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Observatoires d'artillerie et PC CORF



Dans la note du 12 Mars 1928 (120/ORF) de la CORF, qui est en quelque sorte le document fondateur des éléments et formes de fortification futurs de la ligne Maginot, la commission précise la nécessité de pourvoir la fortification de moyens d'observation spécifiques, dans les ouvrages ou sur des points remarquables des intervalles, accueillant éventuellement des postes de commandement protégés. Si les observatoires feront l'objet de développements, de directives et de plans-types précis, la notion de PC CORF sera finalement traitée différemment sur le terrain.

Les deux fonctions - observation et PC - étant fortement liées y compris dans les documents de l'époque, elles seront donc traitées ensemble. Par contre l'organisation de l'observation et sa relation avec l'organisation de l'artillerie de forteresse seront traités séparément.



Genèse de la réflexion


L'observation d'artillerie ou d'infanterie n'est pas une nouveauté dans l'entre-deux-guerres. Le sujet avait déjà été traité lors de la modernisation des forts de l'ère Séré de Rivières et avait abouti à une solution d'une certaine sophistication déjà, mélant cloche d'observation cuirassée ou créneaux dédiés directement sur les organes d'artillerie (tourelle ou casemate) avec un ou plusieurs observatoires de commandement par fort permettant la coordination du fonctionnement.

Pas surprenant donc de voir cette fonction d'observation et de commandement revisitée lors des réflexions sur les formes de fortification futures. Ce point est ainsi abordé par plusieurs officiers supérieurs dans les rapports prospectifs qu'ils écrivent dans le cadre de ces réflexions entre 1919 et 1925. Un bon exemple de cela est le rapport d'Octobre 1922 du Colonel BIRCHLER (futur Général ITTF) à la CDT qui évoque la nécessité de prévoir les deux types d'observatoires, artillerie et infanterie, comme éléments constitutifs de la fortification permanente.

Les grands principes de la ligne Maginot sont finalisés en fin 1926 par la CDF et la CORF est créée à l'été 1927. Entre ces deux étapes importantes, l'EM crée le 24 Février 1927 une délégation mixte - Génie et Artillerie - pour examiner plus en détail la question des observatoires et proposer des orientations sur un sujet en évolution importante par rapport à ce qui se faisait avant 1914. Elle est présidée par le Col BOISSIN - alors directeur de la STG -, et composée entre autres du Lt-Col ALLEAU - futur Général Directeur du Génie en fin 1937 - et du CB GIMPEL pour la STG.

La délégation rend ses conclusions au ministère le 23 Aout 1927 :


  • Les observatoire frontaux de réglage d'artillerie ne peuvent être réalisés en fortification permanente car entraineraient des cuirassements trop importants et des créneaux trop vulnérables.

  • Les observatoires de commandement (infanterie ou artillerie) pourraient être intégrés dans les ouvrages ou isolés à l'extérieur et équipés de lunettes ou instruments stéréoscopiques.

  • L'observation de flanquement devant se limiter aux champs de tir des armes d'artillerie correspondantes, il suffira d'équiper les blocs correspondants de lunettes fixes à définir.

  • Il y aura lieu de prévoir des observatoires périscopiques, permettant une vue sur 360°, et montant suffisamment haut pour dépasser les éventuelles nappes de brume ou de fumées au sol. Une hauteur de 9 mètres est préconisée (4 à 5 mètres au dessus d'une dalle de 4 mètres d'épaisseur) (1).

  • L'observation de guet d'infanterie à courte distance pourrait être assurée via des cloches cuirassées, amélioration des cloches fixes d'avant "grande guerre", de 1,20 mètres de diamètre intérieur et équipées de créneaux permettant l'utilisation d'armes automatiques en addition de la simple fonction d'observation (future cloche GFM).


Ces propositions sont pour l'essentiel reprises par la CORF et permettent de structurer la réflexion ultérieure.

