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Secteur Fortifié de Haguenau

(SFH)



Le Secteur Fortifié de HAGUENAU est le secteur droit de la Région Fortifiée de la Lauter . Il est situé entre le SF des Vosges et celui du Bas-Rhin. Il s'étend d'une ligne Weidelsberg-Goersdorff-Woerth-Gundershoffen (Est de Lembach - limite commune avec le SF des VOSGES ) jusqu'à une ligne entre le Sud-Est de Stattmatten et la station de Schirrhein au sud (limite commune avec le SF du BAS-RHIN .

Le SF s'appuie à gauche sur les contreforts des Vosges et à droite sur le cours du Rhin. Entre les deux, il affecte la forme d'un vaste arc de cercle englobant la trouée de Wissembourg et la forêt de Haguenau. La ville de Haguenau représente peu ou prou le centre de cet arc de cercle.

Ce secteur fortifié, pour ce qui concerne les réalisations de la CORF, présente un profil relativement hétérogène, avec un tiers gauche de grande puissance, incluant deux importants ouvrages d'artillerie, et les deux tiers droits uniquement constitués d'une ligne de casemates avec quelques abris et observatoires. A ceci se rajoutent quelques casemates et abris sur la berge du Rhin, assurant la protection des points de passage potentiels en avant de la LPR. Au total, il a donc été réalisé:


- 2 gros ouvrages d'artillerie, le HOCHWALD et le SCHOENENBOURG. L'ouvrage du HOCHWALD et ses annexes (casemates, observatoire, Réduit en construction) constituent l'ensemble fortifié le plus vaste de toute la ligne Maginot.
- 54 casemates, incluant les 9 du fossé du HOCHWALD et les 7 défendant les berges du Rhin entre PONT de SELTZ et FORT-LOUIS.
- 3 observatoires cuirassés, dont celui du HAUT-AVANT au dessus du HOCHWALD
- 15 abris, dont 3 en soutien de la défense de la berge du Rhin.


Au plus près de la frontière nord, on trouve une suite de postes frontière GRM (Garde Républicaine Mobile) destinés à bloquer les axes pénétrants. Entre les postes frontière et la Ligne Principale de Résistance se situe une ligne d'avant-postes en arrière du cours de l'Hausauerbach, se poursuivant entre Seebach et Niederroedern puis longeant la lisière nord de la forêt de Haguenau jusqu'à Seltz et au Rhin. Cette dernière partie reprend approximativement le tracé de la LPR initialement envisagée dans les plans de 1927 et abandonné ensuite.

La forêt de Haguenau est défendue par de nombreux points d'appuis fermés, placés aux lisières et aux croisements principaux des routes ou pistes forestières.

Une ligne d'arrêt à base de gros blockhaus STG était en constitution en 1939-40, 4 à 5 kilomètres en arrière de la LPR, entre les Vosges et la forêt de Haguenau. Cette ligne se poursuit partiellement le long de la lisière sud-est de la forêt, entre Soufflenheim et Schirrhein.

Ici comme ailleurs ces fortifications sont servies et appuyées par un ensemble d'infrastructures de support : casernements (5), dépôts, réseaux électrique, téléphonique, routier et ferroviaire dédiés.

Le SF de HAGUENAU n'a pas d'insigne ni de devise connus.




Commandement et Organisation


Le SF de HAGUENAU est successivement commandé par le Gal Louis Ernest GILLIER jusqu'au 12 Mars 1940, puis par le Col Lucien REGARD (ex commandant de l'infanterie du SF des VOSGES), et enfin par le Lt-Col Fernand Jacques SCHWARTZ qui prend le commandement des troupes de forteresse restant sur place au départ des unités le 14 juin 1940 et ce jusqu'à la dissolution du SF.

