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Secteur Fortifié ...
Secteur Fortifié ...



Secteur Fortifié de Rohrbach

(SFR)






Généralités


Le secteur fortifié de ROHRBACH est localisé entre les secteurs défensifs/fortifiés de la SARRE à gauche et des VOSGES à droite. Il couvre le versant ouest des Vosges et l'important camp de Bitche, tout en constituant l'extrémité gauche de la Région Fortifiée de la LAUTER . Il a comporté deux à quatre sous-secteurs selon la période et l'organisation du front.

Le secteur fortifié de ROHRBACH est bien équipé en organisations de la C.O.R.F. Il bénéficie d'installations puissantes, issues des plans de construction initiaux puis du prolongement de type "Nouveaux Fronts" construits après 1935 vers l'Ouest.

Comme ailleurs, ces fortifications ont été renforcées avant et pendant la "drôle de guerre" par la construction d'un grand nombre de blockhaus M.O.M. entre les casemates et ouvrages, ainsi qu'au niveau d'avant-postes et de bouchons défensifs en avant de la LPR. Des point d'appui à tenir initialement par la G.R.M. sont installés proche de la frontière pour servir de sonnette d'alarme à l'ensemble de l'installation.

En réalité, dans la partie la moins montagneuse du secteur, entre Sarre et Vosges, c'est pas moins de 7 lignes successives - plus ou moins puissantes - qui sont établies :

  • A la frontière, les maisons-fortes GRM qui permettent d'avertir la position d'une attaque brusquée, qui gèrent des barrages de routes et éventuellement les DMP sur les voies d'accès frontalières.

  • Un ou deux kilomètres derrière, une "ligne de surveillance" faite de points d'appuis légers, et surtout d'observatoires dont la mission est la surveillance de la frontière, qu'ils dominent en général.

  • Là où cette ligne de surveillance est éloignée de la LPR, on a inséré une "ligne de recueil" faites de points d'appuis intermédiaires permettant de donner une base de repli aux éléments de la ligne de surveillance. Cette ligne de recueil n'existe par partout.

  • Environ deux kilomètres en avant de la ligne principale de résistance (LPR) on trouve enfin une "ligne de Avant-postes Fortifiés" (APF) où les armes ne sont plus sous abris en rondins ou bétons légers, mais dans des blockhaus beaucoup plus sérieux. Cette ligne d'APF, dont la construction avait débuté en temps de paix, était initialement concentrée sur les villages importants (Gros-Réderching, Guising, Bettviller, Haspelschiedt) ou des points de passage aisés à défendre (Kappelenhof, Bitcherberg, Neubach...). Dans un deuxième temps, pendant la drôle de guerre, il a été étudié la possibilité de transformer cette ligne discontinue en une ligne continue de blockhaus défensifs. Peu a été fait malgré les projets prévus.

  • La LPR, où se concentre l'effort défensif, avec les organes CORF en ossature, et les blockhaus MOM en intervalles.

  • La LPR est par ailleurs renforcée de deux lignes successives en arrière, donnant une profondeur certaine au dispositif. La première est la ligne d'arrêt, située approximativement au niveau des abris CORF en arrière de la LPR, puis on trouve une ligne de soutien antichar, constituée de blocs pour canons.


Lignes de défense du SF Rohrbach

Les lignes successives


Ce dispositif en profondeur est nettement moins fourni côté Est du SF, entre le ruisseau du Holbach et la camp de Bitche, là où la CORF avait construit un ensemble puissant de fortifications. Ceci tient au relief nettement plus montagneux qui rend la défense plus aisée.

La ligne principale de résistance est positionnée d'Ouest en Est le long de la Sarre, puis sur les collines devant Rohrbach et Petit-Réderching, avant de suivre une ligne de crête des Vosges devant le Légeret, la ville de Bitche puis au travers du camp militaire de Bitche.



Organisation


L'organisation du SF de ROHRBACH a évolué au cours du temps. Il passe d'une structure à quatre sous-secteurs à la mobilisation (SARRALBE, KALHAUSEN, BINING, LEGERET) à seulement deux sous-secteurs fin septembre 1939 (BINING, LEGERET) pour finalement revenir à trois sous-secteurs (BINING, LEGERET et BITCHE) le 15 Mars 1940.


Commandement


Le PC du Secteur a été installé à Dehlingen, Oerlingen puis Montbronn .

Le commandement du secteur était assuré par le Gal de Brigade Henri BOUTIGNON jusqu'au 20 Septembre 1939 (1), puis à partir 21 Septembre 1939 par le Col René MORTEMART de BOISSE jusqu'au 30 Avril 1940 (2), remplacé à son tour le 7 Mai 1940 par le Gal de Brigade Jean-Laurent CHASTANET après un court intérim du Col CONRAD. Suite au départ de la Division de Marche CHASTANET, le commandement du Secteur Fortifié, limité à ses ouvrages et casemates, est repris par le Lt-Col BONLARRON (commandant du SIMSERHOF).


