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133° Régiment d'Infanterie de Forteresse

(133° RIF)






Le 133° Régiment d'Infanterie de Ligne a été créé en 1812 (1) à partir du 2° Régiment de la Méditerranée mis sur pied par Napoléon. Il est dissous en 1814 et recréé en 1873 sous la dénomination de 133° Régiment d'infanterie de Ligne, Régiment de l'Ain.

En 1882, il prend la dénomination de 133° Régiment d'Infanterie. Il se distingue lors du premier conflit mondial en Alsace, puis dans l'Aisne, à Verdun et dans la Marne (Thann, Cernay, Mulhouse, Rodern, Aspach, Dornach, Col des Journaux, Saulcy-sur-Moselle, Ban de Sapt, Ormont, Spitzenberg...). Il termine le conflit en Belgique, où il a l'honneur de fournir une garde d'honneur de 500 hommes au Roi des Belges lors de son entrée à Bruxelles le 27 Novembre 1918.

Les hommes sont alors surnommés les Lions du Bugey.

Ses pertes lors du premier conflit se montent à 82 officiers et 2014 sous-officiers et hommes du rang.
Le régiment participe après guerre à l'occupation de la Sarre allemande puis de la Ruhr pour être finalement dissout en 1923 à Belley.

Insigne du 133° Regiment d'Infanterie de Forteresse

Insigne du 133° RI / RIF



Il est mobilisé le 25 aout 39 à Etting (Moselle) par le CSMI 204 à partir du noyau d'active du I/153° RIF et prend la dénomination de 133° Régiment d'Infanterie de Forteresse. L'échelon B2 est lui mobilisé par le CMI 204 à St Nicolas de Port (54). Il prend à sa charge le sous-secteur de Kalhausen, initialement du secteur fortifié de Rohrbach , puis du Secteur Défensif de la Sarre à partir du 20 Septembre..

Devise : "Halte !... Les lions sont là"



Le régiment du temps de guerre

A la Mobilisation, le 133° régiment de Forteresse est mis sur pied par le centre mobilisateur 204 (Saint Nicolas de Port - Meurthe-et-Moselle) à partir du noyau d'active du I° Bon du 153° RIF.
Il occupe le casernement de sureté d'Achen .

L'effectif total du régiment en Mai 1940 représente 110 officiers, et 3200 sous-officiers et hommes de troupe répartis dans 18 compagnies (8 CM, 1 CEO, 1 CEC, 2 CEFV, 1 CE, 1 CFV, 3 CHR, 1 Compagnie de cdt). Son équipement comporte 52 pièces antichar (1 x 65mm, 16 x 47mm, 25 x 25mm, 10 x 25mm d'armes mixtes), 161 mitrailleuses (123 simples, 9 jumelages conventionnels, 10 jumelages d'armes mixtes), 125 FM et 18 mortiers de 81mm, soit 356 armes collectives.




Encadrement

Etat-Major


PC au Presbytère de Kalhausen (PC de combat sur la croupe sud de Kalhausen).
Chef de Corps : CB puis Lt-Col Charles AVENEL, puis Lt-Col Victor BERTRAND à compter du 8 Nov 1939, en provenance du 170° RI.
Chef d'état major : CB Jean DRAGON

Cie de Commandement : Cdt : Cne HUSER - Autres personnels : Lt de MISCAULT, RACLOT (orthographié RACLAUX parfois), BARDOZ (Pharmacien)
Officier Z : Lt ROUMAGNAC
Officier renseignements : Lt MISSONIER
Officier de liaison : Lt BURTIN, puis Lt BONAMY
Officier de transmissions : Cne LUCAS jusqu'en Janvier 1940, puis Lt DUPIN
Service de Santé : Médecin Chef : Med-Cne BERTIER


1° Bataillon - Quartier Schlosswald

PC à la corne Sud du Grand-Bois
Cdt le Bon : Cne puis CB Edouard FRIBOURG-EYNARD
Adjoint : Cne MATHIEU