Le PC du secteur fortifié est initialement au casernement de Haguenau. Dés le 22 Aout 1939 il se déplace au chateau de WALBOURG (source : GUF-Tome 3), où il demeure jusqu'au 15 juin 1940. Le départ des troupes d'intervalle et l'arrivée des allemands par la plaine d'Alsace entraine un déplacement final du PC vers Pfaffenhoffen puis directement à l'ouvrage du HOCHWALD dés le lendemain 16 juin. D'autres sources ("Hommes et Ouvrages..." - tome 3) semblent indiquer que le PC du SF était en fait localisé à REIMERSWILLER .

- Chef d'Etat-Major : Cdt LAHERRE, puis Lt-Col Fernand Jacques SCHWARTZ du 14 Mai 1940 au 14 Juin 1940.
- Commandant de l'ID : Col SENSELME, puis Lt-Col MALGRAS à partir du 10 Avril 1940 au transfert du Col SENSELME vers le SF des VOSGES.
- Commandant de l'AD : Col PRESTAT puis Lt-Col MALGRAS du 20 Novembre 1939 au 10 Avril 1940.
- Commandant du Génie : Cdt COLSON.

Comme cela a été souvent le cas, le SF de HAUGUENAU a connu une structure variable en fonction des événements et réorganisations du front. A la mobilisation, il comporte 4 sous-secteurs (d'Ouest en Est : Pechelbronn, Hoffen, Soufflenheim, Sessenheim).


Organisation de l'infanterie au 01 Septembre 1939


Sous-secteur de PECHELBRONN


- 22° RIF (Régiment d'Infanterie de Forteresse) à deux bataillons de mitrailleurs et deux CEO/CEC, commandé par le Lt-Col René LEMAI puis par le CB Jules FAVRE après le 28 Mai 1940, PC à MEMMELSHOFFEN .

A partir du 13 Juin 1940 à 19h, le commandement du sous-secteur est pris par la Lt-Col MICONNET au départ de la 44° DBCP (70° DI).


Sous-secteur de HOFFEN


- 79° RIF à trois bataillons de mitrailleurs et deux CEC, commandé par le Lt-Col Charles RETHORE, PC à KUHLENDORF .


Sous-secteur de SOUFFLENHEIM


- 23° RIF à deux bataillons de mitrailleurs et deux CEC, commandé par le Lt-Col M. LEFEVRE, PC à SOUFFLENHEIM .


Sous-secteur de SESSENHEIM


- 68° RIF à trois bataillons de mitrailleurs et deux CEC, commandé par le Lt-Col E. BLANLOEIL, PC à ?


Grandes unités de renforcement


Dés le 25 septembre 1939, le SF de HAGUENAU est rattaché au 12° Corps d'Armée (CA) de la 5° Armée. On assiste alors comme dans les autres SF à la rotation des grandes unités de renforcement. On peut schématiser cette succession de la façon suivante :


Renforcement SFH




Organisation de l'artillerie et des services support au 01 Septembre 1939


Artillerie


L'artillerie organique du secteur est composée des :

- 156° RAP, commandé par le Lt-Col R. DUVAL, composé de 2 groupes de deux batteries administratives chaque (8 batteries fonctionnelles au total, allant du 75mm au 155mm L18). Le 1er groupe est associé au sous-secteur de PECHELBRONN et le 2e au sous-secteur de SESSENHEIM. A ceci se rajoute le GAF n°3 (CE RODOLPHE) qui supervise l'artillerie des ouvrages de HOCHWALD et SCHOENENBOURG ainsi que deux batteries de 120mm L positionnées sur les dessus des ouvrages.

- 69° RAMF, commandé par le Lt-Col MALGRAS, puis le Lt-Col Philippe CRUSE à partir du 20 Mai 1940, à trois groupes d'artillerie mobile tractée (2 de 75mm - 1er et 2ème groupes - et un de 155mm C - 3ème groupe). Le groupe de 155mm et le 2ème groupe de 75mm sont en appui du sous-secteur de HOFFEN, le 1er groupe de 75mm est en appui du sous-secteur de SOUFFLENHEIM.