L'accélération des travaux à partir de 1929 amène la DTF de Metz - visiblement en avance dans la réflexion - à se retourner vers la CORF pour avoir des directives claires concernant la construction des observatoires et/ou PC à établir sur les secteurs prioritaires. La CORF mandate la STG pour que celle-ci produise les directives demandées sur la base d'indications générales. En décembre 1929 (2), celle-ci demande à la CORF des précisions sur le nombre d'hommes et officiers à loger dans les PC et dans un observatoire-PC avancé. Le Gal BELHAGUE de la CORF argumente le point tout en précisant que le personnel de PC avancé de Sous-secteur ou de quartier peut être abrité dans un abri mitoyen de l'observatoire. Les chiffres sont précisés par la Commission en Janvier 1930 (3) tout en ajoutant qu'il ne sera pas construit en 1ère urgence de PC à un échelon supérieur à sous-secteur (Régiment), et qu'un observatoire PC avancé de bataillon (Quartier) doit pouvoir accueillir trois officiers et sous-officiers ainsi que six hommes de liaison maximum en plus de l'effectif de l'observatoire.

Le nombre d'observatoires à construire dans la RFM est porté en Février 1930 de 25 à 26 par ajout de celui de CATTENOM (Cote 194) à la liste proposée par la DTF de Metz (4). Cette même note précise que les observatoires construits en terrain boisé devront être adjoint à un abri caverne attenant qui logera l'effectif des poste d'observation annexes de l'observatoire et d'un PC éventuel.

Finalement, l'Instruction attendue est émise par la STG en Mars 1930.




L'instruction relative à l'établissement des observatoires et postes de commandement


La STG émet l' "Instruction relative à l'établissement des observatoires et postes de commandement" le 13 Mars 1930, approuvée par la DM 665 2/4 S du 14 Mars.

Ce document décrit les observatoires à construire comme élément d'ouvrage, les observatoires isolés et enfin les locaux de PC avancé de bataillon ou régiment à inclure au besoin dans les observatoires isolés, tout en précisant qu'il y aura intérêt à inclure préférentiellement ces PC dans des locaux d'abris caverne - préférés par la CORF aux abris de surface. La question des PC isolés est à peine abordée.

Cette instruction ne s'intéresse qu'aux observatoires - d'ouvrages et isolés - et aux PC avancés permanents, mais précise cependant que les observatoires de circonstance, à construire en temps de guerre en complément, devront pouvoir être aisément reliés au réseau téléphonique via un chambre de coupure à proximité et que leur effectif devra être accueilli dans les observatoires permanents ou leurs abris mitoyens.

Les observatoires d'ouvrages sont reliés aux communications souterraines de l'ouvrage et ne disposent pas de sorties.

Les observatoires isolés ont une entrée et pourront accueillir un PC avancé de régiment ou de bataillon. Dans l'hypothèse où ils seraient reliés à une communication souterraine, ils conserveront cependant leur issue et doivent pouvoir abriter leur personnel ainsi que celui des observatoires annexes.

La haute importance de ces organes les destine à la protection 4, mais il y aura de nombreuses exceptions. Il est par ailleurs préconisé de minimiser leur emprise au sol. Enfin, ces observatoires, quel qu'ils soient et sans exception, devront être équipés d'une cloche à vision périscopique et d'un cloche GFM conjuguée , si possible placée en arrière de la cloche VP. On verra que cette recommandation connaitra elle aussi de nombreuses dérogations.

Les PC avancés de Régiment ou de bataillon et le personnel des observatoires de circonstance associés à l'observatoire isolé sont à installer préférablement dans un abri caverne à construire à proximité et relié à l'observatoire par communication souterraine. L'abri pour PC est lui-même à construire selon la protection 4. Quand un abri caverne ne peut être construit, alors un abri de surface en protection 4 devra être pourvu.