Chef d'état major : Lt-Col THOUVENIN

Commandant l'infanterie : Col ROUSSET puis Col FUCHS
Commandant l'artillerie divisionnaire : Col REIXE (2 Avril 1940-21 Mai 1940) puis Col CONRAD.
Commandant le Génie : CB Auguste PAGET jusqu'au 27 Janvier 1940, puis le Cne Paul FERIEL (précédemment adjoint, et en charge du matériel) jusqu'au 8 Avril 1940 et enfin le CB MAHÉ fin Avril 1940 (ex-Cdt du Génie du SF des Vosges, alors dissous). L'équipe de commandement est initialement composée des Lt Paul BERTRAND et Ernest BABILLOT (service électromécanique), de l'Adj. MOREAU et de 3 secrétaires. PC initialement à Dehlingen, puis Montbronn à partir du 2 Octobre.
Commandant les transmissions : Cne Jean MOREAU, adjoint : Lt Robert MATHIEU, S-Lt Maxime BECKER

Intendance Militaire de SF n°7 (SF Rohrbach) : Cne LOSSEROT. PC à Sarrebourg, puis Diemeringen, puis le 4 Avril 1940 à Lemberg.



Infanterie


Sous secteur SARRALBE. Celui-ci passe au SDP de SARRE-UNION le 20 Septembre 1939.
Lt-Col REVIER de MAUNY, PC à Keskastel
3 bataillons


Sous secteur KALHAUSEN. Celui-ci passe aussi au SDP de SARRE-UNION le 20 Septembre 1939.
Col BERTRAND ou CB AVENEL selon les sources, PC à Kalhausen
3 bataillons


Sous secteur de BINING.
Lt-Col SUBERVIE, PC à la ferme de Mohrenhof.
3 bataillons


Sous secteur du LEGERET.
Lt-Col DELIVRE puis Lt-Col MAUVIN au 16 Avril 1940 (précédemment commandant du SIMSERHOF), PC à la ferme de Heiligenbronn.
3 bataillons


Sous secteur du BITCHE. Ce sous-secteur est transféré du SF des VOSGES vers le SF de ROHRBACH le 15 Mars 1940.
Lt-Col COMBET, PC Au Schimberg.
3 bataillons


Pour mémoire, les Compagnies d'Equipage d'Ouvrage armant les organes de la ligne Maginot sont rattachées aux RIF correspondants.
Le SF dispose aussi d'un corps-franc constitué à partir de ses RIF. Ce corps-franc est commandé un temps par le Cne de SAINT FERJEUX, avant de prendre le commandement de l'ouvrage de ROHRBACH.


VII/400° RP (Régiment de Pionniers)



Artillerie


59° RAMF (Régiment d'Artillerie Mobile de Forteresse) , parfois aussi nommé 59° RAAF (Régiment d'Artillerie Auto de Forteresse)

CE puis Lt-Col SOUBEN P
Régiment à deux groupes de canons de 75 et un groupe de 155, issu du III/59° RARF.


Col JANNOT, PC Ferme Heiligenbronn puis Lambach
Régiment, issu du III/166° RAP de temps de paix, composé de 12 batteries (120, 145 et 155mm) en 2 groupes



Génie


207° Bataillon de Génie de Forteresse, commandé à partir du 6 Avril par le Cne NAVELLO (précédemment au 205° BGF dans le secteur des Vosges), chef de corps et adjoint au Cdt de Génie du SF.

Transmissions :
Cie 207/81 (Cne Maxime LAMAURIE),
Cie 207/82 (Cne Albert PAGÉS),
respectivement compagnies télégraphiste et radio.



Divers


Train : Compagnie Auto de SF 237/20
Intendance : Groupe d'exploitation 157/20 à partir de Mars 1940 (anciennement Groupe d'Exploitation de SF. A noter qu'il est nommé 157/20 ou 157/23 selon les documents...)
Santé : 157° Groupe Sanitaire Divisionnaire.
Prévôté : Lt, puis Cne Maurice PONCET

Instruction : 207° CIF (Centre d'instruction de forteresse) - commandant : CB MOLLINIÉ

XXI/153° RIF

Ces deux unités seront regroupées à compter du 19 Juin 1940.


Unités de Renforcement


Le secteur de ROHRBACH a connu plusieurs mouvements de ses troupes de renforcement et rattachements hiérarchiques. Dépendant initialement en totalité du 20° CA (Corps d'Armée) de la 4° Armée à la mobilisation, la réorganisation du front du 17-20 Septembre et le déplacement de frontière entre les 4° et 5° Armées le prive de deux de ses sous-secteurs historiques qui restent à la 4° Armée. La partie restante (2 sous-secteurs) passent sous contrôle du 8° CA de la 5° Armée, laquelle place deux divisions - 25° DIM et 35° DI - sur les sous-secteurs de Bining et Légeret avec responsabilité tactique de ceux-ci. L'Etat-Major du SF n'a alors plus qu'un rôle technique et administratif sur ses RIF.

Le changement suivant arrive lors de la réorganisation du 8° CA : là où il maintenait au départ trois divisions sur les sous-secteurs de Singling au Hohékirkel, il n'en maintiendra plus que deux dorénavant et jusqu'à son départ. Ceci entraine une organisation "bancale" avec un RIF, le 153°, qui est tactiquement géré par deux grandes unités (initialement la 30° DIA et la 35° DI, cette dernière couvrant - et gérant - un sous-secteur qui n'appartient pas au SF à ce moment là, le sous-secteur de Bitche).