  • Compagnie de Mitrailleurs n° 1 (CM 1) : PC au Muehlenwald - Cdt : Cne André JENNEPIN - Chefs de Sections : Lt Georges LALLEMAND (ou ALLEMAND, tué à Réchicourt, citation à l'ordre de l'Armée), TEITGEN, Adj-C FLAMAND - Autres personnels : Asp LAUZANNE, Sgt André DESHAYES (tué, citation à l'ordre du Corps d'Armée)

  • CM 2 : Cne RICARD - Chefs de sections : Lt VIDO, Marcel PUZIN (sections M), RENARD (section FV), S-Lt Jean ARLAUD (citation à l'ordre de la Division)

  • CM 3 : Cne Léon FAVARON - Chefs de Sections : Lt Joseph BECKER, Lucien MATHIA (sections M), S-Lt Alfred BIEDERMANN (section FV), Adj-C Maurice CLAUX

  • Compagnie d'Engins et de Fusiliers-Voltigeurs n° 1 (CEFV 1) : Commandant : Cne RITZ, puis Lt DHIE - Chefs de Sections : S-Lt Roger MARIN (section Mo81mm - tué à Raon-L'Etape le 21/06, citation à l'ordre de l'Armée), Asp HEIMERDINGER (section FV), ROY, VAT (25mm), Adj-C Jean REBOURS (section FV)


CHR 1 : Cne BARRET, puis Cne SCHERER - Lt RELIER (officier pionniers), PICARD (Renseignements), DUBOIS (Transmissions), BAGNON (ou DAGNON, officier Z), CHASSAUDE (Détails), COLLIGNON (Pionniers), S-Lt NEIGE, Asp NOUILLANES, Medecin PIFFERT, puis ATTALI, Adj-C ALBERT - Autres personnels : Sgt-C WEILER (blessé, médaille militaire

2° Bataillon - Quartier Haut-Poirier (ou Centre)

PC à la Ohligmuehle
Cdt le Bon : CB Louis CAILLOUX. Le CB CAILLOUX était commandant du I/153° RIF de temps de paix, dont est issu le noyau d'active du 133° RIF.
Chef d'EM : Cne SAXE

  • CM 5 : Cne BONHOMME, puis Cne LUCAS à partir de Janvier 1940, puis Lt BRETOURS du 14 au 16 Juin, puis Cne LUCAS - Chefs de Sections : Lt FRADIN, S-Lt Jean-Marie DEFRANOUX (prêtre dans le civil), BRETOUR, Asp Jean BOISSEL, Adj-C Aimé CATHALA - Autres personnels : Adj-C JUAN, Adj ROCHETEAU


  • CM 6 : Cdt : Lt BONAMY, puis Lt BURTIN, puis Lt BARRE à partir du 15 Avril 1940 - Chefs de Sections : Lt MANG (section M), Jean MIDI, S-Lt POIRIER, Adj-C FLEUROT - Autres personnels : Sgt GUYOMARC'H (tué, citation à l'ordre du corps d'Armée)


  • CM 7 : Cne Jean DILLON - Chefs de Sections : Lt Guy DELAUNE, TINOT (sections M), Louis LECLERQ (section FV), Asp GIBAULT, Raymond DEROUET, Adj SIROT


  • CEFV 2 : Cdt : Lt NEY - Chefs de Sections : Lt RENAUD, Gabriel MALLAISÉ (section Mo81mm), BEZIAT (section FV), de MISCAULT, Georges BRIDARD, Adj-C René GORSE


CHR 2 : Cne SAXE puis Cne GUERY - Lt Le BIGOT (Off Pionniers), CHATELAT (Approvisionnement), André RAPICAULT (officier Z), Edouard CAULONT, Med. Pierre BRICQUEL, Med-Aux : Yves AMILCAR, M. CAPDEVIELLE, Adj-C Marcel PIOT

3° Bataillon - Quartier Achen

PC "dans la partie Sud du village d'Achen" (rapport de MENTHON)
Cdt : CB Emile Jean GRILL (mort le 20 juin 1940 de suites de blessures ou d'un accident cardiaque à Ancerviller, cité à l'ordre de l'Armée)
Adjudant-Major (adjoint au Cdt) : Cne François de MENTHON SAINT BERNARD (ex-CHR3)
Le 3e bataillon n'a pas la CM 11 habituelle, mais sa CEFV est renforcée et séparée en deux compagnies, une d'engins et une de fusiliers-voltigeurs.