Les postes de commandement directement inclus dans les observatoires ne sont que des PC avancés. On prévoit des PC isolés dans cette instruction, sans plus de précision que de les construire "... comme les abris pour réserve locale" capable d'accueillir un état-major de régiment ou de bataillon, soit respectivement 13 officiers-53 hommes ou 5 officiers-34 hommes ainsi que tous les locaux afférents : logement, bureaux, central téléphonique, secrétariat, usine, cuisine, ventilation, etc. Les PC de bataillons pourront être privés de cuisine et d'usine, la subsistance et le courant pouvant venir d'un abri pour réserves locales à proximité.

La notice décrit ensuite les données techniques des observatoires (cuirassements, etc) et les plans-types correspondants.

Notons que contrairement à ce qu’on peut lire parfois, l'instruction en question ne propose qu'un et un seul plan-type pour les observatoires "isolés" initialement conçus par la CORF, celui à façade d'entrée pseudo-bastionnée. Le profil à face arrière plane et une seule caponnière qui est généralisé autour de Metz, est un plan spécifique à la RFM qui diffère du plan-type officiel. Ce plan-type officiel STG ne sera en réalité appliqué - avec des nuances - que dans la RFL.


Observatoire d'artillerie de Hatten



Observatoire CORF de HATTEN




Déploiement concret des observatoires CORF


Les premières approbations par DM d'observatoires isolés datent de fin 1931 - début 1932 et la construction de l'essentiel de ceux du Nord-Est va s'étaler de 1932 à la fin 1933, soit tardivement comparé aux autres chantiers. Les constructions n'ont pas encore débutées que les premiers ajournements en 2° Cycle interviennent : la DM 0364 3/11-1 de Février 1932 sort ainsi des listes les observatoires de LAIX et BASSOMPIERRE dans la Crusnes et les observatoires CORF n° 7 (Ouest de HUNSPACH), 8 (KEFFENACH), 10 (Bois de DRACHENBRONN), 14 (LANGENBERG) et 22 (CITADELLE de BITCHE) dans la RFL. Une deuxième vague de report de 10 observatoires isolés (7 avec cloche VDP et 3 avec cloche VP) intervient un an plus tard, en Février 1933.

Comme évoqué ci-dessus, les observatoires proposés alors par la RFM présentent un plan-type inédit - plus compact et simple, donc moins couteux - alors que ceux de la RFL sont largement conformes au plan-type CORF/STG. La mise en œuvre des moyens d'observation sur le terrain va d'ailleurs faire l'objet en pratique d'une grande variabilité si on la compare au standards CORF/STG initiaux, preuve à nouveau de la liberté d'adaptation des concepteurs de terrain.

Mise en oeuvre de cloches VDP à la place des cloches VP


La première évolution consiste dans le remplacement des cloches VP (vision périscopique - imposées au départ par l'instruction) par des cloches VDP (vision directe et périscopique) quand cela s'avère pertinent. Cette évolution est discutée lors de la 40° réunion de la CORF, le 7 Aout 1930 : la cloche VDP permettant l'observation directe et utilisant des périscopes moins puissants, elle est mieux adaptée à des observatoires nécessitant une vue en champ proche et périphérique, à priori associée au réglage d'artillerie d'un ouvrage ne disposant pas de vues lointaines. La cloche VDP est par ailleurs moins couteuse qu'une cloche VP et son équipement. La CORF préconise donc qu'elle soit adoptée par défaut en lieu et place de la cloche VP 1) dans les ouvrages, ou 2) dans les observatoires isolés moins critiques ou aux vues moins étendues. A titre d'illustration de ce dernier point, 12 des 17 observatoires reportés en 2° Cycle entre 1932 et 1933 devaient être simplement équipés de cloche VDP. Les ensembles cuirassement-optique des 3 dernières cloches VP annulées en Février 1933 étaient déjà en fabrication, amenant le Gal BELHAGUE à demander aux DTF du Nord-Est (5) de proposer une liste d'observatoires à un stade de construction permettant d'y remplacer des cloches VDP prévues par les équipements périscopiques devenus disponibles. La liste éventuelle de ceux ayant bénéficié de cette amélioration reste à confirmer mais il est probable que seul celui du MUTSCHERBERG - approuvé en janvier 1933 avec une cloche VDP - en ait bénéficié, les autres observatoires étant déjà en voie d'achèvement à cette date.


