Wikimaginot, le wiki de la ligne maginot



Observation sur le billet

Lié à la page suivante du Dico :
La fortification de campagne entre 1935 et 1940 dans la catégorie Principes et généralités


Fil ouvert par SCHOEN ( 480 ) - Posté le 03/12/2019
Dernière modification par SCHOEN le 03/12/2019.
Hello Jean-Michel
,
Très intéressant de te lire, comme d’habitude. Un bon résumé pour un sujet assez complexe et mal maîtrisé par bon nombre d’amateurs de Maginot.

En brut, quelques observations :

Concernant le SFBR, les abris actifs ont été volontairement placé sur la LPR pour la renforcer. Tu en arrive au même résumé que moi, Strasbourg est prévue pour résister indépendamment des sous-secteur voisins plus faible. Cela se ressent, jusque début 1939 il n’y avait pas de fortif de campagne (excepté les pc actifs) dans les sous-secteurs nord et sud alors qu’à Strasbourg ils commencent dès 1935-36. Il s’agissait de renforcer une position très étroite, entre la ville et la frontière. En revanche, le programme MOM étant très en retard sur le secteur de Strasbourg et surtout les sous-secteurs voisins, ce n’est qu’à partir du printemps 1939 que l’on commence à construire des blockhaus tandis que tu les attribues au temps de guerre. Le programme était déjà établi et la construction s’est poursuivie en temps de guerre, grâce notamment aux troupes mobilisées qui accélère la construction, significativement même. Il semblerait qu’il était même prévu d’avoir recours à des entreprises pour réaliser les travaux, la main-d’œuvre militaire ne suffisant pas pour les objectifs fixés. Je ne sais pas ce qu’il en ait des autres secteurs, mais sur le Rhin, l’objectif du commandement est de mettre sous béton toutes les mitrailleuses. Strictement durant le temps de guerre, de nombreuses positions de campagnes légères sont créés et le 226e aménage sa position avec des blockhaus « de pacotille » comme ceux du château d’Angleterre ou ceux de la rive du canal de la Marne au Rhin.

Dans les Vosges, les bouchons d’avants postes ont un rôle retardateurs. Le dispositif de mine n’a qu’une fonction d’obstacle qui sert le poste, et non le contraire. Si les postes devaient contrôler la destruction, ils auraient été placés à des endroits optimum pour la destruction ce qui n’est pas le cas.

Tu ne parles pas des obstacles (rails, fossés, barrières, etc.). Ceux-ci sont réalisés dans les mêmes plans de constructions de fortifications. Idem pour les déboisements des champs de tirs. Tu peux également mentionner qu’une partie des équipements des ouvrages de la fortification CORF sont posés par la MOM.

Pour le SFH, tu t’étale jusqu’au nord de Strasbourg. Non, ça s’arrête aux lisières de la forêt de Soufflenheim à cette époque-là (jusque fin aout début septembre 1939). Pour le SFH, des pentes du Pfaffenschlick aux lisière de Soufflenheim, c’est du ressort de la chefferie de Haguenau, plus au sud, Strasbourg. Plus à l’ouest, c’est Saverne.

Antoine


Réponse de jolasjm ( 2611 ) - Posté le 03/12/2019
Dernière modification par jolasjm le 03/12/2019.
Salut Antoine

Merci de tes commentaires très pertinents comme toujours. Je vais les intégrer, car en particulier celui sur les obstacles m'apporte un autre éclairage sur ce travail. J'y reviens plus loin. Quelques commentaires sur tes points qui nécessitent discussion - les autres je les intègre direct.

- Le cas du SFBR - et plus généralement la 20° Région - m'a en effet posé question pendant un bon moment, expliquant d'ailleurs une bonne partie du retard que j'ai mis à écrire tout cela. J'étais assez au clair dans ma tête sur tout le reste.

