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Secteur Fortifié de Montmedy

(SFMO)



Généralités


Le Secteur Fortifié de Montmédy (SFMO) est un vaste secteur qui s'étend, en Mai 1940, sur 65 kilomètres de Pont-à-Bar à l'Ouest, jusqu'à une ligne Tellancourt-Noërs-Billy sur Mangiennes à l'Est. Il est encadré à gauche par le Secteur Défensif des Ardennes , et à droite par le Secteur Fortifié de la Crusnes (SFC).

Son développement n'a pas toujours été aussi vaste. Initialement en Aout 1939 le SFMO s'achevait côté Est au niveau de la ligne Velosnes-Othain-Marville-Maucourt sur Orne. Le SFMO trouve sa forme définitive le 17 Décembre 1939 après l'absorption du sous-secteur de Marville (132° RIF).

Géographiquement, le secteur est marqué d'Ouest en Est par la vallée de la Meuse et la fin des contreforts de Ardennes, suivis par la vallée de la Chiers. Ensuite la ligne de défense occupe la crête de la suite de collines entre Margut et Montmédy pour se repositionner ensuite derrière la Chiers jusqu'à Longuyon. Malgré ces obstacles naturels, le terrain est relativement propice à une offensive de front, ce qui justifie un renforcement de la ligne fortifiée au niveau de l'ensemble du SF.




Organisation


Le Secteur Fortifié de Montmédy est commandé par le Gal de Brigade Maurice Alphonse Alfred BURTAIRE . Son état-major est organisé de façon suivante :


- Chef d'état-major : Chef de Bataillon GEORGIN

- Commandant de l'infanterie de secteur : à partir du 10 Juin 1940 : LENZ (grade inconnu) puis après le 12 Juin, Col CULOT
- Commandant de l'artillerie du secteur : Lt-Col VIGNERON, puis CE BELLUT puis (11 Juin 1940) Col VINCENS BONGUEREAU

Le secteur est organisé en 4 sous-secteurs à partir de février 1940. D'Ouest en Est on trouve:

- Le sous-secteur de Sedan: de Pont-à-Bar à Petit-Rémilly
- Le sous-secteur de Mouzon : de Petit-Rémilly à Villy (exclus)
- Le sous-secteur de Montmédy (ou TPM - Tête de Pont de Montmédy), de Villy (inclus) à l'Est de Velosnes.
- Le sous-secteur de Marville: de l'est immédiat de Velosnes à Noërs.



Unités Organiques du SF :


Infanterie
- 147° RIF (Régiment d'Infanterie de Forteresse) : Col PINARD
- 136° RIF : Lt-Col VINSON
- 155° RIF : Col CULOT puis (12 Juin 1940) Lt-Col DUPEUX
- 132° RIF : Lt-Col BLANCHET

Artillerie
- I/169° RAP (Régiment d'Artillerie de Position) : CE PERRY, à 6 batteries de 105mm L Mle 1913, une batterie de 120mm L de Bange et deux de 155mm L Mle 1918.
- 99° RAMF (ou RAF selon les sources. RAMF : Régiment d'Artillerie Mobile de Forteresse) : Lt-Col COLLIN > Mai 1940 > CE VAN DER VYNCKT avec 2 groupes de 3 batteries de 75mm Mle 1897 hippomobiles.

Ces unités de forteresse sont renforcées ou servies par les unités suivantes:
- 4° BM (Bataillon de Mitrailleurs)

- Génie : 211/1 Bataillon de sapeurs-mineurs de forteresse
- Transmissions : 211/81 et 211/82 (compagnies de télégraphie et radio respectivement)
- Train : 241/2 compagnie automobile
- Intendance : Groupe d'exploitation de SF n°9
- Santé : Groupe sanitaire de SF n°9
- Instruction : Centre d'Instruction de Forteresse n°211 et 21° Bon/155° RIF