Observatoire d'artillerie de Boust


Observatoire isolé avec cloche VDP au lieu d'une cloche VP - Obs. de BOUST


Evolution du degré de protection


La deuxième évolution consiste à limiter dans de nombreux cas l'épaisseur de béton à la protection 3 au lieu de 4, comme cela sera le cas dans la RFM. Notons aussi le cas particulier de l'observatoire avant de l'ouvrage de ROCHE la CROIX (B6) qui dans les projets initiaux proposés par la chefferie de Gap en 1934 puis en 1937 était prévu en protection 1. Les nombreux échanges subséquents entre Gap, la STG et l'IGGF amenèrent finalement à repasser le bloc en protection 2, soit seulement un cran en dessous du bloc d'artillerie voisin.


Raccordement d'observatoires isolés à l'ouvrage mitoyen


La troisième évolution consiste au raccordement de certains observatoires initialement isolés soit à une ouvrage, soit à un abri pour réserve locale. On peut citer dans ce chapitre, les observatoires Ouest du SCHIESSECK ou du GRAND HOHEKIRKEL, approuvés en tant qu'observatoires mais reliés aux ouvrage correspondants, l'observatoire du MUTESCHERBERG relié à l'ouvrage de KERFENT et les observatoires isolés de FREUDENBERG et HETTANGE-GRANDE qui sont reliés ou à relier à l'abri mitoyen. L'observatoire CORF de TRESSANGE, rejeté en 2° cycle en 1933, devait être relié par construction à l'abri de surface homonyme, lui-même d'ailleurs rejeté en 2° cycle au même moment. Ce type de liaison, qui était bien prévue dans l'instruction de 1930, n'a finalement été que l'exception.


Réduction des coûts par déspécialisation des observatoires


Un bon nombre des observatoires d'ouvrages sont finalement inclus par mesure d'économie dans le plan de feu d'infanterie de celui-ci en se voyant équipés de cloches supplémentaires (cloches pour JM par exemple). La totalité de ces blocs à fonction mixte "observation-feu d'infanterie" d'ouvrages ne seront équipés que de cloches VDP et non plus de cloches VP. Dans la même logique de déspécialisation, de nombreux blocs d'artillerie d'ouvrages ou des casemates d'intervalle se voient équipés de cloches VDP pour compléter le quadrillage d'observation au moindre coût.

Les observatoires vont largement faire les frais des restrictions budgétaires, bien que dans une moindre mesure que les abris pour réserve locale. Par exemple, six observatoires (6) sur les onze prévus sur le SF de la CRUSNES disparaissent des listes en 1932-33. Même chose dans le SF de FAULQUEMONT où seul l'observatoire du MUTSCHERBERG échappe aux coupes.

Les observatoires reportés en 2ème cycle seront parfois substitués par le rajout de cloches VDP à des blocs ou des casemates conservés en 1er cycle, voire complémentés par la conversion de cloches GFM pour accepter un périscope J2 qui du coup prennent un rôle vis-à-vis du réglage d'artillerie.


Observatoire d'artillerie de Hestroff


Observatoire d'HESTROFF



Emission du rectificatif n°1 de l'instruction de Mars 1930


En octobre 1934, suite à la réception des premiers observatoires le Général FROSSARD, Inspecteur Technique des Travaux du Génie, demande à la STG de revoir un certaine nombre de limitations et défauts du design initial de 1930, en particulier concernant la facilité de manutention des optiques et l'adaptation des empilements de cotes aux vraies dimensions de l'équipement périscopique avec sa cloche (7,71 m) qui n'étaient pas connues précisément en 1930.