Les divisions se succèdent alors selon ce découpage. L'ancien secteur fortifié de Rohrbach est en réalité séparé en deux secteurs de corps-d'armée, le secteur Ouest (ou secteur de Rohrbach... d'où risque de confusion !) et le secteur Est (ou secteur de Bitche.. d'où nouveau risque de confusion car ce secteur dépasse en surface le sous-secteur éponyme tenu par le 37° RIF, qui appartient toujours au SF voisin !).


Organisation SF Rohrbach - 1939-1940

Organisation et rattachement hiérarchique du SF de Rohrbach aux grandes unités de renforcement.


La grande réorganisation du 15 Mars 1940 remet un minimum d'ordre dans ce capharnaüm : le sous-secteur "forteresse" de Bitche est intégré au secteur "forteresse" de Rohrbach, ce qui au moins met la division en charge de la partie Est du ban du 8° CA en responsabilité d'un RIF qui appartient au même secteur que les autres... Cela ne changera plus jusqu'à l'attaque allemande du 10 Mai.

A cette date, on trouve donc :

8° Corps d'Armée (5° Armée), commandé par le Gal de CA Aubert FRERE


- 24° DI (Réserve - Série A): Gal Paul VOIRIN, en renforcement du sous-secteur de BINING.

- 31° DI Alpine (Active) : Gal Marcel ILHER, en renforcement des sous-secteurs de LEGERET et BITCHE.

Notons que la 4° DIC (Gal Maurice de BAZELAIRE de RUPPIERRE), réserve organique du GA2, est en soutien en arrière du secteur fortifié.


Le SF de Rohrbach ne retrouvera le contrôle total et entier de son secteur d'origine qu'il avait perdu mi-septembre qu'au moment du départ des unités d'intervalle, le 22 Mai 1940.




Historique


La Loi cadre de janvier 1930 (dite loi Maginot) prévoit le financement de deux grandes régions fortifiées, celle de Metz et celle de la Lauter. Si celle de Metz utilise une majorité des crédits alloués (2900 millions de francs de l'époque), celle de la Lauter bénéficie malgré tout d'une enveloppe de 836 millions. Cependant sans attendre ces crédits des travaux ont déjà démarré dés 1929 sur 4 grands ouvrages "prototypes", dont celui du SIMSERHOF dans le SF de ROHRBACH.

L'activité s'accélère dés mi-1930 avec l'ouverture de nombreux chantiers sur ce qui constitue la première tranche du 1er cycle (1930-1931). Pour ce qui est de la Lauter, il est prévu deux tronçons puissants: SIMSERHOF-BIESENBERG et LEMBACH-SCHOENENBOURG. La partie droite du SF de ROHRBACH, de Petit-Réderching jusqu'à la limite du SF des VOSGES, bénéficie donc d'un niveau d'équipement maximal, pourtant déjà partiellement restreint par les première économies dues à la notoire sous-évaluation initiale des coûts. L'ouvrage d'infanterie du SEELBERG et les blocs de fossé du SIMSERHOF sont donc reportés en 2° cycle ou annulés.

La deuxième tranche du 1° cycle (1932-34) prévoit une extension des travaux initiaux: prolongation aux deux ailes de la RF de Metz et renforcement de la RF de la Lauter. Pour cette dernière, il est prévu une ligne de petits ouvrages et de casemates entre le BIESENBERG et LEMBACH ainsi que le prolongement entre SCHOENENBOURG et le Rhin. Cependant, les dépenses imprévues, les travaux non budgétés d'avant la loi Maginot, l'inflation et surtout les effets débutants de la crise économique de 1929 amènent à restreindre fortement les ambitions de cette 2° tranche. Ces restrictions ne touchent cependant pas fortement le SF de ROHRBACH dont la partie puissante est déjà en cours de réalisation. Il n'en sera pas de même pour le SF de VOSGES.

La loi-programme de 1934 (dite loi "Nouveaux Fronts") va s'efforcer de combler les vides laissés par les ajournements initiaux et va permettre quelques prolongements supplémentaires des fonts C.O.R.F. Le SF de ROHRBACH bénéficie de cela, avec le lancement de la construction d'un tronçon entre Petit-Réderching et la Sarre, en prolongement à gauche du tronçon SIMSERHOF-BIESENBERG. Là encore les ambitions initiales (2 ouvrages d'artillerie à ROHRBACH et HAUT-POIRIER) sont revues à la baisse, aboutissant à la réalisation de 3 ouvrages d'infanterie et de 10 casemates. C'est en outre à partir de 1935 que commence la réalisation des infrastructures arrières (casernements, routes, champs de tir, etc) ainsi que d'un réseau antichar et antipersonnel continu en avant de la LPR.

A la disparition de la CORF en décembre 1935, l'ère du "petit béton" débute. Là où la standardisation était la règle avec les constructions précédentes, les initiatives locales de la Main d'Oeuvre Militaire (MOM) prennent le relai, visant à la création d'un front continu. La priorité est donnée aux "vides" de la ligne Maginot : trouée de Marville, Sarre et débouchés du Rhin. Les inondations défensives à gauche du SF de ROHRBACH s'équipent donc de fortifications permanentes légères. La priorité est donnée à la RF de Metz, la frontière Belge et la haute Alsace, donc peu de travaux de renforcement MOM du SF de ROHRBACH seront réalisés. Quelques dizaines de blockhaus légers pour mitrailleuse et/ou canon antichar, blocs pour tourelles démontables et observatoires sont construits durant cette période précédent la guerre, ainsi que 8 postes G.R.M. à la frontière avec dispositif de destruction de route.

