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Note relative aux types d'ouvrages bétonnés de fortification de campagne (1939)



A l'orée de la guerre, le besoin se fait sentir de standardiser les constructions "ad-hoc" que les armées massées sur les frontières sont susceptibles de faire construire par la main-d'oeuvre militaire (MOM) dans un contexte de pénurie d'équipements et de personnel spécialisé.

A la demande de l'état-major, la STG établit donc un jeu de trois standards visant cet objectif : la "Note relative aux types d'ouvrages bétonnés de fortification de campagne" du 21 Septembre 1939 - objet de cette fiche -, la "Note relative à l'organisation d'ouvrages bétonnés de fortification de campagne renforcée" du 4 Octobre 1939, et enfin la "Note sur la confection du béton par les troupes de toutes armes" du 21 Septembre 1939.


Descriptif de la Note STG


La "Note relative aux types d'ouvrages bétonnés de fortification de campagne" décrit six types standards de blockhaus visant à assurer une protection rapide, à moindre coût mais minimale des troupes de campagne, en particulier vis à vis des chars d'assaut. Ces blockhaus sont précisés par un album de plans annexé, l'Album n° 1, à l'usage des éléments de Génie des troupes en ligne.

Ces six blocs décrits sont :


- le blockhaus actif type 1 et 1bis , pour mitrailleuse ou FM.
- le blockhaus actif type 2 pour canon de 25mm SA Mle 1934
- l'observatoire type 3
- l'abri passif pour personnel type 4 (abri en tôle métro)
- l'abri passif pour canon de 25mm type 5


Les caractéristiques communes sont la simplicité et rapidité de construction par du personnel non spécialiste, les faibles dimensions et le degré de protection minimal. Les blocs actifs sont construits avec des embrasures minimale adaptées aux armes de campagne, par principe dépourvues de trémies et cuirassements. L'évolutivité est cependant prise en compte avec une construction pouvant se réaliser en deux phases :


- une phase initiale limitée au gros oeuvre à l'exclusion de tout équipement, hormis des couchettes, mais disposant des réservations pour des améliorations futures.
- une phase ultérieure où des installations mécaniques de ventilation, de chauffage dans les abris et des portes peuvent être ajoutés à mesure où les équipements sont disponibles. Cette deuxième phase prévoit aussi la construction éventuelle d'abris associés au blockhaus, et reliés à ceux-ci par une communication semi-enterrée.


La protection de ces constructions est minimale. Le type 1 est conçu pour résister à un coup unique de 105mm, les autres types (1bis, 2, 3 , 4 et 5) sont capables de résister à un coup unique de 150-155mm. Ceci signifie des murs face à l'adversaire (piédroits) de 0,85m pour le type 1 et 1,20m pour les type 1bis à 5. Pour mitiger cette apparente fragilité, l'approche va consister à définir des blocs de très petite taille devenant des cibles difficiles, de les défiler à l'aide d'un mur orillon, de les enterrer partiellement, et de les équiper d'ouvertures minimales.

Les blocs actifs préconisés sont pour armes individuelles. Depuis 1936-37, les blockhaus mixtes mitrailleuse-canon sont progressivement abandonnés au profit de constructions individuelles spécialisées, éventuellement couplables par paires quand le besoin s'en fait sentir. Cette façon de faire, outre les économies qu'elle permet - on a pas besoin des deux types d'armes dans tous les cas -, elle offre aussi la possibilité de différencier facilement les orientations de tir du canon et de la mitrailleuse. Si théoriquement cette approche se défend, dans la pratique l'armée construira un très grand nombre de blocs par paire avec axe de tir quasi identique.

L'observatoire type 3 ne comporte qu'un seul local équipée d'un créneau d'observation de 90° adapté à la jumelle binoculaire standard. L'équipement intègre une table pour reporter les observation et un poste téléphonique.

L'abri type 4, en tôle métro, peut être construit en béton non armé, auquel cas les épaisseurs standard de béton sont augmentées d'un tiers.

L'abri pour canon de 25mm type 5 est construit en béton armé, enterré et accessible au moyen d'une rampe inclinée. Le local unique abrite arme, troupes - 6 hommes et un sous-officier - et munitions.

La nature semi-enterrée, voir complètement enterrée pour l'abri-canon, nécessite une gestion appropriée de l'eau de ruissellement. Dans le cas du type 5, un puisard est même prévu.

Concernant l'armement :


- les mitrailleuses ou les canons sont posés sur des supports simplifiés avec encoches simples permettant de bloquer les pieds ou les bêches.
- les embrasures sont limitées en hausse au minimum car par principe les armes ainsi abritées ne sont pas supposées tirer au-delà de 1200m. Cela permettait des ouvertures de 20 à 30 cm seulement, sauf exception en cas de terrain vallonné.

La mise en oeuvre du béton pour ce type de construction est décrite dans la "Note sur la confection du béton par les troupes de toutes armes".



Mise en oeuvre


Ces plan-types et directives étant généraux et susceptibles d'être adaptées aux réalités du terrain, un grand nombre de variantes ont été développées localement.

Si les types 1, 1bis et 2 connurent un succès certain dans la quasi totalité du front nord-est, on ne connaît pas d'applications des types 3 à 5.

Il faut aussi noter que certaines armées ou zones fortifiées préférèrent malgré tout utiliser les plan-types locaux plus anciens par souci de continuité. C'est ainsi que ce type de blocs se trouve comparativement peu sur le ban de la 7° RM, des 8° Armée (utilisant des coupoles locales ou des "Garchery"), 9° Armée (utilisant les "Barbeyrac") et 5° Armées (coupoles là aussi) ou de l'Armée des Alpes (utilisant les pilules Briançonnaises).



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