Génie et support


- 206° Bataillon du Génie
- VI/400° Régiment de Pionniers

- Transmissions : 206/81 et 206/82 Cies télégraphique et radio de forteresse.
- Train : Cie de QG type A et 236/20 Cie auto de SF.
- Intendance : 156/23 - Service de subsistances de SF n° 6.
- Santé : 156° groupe sanitaire de SF
- Centre d'instruction du SF de HAGUENAU, XXI/23° RIF.
- Forces aériennes : 296° Cie d'aérostation de ligne et Poste de sondage 306/121.


Evolutions successives


Après rattachement du SF au 12° CA (Corps d'Armée) le 10 octobre 1939, le SF de Haguenau récupère le sous-secteur de Langensoultzbach (Vosges) - qui retourne au SF des Vosges le 19 Octobre - mais perd le contrôle direct des RIF qui sont rattachés au divisions de renforcement du 12° CA. Le commandement de SF n'a plus qu'un rôle administratif et les unités spécialisées de forteresse sont encadrées par des grandes unités de campagne peu au fait de leurs spécificités.

Le changement majeur suivant intervient lors de la grande réorganisation des SF de Mars 1940. Le SF de HAGUENAU récupère ainsi le 3 Mars 1940 dans son périmètre le sous-secteur de Herrlisheim (ex SF du BAS-RHIN) avec le 70° RIF commandé par le Lt-Col SCHWARTZ. L'encadrement général du SF est renforcé en conséquence (type Nord-Est renforcé).

Le 15 Avril 1940, le secteur fortifié est séparé en 2 secteurs principaux et un sous-secteur :
- le secteur de Pechelbronn qui couvre les anciens sous-secteurs de Pechelbronn et Hoffen (22° et 79° RIF), sous supervision de la 35° puis 70° DI (12° CA)
- le secteur de la Forêt, qui couvre les anciens sous-secteurs de Soufflenheim, Langensoultzbach (23° et 68° RIF), sous supervision de la 16° DI (12° CA)
- le sous-secteur de Herrlisheim (70° RIF), dépendant directement du SF de HAGUENAU.

Entre le 23 et le 28 Mai 1940, les différents sous-secteurs et troupes correspondantes reviennent - enfin - sous contrôle du commandement du SF, mais celui-ci n'est plus rattaché au 12° CA, mais directement à la 70° DI. Il comporte de fait deux secteurs principaux (Pechelbronn et Forêt) par rattachement du sous-secteur de Herrlisheim au secteur de la Forêt.

- Secteur Pechelbronn : 22° et 79° RIF, II et III/69° RAMF, I/156° RAP
- Secteur Forêt : 23°, 68° et 70° RIF, I/69° RAMF, II et III/156° RAP
... le tout soutenu par des élément de la 70° DI (44° DBCP, III/223° RI, 68° et 268° RA).

Les choses restent en l'état jusqu'à la formation de la Division de Marche REGARD le 13 Juin au soir. Suite au départ des troupes d'intervalle et d'une bonne partie des troupes de forteresse, ce qui reste sur place de SF passe sous les ordres du Lt-Col SCHWARTZ le 14 Juin 1940, dont une des premières décisions est de revenir à l'organisation en sous-secteurs de septembre 1939. La boucle est bouclée, mais les ajustements ne sont pas encore achevés.

Le dernier en date sera le rattachement de la partie LEMBACH-FOUR à CHAUX (7° CEO) de l'ex-SF des VOSGES au SF de HAGUENAU le 21 juin 1940. Cette décision s'impose logiquement du fait de la coupure en deux du SF des VOSGES suite à la percée allemande du 19 Juin sur Gunsthal et la Verrerie : il ne faisait plus de sens de faire dépendre deux ouvrages proches et tactiquement dépendant du HOCHWALD d'un commandement de SF placé vers Bitche et séparé par l'ennemi.




Historique


Dés les travaux de la CDT (Commission de Défense du Territoire) en 1922-23, la nécessité de défendre la trouée entre Vosges et Rhin s'impose, créant ainsi le concept de Région Fortifiée de la Lauter. La genèse du SF de HAGUENAU remonte aux travaux initiaux de la CDF (Commission de Défense des Frontières) en 1926, qui préconise une fortification entre Hochwald et Rhin continue et parallèle à la frontière Nord de l'Alsace. Ce schéma est validé par le Conseil Supérieur de la Guerre (CSG) en début Janvier 1927.