A partir du 21 Aout 1939 le secteur fortifié de ROHRBACH est mis sur pied, rattaché directement à la 20° Région Militaire, et son PC s'installe à Sarrebourg. A sa création, il couvre un vaste territoire, de Sarralbe inclus à Bitche exclus. le 25/08, le SF passe sous contrôle de la 4° Armée (20° Corps) et son PC de déplace à Dehlingen. Le terrain en avant à l'Ouest de la Sarre est couvert par le D.A.R.E. (Détachement d'Action Retardatrice Est), issu du 15° GRCA, et celui à l'Est de la Sarre est tenu par la G.R.M. Dés le 25, la Compagnie Spéciale de Mise en oeuvre des Inondations (Cne GALLERNEAU) est à pied d'oeuvre sur la Sarre. Les premiers DMP en avant de la ligne principale de résistance sont préparés et le 207° BGF arrive le 30 Aout.

En préparation de l'offensive de la Sarre, début septembre 1939, le 20° CA se translate vers l'Ouest. Les sous-secteurs de SARRALBE et KALHAUSEN restent sous son contrôle alors que ceux de BINING et LEGERET passent sous supervision de la 9° et 23° DIM (5° CA). Le PC du SF est maintenant à Oermingen. Actant à la fin de cette offensive avortée le déplacement du 20° CA, les deux sous-secteurs sous son contrôle sont logiquement transférés au Secteur Defensif de la Sarre après un court séjour dans un éphémère "Secteur Défensif Provisoire de Sarre-Union" (SDPSU) - voir la fiche du Secteur de la Sarre . A cette date du 20 Septembre 1939, le SF de ROHRBACH ne possède plus que deux sous-secteurs : BINING et LEGERET. Quelques jours plus tard, le 25, cette réorganisation résulte dans un repositionnement complet de la 4° Armée plus à l'ouest, et c'est donc la 5° Armée (8° CA) qui étend son périmètre au SF de ROHRBACH, avec sa 25° DI sur le sous-secteur de BINING et la 35° DI sur LEGERET. Le PC du SF se fixe définitivement à Montbronn dans les Vosges. Le 3 Octobre, la G.R.M. est retirée des avancées et de la frontière, laissant la place aux troupes de forteresse et de renforcement. Des éléments des 425° et 436° Régiments de Pionniers sont mis à disposition mi-Octobre pour les travaux, alors que les premiers DMP jouent le long de la frontière (22/10 : Dispositifs de mine 16PM, 16bisPM, 19PM, 20PM, 20bisPM, 21PM...).

Un événement arrive en courant Janvier-Février 1940, qui ne sera pas sans conséquences pour la suite. De façon similaire à ce qui se passe dans d'autres secteurs, il est procédé à un échange de troupe et d'encadrement entre les grandes unités locales de de la 5° Armée et le SF de Rohrbach. Un certain nombre d'officiers et de soldats jeunes et aguerris sont ainsi transférés dans les divisions en ligne en contrepartie de la récupération d'éléments des plus vieilles classes de ces divisions. Le même type d'échange se déroule au niveau du matériel (voitures, camionnettes, roulantes de campagne...). Ces changements détériorent considérablement la valeur du SF et ses capacités manoeuvrières. Ce qui pourrait sembler somme toute logique pour une unité statique et de nature défensive sera au contraire fortement préjudiciable quand le moment sera venu de bouger...

Les choses restent relativement en l'état jusqu'à mi-Mars 1940, avec cependant l'habituelle valse des unités de renforcement au gré des relèves : BINING = 30° DI > 6° DIC > 4° DIC et LEGERET = 35° DI > 43° DI > 27° DI > 31° DIA. La Main-d'œuvre Militaire abondante est utilisée pour couler des milliers de mètres cubes de béton, construire des centaines de blockhaus (3) et aménager les réseaux et protections. La plus grande densité de ces construction se trouve dans le secteur Wittring - Gros-Réderching, où la Sarre et les Vosges ne peuvent pas être utilisés comme obstacle naturel.

Outre ces travaux, cette longue période de "drôle de guerre" sera emmaillée de patrouilles et actions de corps-francs dans la zone frontière, de nombreux survols aériens - essentiellement allemands - et d'échanges de tirs d'artillerie sporadiques.

Le 13 Mars 1940, Le SF des VOSGES est dissout et les troupes de forteresse deviennent l'infanterie du 43° CAF (Corps' d'Armée de Forteresse). Une des conséquences est le transfert du sous-secteur de BITCHE (37° RIF) au SF de ROHRBACH à compter du 15 Mars, qui devient donc son nouveau sous-secteur droit. Le 1er Avril, la 24° DI relève la 4° DIC sur BINING, qui prend place à gauche de la 31° DI Alpine.

Le 7 Mai 1940, le Général de Brigade Jean-Laurent CHASTANET , en provenance de la 62° DI, prend le commandement du SF.


