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136° Régiment d'Infanterie de Forteresse

(136° RIF)






Le 136° Régiment d’Infanterie de Forteresse (RIF) est un régiment de réserve du type A, Nord-Est.

Il tient le sous-secteur de MOUZON

Sa devise est Je ne recule ni ne dévie

Insigne du 136° régiment d'Infanterie de Forteresse

L'insigne du 136° Régiment d'Infanterie de Forteresse



Configuration du terrain et du sous-secteur

Le sous-secteur se place entre la tête de pont de Montmédy (155° RIF) et le sous-secteur de Sedan (147° RIF). La ligne de défense principale (LPR) est positionnée 1,5 km en arrière de la Chiers, sur le coteau de Mouzon qui sépare la Chiers de la Meuse, ou à son pied. Les 6 passages principaux sur la Chiers (Linay, Blagny, Carignan, Tétaigne, Brévilly, Douzy) sont barrés par des avant-postes sur le cours d'eau proprement dit. La position se raccorde au sous-secteur voisin directement sur la Meuse, à Petit-Rémilly.

Entre la frontière et la Chiers, le terrain est barré par l'extrémité Est de la forêt des Ardennes, traversée par quelques routes ou pistes forestières carrossables. En arrière de la LPR, le terrain est traversé par la Meuse, qui constitue un obstacle naturel notable.

Ici, point de puissantes fortifications CORF : le secteur est équipé de blockhaus qui ont été construits, pour les premiers, à partir de 1935. Ces fortifications légères type « Barbeyrac » - du nom du général commandant la 2° Région Militaire - ont été complétées plus tardivement par de gros blockhaus de type STG, ou STG-FCR (leur version plus "allégée"). Quelques casemates pour canons de 75mm de type STG renforcent la défense d'artillerie du sous-secteur.



Mobilisation

Le 136° Régiment d’Infanterie de Forteresse est formé à Mouzon par le Centre Mobilisateur de l'Infanterie n° 24 (CMI 24) à compter du 22 août 1939 à partir du noyau d'active du 1° Bataillon du 155°RIF.

Durant la mobilisation du RIF, la frontière est gardée par des gardes frontaliers encadrés par la GRM (Cne ROUX) et le 12° Chasseurs à Cheval.

L'effectif du régiment à la déclaration de la guerre est de 90 officiers, 307 Sous-Officiers et 2823 hommes du rang et… 273 chevaux. Il sera cantonné dans le camp de sureté de Mouzon.



Composition - Encadrement

Etat Major du Régiment

Chef de Corps: Lt-Col François VINSON
Chef d'État-Major: Cne Gabriel MOMBERGER

Compagnie de Commandement : Cne BOULAY, puis Cne JARRIN
Officier Renseignement : Lt LIZER
Officier Transmission: S-Lt DEULIN
Officier Z : Cne JARRIN
Officier Ravitaillement:
Officier liaison: Lt LALLEMAND Jean, Lt de SENAILHAC
Service de Santé : Médecin : Med-Cne DERAMOND, Asp ALEXANDRE - Pharmacien : Lt VAUDOIS - Dentiste : Lt NOVELLO
Vétérinaire : S-Lt DERBEC


ler Bataillon - Quartier Malandry

Cdt le bataillon : CB Albert FERON
Chef Etat-Major/Adjoint : Lt H. de TORQUAT, puis Lt GRANDY au 25 Avril 1940.

- Officier Renseignements : S-Lt PIETON
- Officier Transmission : Lt PICHARD
- Officier Z : Lt EMMERY
- Officier Pionniers : Lt LOBRÉAU
- CHR (compagnie hors-rang) 1 : Cne Edmond LERICHE, PC à Inor, S-Lt NERO puis S-Lt PENTHUERE (Détails), Lt BRILLONET (Approvisionnements), Sce de Santé : Med-Lt NOTTIN