Unités de Renforcement


Comme ailleurs, le SFMO a connu une suite d'unités de renforcement au gré des mouvements et relèves. Au 10 Mai 1940, la structure des grandes unités associées au SFMO est la suivante:

Les quatre sous-secteurs du SFMO dépendent de la 2° Armée (10° et 18° Corps d'Armée de gauche à droite). On trouve ainsi d'Ouest en Est:


- La 55° DI (Gal Henri LAFONTAINE) dans le sous-secteur de Sedan
- La 71° DI (Gal de Brigade Joseph BAUDET) > 4 Avril 1940 > 3° DINA (Gal Edouard CHAPOUILLY) dans le sous-secteur de Mouzon
Ces deux unités appartiennent au 10° CA.
- La 3° DIC (Division d'infanterie Coloniale - Gal Maurice FALVY) dans la TPM, le sous-secteur de Montmédy, et enfin
- La 41° DI (Gal Eugène BRIDOUX) dans le sous-secteur de Marville.
Ces deux dernières unités appartiennent au 18° CA.


Organisation du SF de Montmédy



Organisation du SFMO




Historique


La région entre Sedan et Longuyon n'est pas fortifiée jusqu'en 1934. Elle fait partie de la portion de frontière que la CDF - et la CORF ensuite - ne considère fortifier qu'en cas de conflit au travers d'éléments de campagne.

Début 1934, alors que les crédits "Nouveaux Fronts" sont en préparation, la CORF propose cependant un projet de front continu entre Velosnes et Vaux les Mouzon. La nécessité d'apurer les comptes de la première vague de travaux CORF (1929-1933) fait que le niveau de crédit disponible pour cette tête de pont de Montmédy (TPM) est ramené à 150 MF. Le projet initial comprenant 4 gros ouvrages (Vaux les Mouzon, Le Chesnois, Thonnelle, Velosnes), deux petits ouvrages (La ferté et Sapogne) ainsi que 22 casemates se voit réduit à 2 GO (Le Chesnois et Velosnes), 2 PO (La Ferté et Thonnelle) et 12 casemates. Disparaissent ainsi des cartons issus des projets initiaux de 1932, les ouvrages de VAUX les MOUZON et SAPOGNE (remplacé par une casemate). L'ouvrage de THONELLE se limite aux blocs d'infanterie.

L'accroissement des tensions avec l'Allemagne suite à son réarmement, la décision de neutralité Belge fin 1936 et le référendum de la Sarre entrainent entre 1936 et 1938 l'accélération des travaux sur la base cette fois-ci de blocs de conception locale (blockhaus type Barbeyrac - 2° RM) construits par la main d'oeuvre militaire (MOM) pour des questions d'économies. Une ligne continue de ces constructions est ainsi progressivement établie jusque mi-1939 pour concrétiser une ligne continue de défense incluant les constructions CORF précédentes. En 1937 on procède aussi à la construction de 8 casemates STG pour canon de 75mm Mle 1897/1933 et 13 maisons fortes type Ardennes le long de la frontière sur les voies pénétrantes.

A partir de 1938, l'EM s'attache à donner de la profondeur au dispositif, en établissant des lignes d'arrêt successives, et en lançant à partir de 1939 la construction de gros blocs FCR, pour la plupart inachevés en Mai 1940. A cette même époque, une dernière casemate STG, pour 2 canons de 75mm, est finalement coulée à la HIGNY dans le sous-secteur de Marville.

Le SF de Montmédy est créé le 22 Aout 1939 et mis sous les ordres de Col Maurice BURTAIRE. Au début de la mobilisation, le 30 Aout, le SFMO à peine créé perd ses deux sous-secteurs Nord (Sedan) et Centre (Mouzon), qui passent sous la responsabilité des grandes unités du 21° Corps d'Armée, respectivement la 3° DC (Division de Cavalerie - Gal Robert PETIET) et la 4° DINA (Division d'Infanterie Nord-Africaine - Gal Charles SANCELME). Le Colonel BURTAIRE garde donc uniquement le commandement de la TPM, en rattachement direct à la 2° Armée. Le SFMO est donc virtuellement dispersé. BURTAIRE est ensuite nommé général de brigade le 9 Septembre 1939.