Les combats de Mai-Juin 1940


- 10 Mai - 18 Mai 1940 : la ligne défensive est bombardée régulièrement et quelques escarmouches se déroulent au niveau des bouchons d'avant-poste, mais rien de très sérieux. Les avant-postes trop exposés sont néanmoins repliés sur la ligne de recueil et l'ensemble des DMP en avant sont actionnés. Seul événement notable, devant la dégradation rapide de la situation dans les Ardennes, la 4° DIC qui était en soutien en arrière du SF est transférée le 16 Mai en urgence vers la Somme. Les 24° DI et 31° DIA restent en renforcement du secteur.

- 18 Mai - 22 Mai 1940 : les avant-postes avancés et bouchons antichars de la ligne de recueil sont repliées derrière la LPR dans le cadre d'un mouvement de repli général des divisions de couverture. Le 21, la 24° DI (suivie de la 31° DIA le 22 Mai) est retirée pour être mise en réserve du GA 2, ne laissant sur place que les troupes organiques du SF, un bataillon du 49° RI dans les avant-postes rapprochés dans le sous-secteur de Bitche, le 55° BMM et l'artillerie de forteresse, ainsi que quelques groupes francs. La gestion des DMP qui n'ont pas encore joué (série P1 et Q1) est transférée au SF.

- 23 Mai - 25 Mai 1940 : le SF redevient entièrement maitre de la gestion et l'organisation du secteur. Il organise une campagne pour récupérer dans la zone avant de la LPR tout ce qui peut l'être de ce qui a été laissé là par les unités de renforcement qui ont quitté les lieux. C'est ainsi 3500 tonnes de munitions, mines, matériels, vivres qui sont stockés dans les dépôts de la LPR. La période est plus généralement marquée par de nombreux échanges de tirs d'artillerie, et surtout de survols des défenses par l'aviation ennemie.

- 28 Mai 1940 : les deux DI de renforcement du 8° CA qui étaient passées derrière la LPR sont dorénavant parties vers l'Ouest, ainsi que l'essentiel de la 4° Armée à gauche du SF. Celle-ci ne laisse que le 20° CA en place en Sarre.

- 2 Juin 1940 : le 8° CA part à son tour, entrainant le rattachement du SF de ROHRBACH au 43° CAF (SF des VOSGES). Le PC du SF se déplace de Montbronn à Meisenthal.

- 12 Juin 1940 au soir : ordre est donné aux 3° et 5° Armées et troupes de forteresse de se préparer à se replier vers le sud sous couverture des ouvrages et casemates de la ligne Maginot. Le Gal LESCANNE (43° CAF) convoque le Gal CHASTANET pour lui signifier la constitution d'une division de marche avec ses troupes de forteresse disposées dans les intervalle. Cette DM devra se replier à pied jusqu'à Sarrebourg pour être enlevée par chemin de fer et transportée vers Charmes ou Epinal pour y constituer une nouvelle ligne de défense.

Au même moment ailleurs : les 2° et 4° Armées se battent en Champagne pour éviter la percée de troupes blindées allemandes. L'ennemi approche de Paris, a percé la Seine entre Vernon et Louviers et la poche de Dunkerque a disparu depuis une semaine déjà.

- 13 Juin 1940 : création de la Division de Marche CHASTANET, qui commandera les troupes de forteresse en repli. Les moyens de retardement, de couverture et destructions laissés sur place entre les ouvrages et casemates sont mis sous commandement du Col FUCHS (commandant l'infanterie du SF), accompagné du Col CONRAD (Artillerie du secteur). Les casemates et ouvrages eux-mêmes resteront sur place "... jusque vers le 16 ou 17 Juin..." avant de saboter leurs ouvrages et prendre la voie du repli à leur tour.

- 14 Juin 1940 : Attaques ennemies repoussées vers Gros-Réderching et en avant du SIMSERHOF.
La DM CHASTANET a commencé son repli dans la soirée précédente pour une 1e étape de 35 km la menant dans le secteur de Rexingen entre Diemeringen et Drulingen. La 30° DI (SF Vosges) décroche en même temps et se regroupe en arrière garde derrière la DM. Le groupement FUCHS (2 sections du Génie, une section de FV par compagnie de RIF, un groupe de 75mm du 59° RAMF) débute son travail de destruction et d' "occupation" du terrain.
Le PC de la division s'établit à Ratzwiller, proche des troupes les plus en retard dans leur première étape (37° RIF). Le commandement autorise le repli rapide des unités administratives (justice, poste, trésor...) par véhicules en direction de Charmes avec les TR.

Au même moment ailleurs : les allemands sont à Paris, la Seine est franchie et Evreux est tombé, le front de Champagne est percé et les blindés de Guderian et Kleist foncent vers la Suisse.

- 15 Juin 1940 :

Sur la LPR : Le Lt-Col BONLARRON prend les commandes des ouvrages et casemates du SF de ROHRBACH alors que les derniers éléments présents de l'artillerie de couverture (59° RAMF) entament le repli vers le Sud dans la soirée. Les avancées immédiates de la LPR, au contact de l'ennemi maintenant, sont repliées vers la LPR. Sur la gauche du SF, les Allemands ont franchi le SF de la SARRE et des troupes se rabattent vers l'Est pour encercler le SF de ROHRBACH, entre les ouvrages et la DM CHASTANET. Le groupe demeuré sur place du 59° RAMF décroche vers le sud.
DM CHASTANET : la DM se regroupe au nord-ouest de de Sarrebourg sur une ligne Kirrberg-Haut Clocher-Réding, toujours couverte par la 30° DI, en prévision de l'éventuel retrait par transport ferroviaire à partir des gares de Sarrebourg et Imling, nouvelle destination... le Jura (Dôle). Cette 2e étape de nuit est particulièrement pénible, car se déroule sur un seul itinéraire et doit s'achever le jour levé du fait des ralentissements. Le PC divisionnaire s'établit à Sarraltroff.