En pratique, avant l'emission de ce rectificatif les dessinateurs du Génie avaient été amenés à imaginer tout un ensemble de solutions plus ou moins élégantes pour accommoder l'équipement VP de 7,71 m dans des constructions parfois encore limitées en hauteur par le passage d'une protection 4 à une protection 3... On constate ainsi sur le terrain des fonds de puits de colonne VP jusqu'à 50 à 100 cm plus basses que le plancher de travail du bloc, avec accès par escalier ou échelles descendants, des excroissances importantes de la cloche au-dessus du bloc nécessitant des collerettes de béton pour masquer le cuirassement, voire dans certains cas des accès montants à partir de l'étage inférieur du bloc quand celui-ci possède deux niveaux (cas du HACKENBERG B11 par exemple).

Disposition de la cloche VP du HACKENBERG-B11



Disposition et accès de la cloche VP du Bloc 11 du HACKENBERG - avec l'autorisation de Frédéric LISCH.


Le rectificatif (n°1) à l'instruction sur les observatoires et PC est issu en Mai 1935 et approuvé par DM 6198 2/4 S le 1er Août 1935. Fait pour essayer de proposer le meilleur compromis entre les solutions pratiques déjà implémentées, il propose trois modification principales au document d'origine :

  • Le fond de puits de la cloche VP est quasiment ramené au niveau du sol de l'observatoire. Il était en théorie 50 cm plus bas dans les plans initiaux, avec une longueur hors-tout de colonne qui avait été sous-estimée de plus de 25 cm.

  • Un décrochement incliné est ajoutée en partie haute de l'accès de cloche pour permettre l'introduction en diagonale du périscope, le passage des tubes et une montée plus confortable par l'échelle.

  • Les observatoires doivent être équipés d'une aire de stockage des périscopes et d'un monorail au plafond pour en faciliter la manutention entre le stockage et la cloche. La hauteur des locaux est augmentée de 10 cm (3,10 m contre 3,00 m) pour faciliter l'intégration du monorail/palan.


Comparatif de disposition de la cloche VP



Comparatif de positionnement de la cloche VP entre l'Instruction de 1930, le rectificatif de 1935 et les observatoires RFM en protection 3


Ce nouveau mode de construction entraine, de par l'empilement des cotes, un dépassement de la cloche VP de plus de 1 mètre au dessus de la dalle - en protection 4 ! - figeant la mise en place d'une importante collerette en béton pour masquer les flancs celle-ci. Le grand nombre d'observatoires en protection 3 (dalle de 2,50 m au lieu de 3,50 m) devront donc continuer à être construit avec un important (et peu pratique) puit allant jusqu'à un mètre de profondeur comparé au niveau du sol de la salle des observateurs.

La première recommandation ne s'adresse qu'aux éventuels observatoires futurs avec cloche VP. Il n'y en aura cependant plus de construits. Les deux suivantes ont été appliquées largement pour d'évidentes raisons de praticité.




Au bilan final et selon une segmentation propre à wikimaginot, la CORF aura fait construire dans le Nord-Est :


  • 15 observatoires isolés (13 avec cloche VP et 2 avec cloche VDP - RESERVOIR et BOUST ) dont deux reliés - ou en passe de l'être - par galerie avec un abri : HETTANGE-GRANDE et FREUDENBERG

  • 7 observatoires d'ouvrages peu ou prou conformes à l'instruction, avec cloche VP et reliés aux galeries.

  • 10 observatoires d'ouvrages avec cloche VDP non inclus dans le plan de feu d'infanterie (observatoires purs conformes à l'instruction, au type de cloche prés). Un d'entre eux - BERENBACH B3 - est non relié et peut être considéré aussi comme un observatoire isolé.