La 20° RM se distingue de toutes les autres Régions Militaires par une quasi absence de volonté de coordination centrale. C'est la seule région où il faut vraiment descendre au niveau de la chefferie pour analyser et comprendre ce qu'il se passe. J'ai passé et repassé en revue mes bases de données et archives pour essayer de trouver un ou des documents qui prouveraient qu'il y avait un pilote dans l'avion comme dans les autres, mais nenni… Tout se passe comme si la région avait laissé faire ses directions et chefferies en totale indépendance et sans directives autre que celles - forcément très générales - imposées par le Ministère. Peut-être un effet du contexte tactique et stratégique très disparate de la région ?? A contrario, tu as des plans types et des directives/notices très prescriptives dans toutes les autres régions (blocs type 1° RM, standards RFM - donc 6° RM -, coupoles 7° RM, etc...). La séparation de la 20° RM en deux et la création de la 10° RM à Strasbourg n'a sans doute pas aidé en plus à un moment où tous les travaux MOM s'accéléraient. J'ai un gros rapport de l'IGGF de début 1938 qui fait le point sur les travaux de campagne sur tout le front, SF par SF : il est frappant en effet de voir que le SFBR à ce moment là a (comme tu le dis) produit 4 à 5 fois moins de blockhaus et positions que tous les autres SF, y compris ceux de la plaine du Rhin dépendant de la 7° Région.

J'ai le sentiment par ailleurs qu'il y avait une différence visible de stratégie de défense du Rhin - en tous cas initialement pendant la période CORF - entre la 20° (Nord) et la 7° Région (Sud). La première considérant la LPR comme étant la ligne des villages (sauf à Strasbourg même, on est d'accord), alors que la seconde privilégiait visiblement une défense au plus proche de la berge. Les deux ont fini par se rejoindre au travers des travaux MOM, la 20° en rapprochant son effort de fortif du fleuve alors que la 7° a cherché de son côté à donner de la profondeur en s'éloignant de la berge. Est-ce ton interprétation aussi ?

- Bouchons et DMP des Vosges : tu as raison et on est d'accord. Ma formulation est à préciser. Il me semble cependant que certains DMP étaient pilotés à partir de certains bouchons ? J'ai en tête au minimum des cas de Neuweiher et Langthal, voire d'Erlenmoos.

- Obstacles oubliés : excellent commentaire. Je me suis en effet uniquement concentrés sur les constructions et non les obstacles, qui relèvent bien sur eux aussi de la fortif de campagne. J'en parle seulement un petit peu dans le chapitre introductif. En réalité je me suis senti exonéré de cet aspect là car j'ai écris par ailleurs un autre long article sur ce sujet. Cet article est plutôt orienté vers les obstacles antichar, mais couvre déjà pas mal le sujet je pense. Tu le trouveras là :

https://wikimaginot.eu/V70_glossaire_detail.php?id=1000644&su=Obstacles_antichar_passifs_de_la_ligne_Maginot_-_Des_idées_aux_réalisations_-_

Le lien est à faire, ou en tous cas à renforcer entre ces deux articles qui sont les deux faces de la même pièce. Je vais modifier le texte et mettre les liens qui vont bien. Merci !

- Tu as raison sur la limite associée à la chefferie de Strasbourg. Cette limite n'a probablement pas changé lors du rattachement tardif du sous-secteur nord du SFBR à Haguenau. Je corrige. Par contre je pense que tu n'as pas tout à fait raison sur Saverne : pour moi Saverne est une direction et non une chefferie. La direction de Saverne couvrait la chefferie de Bitche, qui gérait en effet le secteur à l'Ouest de Haguenau. Devant la masse de travaux, la chefferie de Bitche est scindée en deux en Mars 38, pour créer Bitche Ouest et Bitche Est. Bitche Ouest sera d'ailleurs renommé Sarrebourg Est à la création de la 10° Région, et rattaché à la Direction de Nancy, donc la 20° RM, alors que Bitche Est (et sa Direction de Saverne) passe côté 10° région.

A+
Jean-Michel


Réponse de SCHOEN ( 480 ) - Posté le 03/12/2019

Re

Le Rhin a été à plusieurs fois prétexte à des économies, que ce soit en en phase CORF ou FCR. Les crédits, en 1936-38 on dû être reversés aux profits d’autres secteurs. Je ferais attention à mes archives quand je les rouvrirais.
Il y a effectivement une différence de stratégie, c’est assez flagrant entre le sous secteur de Erstein et le secteur de Colmar et cela a été une source d’inquiétude pour le 172 après le franchissement à Rhinau.

Pour les DMP, oui, ils étaient dans les blockhaus mais pour les raisons suivantes. Mettre à l’abri d’une malveillance, d’un accident, d’un bombardement et d’un coup de main la commande de mise de feu.

Tu as raison pour les chefferies de Bitche. On voit même la limite entre les deux sur le terrain.

Antoine


Vous ne pouvez pas participer à ce fil de discussion, seuls les membres peuvent y répondre ou y contribuer. S'inscrire est gratuit, rapide et sans engagement.