- 16 Juin 1940 :

Sur la LPR : les premières troupes allemandes sont signalées sur l'arrière de la position, côté Sarre, en approche d'Achen.
DM CHASTANET : En prévision de cet embarquement par train prévu pour l'après-midi du 16, la division qui était passablement étirée, fait mouvement de concentration dans les bois au Nord-Ouest de Sarrebourg dans la nuit du 15 au 16. Le 166° RIF, qui était déjà sur la bonne place est exempté de marche... Le PC divisionnaire s'établit à Insming et est rejoint par le Groupement FUCHS (59° RA, éléments de Génie en charge des destructions et d'infanterie d'intervalle en retardement) dans la matinée.
Le transport ferroviaire est finalement annulé en fin de matinée après liaison avec le 43° CAF, dont le PC est à Sarrebourg. Les lignes sont partiellement coupées par bombardement et la progression rapide de l'ennemi fait qu'il arrive à portée de canon des gares. Il faut se résoudre à reprendre la marche à pied vers le Sud avec pour mission de s'établir "sans esprit de recul" (sic) sur le canal de la Marne au Rhin dés le soir même. Sachant cela, le 59° RAMF ne s'arrête pas à Sarrebourg et va directement se positionner à Hesse. A 21h, la nouvelle position est atteinte, toujours sous couverture de la 30° DI.


- 17 Juin 1940 - la bataille du canal :

DM CHASTANET : La DM établit sa position défensive sur le canal de la Marne au Rhin entre Hesse et Gondrexange inclus, avec le Groupement DAGNAN à gauche et la DM SANSELME à droite. Le 153° RIF est côté gauche du dispositif, le 37° RIF au centre et la 166° RIF à droite. Le PC de division s'installe à Niderhoff, à 6 km au sud du canal.
La 30° DI, qui formait arrière garde, traverse le dispositif dans la nuit du 16 au 17 pour créer une nouvelle position au Sud. Les troupes ennemies sont maintenant infiltrées dans le no-man's-land entre la LPR et le canal.
Une compagnie du 153° RIF était laissée en position avancée à Diane-Capelle au nord de Gondrexange pour recueillir les retardataires de la 30° DI... Pour les même raisons, un détachement du 166° RIF est laissé sur les points de passage de la Sarre à Sarrebourg et à l'est de la ville. En réalité, à défaut de la 30° DI, ce sont les Allemands qui arrivent sur ces deux bouchons en fin de matinée, marquant le début de la bataille du canal pour la DM CHASTANET. Ces détachements résistent le temps qu'il peuvent, puis se replient vers le canal après avoir perdu 25% de leur effectif. Ces derniers passages effectués, la Génie divisionnaire débute l'actionnement des destructions de ponts préétablies dans la nuit et débarrasse le canal des péniches abandonnées.
A 7h sur le canal entre Xouaxange et Hesse, le commandant du grand dépôt militaire d'essence de la Forge, Lt V..., actionne - poussé par la panique et en contradiction avec les ordres reçus du Gal CHASTANET - la destruction dudit dépôt alors que le II/166° RIF était en train d'essayer de sauver une partie de l'essence. Le dépôt brulera pendant 4 jours et le responsable déféré devant un tribunal militaire...

Dés le 17 en début d'après-midi, les allemands arrivent au contact de la DM (avancée de Hesse - 166° RIF) et font une tentative de passage en force sur le canal face à Hesse, qui est repoussée. Cette action est suivie d'une tentative similaire sur Gondrexange, repoussée elle-aussi.


- 18 Juin 1940 - la bataille du canal :

Sur la LPR : les allemands débutent leur pilonnage d'artillerie sur l'ouvrage du HAUT-POIRIER, qui est hors de portée du soutien du SIMSERHOF.
DM CHASTANET : Les allemands sont partout au contact du canal de la Marne au Rhin et attaquent en plusieurs endroits dés la matin. Dans la nuit, c'est la position sur le canal de la division DAGNAN à droite qui a été entamée.
La DM se réorganise légèrement pour se renforcer. Ainsi, les unités d'instruction (XXI/153° RIF et CIF n°207) sont fusionnés pour en faire une unité combattante plus importante puis rapprochés du front. Par ailleurs, le 43° CAF met à disposition deux batteries lourdes de 155mm et une Cie de chars R35.
L'attaque allemande se déclenche à 4h après préparation d'artillerie, cette fois ci contre le centre du dispositif (37° RIF). Dans la matinée du 18, le canal est percé devant le 37° DIF, d'abord par utilisation de passages de ruisseaux sous le canal entre Xouaxange et Héming, puis établissement d'une passerelle en secteur défilé. L'ennemi avance ensuite vers les hauteurs de Lorquin sous le bombardement de l'artillerie française, limité par le manque chronique de munitions. Le 37° RIF tient là toute la journée au prix de pertes sérieuses (20 officiers - dont 2 CB - et 380 hommes tués ou blessés selon le JMO), appuyé par l'artillerie et les feux de flanc des deux autres régiments. Le 37° RIF reçoit renfort des compagnies de sapeurs du Génie et arrive à contenir la tête de pont allemande.
Menacée d'encerclement du fait de la situation catastrophique sur le front du 20° CA à gauche, le 43° CAF ordonne à 21h le décrochage du canal en vue de rétablir les liaisons. La DM CHASTANET doit reprendre son repli.