  • 4 observatoires d'ouvrages avec cloche VDP inclus dans le plan de feu d'infanterie (observatoires à fonction mixte "observation" et "rôle actif"). Il s'agit de FERMONT-B3 , MOLVANGE-B1 , GALGENBERG-B5 * et ANNEXE Sud de COUME-B4

  • 19 blocs actifs d'ouvrages équipés d'une cloche VDP

  • 6 casemates CORF équipées d'une cloche VDP, dont deux sur le Rhin, BASSIN aux PETROLES et ROHRSCHOLLEN


Représentant un total de 20 cloches VP et 41 cloches VDP


A noter que les nouveaux fronts CORF (1934-35) sont particulièrement pauvres en observation spécialisée. Seul l'ouvrage de la FERTE est équipé d'un cloche VDP (bloc 2). Celle-ci provient en outre du recyclage d'une cloche de bloc reporté dans le Sud-Est, possiblement le B7 de CASTILLON . Les fronts du Nord et du plateau de Rohrbach se contenteront de cloches GFM équipées de périscopes J2.


* L'observatoire de l'ouvrage du Galgenberg est en fait le regroupement d'un bloc observatoire conforme à l'instruction et d'un bloc d'infanterie qui devait être construit légèrement en contrebas pour assurer le flanquement du petit ouvrage de Sentzich prévus dans les plans initiaux de l'ouvrage.




Cas du Sud-Est


Le Sud-Est, de par sa grande diversité de situation du point de vue de l'observation, voit une plus forte hétérogénéité de solutions que dans le Nord-Est. On ne compte que quatre observatoires isolés dans le Sud-Est et qui sont d'un type différent de ceux du Nord-Est. Ils ne font pas l'objet d'une Notice ou d'une Instruction spécifique, mais reprennent les principes des observatoires "Nord-Est", hors plan-type.

Ces observatoires isolés sont, à l'exception de l'observatoire Est du MONT-AGEL, des constructions en caverne avec entrée arrière.

Les blocs d'observation spécialisés dans les ouvrages sont peu nombreux. Les concepteurs ont préféré équiper - dans un souci de compacité et d'économie - nombre de blocs actifs de leurs propres moyens d'observation au travers d'une cloche VDP. Dans la même logique d'économie, certains blocs observatoires ont été comme dans le Nord-Est complétés d'organes actifs entrant dans le plan de feu d'infanterie de l'ouvrage, les transformant en blocs à fonction mixtes "observation-infanterie".

Ouvrage d'artillerie du PAS du ROC


Bloc observatoire du PAS du ROC (Savoie)



Les observatoires d'ouvrage - ou isolés - facilement accessibles utilisent des cloches VDP et des optiques identiques à celles du Nord-Est. Les observatoires les plus élevés en altitude utilisent des cloches allégées par éléments de deux type différents, permettant un transport plus aisé par charges individuelles d'une tonne.

Autre spécificité propre aux Alpes, l'existences d'observatoires sous béton quand le secteur d'observation peut être restreint. Ceux-ci sont équipés de créneaux spécifiques dérivés du créneau pour FM. On en trouve au JANUS (B2, B5 et B6) , à ROCHE la CROIX (B5 et B6) , MONTE GROSSO-B3 , AGAISEN-B4 et ROQUEBRUNE-B3 . Quatre créneaux d'observation dérivés du créneau FM sont aussi installés sur les trois casemates pour 75mm Mle 1929 en Corse. Enfin, un créneau d'observation très simplifié est visible sur le B8 du JANUS, hérité de la période Séré de Rivières.

Dernière particularité notable dans les Alpes : de nombreux blocs observatoires d'ouvrages sont en outre équipés de créneaux pour communications optiques, héritage - judicieux en montagne - de l'ère Séré de Rivières précédente. Ces créneaux étaient prévus pour accueillir le projecteur optique de 10 cm Mle 1908, encore en dotation dans l'armée à cette époque et en train d'être remplacé par le 10 cm Mle 1928-29. La montée en puissance des moyens de communication radio rendront ces créneaux de moins en moins utiles au point que certains d'entre eux seront bouchés et leurs tranchées optiques dans le terrain avoisinant seront comblées pour minimiser le risque de repérage aérien (cas de l'observatoire Est du MONT-AGEL par exemple).

