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151° Régiment d'Artillerie de Position

(151° RAP)






Insigne 151° RAP




Les origines du régiment

Le 151° RAP trouve ses origines dans le 9° Régiment d’Artillerie de Campagne (RACP). En janvier 1921, le 9° RACP fait partie de l’Armée du Rhin. Il est stationné à Landau et Germersheim, dans le Land de Rhénanie-Palatinat. Le régiment devient le 311° Régiment d’Artillerie Légère Portée (311° RALP) le 1er avril 1923.

Il quitte l’Armée du Rhin le 18 juin 1926 et s’installe à Verdun dans la Meuse à partir du 2 octobre 1926. Le 311° RALP fait partir de la 42° DI de Metz.

Le 27 avril 1929, l’EMR, le 1° et le 2° Groupe du 311° RALP forment le 151° Régiment d’Artillerie à Pied (151° RAP). Le 3° Groupe du régiment devient le 3° Groupe du 163° RAP (qui sera dans le Secteur Fortifié de Boulay).

Dans la foulée, la 5° Batterie s’embarque pour Thionville. Au 5 mai 1929, le 151° RAP, sous les ordres du Lieutenant-colonel Bachelerie, est formé d’un EMR et de deux Groupes à Thionville (où le régiment fait son entrée le 25 mai 1929) et d’un Groupe de DCA à Douai.
Le 1° Groupe est dirigé par le Commandant PIVIER, le 2° par le commandant BRIGUET et le 3° par le commandant d’OCAGUE.

Le 15 avril 1933, l’artillerie de la Région Fortifiée de Metz est créée. Elle comprend trois régiments :

- 39° RA à Metz : 1° et 2° Groupe sur 75, 5e Groupe sur 155
- 151° RAP : EM, 1° et 2° Groupe à Thionville, 3° Groupe (DCA sur plateforme) à Douai
- 163° RAP : EM, 1° et 2° Groupe à Metz, 3° Groupe à Verdun


Le 15 avril 1934, le régiment passe de 6 à 9 batteries.

Suite à une décision de la Direction de l’Artillerie en date du 10 février 1936, l’organisation des 151e et 163e RAP est complètement transformée à compter du 14 mars 1936. En ce qui concerne le 151e, deux EM de Groupe sont créés, une batterie de position supplémentaire est créée et 5 batteries sont renforcées pour devenir des batteries d’ouvrage. Toutes les
batteries d’ouvrages sont appelées à être cantonnée dans les casernements de sureté, mais restent provisoirement, pour certaines d’entre elles à Thionville.

L’organisation à partir de mars 1936 est la suivante :

- EM et PHR : Thionville
- I Groupe (Bies d’ouvrage) :

o 1° Bie : Camp d’Angevillers
o 2° Bie : Thionville (provisoirement)

- II° Groupe (Bies d’ouvrage) :

o 4° Bie : Camp de Doncourt
o 5° Bie : Thionville (provisoirement)

- III° groupe (Bies de position)

o 7° et 8° Bie : Verdun

- IV° Groupe (Bies d’ouvrage)

o 10° et 11° Bie : Thionville (provisoirement)

- V° Groupe (Bies de position)

o 13° et 14° Bie : Stenay

- VI° Groupe (Bies de position)

o 16° et 17° Bie : Thionville

Le 151° RAP comporte alors 89 officiers, 315 sous-officiers, 1675 hommes de troupe et 96 chevaux.

La 15° batterie du 5° Groupe est créée le 1er avril 1937 pour occuper les ouvrages du CHESNOIS et de VELOSNES dans le Secteur Fortifié de Montmédy.
En 1938, les trois batteries du 5° Groupe (13, 14 et 15) sont intégrées dans le 17° Régiment d’Artillerie.

La mobilisation

A la mobilisation, les 2e et 5e Groupe sont détachés du 151° pour former le noyau du 152° RAP qui couvre le Secteur Fortifié de la Crusnes.
Le 151° entame sa mobilisation alors qu’il sous les ordres du Lt Col MARTIN.

Le PC du 151° RAP est dans l’ancien fort allemand de KOENIGSMACKER . Son organisation est la suivante :

- I/151e RAP

o 1re et 2° Bie : chacune avec 4 canons 155L Mle 1877
o 3° Bie : 2 x 240 Mle 1884 et 2 Schneider 220L Mle 1917
o 2 Bies de 100 allemands sous tourelle des forts de KOENIGSMACKER et d’ ILLANGE

- II/151e RAP

o 4°, 5° et 6° Bie avec chacune 4 x 155L Mle 1877
o 2 Bies de 100 du fort de GUENTRANGE

- Batteries d’ouvrage servant l’artillerie des Gros Ouvrages du SFT

Le 22 aout à 4h du matin, l’alerte est déclenchée et les échelons A sont mis en place. Entre le 22 et le 24, les frontaliers et les premiers réservistes rejoignent le régiment et les ouvrages dont il est responsable.
Le Lt RIGAUD précise que la 2° Bie d’Hettange, à laquelle il appartient, prend ses positions d’alerte dans l’ouvrage A11 de SOETRICH dès le 21 aout.