Hormis les débats agités sur la forme que doit prendre la nouvelle fortification, le tracé lui-même soulève question. La reconnaissance de terrain effectuée en été 1927 par le Mal PETAIN avec le Gal CULMANN va entrainer des modifications notables, avec - pour ce qui concerne le futur SF de HAGUENAU - la suppression du saillant de Mothern constitué par le tracé de 1926. En alternative, le Mal PETAIN fait valider un tracé en arc de cercle autour de Haguenau avec raccordement de la LPR au Rhin à Fort-Louis.

La CORF est créée le 27 Septembre 1927 et le tracé général est validé en Décembre 1927. Les premières directives sont données aux délégations locales du Génie (Strasbourg) au même moment pour lancer les travaux prioritaires dés 1928. Le rapport ORF 120 du 12 Mars 1928 précise les choses. En particulier, en RF de la LAUTER la première urgence du premier cycle prévoit la fortification puissante de la section Lembach-forêt de Haguenau. Mi-décembre 1928, les premiers projets concernant l'ensemble du HOCHWALD sont produits, et examinés lors de la 14° rencontre de la CORF du 21 Décembre 1928 puis à nouveau après modification en février 1929. L'ouvrage prévu à BREMMELBACH est examiné à son tour en Septembre 1929. La loi de programmation du 12 Janvier 1930 (loi "MAGINOT") prévoit le déblocage d'un crédit de 836 Mio de Francs pour la RF de la LAUTER (60% de ce qui est prévu en RFM), mais les travaux ont déjà débuté, en particulier au HOCHWALD.

L'inflation et la sous-estimation initiale des coûts de construction entrainent un dépassement de budget de 18% dés fin 1930 et génèrent des ajournements dés cette période. La deuxième tranche de travaux, lancée à partir de 1931, si elle intègre bien le renforcement du SF de HAGUENAU de SCHOENENBOURG au Rhin, se traduit par le remplacement de 5 ouvrages (les GO de OBERROEDERN et KAUFFENHEIM et les PO de HUNSPACH, HOFFEN et AUENHEIM) par une simple ligne continue de casemates. L'ouvrage de BREMMELBACH, pourtant largement entamé incluant sa galerie profonde, est laissé en plan et transformé en couple de casemates. La loi programme de 1934 (loi "Nouveaux Fronts") ne changera rien à la donne dans ce secteur, si ce n'est via la prise en charge des déficits hérités des travaux précédents. L'ouvrage de HOFFEN fut entamé aussi : les casemates CORF du BOIS de HOFFEN Ouest et Est sont en fait deux blocs d'infanterie de ce PO, pour lesquels les puits de descente vers les galeries profondes - non réalisées - ont été creusés. Quelques travaux préliminaires de l'ouvrage de OBERROEDERN ont été réalisés, sans suite.

C'est toutefois à partir de 1935 que les travaux d'infrastructure sont lancés, au travers de la construction d'un réseau antichar continu, de grands casernements de sûreté de temps de paix, de dépôts, de routes et voies ferrées de 0,60m, etc. Le changement de stratégie de fortification à partir de 1935, avec passage à un front continu constitué par de petits blocs construits par la Main d'Oeuvre Militaire (MOM). Le SF de HAGUENAU ne fait pas dérogation et voit la multiplication des "petits bétons" plus ou moins bien planifiés et construits. Le recensement effectué par l'IGGF en Mars 1938 liste ainsi dans le Bas-Rhin 27 blockhaus, 34 emplacements de tir, 9 cuves pour canon AC de 65mm, ... Fin 1938, le Gal GAMELIN impose une standardisation de ces travaux et charge la STG de définir un catalogue de plans types à généraliser sur la base de crédits débloqués début 1939. Il est cependant trop tard car la guerre et la mobilisation fin-Aout, à début-Septembre 1939 changent la donne. A la veille de la guerre ce sont quand même 351 blocs divers STG et MOM qui renforcent les constructions CORF d'origine.