La CORF aura donc fait construire dans le Sud-Est :


  • 4 observatoires isolés, dont un avec cloche VP - par éléments et simplifiée - au PIC de GARUCHE , et un avec cloche d'observation par éléments type OAC ( SERRE la PLATE )

  • 6 observatoires d'ouvrages avec cloche VDP sans autre fonction (observatoires purs): SAPEY-B3 , LAVOIR-B3 , PAS du ROC-B2 , JANUS-B4 , ROCHE la CROIX-B4 et SAINT ROCH-B3

  • 4 observatoires d'ouvrages avec cloche VDP par ailleurs inclus dans le plan de feu d'infanterie (observatoires à fonction mixtes) : RESTEFOND-B4, FLAUT-B5, MONTE GROSSO-B8 , AGAISEN-B4

  • ,
  • 11 blocs actifs d'ouvrages équipés d'une cloche VDP

  • 11 observatoires d'ouvrages avec cloche allégée par éléments (observatoires d'abord difficile), inclus dans le plan de feu d'infanterie par le fait que ces cloches permettent le tir à l'arme légère. Un huitième, en construction au COL de CROUS, n'a pas reçu sa cloche.

  • 1 bloc observatoire unique, équipé d'une cloche Digoin à la place de la cloche d'observation prévue : GONDRAN E

  • 15 créneaux d'observation sous béton, dont 14 ont des cuirassements et 1 non.


Observatoire de Serre la Platte


Observatoire de SERRE la PLATE - cloche d'observation par éléments type OAC


Représentant un total de 1 cloche VP simplifiée et 23 cloches VDP, 8 cloches d'observation par éléments (5 type normal et 3 type OAC - Observatoire Auxiliaire Cuirassé) et une cloche Digoin.





Les PC CORF isolés pour régiment ou bataillon


La description qui en est faite dans l'instruction de Mars 1930 laisse entrevoir, compte tenu de l'effectif à loger entre 40 et 70 hommes tels que décomptés par la CORF, une architecture proche des abris caverne ou de surface pour réserve locale (2 à 3 sections). La différence avec ces abris tient aux particularités liées au rôle de PC: des locaux tels que des bureaux, secrétariat, un central téléphonique important, etc, le tout permettant par ailleurs d'abriter l'effectif complet de l'EM. Aucune des ces constructions type PC CORF ne semble avoir vu le jour explicitement, pas plus que les PC avancés à installer dans les observatoires isolés (8). Cependant, on peut tout à fait imaginer qu'un abri pour réserve locale équipé de locaux pour PC, occupé non pas par des sections de bataillon mais par l'EM complet de ce même bataillon, puisse être considéré comme un PC isolé CORF au sens de l'instruction.

Ces PC isolés - et non pas abri pour réserves locales modifié - ont cependant bel et bien été explicitement envisagés à une époque : on trouve dans les archives l'approbation par DM 1737 2/4 S du 12 Novembre 1930 de la construction d'un tel PC isolé au Bois de Hestroff - aujourd'hui Bois de Hohwald. Ce PC n'a pas été construit. Dans la même logique, la DM reportant en 2° cycle l'observatoire du GALBERG (665 2/4 S du 14 Février 1933) s'appuie sur une note de la CORF (970/ORF) préconisant une économie de coût par le transfert du PC avancé de bataillon prévu dans l'observatoire vers soit l'entrée des hommes de l'ensemble d'ANZELING, soit l'abri de BOCKANGE. L'option BOCKANGE sera privilégiée car l'abri en question est déjà prévu avec des locaux pour PC, mais on a là une trace claire d'utilisation possible d'entrées d'ouvrages comme local pour PC avancé.