12-20 Octobre 1939 : nouvelle réorganisation, les 10° et 18° CA de la 2° Armée s'installent sur le front du secteur. Les 10° couvre la partie Ouest (secteurs Sedan et Mouzon) et le 18° couvre la TPM, qui est séparée en deux sous-secteurs : Tête de Pont de Montmédy Ouest et Est. Le Gal BURTAIRE perd son commandement opérationnel pour devenir l'adjoint du commandant du 10° CA (Gal GRANSARD), situation de courte durée car il reprend le commandement du sous-secteur TPM Ouest. Les unités de renforcement sont, de gauche à droite, la 55° DI, la 71° DI et la 7° DIC. Cette dernière est relevée par la 3° DIC le 29 Novembre.

Au même moment, les constructions de blockhaus s'accélèrent, sur la base de plans-types définis par les unités locales (blocs "Billotte" ou "Huntziger") coulés par les unités de forteresse installées dans les sous-secteurs.

En fin décembre 1939, la limite avec le SFC et la frontière entre 2° et 3° Armée sont modifiées en conséquence de l'insertion dans le Nord de la 7e Armée et du BEF. Le transfert du sous-secteur de Marville (20° DI) du SFC vers le SFMO intervient ainsi au moment de la réorganisation du front du Nord-Est. Au mois de janvier 1940, la 41° DI (18° CA) reléve la 20° DI en renforcement du sous-secteur de Marville.

L'analyse de la ligne principale de résistance fait apparaître la fragilité des fortifications du méandre de la Meuse à Sedan (nommé "champignon de Glaire et Vilette"). Le 10° CA prend donc la décision de renforcer cette zone à partir de fin février 1940 par la construction d'une bretelle fortifiée entre Bellevue et Wadelincourt, au col du méandre. Cette position est inachevée en Mai 1940. Une ligne d'avant-postes est également envisagée en avant de Sedan pour protéger la ville, mais elle ne sera pas réalisée du fait du manque de personnel pour l'occuper.

Dans la même logique de renforcement, la CEZF (Commission d'Etude des Zones Fortifiées) lance la conception et la construction d'une double ligne de gros blockhaus STG à 20 kilomètres en arrière de la LPR. Du fait de l'hiver très rigoureux, cette ligne prendra du retard et ne sera que très partiellement construite : 16 blocs sont coulés (mais non équipés) et une dizaine à peine entamés, pour plus de 40 de prévus.

16 Février 1940 : le SF de Montmédy est recréé, sous commandement du Gal Henri BURTAIRE , qui passe en outre adjoint technique du commandant de la 2° Armée (Gal Charles HUNTZIGER). Sa structure finale à quatre sous-secteurs est décrite au chapitre Organisation.

Avril 1940 : la 71° DI quitte le secteur de Mouzon pour être mise en réserve d'Armée. Elle est relevée par la 3° DINA.


Historique des combats de Mai-Juin 1940


- 10 Mai 1940 : l'alerte est donnée dés 5h20 du matin, à l'entrée des troupes allemandes en Belgique. Les 2° et 5° DLC (2° Armée), ainsi que la 1° BC entrent à leur tour en Belgique pour se porter en avant des envahisseurs sur une ligne Signeulx-Etalle-Neufchâteau (2° DLC) et Neufchâteau-St Hubert (5° DLC). Pendant ce temps, des bombardements importants ont lieu sur l'ouest du secteur (Sedan). Rapidement, la 2° DLC a la mauvaise surprise de se heurter de front à la 10° Pz.D avant d'atteindre sa ligne prévue. Plus au nord, les 5° DLC et 1° BC arrivent au contact du reste du XIX° Armee Korps (mot) du Gal Guderian (1° et 2° Pz.D), appartenant au PanzerGruppe Kleist, qui a été ralenti par la défense acharnée des Chasseurs Ardennais belges. Commence alors un combat inégal de retardement durant lequel les troupes françaises et belges entament un repli accompagné de destructions de ponts.