- CM (compagnie de mitrailleurs) 1 : Lt BOISSONNET, PC à la ferme de Presles – Chefs de Sections : Lt LOUETTE, PEETERS, Lt Marcel MEYER
- CM 2 : Lt puis Cne LAURENT, PC à la ferme de la Tuilerie – Chefs de Sections : Lt JACQUEMIN, S-Lt POLI
- CM 3 : Cne JULIEN, PC dans le village de Sailly – Chefs de Sections : S-Lt GARRIGUE
- CEFV (compagnie d’engins et fusiliers voltigeurs) 1 : Lt GRANDY (ou GANDRY selon d’autres sources), puis Lt de TORQUAT (1) le 25 Avril 1940, PC à Malandry – Chefs de Section : Lt Raymond PIGNON (ou VIGNON selon les rapports), MEYER, NACBERT, S-Lt André DELPORTE (section FV).


2° Bataillon - Quartier Euilly

PC de guerre à Euilly , PC de temps de paix au Presbytère d’Euilly

Cdt le Bataillon: Cne puis CB (TT) F…T, puis Cne Robert LABRIOT à compter du 17 Mai 40 après la blessure du Cne F…T à Inor (2).
Chef Etat-Major: Cne Robert LABRIOT
- CHR 2 : Lt Henri THOMASSIN – S-Lt BAYLART (Détails), Med-Lt ANDRÉ et Med ALEXANDRE (blessé le 17 Mai 1940 à Inor)

- CM 5 – CR de Vaux les Mouzon : Cne THUILLIER, Chef de Sections : Lt PETIT-DUTAILLY, LAHALLE, S-Lt Jean HERCISSE (section FV), Adj-C FORMET.
- CM 6 – CR d’Euilly : Cne PRESSOIR, puis Lt PETIT-DUTAILLY – Chefs de Sections : Lt PIRET, Lt LYON
- CM 7 – CR de Tétaigne : Lt BERTRAND – Chefs de sections : Lt BOCQUILLON, LASALLE
- 2° CEFV : Cne André DÉTIENNE – Chefs de Sections : S-Lt Léon WATTELET (Section 25mm - blessé le 16 Mai 1940 à Inor. Commandant la casemate du FAUNAN - A 100), Lt LAHALTE (section 25 mm), S-Lt DOY (section 25 mm), S-Lt BONHOMME (Section mortiers – tué le 15 Juin 1940), Lt DAY (section FV)


3° bataillon - Quartier Amblimont

Cdt le Bataillon: CB LANGLET jusqu’au 13 Juin 1940, puis Cne Henri ROGER (ex-CEFV 3)
Chef d'Etat Major :
- CHR 3 (positionnée à Mouzon) :

- CM 9 : Lt BAUDELOT – Chefs de section : Lt Antoine HUGUET (à partir du 4 Avril 1940)
- CM 10 : Cne Marcel LECRIQUE, blessé à Inor le 21 Mai 1940, puis Lt VIRON
- CM 11 : Cne SERIQUE, puis Lt René NOULOT à partir de Mars 1940 - Chefs de Section : Lt René NOULOT, Lt PARVILLERS, Lt Aimé PETIT (Ex-CDA) à partir du 20 Mai 1940, S-Lt SCHMITTEL, Adj LEFEVRE (3e section M)
- 3° CEFV : Cne ROGER, puis Lt GUÉRIN


15° Cie - CDA (Cie des Avancées)

, aussi parfois nommée « Compagnie de Garde des Destructions et Maisons-Fortes »: Cne ROUX, puis Lt RONDEAU, Lt RAMBOURG

Cette compagnie, rattachée au 2° bataillon, est mise sur pied en Novembre 1939 et tient la position avancée au niveau de la frontière. Elle reprend les missions de la Compagnie des Gardes Frontaliers. Elle est créée le 31 janvier et validées administrativement le 10 Mars 1940. PC à l'école des filles à Carignan. Cette forte compagnie comporte organiquement 5 officiers, 25 sous-officiers et 222 hommes, prélevés sur les effectifs du régiment.