Toujours à SOETRICH , le Lt PECHBERTY précise que « Après quelques jours d’incertitude, 3 ou 4 jours, et la mise en application des différentes mesures, les réservistes arrivaient.
Aussitôt habillés, équipés, nourris, le 3e jour à 0h, les réservistes étaient à leur poste de combat à l’ouvrage. Cette mobilisation s’est passée dans de bonnes conditions et sans incidents »

Le Lt DELAVAUD est alors affecté à la 10e Bie stationnée au camp de Cattenom (sous les ordres du Cne Peynaud, la 10° Bie devient la 24° Bie en temps de guerre). Il nous indique que l’ordre d’occuper les ouvrages ( A13 KOBENBUSCH , A15 GALGENBERG et l’observatoire O20 de CATTENOM ) est donné le 23 aout à 6h.

La campagne

La section de 220 L est stationnée dans le bois de Cattenom jusqu’à la fin mai 1940 puis jusqu’au 13 juin à Ranguevaux. Sa mission principale est l’interdiction des ponts de la Moselle dans la région au nord d’Apach.
La section de 240, sous les ordres du Cne Quenet, est quant à elle, stationnée dans le village de Distroff et a pour mission l’interdiction de la vallée de la Moselle de Sierck à Apach.

Le 1er mars 1940, les hommes des ouvrages du Secteur de Hombourg-Budange (du SF Boulay) sont rattachés au SF Thionville. Les artilleurs du Hackenberg, Mont des Welches et Michelsberg passent du 153° RAP au 151° RAP. Huit canons de 120L Mle 1878 du II/153° RAP forment la batterie 3 bis à Veckring.

A partir du 10 mai, les artilleurs des pièces des ouvrages du Secteur ouvrent le feu pratiquement sans discontinuer, jusqu’à leur reddition forcée le 26 juin.

Le 13 juin, les commandants de Batterie de la rive droite sont convoqués au PC du colonel commandant le 151° RAP au fort de KOENIGSMACKER. Il leur annonce l’ordre général de repli vers le sud de toutes les troupes d’intervalle. Pendant que les artilleurs en poste dans les ouvrages restent dans ceux-ci, les artilleurs des batteries d’intervalle font mouvement, le plus souvent à pied, vers le sud.
Le médecin Lt Le MUTELET du 151° nous indique que « quelques officiers et hommes … doivent continuer le tir avec les 155 laissés sur place. Ces camarades doivent nous rejoindre quelques jours plus tard. Le 13 juin vers 22 heures donc, départ direction La Maxe, sans armes (ou presque) et sans munitions ».
Les pièces d’artillerie sont sabotées et les munitions explosées sur place.

Les hommes du 151° battent en retraite jusque dans les Vosges (Gerbéviller pour la 17° Bie qui retraite en partie avec le 160° RAP qui occupait les anciens forts de Metz et Verdun.


Quelques officiers du 151° RAP

- Lt Col MARTIN : Cdt 151° RAP
- Chef d’escadron LAFFONT
- Chef d’escadron Etienne ROUQUET : Cdt artillerie de A17 Metrich
- Cne TISNE : Cdt I/151°
- Cne RAIN : adjoint au Cdt du I/151°
- Cne QUENET : 5° Bie (issue de la 17° Bie de temps de paix)
- Cne PEYNAUD : Cdt 10° Bie
- Lt ROYGUAU : observateur au I/151°
- Lt RIGAUD : 2° Bie
- Lt BERGER : officier directeur au 2° Groupe
- Lt DELAVAUD : 10° Bie depuis le 1er octobre 1937
- Lt Edmond COHU : officier SRO de A8 Rochonvillers
- Lt Alfred CAGNARD : chef du bloc 4 de A11 (tourelle de 135), 25° Bie
- Médecin Lt Le MUTELET
- Ss-Lt HILZER : 17° Bie (fort de Guentrange)
- Adjt Chef PECHBERTY : 2° Bie à Hettange



Rédacteur initial : Michel Teiten - 11/05/2020

Source :
Journal de Marche du 151e RAP -1921-1934 (34N617 SHD)
Notes et comptes- rendus du 151e RAP (34N617 SHD)
Hommes et ouvrages de la Ligne Maginot Tome 2 (JY Mary)



Secteur(s) concérné(s) :SFT




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