Au même moment ailleurs: l'offensive allemande sur le Rhin (opération kleiner Bär) est un succès et la ligne des villages en Alsace est approchée. Les blindés de Guderian et Kleist ont atteint la frontière Suisse dans le Jura, fermant la nasse dans laquelle les troupes des 2°, 3°, 5° et 8° Armées (GA 2) et de la ligne Maginot sont encerclées.

- 19 Juin 1940 :

Sur la LPR : à droite du SF, la ligne de blockhaus des Vosges est franchie par la 215 ID, qui fait sa jonction le lendemain avec les troupes venant de l'Ouest et de la plaine d'Alsace. La LPR est totalement encerclée.
DM CHASTANET : Dans la nuit du 18 au 19, la division tente de se repositionner à une dizaine de kilomètres au sud du canal sur les hauteurs et lisières de forêt entre les bois à l'Est de Foulcrey et la route Hermelange-Abreschviller, avec artillerie au sud de Bertrambois. Le PC divisionnaire s'établit à Val-et-Chatillon. La journée démarre cependant mal puisque sur le côté gauche le 153° RIF ne parvient pas à trouver liaison avec le 20° CA, et les Allemands attaquent sur l'axe Sarrebourg-Blamont (RN4) dés la fin de nuit, forçant le 153° RIF à rabattre sa gauche vers la route Blamont-Cirey in-extremis avant capture. Le 37° RIF au centre reçoit de son côté l'effort le plus sensible de la part de l'ennemi. Il est déjà sérieusement amputé puisqu'il ne représente plus que l'effectif de deux bataillons mais se trouve renforcé par un nouveau groupement donné au Col FUCHS, composé de l'unité d'instruction, les sapeurs du Génie, les chars R35 restants et des Pionniers. L'unité de R35, rattachée à la DM, profite de cette mise en place pour se replier vers le sud et disparaitre... Le 37° RIF renforcé du groupement FUCHS contient l'attaque mais doit se replacer vers Bertrambois. A sa droite, le 166° RIF parvient à bloquer les Allemands à Niederhoff. Son 1er bataillon est pratiquement encerclé dans le village, mais finalement dégagé par contre-attaque durant la journée.
Dans la nuit du 19 au 20, la DM se trouve renforcée du II/49° RI, isolé de son unité. La liaison, qui était précaire jusqu'alors, est perdue avec la DM DAGNAN qui se replie de son côté vers Baccarat/Rambervillers selon les ordres reçus du 20° CA.
Dans la soirée, et dans le but de la sauver, l'artillerie divisionnaire reçoit l'ordre de se replier vers la vallée de la Plaine par la route Cirey-Badonvillers-Col de la Chapelotte et la route du Donon à l'Est.


- 20 Juin 1940 :

DM CHASTANET : Le déplacement nocturne est chaotique : le 153° RIF, qui n'a pas reçu les ordres de la DM prend sur lui de marcher plein sud vers Raon-l'Etape. C'est là qu'il est enfin contacté par un agent de liaison envoyé à sa poursuite et qui remet le régiment sur le droit chemin, vers Celles-sur-Plaine où il arrive au petit matin, exténué. Les autres régiment parviennent eux aussi sur les hauteurs au nord de la vallée, et le Génie détruit la route du col de la Chapelotte pour retarder la progression ennemie.
Menacé à Celles-sur-Plaine par l'Ouest du fait du vide créé par la perte de liaison avec le 20° CA, le 153° RIF qui combat là y est pratiquement anéanti et son PC capturé. Ses restes sont regroupés avec le II/49° RI (bataillon PICARD) et remontent la vallée de la Plaine vers Bionville, où ils tiendront jusqu'au 22. Le 37° RIF tient le col de la Chapelotte avec les éléments du Génie et les hautes vallées de Val et Chatillon et Saussenrupt avec les 800 hommes qui lui restent (4). Le 166° RIF, régiment le moins sollicité depuis le départ, tient toujours à Saint-Quirin, mais finit par reculer sous pression dans la vallée de la Sarre Blanche vers le Donon. Il se retrouve isolé du reste de la division par les infiltrations allemandes, sans liaison possible. Seul le bataillon REYBALDI de ce régiment parviendra finalement à rejoindre le PC divisionnaire au col de la Charaille, avec moins de 200 hommes.
Les éléments épars de la DM CHASTANET prennent ainsi la direction du Donon et Raon-la-Plaine dans les Vosges, avec la DM SANSELME et la 103° DIF repoussée d'Alsace. Le PC de DM s'établit au col de la Charaille, au-dessus de Raon-la-plaine. Il est un temps question d'une tentative de sortie offensive du 43° CAF en direction d'Epinal, mais cette hypothèse peu réaliste est abandonnée dans la journée.