- 11 Mai 1940 : toujours beaucoup de bombardements sur les lignes fortifiées de l'ouest du secteur, ainsi que sur les voies de communication. Les 2° et 5° DLC se replient sur la Semois dont les ponts sont dynamités. Dans la soirée, les différentes unités françaises avancées rentrent en France sous la pression de la 16° Armee allemande. Dans la nuit suivante, la 1° Pz.D arrive à créer une tête de pont de l'autre côté de la Semois, à Mouzaive et Alle, prenant la 3° B Spahis et la 5° DLC par le flanc.

- 12 Mai 1940 : le pont de Bouillon est pris intact par les allemands et les blindés se répandent au sud de la Semois vers Saint Menge et Sedan. La 5° DLC poursuit son repli sur les maisons fortes de la frontière, de MF-10 à MF-13, qui sont prises après un court combat. La 2° DLC et la 1° BC de leur côté rentrent en France aussi, plus à l'Est. Dans la soirée, les ennemis arrivent sur Sedan, dont l'avancée est évacuée. Les ponts de la Meuse et la Chiers situés en avant de la LPR sautent dans la soirée alors que la 71° DI, qui était à l'entrainement en arrière à Bulson-Vendresse, monte au front pour s'insérer entre la 55° DI et la 3° DINA. Ceci a pour conséquence la désorganisation des unités au front et l'éloignement de la zone d'attaque de cette dernière division, pourtant d'excellente qualité et mieux équipée.

- 13 Mai 1940 - la percée : A l'inverse de ce qu'attend l'EM français, les troupes d'infanterie des Panzer Division allemandes et le Régiment "Grossdeutschland" traversent la Meuse à Glaire, Wadelincourt et Donchery sans prendre le temps du regroupement des unités de soutien. La 55° DI du Gal LAFONTAINE, unité de réservistes âgés et dont l'équipement est incomplet, est enfoncée rapidement. Les blockhaus du front de Meuse à Sedan tombent les uns après les autres ou sont pris de revers. Au même moment, tout le SFMO est bombardé par l'aviation. Un mouvement de panique déclenché par un rapport mal interprété entraine le repli précipité de l'essentiel de l'artillerie française de soutien, ajoutant à la désorganisation d'ensemble. Le 13 au soir, la totalité des blocs de berge de la Meuse sont tombés entre Donchery et Wadelincourt, Fresnois est pris et la tête de pont est solide. La ligne de défense est largement entamée.

Plus au Nord, la Meuse est percée au même moment à Dinant et Givet. La tête de pont de Monthermé vient de se former mais reste sous contrôle.

- 14 Mai 1940 - journée décisive : De façon assez inattendue (et perturbante), le PC de la 2° Armée couvrant les défenses de Sedan est déplacé par le Gal HUNTZINGER dans la nuit du 13 au 14 de Senuc au fort de Landrecourt (Verdun). Au matin du 14 Mai, les blindés des 1°, 2° et 10° Pz.D. commencent à traverser la Meuse autour de Sedan sur des ponts provisoires. Les 55° et 71° DI refluent vers le Sud, perdant le contact avec la 101° DIF au Nord (9° Armée). Une contre-attaque de blindés français est arrêtée à Bulson alors que les restes du 147° RIF et du 99° RAMF se replient avec la 55° DI. Dans la soirée, le canal des Ardennes est franchi sur des ponts intacts à Omicourt et Chémery, à l'ouest de Bulson. La 2° PzD longe la rive gauche de la Meuse et atteint Dom le Mesnil puis Flize. Les deux divisions françaises broyées tentent de se rétablir au Sud de Bulson, entre Raucourt et Stonne, entrainant dans leur repli la 3° DINA et le 136° RIF à droite.

