des Chasseurs Alpins ;
Témoignages d’anciens combattants de l’Armée des Alpes,
Histoires vécues en Ubaye 1939-1945 - Sabença de la Valéia ;
La seconde guerre mondiale dans les Hautes Alpes et l’Ubaye - H BERAUD








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