Le SF de HAGUENAU est tenu depuis 1930 par le 23° RI, qui devient le 23° RI de RF le 14 Avril 1933, avec 5 bataillons (cantonnements à Haguenau - caserne Aimé - et Oberhoffen). Le 23° RIF en est créé en Aout 1935 avec le titre de "Régiment de la Lauter" (3 bataillons + 1 recréé plus tard). Ces 4 bataillons se séparent à la mobilisation pour constituer le noyau d'active de 4 régiments de forteresse nouvellement créés, les 22°, 79°, 23° de temps de guerre, et 68° RIF.


Les combats la campagne de France


La période entre Septembre 1939 et le printemps 1940 est calme et permet aux troupes de forteresse de s'installer, de compléter les défenses et de construire une bonne centaine de blocs supplémentaires. Lors de cette même période, il convient de noter aussi la présence de trois unités d'ALVF (Artillerie Lourde sur Voie Ferrée) du 373° RALVF dans le secteur, et affectées aux épis de Kutzenhausen, Rittershoffen et Niederroedern.

Le 28 Septembre 1939, les destructions sur la Lauter sont activées, suivies le 3 octobre par celles des ponts de Seltz sur le Rhin et de la voie ferrée à Lauterbourg puis le 9 par celles devant les AP et au pont de Roppenheim.

Suivant l'invasion de la Belgique et des Pays-Bas le 10 Mai 1940, le front devant le SF HAGUENAU reste relativement calme malgré des survols de l'aviation et des bombardements d'artillerie à distance. Le 14 Mai, les allemands entrent en France et prennent la forêt du Mundat, à l'est de Wissembourg. Les éléments en contact avec la frontière se replient sur la ligne d'avant-postes Altenstadt-Seebach-Munchhausen/Mothern.

Le 16 Mai, l'ennemi poursuit sa progression vers le sud sur une ligne Wissembourg-Siegen-Munchhausen. Les duels d'artillerie avec les pièces d'ouvrages et d'intervalle s'intensifient, mais le front se stabilise sur ces positions jusqu'au 15 Juin 1940 sans événements majeurs hors coups de mains sur tel ou tel AP, aisément repoussés à chaque fois (Climbach le 16 Mai, Geisberg au sud de Wissembourg le 22 Mai).

- 12-13 Juin 1940 : devant la dégradation catastrophique dans le Nord, en région parisienne et Champagne, le GQG prend la décision de replier les unités de forteresse de la ligne Maginot et unités d'intervalle encore présentes. Ce repli se prépare en deux temps : le gros des troupes le 14 Juin, couvert par une garnison de forteresse minimale restant sur place, puis cette arrière-garde le 16 Juin. La 70° DI se retire et est placée en réserve de corps d'armée.

- 14 Juin 1940 : la division de marche REGARD est constituée avec les troupes de forteresse du SFH. L'unité a pour mission de se déplacer en train vers Chaumont en Champagne pour y bloquer là la progression ennemie. Elle est constituée du I/22° RIF, les II et III/79° RIF, le II/23° RIF, les I et II/68° RIF, le II/70° RIF, le XXI/23° RIF, et l'essentiel des 69° RAMF et 156° RAP. Le total de l'infanterie dans le SFH, qui était de 30 bataillons le 10 Mai, tombe à 5 bataillons, un par régiment de forteresse...

- 15-16 Juin 1940 :
Les unités de la DM REGARD sont regroupées et embarquées en gare de Haguenau, Walbourg et Schweighouse pendant que les éléments véhiculés prennent la route. La désorganisation des voies ferrées, les embouteillages et bombardements et les retards accumulés se traduisent rapidement par la dispersion et perte de liaison de ces divers éléments. Le 16, la DM n'a plus d'existence constituée, et les unités et trains se mettent à la disposition des commandements locaux où ils se trouvent bloqués.