- Section de Pouru- aux- Bois ( MF 16 - Beau Terme ), adjudant HENRY, puis lieutenant Aimé PETIT. Adjoint : Lt LARDANS, puis Lt ZINANI au 15 Avril 1940.
- Section de Pure - Messempré ( MF 17 - Bouchon des Sarts et MF 18 - Bois de Pure ), sous-lieutenant Aimé PETIT au 01/04/1940,
- Section de Matton ( MF 19 - La Douane et MF 20 - Bouchon des Rappes ), lieutenant TRICHELOT,
- Section de Mogues ( MF 21 - Mogues et MF 22 - Croix du Routy ) lieutenant RONDEAU,
- Section de Puilly- Charbeaux, lieutenant RAMBOURG.



Autre personnel du Régiment

Cette liste est non limitative, les affectations des personnels listés sont indiquées lorsqu'elles sont connues. Si vous disposez d'informations, laissez nous un message (fil de discussion 136 RIF - Personnel).

Officiers : Cdt DROY Roger André, S-Lt HUGOTTE Victor, Lt Roynette Léon,

Sous-Officiers et caporaux : SC Andréoli (7° CM), SC Blanchard (7° CM), Sgt Brion Jean, Cal Bourdin Pierre (3° Bon, 10° Cie), Cahart Robert, Cal Delaistre Charles, Sgt Flamant Robert, AC Formet Marcel, SC Gilliot Charles Fernand, SC Lacroix Louis Robert, Sgt Leduey René Jules, Adj Merdrignac Francis, Sgt Reneault Jean , SC Salavers (7° CM), Cal Lefebvre René (6° CM)

Bachmann Jean, Bocahu Marcel, Constant Jean, Wallin (agriculteur à Mouzon),



Historique

Ce régiment étant attaché à la forteresse et par nature stationnaire, il est faiblement équipé en moyens de transport. Il ne compte à ce titre que 273 chevaux. Durant toute la période hivernale, sa structure et son positionnement restent stables. Le personnel est essentiellement utilisé à couler du béton, à aménager la position et à parfaire son instruction.

Comme partout ailleurs, le 136° RIF est subordonné tour à tour à toutes les grandes unités qui vont stationner sur son ban. Cela commence avec la 3° DINA qui intercale les trois bataillons du 24° RTT entre les bataillons de forteresse en séparant chacun des quartiers de mobilisation en deux.
Puis vient la 71° DI entre mi-septembre 1939 et début Avril 1940 qui couvre la Quartier du I/136° RIF par le 246° RI, le Quartier du II/136° RIF par le 120° RI, et le Quartier du III/136° RIF par le 205° RI, et - enfin - retour de la 3° DINA qui relève partiellement la 71° DI en Avril-Mai en adoptant une couverture de même principe avec les 15° RTA, 14° RTA et 12° Zouaves (qui a remplacé le 24° RTT). La 71° DI continue à couvrir partiellement le secteur. Durant toute cette période, le 136° RIF n'a plus de contrôle tactique sur ses effectifs. Il dépend totalement des régiments d'infanterie ou nord-africains. Le commandant du Régiment ne conserve que le rôle de commandant d’arme de la place de Mouzon… avec pour responsabilité essentielle la gestion de troupes régionales affectées à la circulation ou la garde de sites.

Début 1940, la compagnie de Gardes-Frontières est dissoute et ses hommes retirés du front. En remplacement, le 136° RIF est amené à créer sur son effectif propre une "Compagnie des Avancée" de 5 officiers et 250 hommes qui tiennent alors les Maisons-Fortes et gèrent les DMP de la frontière. Sachant qu'entre la LPR et la frontière stationnent deux divisions de Cavalerie (5° DLC et 1° BC) qui gèrent tactiquement cette Compagnie des Avancées, c'est donc entre 3 et 4 divisions qui gèrent les troupes du 136° RIF à un moment ou un autre... Enfin, comme pour d'autres RIF, le 136° dut céder au printemps 1940 un total de 325 soldats et officiers jeunes et aguerries au profit de la 55° DI, qui en contrepartie fournit au 136° l'équivalent en classes anciennes et non formées.