  • CM 9 : Cne DEBEVER, chefs de sections : Lt LUCET, ROSET (blessé à Blamont, cité à l'ordre de la division), S-Lt Florent OTTMANN, Adj-C LEBRETON

  • CM 10 : Cdt : Lt Roger MASSE - Chefs de sections : S-Lt NICOLAS (section M), Asp KLEIN (section FV), TARDIF (capturé à l'AP 332 le 14 Juin), Adj-C Pierre LEMONNIER (en même temps chef du corps franc de bataillon), Adj Jean MAUGER - Autres Personnels : Cal René BOILLOT (blessé, médaille militaire)

  • CE 3 : Cne (TT) Jean BOUSQUET, blessé à Réchicourt le 18 Juin, puis Lt OBERHOFFER - Chefs de Sections : Lt (TT) PREVOST (ex-CM9, muté en Mai 1940 à CE3), Robert BONHOMME (jusqu'en Mai 1940), OBERHOFFER, S-Lt puis Lt BINAIS (section Mo81mm), S-Lt (TT) LAVERGNE, Adj STOSKOPF

  • CFV 3 : Cne LAIGLE - Chefs de Sections : Lt Henri PETIT (blessé lors des combats de Réchicourt - 18 Juin 1940), S-Lt NICOLAS, Asp. VALLERY-RADOT (Citation à l'ordre de la Division), KLEIN, Adj BAILLY et MARTIN


Corps-France de bataillon : Adj-C Pierre LEMONNIER

- CHR 3 : Cne François de MENTHON SAINT BERNARD puis Cne GILLOT, Autres Personnels : Lt HAUSLER (Approvisionnement), Paul MORELLE (Détails), SARRAZIN (Transmissions), LAURENT (Renseignements), S-Lt René KARR (Adjudant de bataillon - Citation à l'ordre de la Brigade), Adj-C MAUMONT (Détails, tué à Raon l'Etape à la tête d'une section constituée pour le besoin, citation à l'ordre du corps d'Armée), ANDRÉ (Pionniers), Sgt-C BOUISSON (faisant fonction d'officier Z), Cap-C Jean HARTMANN (blessé, cité à l'ordre de l'Armée).
Sce de Santé : Med-Lt SCHATZ puis Med-Lt Henry HIRSCH au 15/04/1940, Med-Aux GIGNOUX et FAULTRIER.

Compagnie d'Equipages d'Ouvrage

Cdt de compagnie : Cne GAMBOTTI (cité à l'ordre du corps d'armée), commandant par ailleurs l'ouvrage du HAUT-POIRIER

Officiers : Lt Robert BONHOMME (en Mai 1940, ex-CE3), ISNARD, S-Lt SCHIMBERG, Louis DINOT, Med-Aux KENNEL
Autres personnels : Adj Henri GOURAUD (tué, citation à l'ordre de l'Armée), Sgt Paul BEAUVERGER (tué, citation à l'ordre de l'armée), Cap-C François SCHOEB (tué, citation à l'ordre du Corps d'Armée), tous trois tués le 21 Juin au HAUT-POIRIER, Adj-C SIMEONI
La CEO du 133° RIF n'arme que l' ouvrage d'infanterie du Haut-Poirier


Compagnie d'Equipages de Casemates

PC dans la casemate Nord d'ACHEN à partir du 14 Juin 1940.
- Cdt de compagnie : Lt BIDEGAIN, puis Lt KERSUAL