Côté groupement SCHWARTZ, sur la LPR, les choses se compliquent aussi. Le 15 est en effet marqué par le franchissement victorieux du Rhin par la 7° Armee allemande au sud de Strasbourg et la percée de la Sarre par la 1° Armee. Les avant-postes de Seebach, Climbach et Trimbach sont attaqués. Trimbach tombe et les autres AP doivent se replier malgré le support de l'artillerie d'ouvrage.

- 17-18 Juin 1940 :
Unités de la DM REGARD :
Les allemands ayant dans l'intervalle atteint le Jura après avoir percé en Champagne, le retrait la mission de la DM REGARD - ou du moins des unités dispersées qui la constituait - n'est plus pertinente. Elle se retrouve bloquée comme toutes les forces de l'Est de la France.
- les 156° RAP, II/70° et II/79° RIF passent sous ordre de la 62° DI et se battent face à l'Est sur le versant alsacien et la crête des Vosges.
- les II/68° RIF et XXI/23° RIF se retrouvent à Ste Marie aux Mines avec la 103° DIF puis la 54° DI.
- les III/79°, I/68° et II/23° RIF, avec le 69° RAMF rejoignent le groupement DULUC pour se battre dans la zone Vesoul-Luxeuil-Lure face à l'Ouest.
- le I/22° RIF, isolé car parti en avance, se replie sur Belfort et prend place pour défendre Héricourt face à l'Ouest. Le bataillon combattra vaillamment avant d'y être capturé.

Groupement SCHWARTZ : les AP du Hausauerbach tiennent bien contre l'adversaire. Côté Est, la situation est moins favorable car les allemands s'approchent de la LPR. Le PA de Kubelmuhle, entre Buhl et Niederroedern, est pris.
Côté sud le 18 Juin, le SF du BAS-RHIN est évacué par ses troupes qui se replient vers l'Ouest, sans prévenir le SFH, laissant le 70° RIF sans liaison droite. Les éléments subsistant du 70° RIF (sous-secteur de HERRLISHEIM) quittent le Rhin et se positionnent alors face le Sud entre Schirrhein, Soufflenheim et Fort-Louis, à la lisière sud de la forêt de Haguenau.

- 19 Juin 1940 :
Groupement SCHWARTZ : La 215 ID allemande attaque de front le SF des VOSGES entre Windstein et La Verrerie, et perce sans mal la fine ligne de blockhaus sans troupes d'intervalle et protégée tant bien que mal par l'ouvrage du FOUR à CHAUX. Le soir, le division fait sa jonction avec les troupes de la 1° Armee arrivant de Saverne et de la Sarre, et entre dans Woerth puis Haguenau. La 246 ID s'engouffre dans la brèche et remonte sur l'arrière de la LPR par Merckwiller vers Soultz. Les ouvrages sont bombardés sans discontinuer par l'artillerie de campagne allemande et doivent répondre à des attaques aériennes.

Au même moment Strasbourg est occupé par l'ennemi.

- 20 Juin 1940 :
Groupement SCHWARTZ : la journée est marquée par l'attaque en force frontale de la 246 ID vers les casemates d'ASCHBACH et d'OBERROEDERN. Pourtant dotée de moyens importants, cette attaque se solde par un échec sanglant du fait de la protection de l'artillerie d'ouvrage, à peine gênée par les tirs d'artillerie et bombardements allemands, et des tirs de soutien des casemates mitoyennes. Les combats s'approchent jusqu'au contact de la casemate de OBERROEDERN Nord. Côté Sud, les destructions le long de la ligne antichar arrière sont activées. Le PA de Soultz est attaqué et évacué dans la nuit. Lobsann et Retschwiller tombent. Cette même journée est celle de l'entrée en action de deux pièces lourdes allemandes, un 42cm Skoda et un 35,5cm M1 Rheinmetall-Borsig, contre l'ouvrage de SCHOENENBOURG qui subit leur action jusqu'au 23, sans avarie majeure.