Si on ajoute à cela l’érosion naturelle des effectifs due aux mutations non compensées et à la création de la Compagnie des Avancées, on peut mesurer les handicaps dont devait s’accommoder le commandement du régiment au 10 Mai 1940

Phase de combats actifs

10-14 Mai 1940 : l’ennemi entre en Belgique, entrainant l’entrée immédiate des troupes de Cavalerie dans le pays vers la Semoy. Après prise du contact, ces unités se replient progressivement et rentrent en France le 12 Mai. Dans la nuit du 11 au 12 Mai, le 246° RI (71° DI) prend en charge le sous-secteur d’Amblimont à la place du 12° Zouaves. La Compagnie des Avancées fait jouer les DMP à la frontière et sur les voies, puis se replie à son tour le 13 Mai derrière la Chiers – dont les ponts sautent à partir du 12 au soi ! - puis la LPR. Les Allemands arrivent dans la vallée de la Chiers entre le 12 Mai au soir et le 13 Mai mais ne tentent pas de s’approcher, ni d’engager des actions de force à cet endroit, se contentant de bombarder les positions et les villages. Tout se passe au Nord-Ouest de là, dans le secteur de Sedan…
Entre le 13 au soir et le 14 dans la journée, les avant-postes sur la rive française de la Chiers se replient vers la LPR, au même moment où les Allemands prennent position sur la berge Nord de la Chiers.

14 Mai 1940 : Du fait de la nette dégradation de la situation au nord de là, le 136° RIF reçoit l’ordre dans un premier temps de replier ses CHR et sa compagnie de commandement de Mouzon vers le Sud à Martincourt sur Meuse. Dans la soirée, ordre est donné aux trois bataillons de décrocher de la position, d’abandonner ses fortifications longuement préparées, et de se rabattre sur une ligne Pouilly-sur-Meuse, Côte de Chatillon (3° Bon), Ferme de Soiry, Bois d’Inor, Bois de Neudan (Bretelle d’Inor – 2° Bon), Côte 311 au nord d’Olizy (1° Bon). Le faible préavis avant décrochage se traduit par la nécessité de laisser dans les blockhaus une partie de l’équipement lourd ou antichar, qui sera – discrètement – détruit sur place. Le 136° RIF se transforme à son corps défendant de régiment statique de position en régiment de campagne et prend la route entre 23h et 1h du matin le 15, dans une désorganisation générale liée au court préavis d’action.

La nouvelle position est atteinte dans la nuit du 14 au 15 avec les moyens du bord et en combattant tout en se repliant. La CM6 du II/136° RIF est ainsi partiellement capturée par surprise dans le bois de la Hache à côté de la ferme de Soiry.

15-22 Mai 1940 – Bretelle d’Inor : Le 136° RIF, mêlé et dispersé au sein des 14° et 15° RTA de la 3° DINA, va tenir sur cette bretelle pendant une bonne semaine, bombardé copieusement et menacé d’infiltrations mais ne cédant pas de terrain. Il participe par là même à l’interdiction du contournement de la Tête de Pont de Montmédy par l’Ouest. De nombreuses attaques sont repoussées, notamment sur la route d’Inor, qui est une voie d’attaque importante pour l’ennemi. La CM6 du II/136° RIF y est partiellement capturée le 15 Mai pendant son installation.
Seul le III/136° RIF, isolé sur la côte de Chatillon à l’ouest de là, devra se replier de l’autre côté et au sud de la Meuse, à la lisière de la forêt de Jaulnay. Mélangé là à la 1° DIC, le bataillon demande à pouvoir se regrouper avec le reste du régiment de l’autre côté de la Meuse, ce qui lui est accordé. Après un long détour par Sassey (15 km plus au Sud), seul pont encore en état sur le fleuve, le bataillon se place à Baâlon (PC RI du 136°). Ce n’est donc que le 17 au soir que le régiment arrive à retrouver liaison avec tous ses composants et réorganiser son fonctionnement normal. Le III/136° ne rejoint les deux autres bataillons du régiment à l’Est d’Inor que le 19 au soir après avoir été converti en bataillon de régiment de campagne (3).
Une partie de la Cie des Avancées, qui se déplaçait vers Baâlon pour rejoindre les CHR et la Cie de Commandement, est arrêtée en chemin à Martincourt par la 6° DI et temporairement intégrée au 74° RI avec lequel elle se battra avec panache, avant d’être restituée à son régiment d’origine…
Les CHR et la Cie de Commandement, après avoir stationné près de Baâlon à partir du 15, se replient vers Brandeville (11 km plus au Sud) le 20 Mai en prévision d’un nouveau décrochage pour mise en réserve et création d’un barrage antichar arrière.
Les II et III/136° RIF sont relevés sur leur ligne de défense par le 9° RTM et le 21° RTA de la 6° DINA dans la nuit du 21 au 22 Mai pour se mettre au repos le 22 au soir dans les bois à l’Est de Lissey.

