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Briançon : où est située la position des 4 chemins ?




Fil ouvert par Bébert ( 30 9) - Posté le 15/11/2017



Bonjour,

Cette position était occupée par une section de deux mortiers de 220 C modèle 1916, du 154ème RAP identiques aux deux situés au Clos de l’Infernet.

Dans le JMO de la 6ème batterie, en date du 18 au 21 mai 1940, la 1ère section de 220 C des 4 chemins, qui, abritée dans des baraques en tôle ondulée avait passé l’hiver sur la position est mise en état de pouvoir tirer.

9 juin 1940 :un abri en tôle cintrée forte ayant été prévu pour les 4 chemins, une fouille à ciel ouvert est commencée et déjà fort avancée.

L’observatoire de la batterie de 220 C ( clos Infernet et 4 chemins ) est situé au Janus

20 juin : la section de 220 des 4 chemins est la première des 4 sections (220 et 280) de la 6ème batterie a ouvrir le feu. Elle est chargée d’exécuter un tir de destruction sur la route de Clavière au lieu dit la barricade .

21 juin : poursuite du tir de destruction sur la route de Clavière, aidée par la section de 280 de l’Eyrette ;

22 juin : tirs sur des véhicules aperçus sur la route de Clavière.

23 juin : mêmes tirs

24 juin : mêmes tirs sur la route de Clavière et à l’intérieur du village

où est cette position des 4 chemins ?

en restent ils des vestiges ? comme des baraques en tôle

merci de votre éclairage


Réponse de jolasjm ( 18255 1119) - Posté le 16/11/2017
Edité par jolasjm le 16/11/2017.

Bonjour,

Bienvenue au club de ceux qui cherchent la position des "quatre chemins" ;-)

Je me suis pas mal cassé la vue a essayer de la localiser sur carte récente, ancienne, dans la littérature, etc, mais en vain.

J'ai une hypothèse, mais en l'absence de certitude je m'étais abstenu de positionner cette batterie dans wiki à ce stade. Alors je vous livre mes réflexions à l'état brut : peut-être que ce débat permettra d'avancer.

J'ai localisé trois endroits qui pourraient justifier le nom de "4 chemins" au-dessus de Briançon :
- le premier est sur les Gondrans, à l'entrée du plateau au pied de l'Ombilic. Après lectures, il s'avère que ce carrefour est nommé la patte d'oie. A éliminer donc.
- le deuxième est le carrefour au-dessus de l'oratoire St Joseph sur la route du Granon. Cela mettrait cette position loin des trois autres de la 6° Bie, et - trop - proche d'une autre position détenue par la 10° Bie du 154° RAP.
- le dernier, et celui que je considérais à date comme le plus probable : le carrefour du plateau entre les vieux forts des Trois Têtes et Dauphin. Par contre, à la lecture de vos informations je ne vois pas pourquoi on construirait là un abri "métro" alors que le fort des Trois Têtes - gros abri s'il en est ! - est à un jet de pierre de ce carrefour... et ce point est quand même bas pour des mortiers.

Il m'est apparu une dernière possibilité qui ferait sens aussi et qui pour le coup justifierait la construction d'abris : le carrefour positionné sur la route des Gondrans sous la Seyte, à la crête du Point du Jour, et qui marque le début de la piste montant à la Seyte.

Bref, si vous avez copie du JMO du 154° RAP, peut-être que d'autres indications indirectes ailleurs dans le texte pourrait permettre de restreindre le périmètre de recherche.

Cordialement
Jean-Michel


Réponse de jolasjm ( 18255 1119) - Posté le 07/12/2017

Bonjour,

Je reprends ce fil après relecture de l'intéressant livre de Max Schiavon sur la destruction du Chaberton et l'histoire de la 6° batterie du 154° RAP.

Les "Quatre Chemins" est bel et bien ce que je pensais, à savoir le carrefour à la cote 1925 sur la route des Gondrans. Initialement, les 4 mortiers de 220mm sont placés là. Durant l'hiver l'effectif de ces pièces est rapatrié au fort des Têtes, et les 4 mortiers restés sur place sont couverts d'un toit de planche et gardiennés par l'effectif d'une des sections de 280mm restée à Pouet-Morand.

