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Parcs mobiles de fortification

(PMF)






Les parcs mobiles de fortification sont des dépôts de stockage de matériel d'organisation du terrain gérés par le Génie. Le matériel stocké est principalement à l'usage de la MOM pour la construction de blockhaus légers ou pour la réalisation d'obstacles antichar ou antipersonnel. On y trouve typiquement des stocks de ciment et autres ingrédients du béton, du matériel de camouflage, des armatures, du fil de fer barbelé, des rails et matériels antichar, des explosifs, du matériel et équipement téléphonique, des outillages de pose et de chantier, etc.

Le concept novateur de "parc mobile de fortification" est évoqué dans les travaux de la CDF (rapport 22/F sur la défense des frontières de Juin 1926) pour permettre l'approvisionnement rapide pour la construction de fortifications de campagne en Allemagne dans l'hypothèse d'un bond offensif en Rhénanie des armées françaises pour s'affranchir d'une frontière très difficile à défendre. Ce scénario offensif (baptisée hypothèse "Trèves-Kaiserslautern") est généralisé progressivement à l'ensemble des fronts susceptibles de connaitre un "bond en avant" de début de conflit, comme vers la Belgique ou la Suisse. Cette approche fait partie intégrante des recommandations finales de la CDF dans son rapport au Ministre de Novembre 1926.

La définition de ce qu'est un "parc mobile de fortification" est confiée à la Délégation Permanente des Sections Techniques (DPST) , qui en propose une approche en septembre 1927. Un parc est composé de :

  • Sections légères de matériel : somme de matériel nécessaire à la constitution d'une amorce de front de campagne sur le ban d'une division, soit 7 km, pendant une semaine. Il s'agit là d'amorcer un système de tranchée, des abris souterrains, un obstacle de barbelés, uniquement en zone libre hors des bois et forêts.

  • Sections légères de complément : collection de matériels et matériaux destinées à compléter la réalisation effectuée à l'origine par les sections légères comme l'équipement des zones boisées, la finition des tranchées et abris souterrains, la construction d'observatoires bétonnés, etc. Ces sections de complément comportent beaucoup plus de matériaux que de matériel - déjà fourni par les sections légères d'origine. Le périmètre couvert est toujours 7 km de front divisionnaire pendant une semaine supplémentaire

  • Sections lourdes de matériel : matériaux et équipements nécessaire au renforcement en fortification semi-permanente et à l'approfondissement d'un front initialement constitué par les sections légères. Les sections lourdes permettent la construction de postes de tir, de blockhaus, et de diverses infrastructures de commandement, logistique...


  • Les sections légères - permettant une mainmise rapide du terrain durant les deux premières semaines - représentent approximativement chacune 1000 tonnes de matériel, les sections lourdes - qui permettent elles une mainmise solide sur le mois qui suit - représentent 2000 tonnes. La CDF préconise initialement la constitution de quoi équiper les régions fortifiées et 300 km de front libre, ce qui implique 92 sections légères, autant de sections de complément, et 67 sections lourdes (on ne prévoit le renforcement que de 150 km de front libre sur les 300).

    Cette tournure offensive est néanmoins progressivement abandonnée mais la notion de "parc mobile" demeure au point que ces parcs sont formellement prévus et budgétés dés l'origine de l'effort de construction de la ligne Maginot… pour alimenter les armées statiques dans la constitution des fronts défensifs prévus aux frontières hors des régions fortifiées. La loi Maginot du 14 Janvier 1930 prévoit ainsi 233 Millions de francs sur les 2900 pour la création et l'équipement de ces parcs.

    Le nombre initialement budgété en 1930 est de 70 sections légères et quelques sections lourdes, réparties sur l'ensemble des régions militaires frontières. Leur recomplément à mesure de l'utilisation est sous la responsabilité du Génie de Région qui en propose le budget. Rattachés aux parcs régionaux du Génie, ils leurs rapportent administrativement.

    Les 70 sections initiales se répartissent ainsi :
    - 1° Région Militaire (RM) - Nord : 11 sections réparties à Douai, Landrecies, Le Quesnoy, Cambrai et Valenciennes
    - 2° RM - Ardennes : 5 sections à Hirson et St Michel
    - 6° RM - Lorraine : 21 sections réparties à Stenay, Woippy, Pouilly et Ars sur Moselle
    - 20° RM - Lorraine Est et Alsace Nord : 18 sections réparties à Sarrebourg, Saverne, Haguenau, Sélestat et Strasbourg
    - 7° RM - Alsace Sud et Jura : 15 sections réparties à Colmar, Neuf-Brisach, Blotzheim, Mulhouse, Belfort; St Germain, Héricourt et Montbéliard.
    A titre d'exemple, les quatre sections prévues à Sarrebourg (20° RM) sont localisées pour l'une d'entre elles au Quartier CHOLESKY et pour les trois autres sur le terrain militaire d'exercice de PELLEPORT.

    Un parc typique est installé sur un terrain militaire préexistant et se compose de plusieurs hangars métalliques - classiquement de l'ordre de 2 à 6 par section.



    Rédaction initiale : Jean-Michel Jolas - © wikimaginot.eu - 25/11/2018 et 16/01/2020
    Sources : SHD cartons 7N (principes) et 9NN4421 (avancement déploiement)



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