23-24 Mai 1940 : le III/136° décroche plus tardivement de Baâlon et rejoint le reste du régiment le 23 Mai dans la journée. Là, le 136° reçoit dans la nuit du 24 au 25 Mais l’ordre de créer deux barrages antichar importants de 2e ligne à l’Est de celui constitué dans la vallée de la Meuse entre Stenay et Dun (groupement ABRIAL). Il s’agit de barrer la vallée de la Loison entre Baâlon et Jametz dans l’objectif de parer au contournement de la position de Montmédy. Le 24 :
- Le I/136° est transporté à Mouzay pour participer au barrage de la vallée de la Meuse (Gr. ABRIAL) avec le XXI/155° RIF et le GRCA 18.
- Les II et III/136°, avec les CISF Montmédy et CI des 3° DIC et 41° DI ainsi qu’une compagnie de chars et le GRDI 36 en réserve, forment trois barrages sur et en avant de la route Baâlon-Jametz, l’ensemble aux ordres du Gal BURTAIRE (Groupement BURTAIRE, préfigurant la Division de Marche du même nom). Les bataillons du 136° forment le premier barrage, entre Mouzay et Quincy-ss-Loison.
Le PC régimentaire s’établit à la Mairie de Remoiville.

Pendant ce temps, la 6° DINA se bat toujours sur la position d’Inor. De leur côté, les Allemands arrivent en vue de Boulogne, scellant le sort des armées du Nord.

25 Mai – 7 Juin 1940 : le 136° RIF renforce progressivement la position de 2e ligne qui lui a été assignée au Sud-Est de Baâlon... Il reçoit par ailleurs un renfort bienvenu d’environ 400 hommes et une quinzaine d’officiers et voit ses deux premiers bataillons à leur tour convertis en bataillons de régiment de campagne. Le 7 Juin au soir, ordre est donné au 136° RIF de remonter en 1ère ligne dans la TPM pour participer à la relève de la 3° DIC !

8-12 Juin 1940 : Dans la nuit du 7 au 8, le 136° RIF se place en soutien du 155° RIF, derrière la LPR sur la colline de St Walfroy (III/136°), derrière l’ouvrage du CHESNOIS (II/136° RIF) et sur les collines à l’ouest de la route Montmédy-Thonnelle (I/136°, CM3 derrière l’ouvrage de THONNELLE). Il est en position sur la ligne d’arrêt de cette LPR. Les CHR restent à Rémoiville et le PC et la Cie de commandement s’installent à Vigneul-sous-Montmédy. Ce n’est pas un retour à la case départ (celle-ci est depuis le 15 Mai solidement aux mains allemandes), mais presque.
Les choses restent en l’état jusqu’au 10 Juin, date à laquelle les II et III/136° RIF quittent leur position sur la ligne d’arrêt pour se replacer au sud de Montmédy, autour de la route vers Iré-le-Sec. Le I/136° étend son quartier à l’Ouest jusqu’aux arrières de l’ouvrage du CHESNOIS. Le 12 Juin, c’est au I/136° RIF de décrocher de la ligne d’arrêt pour prendre la place des II et III/136° au Sud de Montmédy. Les II et III° Bon se déplacent eux vers le Bois de la Dame entre Iré et Juvigny-sur-Loison.