Au printemps 1940 (date non précisée), une des sections de 220mm est déplacée au clos de l'Infernet, et l'autre reste sur place au carrefour. Elles ouvrent en effet le feu le 20 Juin sur la route de Montgenèvre entre Cesana et Clavières.

Cordialement
Jean-Michel


Réponse de Bébert ( 30 9) - Posté le 13/12/2017

Bonjour,
En reprenant le JMO de la 6ème batterie, je viens vous donner quelques précisions en le recopiant en partie :
En date du 18 au 21 mai : la section de 220 des 4 chemins qui, abritée dans des baraques en tôle ondulée avait passé l’hiver sur la position est mise en état de pouvoir tirer.
En date du 22 au 31 mai : le commandement demande de reconnaître une position de section pour les 2 canons de 220 qui restent actuellement stockés au Fort des Têtes. Une reconnaissance est effectuée par le Lt Miguet et le Lt Rochex. Après entente avec le commandement, la position du Clos de l’Infernet est retenue.
En date du 1er au 7 juin : les travaux d’occupation de position ( construction de plate forme, circulaires de crosse, fosse de recul,) sont commencés au Clos de l’Infernet. Le matériel et les munitions sont mis en place. Le 7 juin, la section de 220 du Clot de l’Infernet est prête à tirer.

Donc il semblerait que le principe a été le même pour les 220 et 280 c’est à dire une section de chaque restée dans la montagne et une section à l’abri au fort des Têtes durant l’hiver.
En retournant, peut être un jour, au Clos et aux 4 chemins, je regarderai avec attention si je trouve des vestiges de positions et je ne manquerai pas d’en faire part.


Réponse de jolasjm ( 18255 1119) - Posté le 13/12/2017
Edité par jolasjm le 13/12/2017.

Bonjour,

Merci de ces compléments. Ils confirment en tous cas qu'il y a divergence d'information entre le livre de M. Schiavon et le JMO - ...ni la première ni la dernière fois :-). Le premier précise explicitement page 128 que les 4 pièces étaient restées en stockage aux Quatre Chemins durant l'hiver, à l'inverse des 280 dont deux ont bien été rapatriés en vallée. Voici le texte in extenso :

"... Pendant la période d'hiver les quatre pièces de 220, contrairement aux 280, restent sur place mais elles sont protégées des intempéries au moyen de troncs de sapin placés en triangle au-dessus d'elles. En effet, à partir du 24 Novembre, les artilleurs des 220 quittent eux aussi la position de combat pour rejoindre le gros du régiment quelques kilomètres en arrière de la frontière, au fort des Têtes. Cependant, au cours de l'hiver, des artilleurs des 220 se rendent régulièrement à Pouet-Morand pour surveiller et entretenir leurs pièces avant de s'en retourner au cantonnement..."

"... Le lieutenant Fouletier, qui est seul officier à être resté volontairement sur la position de combat, veille également sur les canons de 220..."

Ce livre est essentiellement basé sur les témoignages de MM Miguet, Fouletier et Rigaud recueillis après guerre dans les années 80, et croisés avec des informations issues d'autres officiers de l'amicale des anciens du 154° RAP.

Compte tenu du fait que le JMO est de l'information de 1ère main, il est probable que ce livre contienne donc des inexactitudes.

A noter d'ailleurs que toujours selon ce livre, concernant les 280: la 1ère section (Lt FOULETIER), qui redescend dans la vallée à l'hiver, était placée à Tête-Rouge et qu'au moment de ce mouvement, celle qui était alors à Pouet-Morand (2e section - S-Lt ALICAUD) est transférée aux Eyrettes. Le S-Lt ALICAUD est muté peu de temps après et le Lt FOULETIER demeure donc avec la section restée sur place. La section descendue dans la vallée - sans son chef donc - remonte à la fin de l'hiver... à Pouet-Morand et retrouve son chef. Le Lt RIGAUD qui n'est arrivé qu'en Avril 40 prend le commandement de la 2e section restée sur place aux Eyrettes.

A suivre.
Cordialement
Jean-Michel


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