- 21-24 Juin 1940 :
ex DM REGARD : les unités associées à la 62° et 54° DI se concentrent sur la crête des Vosges et sont capturées ou se rendent entre le 21 et le 23 avec les restes des 5° et 8° Armée. Plus au sud, le groupement DULUC défend une ligne Luxeuil-Lure puis est repoussé progressivement vers Faucogney puis Servance. Le groupement sera encerclé et capturé le 24-25 dans la zone col des Croix (Chateau-Lambert)-Le Thillot-Saulxures. Seul un petit nombre d'éléments dispersés parviendront à échapper à la nasse allemande et gagneront la zone libre. C'est le cas par exemple du groupement automobile du 22° RIF qui échappera de justesse à l'encerclement allemand.

Groupement SCHWARTZ : les bombardements lourds sur les ouvrages se poursuivent, mais les attaques d'infanterie se ralentissent compte tenu de l'armistice annoncé. L'ennemi se contente d'investir progressivement vers l'Est la LPR au travers de la forêt de Haguenau. Au sud, le 22, les PA de Schirrhoffen (70° RIF) et d'Hemerswiller (Est de Soultz) sont pris, et la 246 ID s'approche de Niederbetschdorf. Les 23 et 24, l'attaque se dirige vers Hatten.

- 25 Juin 1940 :
L'armistice entre en vigueur à 0h35. La zone encore tenue par les troupes du groupement SCHWARTZ représente une fine bande (quelques kilomètres autour de la LPR) entre la casemate de LEMBACH et le Rhin. Les troupes présentes refusent de se rendre sans ordres malgré les demandes de plénipotentiaires allemands.

- 30 Juin 1940 :
le Lt-Col de Souzy apporte le texte de la convention d'armistice au SFH, ainsi que les instructions du GQG concernant les troupes de forteresse encerclées et en particulier l'ordre de céder l'ensemble des installations à l'ennemi à partir du lendemain.

-1er et 2 Juillet 1940 :
Encerclées mais invaincues, ces troupes doivent rendre les armes sur ordre du GQG comme conséquence des accords d'armistice. L'évacuation et le transfert en captivité se fait en bon ordre, entre le 1er (ouvrages et éléments nord du SF) et le 2 Juillet 1940 (casemates, intervalles et partie sud-est du SF), signant la fin du SF de HAGUENAU.




Rédaction v1: Jean-Michel Jolas - février 2017
Sources : Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, Tomes 1 à 3; GUF Tome 3, La Forteresse; 200 km de béton - la ligne Maginot en Alsace; sites ATF40, lignemaginot.com; SHD, cartons dans la série 34 N xx.



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Bibliographie




Hommes et ouvrages de la ligne Maginot - Tome 1
Hommes et ouvrages de la ligne Maginot - Tome 1 - MARY Jean Yves, HOHNADEL Alain, SICARD Jacques
MARY Jean Yves, HOHNADEL Alain, SICARD Jacques - HISTOIRE & COLLECTIONS - 2000 - ISBN : 2 908 182 882 - 182 pages

Hommes et ouvrages de la ligne maginot - Tome 2
Hommes et ouvrages de la ligne maginot - Tome 2 - MARY Jean Yves, HOHNADEL Alain, SICARD Jacques
MARY Jean Yves, HOHNADEL Alain, SICARD Jacques - HISTOIRE & COLLECTIONS - 2001 - ISBN : 2 908 182 97 1 - 222 pages

Hommes et ouvrages de la ligne maginot - Tome 3
Hommes et ouvrages de la ligne maginot - Tome 3 - MARY Jean Yves, HOHNADEL Alain, SICARD Jacques
MARY Jean Yves, HOHNADEL Alain, SICARD Jacques - HISTOIRE & COLLECTIONS - 2003 - ISBN : 2 908 182 88 6 - 222 pages

La ligne Maginot en Alsace - 200 kilomètres de béton et d'acier
La ligne Maginot en Alsace - 200 kilomètres de béton et d
Réédition augmentée du livre homonyme de 1987.
Jean-Bernard WAHL - Editions Klopp - 2013 - ISBN : 2-911992-71-7 - 359 pages







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