Ces mouvements marquent le début d’une retraite de 11 jours qui mènera le régiment au Sud de Toul… L’ordre de repli est communiqué au commandement du régiment dans la soirée du 12, qui sera désormais une des unités organiques de la « Division Légère BURTAIRE » (DLB).

13 Juin 1940 : Départ à 1h du matin, direction le (célèbre) bois des Caures, au Nord de Verdun, via Marville, Dombras et Damvillers. Etape de 35 km. Le régiment se repose dans la journée dans les bois au Nord de Verdun.

14 Juin 1940 : le 136° RIF se place sur une nouvelle ligne au nord de Verdun entre Azannes-Grémilly (I/136°), Ornes-Bezonvaux (II/136°) ces deux bataillons face à l’est, et sur la côte de Romagne et le village éponyme (III/136°) au nord en liaison avec le 132° RIF. Le 136° est sur la droite de la DLB, le 132° RIF étant au centre entre Flabas et Romagne, le 155° RIF est à gauche, entre la grand-route Verdun-Dun et Flabas. L’ennemi arrive au contact du 136° RIF dès 8h du matin en provenance de Mangiennes. Le III/136° est isolé du reste du régiment et le I/136° est pris à partie à Azannes, mais résiste. La CM9 du III/136° qui se dégage de la côte de Romagne, est prise à partie et combat au nord d’Azannes avant d’être encerclée. Elle est capturée en presque totalité à 14h. Néanmoins, le reste du bataillon et son commandement arrivent à s’échapper de la nasse.
Dans l’après-midi, le régiment reçoit l’ordre de décrocher et de se reporter sur une ligne Bras-Fort de Douaumont. Les II et I/136° se portent en plein jour sur cette ligne incluant l’ossuaire de Douaumont, pour y apprendre qu’il faudra en partir dès la soirée pour aller prendre une nouvelle position entre les forts d’Haudainville et du Rozelier… au sud de Verdun, qui est abandonné à l’ennemi. Tout un symbole.

15 Juin 1940 : Les I et II/136° atteignent leur nouvelle ligne, le I/136° entre la route N3 de Metz et le fort du Rozelier, et le II/136° entre cette même route et le fort d’Haudainville. Le III/136°, qui a décroché de Romagne la veille au soir, se place en réserve de régiment à Sommedieue en arrière de là. Durant toute la journée, les deux bataillons en ligne interdisent les infiltrations ennemies et une tentative plus puissante de passage sur la route Verdun-Metz à 18h30. Vers 22h, l’ordre est donné de repartir vers le Sud, direction la région de St Mihiel.

Au même moment : à l’Est de là, les Allemands percent la ligne Maginot dans la Sarre devant le 20° CA et passent le Rhin devant le SF de Colmar.

16 Juin 1940 : Après cette longue marche de 30 km faite de nuit, le régiment se regroupe dans les bois à l’Est de St Mihiel vers 10h du matin. Après quelques heures de repos là, il reprend la route à 14h jusqu’à Jouy sous les Côtes via Apremont et Gironville. Jouy est atteint dans la nuit. Durant ce mouvement, la cie de Commandement et le Lt-Col VINSON perdent le contact avec l’unité, qui se place sous le commandement provisoire du Col HENRY pendant 48 heures.

17 Juin 1940 – combats de Jouy sous les Côtes-Gironville : Ordre est donné de se repositionner en 1e ligne vers le nord-ouest, mais le contact inopiné avec les Allemands oblige à prendre position autour du vieux fort de Gironville sur les hauteurs de Commercy, avec ordre de barrer la route Commercy-Gironville. L’ennemi arrive par le Nord (route d’Apremont) en pleine installation. Les combats débutent, puis se renforcent avec l’arrivée massive de troupes ennemies qui tentent de contourner la position par l’Ouest dans les bois de Gironville. Ces tentatives sont contenues durant la nuit du 17 au 18.