- 21 Juin 1940 :

Sur la LPR : Bombardé à bout portant au 150mm depuis le matin, l'ouvrage du HAUT-POIRIER se rend dans la soirée avec les 5 casemates sous sa responsabilité (de WITTRING à Nord-Est d'ACHEN), l'ouvrage de WELSCHHOF est pilonné au 150 de l'arrière à son tour.
DM CHASTANET : Les troupes de la DM CHASTANET sont encerclées, manquent de vivres et de munitions, mais résistent malgré tout en se concentrant vers le Donon et le col de la Charaille. Ordre est donné de commencer la destruction des documents, etc.


Ailleurs : L'allemand à dépassé la Loire, pris Clermont-Ferrand et Lyon.

- 22 Juin 1940 :

Sur la LPR : Les allemands commencent dans la journée des tirs de réglage sur la casemate OUEST de SINGLING à partir de la zone du HAUT-POIRIER. Par ailleurs, ils s'approchent de l'ouvrage de WELSCHHOF par le village de Singling.
DM CHASTANET : Plus au sud, la capture de la 62° DI autour de Senones permet aux Allemands de menacer les positions du 43° CAF par le sud, finalisant l'encerclement du corps d'armée dans le massif du Donon. Les restes de la DM CHASTANET sont regroupés en val de Plaine entre Vexaincourt, Raon sur Plaine et le Donon. Suite à la signature de l'armistice à Rethondes, la pression ennemie se relâche au profit d'un simple verrouillage et du bombardement des positions françaises.


- 23 Juin 1940 :

Sur la LPR : Tôt dans la matinée, un bombardement violent par l'arrière s'en prend aux trois casemates de SINGLING, qui déposent les armes à 8h30, chambres de tir neutralisées. La casemate Nord-Ouest de SINGLING Gauche déplore un tué et plusieurs blessés (5). C'est suivi à son tour de la chute de la casemate de BINING, chambre de tir percée elle aussi.
DM CHASTANET : l'ordre de cesser le feu intervient à 9h30, suite aux tractations entre le 43° CAF et l'ennemi et la convention signée entre les parties. Cette convention cosignée prévoyait un renvoi en zone libre des unités encerclées sous responsabilité du 43° CAF, clause qui ne fut naturellement pas respectée par les Allemands. Certains éléments et l'EM du 166° RIF, résistant sur place et isolés, ne purent être touchés par cet ordre de cessation des hostilités. Menés par le Lt-col SUBERVIE, ils continueront à se battre jusqu'au bout, rendant les armes le 24 Juin 10 heures, tous moyens épuisés.


- 24 Juin 1940 :
Sur la LPR : L'ouvrage du WELSCHHOF se rend dans la matinée. Les allemands se préparent à attaquer le ROHRBACH si l'armistice n'entre pas en vigueur rapidement.
DM CHASTANET : Sur ordre du 43° CAF, la DM CHASTANET dépose les armes entre le Donon et le col de la Charaille. La DI reste sur place, livre son matériel le 26, et prend le chemin de la captivité le 28, direction Strasbourg.

- 25 Juin 0h35 au 1 Juillet 1940 : le cessez-le-feu est effectif. Les négociations entre GQG allemand et français aboutissent à la livraison des ouvrages survivants aux allemands et le départ des défenseurs en captivité. Les troupes survivantes de la DM CHASTANET prennent aussi la route de la captivité, d'abord vers Strasbourg le 30 Juin, puis vers les camps de prisonniers en Allemagne à partir du 13 Juillet.


Notes :
(1) Le Gal BOUTIGNON était parallèlement commandant de la RF de la Sarre depuis sa création. Le 20 Septembre 1939, il passe à temps plein comme commandant de l'EM de l'éphémère Région Fortifiée de la Sarre avec certains de ses officiers du SF Rohrbach. Cet état-major restreint est passé en subsistance sur le compte du SD Sarre.
(2) De façon assez procédurière et comme pour signaler l'inadéquation de son grade avec sa fonction, le Col MORTEMART de BOISSE signera ses notes jusqu'au jour de son départ en tant que "Commandant par intérim du SF de Rohrbach"... L'intérim aura quand même duré près de 8 mois.
(3) Le commandement de la 5e Armée avait requis le 24 Septembre la construction de la bagatelle de 900 blockhaus dans le secteur du plateau de Rohrbach, considéré comme un couloir d'invasion potentiel important.
(4) Notons là l'incroyable histoire du détachement d'éléments retardateurs du Lt CHEVALIER, qui quitta la LPR du SF de Rohrbach le 16 Juin, ne retrouva pas le groupement FUCHS, et finit par rejoindre le 37° RIF à la Chapelotte le 20 Juin après un périple de 75 km à l'arrière des lignes dans les Vosges du Nord sillonnées par l'ennemi...
(5) l'équipage de la casemate sera cité à l'ordre du Corps-d'Armée en 1943.

Sources : SHD - Cartons 33N72-74 principalement
GUF
Tome 3 : les divisions et la forteresse; Hommes et Ouvrages de la ligne Maginot, tomes 1, 2 et 3;
sites ATF40, Clausuchronia, ...

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Photo du Général BOUTIGNON surveillant un défilé à Sarrebourg (57)
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