- Casemate de WITTRING : Adjudant-Chef HILAIRE
- Casemate du GRAND-BOIS : Lieutenant Maurice NEHLIG
- Casemate Nord-Ouest d'ACHEN : Sous-lieutenant NACHBAR, puis Sous-lieutenant WILL
- Casemate Nord d'ACHEN : S-Lieutenant JEANDEMANGE
- Casemate Nord-est d'ACHEN : Sous-lieutenant GRIES


La CEO et la CEC sont mises sous responsabilité du CB André JOLIVET début Juin 1940 (l'ordre de mutation est daté du 27 Mai 1940, le transférant de son poste d'inspecteur d'armes de la 4° Armée à son nouveau poste). Le commandant JOLIVET n'arrivera au contact de ses unités qu'au 14 Juin 1940.


Personnel autre

FREYERMUTH Jean (1°CEC), LEBRUN Léonce Arthur (décédé le 21 juin 1940)




Historique du régiment

A sa mise sur pied, le 133° RIF occupe le sous-secteur de Kalhausen faisant partie du Secteur Fortifié de ROHRBACH. Durant un court laps de temps, à partir du 18 septembre, le III/133° RIF est détaché pour participer à l'offensive de la Sarre comme nombre de bataillons des troupes de forteresse. Le sous-secteur est pendant ce temps là organisé en deux quartiers seulement. Ce bataillon est séparé en deux : les CM10 et CFV3 sont rattachées aux 137° et les CM9 et CE3 au 65° RI, deux régiments de la 21° DI prenant part à l'occupation sur les collines entre Gersheim et Bebelsheim, à 3,5 km en territoire allemand. Cette aventure en terres allemandes s'achève le 2 Octobre 1939, avec retour à Achen et réintégration dans le dispositif de la LPR .

Il suivra ensuite les tribulations de la zone de la Sarre et changera régulièrement d’unité tactique de rattachement (voir page sur le Secteur Fortifié de la Sarre )

Il passe du SF Rohrbach au Secteur Défensif Provisoire de SARRE-UNION le 20 Septembre 1939, puis dix jours plus tard est directement rattaché avec son sous-secteur à la 45° DI. Le 15 Mars, le sous-secteur et le RIF sont rattachés finalement de nouveau au SF de la Sarre.
Comme pour bon nombre d'autres unités de forteresse, le 133° RIF est amené à échanger entre fin Décembre 1939 et Février 1940 une partie de ses éléments jeunes contre un nombre équivalent de réservistes des classes âgées des unités d'intervalle (en l'occurrence du 348° RI de la 52° DI)

30 mai 1940
La 52° DI est retirée et seules restent sur place les troupes de forteresse placées sous le commandement du SF Sarre. Le dispositif se replie sur la position des avant-postes (cote 332, Cote 311, Dieding), tenus par les CEFV2 et CFV3 du régiment. Les avant-postes sont commandés par le Cne LAIGLE de la CFV3. Durant la période menant jusqu'au 13 Juin, les pertes du régiment seront de 1 hommes tué, un sous-officier blessé (S-Lt DELAUNE) et deux disparus.

1-12 Juin 1940
La période se caractérise par une succession de tentatives de coups de main ennemis sur la ligne d'avant-poste allant du Bois de Wittring à la Cote 331 et au Frohnerwald à l'ouest de Gros-Réderching. Leur fréquence et puissance augmente avec le temps.

13 juin
L’ordre d’évacuation de la position est donné à 19h. Les troupes occupant les intervalles devront se replier le 14 au soir et intégrer le groupement de marche DAGNAN regroupant les troupes du SFS. Les équipages d'ouvrage et casemates restent sur place pour couvrir la retraite du groupement DAGNAN, avec l'équivalent d'une demi-compagnie (une à deux sections par bataillon) dans les intervalles en mission de retardement, commandée par le Cne LUCAS, avec les S-Lt BIEDERMANN et MIDI, qui devra décrocher le 15 au soir.