Au même moment ailleurs : Les blindés allemands atteignent la frontière Suisse dans le Jura. La nasse des armées de l’Est est refermée. Les troupes de forteresse de la RFM et la RFL se préparent à combattre vers le Nord sur le canal de la Marne au Rhin.

18 Juin 1940 : La pression est trop forte durant la nuit, et l’encerclement probable. Les 155° et 132° RIF décrochent sur ordre dans la nuit, mais l’ordre n’atteint le 136° qu’en fin de nuit alors qu’il est déjà pratiquement encerclé. Le régiment se replie tant bien que mal vers le fort du Jouy-sous les-Côtes alors qu’il est au contact, devant abandonner après destruction les matériels antichars de 25mm. Ce décrochage plein sud-est à travers bois est difficile, mais le 136° RIF parvient à traverser le canal de la Marne au Rhin à Foug par le seul pont encore en état puis marche jusqu’au village de Blénod-lès-Toul, où il bivouaque à partir de 21h. Le reste de la DLB est autour de Bulligny, juste au sud de là.

19 Juin 1940 : le régiment s’installe face au Sud-Ouest sur les hauteurs au Sud de Blénod-lès-Toul, avec un détachement avancé (CISF du SF de Montmédy, Cie de Cdt du 136° RIF et éléments divers) sur la piste entre Blénod et Uruffe. Ces bouchons avancés sont bombardés dès midi, le Cne AUBERT (155° RIF – ex-cdt de l’ouvrage du CHESNOIS et de la 3° CEO) y est blessé en début d’après-midi. Le bouchon sud vers Vannes le Chatel subit une attaque qui est repoussée.

20 Juin 1940 : toujours placé au même endroit, le 136° RIF interdit toute la journée l’avancée allemande à partir d’Uruffe et Vannes le Chatel vers Blénod.

21 Juin 1940 : L’ordre de repli arrive au petit matin : prise de position vers l’ouest aux lisières du bois entre Ochey et Crézilles. A peine installé, le contrordre tombe : il faut reprendre le chemin vers le Sud direction Crépey. Là les embouteillages et l’anarchie des troupes mélangées pousse le commandement du régiment à déplacer le point de cantonnement dans les bois au sud du village.

Ce même jour le drapeau du 136° RIF, qui avait été confié au Cal LEBLIC du groupement des CHR du régiment le 17 Juin, est incinéré à St Dié en présence d’un officier du service des étapes local avant capture par les Allemands. Le petit groupe, isolé du régiment à Jouy le 17, avait franchi la Meuse à St Martin puis s’était déplacé en camion à Vaucouleurs puis Vannes-le-Chatel, Vézelise et Bayon.

22 Juin 1940 : le 136° RIF reste sur place dans le bois de Crépey. La journée est calme, marquée par les négociations entre le commandement du Groupement DUBUISSON et les Allemands. La reddition intervient dans l’après-midi.

23 Juin 1940 : les restes du Régiment sont rassemblés et quittent sous bonne garde le bois de Crépey pour Bainville sur Madon, où les officiers sont séparés de la troupe. La captivité débute.




Notes :
(1) La permutation GRANDY – de TORQUAT visait à mettre ce dernier en position de commandement de terrain en vue de sa promotion future au grade de Capitaine (TT).
(2) L’incident ayant entrainé la blessure du Cdt F…T fera l’objet d’une enquête en 1942-43. Il a été accidentellement blessé par grenade alors que - pris de folie passagère – il aurait tiré sur ses propres troupes à la mitrailleuse, y voyant des agents de la 5e colonne fuyant le front et tuant au passage à bout portant 3 de ses sous-officiers et hommes... Le commandant F…T, pourtant plutôt bien noté, sera rayé des cadres à la suite de l’enquête.
(3) Conversion des CM en CFV par allègement de l’équipement, conversion de la CEFV en compagnie d’accompagnement (CA)…

Sources : SHD - 34N134 - Archives du 136° RIF
GUF

Rédaction Initiale : Pascal - 08/2015
Reprise et compléments : Jean-Michel Jolas - © wikimaginot.eu - 08/2021



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