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Unités nord-africaines et coloniales employées dans la construction de la ligne Maginot (Sud-Est)






Dés 1930, l'Armée des Alpes se voit accordée la possibilité de construire des Avant-postes selon le standard préconisé par le Gal DEGOUTTE . Comme les moyens alloués sont restreints, il n'est pas question de faire appel à des entreprises et à de la main d'œuvre civile, donc le commandement va se tourner vers de la main d'œuvre militaire (MOM) disponible durant les campagnes estivales pour construire ces fortifications.

D'abord limité aux travaux routiers et de construction d'avant-postes, cet effort est étendu dans un deuxième temps - pour les mêmes raisons d'économie - à certains petits ouvrages préconisés et conçus sous l'égide de la CORF à partir de 1932 suite à l'approbation du programme des 362 millions de Francs en 1931. Les travailleurs de la MOM n'étant pas une main-d'œuvre spécialisée en génie militaire, cette participation se limite initialement à la construction de routes, de creusement de tranchées pour lignes téléphoniques, puis d'ouvrages peu complexes et peu étendus, comme certains abris pour réserve locale ou petits ouvrages de haute altitude (1). Ces unités d'infanterie apporteront les bras et la logistique, les aspects techniques et spécialisés (2) étant la responsabilité des détachements du Génie appuyant ces troupes.

A partir de 1927 et le lancement du programme de construction dans les Alpes, c'est tout d'abord la 2° Division Coloniale Sénégalaise (2° DCS) qui fournit le contingent de travailleurs. Ainsi dés 1928, 500 hommes sont envoyés travailler sur la réfection ou la construction de routes neuves qui sont nécessaires en amont de tous travaux de fortification ne serait-ce que pour accéder aux chantiers. Ce sont ces mêmes troupes sénégalaises qui entament en 1930 les travaux sur les avant-postes dans la partie sud des Alpes-Maritimes (Sospel-Menton), secteur acceptable en terme de climat pour des troupes d'Afrique subsaharienne.

Dés la fin des années 20, la 1° DINA (Division d'Infanterie Nord-Africaine) est détachée en métropole en renforcement et réserve des unités fixes d'active des 14° (Lyon) et 15° (Marseille) Régions Militaires. Cette DI, composée de régiments algériens (27° RTA), marocains (5° RTM - et 6° RTM jusqu'en 1936 -) et tunisiens (28° RTT), étant amenée à devenir une division de type alpin, les régiments nord-africains qui la composent sont répartis dans les Alpes pour s'aguerrir davantage à ces conditions de combat. Dans le cadre de leur "instruction", ces troupes habituées à la dure vie en montagne vont naturellement être employées par l'Etat-Major comme main d'œuvre pour les travaux. Leurs unités muletières seront des aides irremplaçables pour les transport de matériel et de subsistance jusque vers les chantiers d'altitude. Ainsi, dés 1931 deux bataillons du 27° RTA sont envoyés l'été vers les chantiers d'altitude, 1 1/2 dans le secteur Mounier, et 1/2 bataillon aux Granges de la Brasque (3)(4).

Outre le 27° RTA, dont il est fait mention ci-après, le 5° RT Marocains travaillera en Savoie (Tarentaise principalement) et en Ubaye, et le 28° RT Tunisiens œuvrera dans le Dauphiné (Ubaye), comme le 6° RTM. Chaque été sera l'occasion pour ces unités de stationner en haute altitude selon un programme préétabli par le commandement du Génie des deux régions militaires concernées. Cette dualité de donneurs d'ordres (régions pour les constructions d'AP ou de routes, et Paris - CORF - pour les petits ouvrages et abris) donnera lieu tous les ans à des négociations ardues pour la répartition de ces travailleurs entre les chantiers. Cela - additionné à la courte durée de saison de travail - explique en partie la lenteur de ces travaux qui dureront jusqu'en 1939.

Si ces troupes ne sont pas à proprement parler des troupes de forteresse, ni même des troupes statiques de défense des frontières, leur rôle dans la construction de la ligne Maginot est néanmoins important et doit être reconnu.


Un exemple représentatif : le 27° RTA dans le SF des Alpes-Maritimes

Le 27° RTA (Régiment de Tirailleurs Algériens) fut créé le 1er novembre 1920 à partir du 11° RMTA dissous en 1924 et recréé le 1er janvier 1929 avec le 35° RTA. Il héritera de la gloire des anciens du 7° RTMA (35° RTA).

27° RTA

Son insigne régimentaire représente un croissant avec une main de Fatima.



27° RTA




Son drapeau est décoré de la croix de guerre 14-18 ave 6 palmes et de la croix de la légion d’honneur et cinq batailles sont inscrites sur celui-ci.

Le régiment sera cantonné principalement à Avignon sous les ordres du Lieutenant-Colonel ROUDIC regroupé au sein de la 1° DINA (division d’infanterie nord-africaine).

Dans la période des années 1930 à 1939 le régiment sera employé comme main d’œuvre militaire pour la construction des ouvrages Maginot, abris, casernements et défenses en haute montagne principalement dans le SFAM. Il n’y a pas de chronologie bien établie des déplacements et séjours des unités, seule les traces laissées par les stèles, géoglyphes, marquages, camps de tentes Marabout sur les chantiers attestent de leur passage.

- Col de Jallorgues (camp de tentes Marabout avec insigne du régiment au sol et marquage (27° RTA) sur un bassin)
- Col de Pal (table d’orientation 1939)
- Col de Crous (stèle avec insigne, plaque commémorative)
- Col de la Valette (cheminée avec insigne) (géoglyphe à l’ouest du col )
- Granges de la Brasque (stèle)
- Casernement de la Sérena (stèle au drapeau)

Géoglyphes et stèles des troupes coloniales

Stèle sous le col de Crous



Géoglyphes et stèles des troupes coloniales

Géoglyphe


A la limite avec le SFD
- Col de la Boucharde
- Col de la Moutière
- Col de Restefond

Quatre régiments Le 27° RTA, 28° RTT, 5° RTM et 6° RTM sont représentés (géoglyphes, stèles…)
La liste n’est pas exhaustive et demande à être complétée.

La 1° DINA partira ensuite combattre dans le Nord-Est en 1939.


Rédaction initiale : Daniel Ellena pour le chapitre sur le 27° RTA - Avril 2020

Notes
(1) Notons que souvent la constructions sera prévue initialement de type mixte : la MOM est utilisée pour les travaux de terrassement de surface et de roctage souterrain, la coulée des blocs en béton et l'équipement ultérieur étant pour le coup réalisé par main d'œuvre civile. Dans la réalité, la MOM fera souvent tout en fin de compte…
(2) mesures et tracés, étayage, équipement, bétonnage...
(3) note d'organisation des chantiers 1931 - 15° RM - Gal CARENCE - SHD-4V1512
(4) la 29° DI, division active organique de la 15° RM, fournira - avec un largesse notable - environ 200 hommes pour les travaux sur l'Aution.






















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2 messages, le dernier est de jolasjm le 22/05/2020






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