Alternativement à ces PC CORF mort-nés, on trouve de nombreux abris pour réserve locale classiques modifiés pour recevoir un PC de guerre ou PC avancés de bataillon. Aucun PC de régiment ne sera inclus dans un de ces abris CORF pour réserve locale eu égard à la place que cela aurait nécessité.

Cette large absence de PC à l'épreuve laisse un vide dans le dispositif issu de la phase 1929-1935 de construction. Ce vide sera partiellement comblé entre 1935 et Juin 1940 par la construction de nombreux PC MOM, souvent sur la base d'une suite d'abris très simples en tôle métro combinés parfois à un ou des blockhaus standards STG spécifiques, de plus ou moins grande taille.






(1) Bien que cette disposition ne fut pas retenue en France pour cause de vulnérabilité et de coût, il faut noter la ressemblance de ce concept avec le dispositif de prise d'air télescopique à grande hauteur propre aux fortifications belges de même génération, installés dans les ouvrages d'outre-Quiévrain, et permettant d'aspirer l'air au-dessus d'une éventuelle nappe de gaz.
(2) Note 576 S de la STG, suivie de la note 562/ORF du 27/12/1929 de la CORF en réponse.
(3) Note 43/ORF du 27 Janvier 1930 - Gal CULMANN
(4) Note 79/ORF du Gal BELHAGUE à la DTF de Metz - 12/02/1930
(5) Note 62/ORF du Gal BELHAGUE aux DTF Nord-Est - 06/02/1933
(6) LAIX et BASSOMPIERRE en 1932 puis BOIS de DONCOURT, la CLAIRIERE, PUITS-ARMAND et TRESSANGE.
(7) Note 520 S du 19/10/1934 - Gal FROSSARD à STG
(8) Encore que dans ce dernier cas, l'observatoire de HAUT-AVANT (Hochwald) possèdait bien en sous-sol des locaux qui correspondent à ce qui aurait été prévu pour un PC avancé.

Rédaction initiale : Jean-Michel Jolas avec contribution et support de Frédéric Lisch - 15/02/2018 - © wikimaginot.eu

Sources :
- Dossier observatoires et PC - SHD carton 2 V 259
- Note 120/ORF du 12 Mars 1928 - SHD carton 7 N 3760
- Bibliographie : voir ci-dessous




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Documents



Liste des cloches VP (Nord-Est)
Auteur : JOLAS, Jean-Michel
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Liste des cloches VDP (Nord-Est)
Auteur : JOLAS, Jean-Michel
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Liste des cloches VDP (Sud-Est)
Auteur : JOLAS, Jean-Michel
Document 68249 disponible en ligne (251.34 Ko)
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Bibliographie




Hommes et ouvrages de la ligne maginot - Tome 2
Hommes et ouvrages de la ligne maginot - Tome 2 - MARY Jean Yves, HOHNADEL Alain, SICARD Jacques
MARY Jean Yves, HOHNADEL Alain, SICARD Jacques - HISTOIRE & COLLECTIONS - 2001 - ISBN : 2 908 182 97 1 - 222 pages

Hommes et ouvrages de la ligne maginot - Tome 4
Hommes et ouvrages de la ligne maginot - Tome 4 - MARY Jean Yves, HOHNADEL Alain, SICARD Jacques
MARY Jean Yves, HOHNADEL Alain, SICARD Jacques - HISTOIRE & COLLECTIONS - 2009 - ISBN : 978-2-915239-46-1 - 182 pages

La muraille de France ou la ligne Maginot
La muraille de France ou la ligne Maginot - TRUTTMANN Philippe
La photo est celle de la réédition de l'opus original
TRUTTMANN Philippe - KLOPP Gérard - 1988 - ISBN : 2-906535-12-5 - 627 pages







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