Au nord, la 9° Armée est elle aussi en train d'entamer son repli en catastrophe, prise en tenaille par la percée de Dinant-Givet, et celle de Sedan. Ce repli entraine en conséquence celui du BEF et de la 1° Armée. Le GA n°1 a entamé son s'effondrement.

- 15 Mai 1940 : le sous-secteur de Sedan a fini d'exister, et celui de Mouzon est largement entamé par le repli sur ordre de la 3° DINA et du 136° RIF vers le Sud. La ligne de défense s'établit maintenant sur la bretelle Stonne-Inor-La Ferté. La 71° ID (16° Armee) franchit la Chiers à Blagny, quelques kilomètres au Nord de Villy puis se dirige vers le village et l'ouvrage de la FERTE. Le village, fortement défendu par le 23° RIC (3° DIC), tient victorieusement contre l'attaque qui est stoppée là avec l'aide de l'ouvrage et de la casemate de 75 mm de VILLY-Nord.

A l'ouest la percée est consommée, et Mézières tombe dans la journée. Les combats font rage à Stonne, où la 3° DCr (21° CA, alors en réserve du GQG avec la 3° DIM) tente une contre-attaque pour percer le flanc de la poche allemande tenu par la 10° PzD, les 16° et 24° ID et l'IR "GD" - sans succés. Durant les 10 jours suivants, le village de Stonne changera 17 fois de main et à force de combats cette division cuirassée perdra progressivement ses équipements et sa valeur.

- 16 Mai 1940 : Inor ainsi que les collines autour de Malandry tombent aux mains allemandes alors que le village de Villy sur Chiers ainsi que l'ouvrage de la FERTE sont bombardés mais tiennent toujours. L'ensemble de la ligne de défense de la TPM est maintenant au contacts des allemands. Les ponts de Stenay sont détruits dans la journée.

- 17 Mai 1940 : le village de Villy puis l'ouvrage de la FERTE sont attaqués à nouveau par la 71° ID allemande alors que l'ensemble de la TPM est pris à partie par des bombardements et tirs d'artillerie directs. Les casemates de MARGUT, MOIRY, SAINTE MARIE et les ouvrages du CHESNOIS et de THONNELLE sont directement visés.

- 18 Mai 1940 : Le village de Villy tombe le 18 dans l'après-midi, ouvrant la voie vers l'ouvrage. Dans la journée des troupes de la 6° DI appuyées par des chars B1bis de la 3° DCr essaient de dégager l'ouvrage et le village sans succès. Après 4 jours de combat, dans la nuit du 18 au 19, l'ouvrage de la FERTE chute, entrainant la perte de tout son équipage sans que la 3° DIC ne puisse l'empêcher.

- 19 Mai - 2 Juin 1940 : la 6° DINA relève les 3° DINA qui relève la 41° DI dans le sous-secteur de Marville. Le front dans ce qui reste du SFMO est réorganisé. la période marque une suite de combats de harcèlement sur la bretelle d'Inor et la TPM. Les 147° RIF et 99° RAMF sont reformés à Verdun.

Ailleurs : les allemands ont atteint la Manche dés le 20 Mai. Le GA n°1, encerclé, agonise progressivement jusqu'à la chute de la poche de Dunkerque le 4 Juin 1940. Le Gal GAMELIN est limogé le 19 Mai et le Gal WEYGAND, qui le remplace, ne peut que tenter de rétablir une ligne d'unités disparates le long du nouveau front entre la Somme et le sud de Stenay dans la Meuse. En un peu plus de trois semaines, le Groupe d'Armées n°1 a disparu, les belges on capitulé, et 1,5 millions de soldats alliés sont fait prisonniers.

Pendant ce temps-là, la ligne Maginot et le sud du SFMO sont toujours tenus.

- 8 Juin 1940 : création de la Division Légère BURTAIRE (DLB), relevant la 3° DIC dans la TPM et intégrant les parties restantes des 136° et 155° RIF, le 311° RAL et quelques batteries rescapées du 169° RAP. Le 18° Corps d'Armée couvre alors 3 sous-secteurs (de gauche à droite) :

- Sous-secteur d'Inor, tenu par la 6° DINA
- Sous-secteur de Montmédy (ex-TPM), tenu par la DLB
- Sous-secteur de Velosnes (ex-Marville) tenu par la 3° DINA et le 132° RIF.


Ailleurs : les allemands se sont regroupés face à la ligne Weygand, qui est percée dans la Somme les 6 et 7 Juin, puis dans l'Aisne. Le front défensif français tente de se repositionner sur la Seine, qui est pourtant franchie le 9 Juin aux Andelys/Vernon et vers Rouen. Paris est à portée des allemands.

- 10 Juin 1940 : nouvelle réorganisation. La 3° DINA quitte le sous-secteur de Velosnes, dont une partie droite (Quartier Bazeilles) est transférée à la DLB. La partie gauche reste sous contrôle du seul 132° RIF, renforcé des I et III/313° RA et II/145° RAL (Groupement BLANCHET).

Ailleurs : le front français est percé dans l'Aisne, à l'Est de Paris. l'Italie déclare la guerre à la France.

- 11 Juin 1940 : la situation à l'Ouest, entre Seine et Marne, pose inéluctablement la question des unités de l'Est de la France, très avancées en saillant, et en particulier du SFMO. L'ordre est donné à la 2° Armée et son 18° CA de se replier sur une ligne de défense plus au sud, au niveau de la ligne CEZF (Halle-sou-les-Côtes à Mangiennes). Les casemates à l'ouest de l'ouvrage du CHESNOIS sont évacuées le 11 au soir. Les équipages de casemates et ouvrages restants de la TPM auront jusqu'au 13 Juin une mission de couverture de ce repli.

- 12 Juin 1940 : La 2° Armée débute sa retraite, incluant l'évacuation des tous les blockhaus du SFMO jusqu'à Longuyon. A minuit dans la nuit du 12 au 13 Juin, les ouvrages et casemates de la TPM sont évacués à leur tour, après sabotage de ce qui peut l'être. La DLB décroche, accompagnée de la 6° DINA en couverture du repli du gros de l'armée.

Le SFMO a cessé d'exister en tant que ligne homogène de fortification et défense. Les troupes qui l'occupaient vont maintenant retraiter dans des conditions difficiles et être pour la plupart capturées.

- 13-21 Juin 1940 : La DLB de replie en direction de Verdun en combattant en arrière garde. Samogneux est atteint le 13 au soir, puis des combats de retardement ont lieu autour de Verdun le 14, au même moment que la chute de Paris. Le 14 Juin, l'ennemi attaque dans la Sarre et franchit le Rhin. Le 15, Verdun tombe. Tout un symbole. Au même moment, les allemands, qui ont percé dans la Marne et ne trouvent plus rien face à eux, descendent à grande allure vers le Jura piégeant l'ensemble des armées de l'Est le 17 Juin. Les 16 et 17, la DLB poursuit sa descente vers le Sud en se défendant de l'Ouest, pour atteindre Gironville et le nord de Toul. Elle combat ensuite autour de Toul les 18 et 19 Juin puis est repoussée plein Est vers Ochey-Allain le 20. Le 21 au soir et le 22, les éléments épars de la DLB se rendent avec le reste du groupement DUBUISSON encerclé dans la région de Selaincourt-Goviller, à 25 kilomètres au Sud-ouest de Nancy.



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Documents



Réseau téléphonique extérieur du secteur de Montmedy
Plan du réseau avec capacité des nappes constituées et détails de l'aménagement des chambres de coupure Auteur : Génie
Document 47665 disponible en ligne (2.1 Mo)
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