14 juin
Le repli du 133° RIF débute dans la journée du 14 par des opérations préparatoires : transport dans les ouvrage et casemates de ce qui ne peut être transporté, déplacement du stock de munitions... Deux nouvelles sections sont créées, l'une (S-Lt GAGNAIRE) avec les personnels non utiles des casemates rattachée à la Cie de Commandement, l'autre (Adj-C PIERRE) avec les éléments de pionniers et disponibles des transmissions. Elles formeront réserve du Régiment.

Les avant-postes encore occupés se replient dans la journée, sauf celui de la cote 332 qui est fortement attaqué à l'aube et pris par les Allemands, entrainant la capture d'un officier (Lt LUCET), d'un aspirant (Asp TARDIF) et de 25 hommes de la CM10.
La batterie de 150T rattachée au régiment, est retournée au groupement d'artillerie et se replie dans la journée après avoir envoyé quelques dernières marmites dans le vallon derrière Rebberg.

Le Chef de Bataillon JOLIVET, tout juste arrivé au régiment, prend le commandement des éléments de CEO et CEC qui restent sur place et s'installe au HAUT-POIRIER (1). Les équipages de casemates récupèrent tout ce qu'ils peuvent de nourriture et d'équipements au dépôt de Schmittviller. Dans la soirée, l'ouvrage du HAUT-POIRIER et les casemates reçoivent l'ordre de tenir jusqu'au 17 juin 22h, moment auquel les équipages devront abandonner leur béton pour rejoindre le RIF vers Fénétrange.

En début de nuit les II et III/133° RIF prennent la route vers Oermingen-Schmittviller-Rahling, théoriquement en lien à droite avec le 166° RIF dont le repli a débuté la veille, couvert par la 30° DIA.

15 juin

Sur la LPR : Vers 23h, le détachement LUCAS (ou du moins ce qu'il en reste car certaines sections de retardement semblent avoir décroché de leur propre initiative avant l'heure dite...) quitte la LPR à son tour, laissant le HAUT-POIRIER et ses casemates seuls.
Groupement BERTRAND : En fin de nuit, le régiment est sur une ligne Sarre Union-Domfessel-Lorentzen (I/133° à gauche et III/133° à droite, le II/133° est en échelon arrière à Rimsdorf), puis finit son déplacement sur la ligne Zollingen-Burbach, avec PC à Niederstinzel. La liaison à droite avec le 166° RIF (5° Armée) est perdue et ordre est reçu dans la soirée de se porter sur le canal de la Marne au Rhin le lendemain. La journée est passée au repos en prévision de l'étape suivante qui sera la plus longue (marche directe jusqu'au canal de la Marne au Rhin à Gondrexange-Réchicout)...


16 juin
Le I/133° RIF devient arrière garde du Groupement DAGNAN avec deux bataillons du 51° RMIC, sous commandement du Col ROUSSET (ID/Gr DAGNAN, ex-SF Sarre). Il tient position entre Mittersheim et St Jean de Bassel (ligne B) pendant que le reste du groupement descend vers le canal (Ligne A). La CM1, en protection à Berthelming pour interdire les destructions des ponts de la Sarre, est fortement attaquée par l'avant garde allemande à partir de 16h. Plusieurs hommes sont tués dans l'affrontement, dont l'Adj-C Pierre LEMONNIER, chef de la section franche du bataillon. Le Cne JENNEPIN est blessé dans l'affaire et l'ordre de repli diffusé à 19h arrive trop tardivement à la CM, qui se trouve isolée du détachement ROUSSET et pratiquement encerclée dans le village. Seule la section TEITGEN et une partie de la section LALLEMAND parviennent à se replier sur ordre du Cne JENNEPIN et rejoint le bataillon. Le point d'appui de la CM1 est submergé à la nuit tombée et dépose les armes vers 23h après combat au corps à corps.
Le mouvement de nuit des deux autres bataillons est très long et pénible (35 à 40 km). En début de journée, le II/133° RIF se positionne entre Gondrexange (exclus, tenu par le 153° RIF) et le bois de la Canardière. Le III/133° RIF se place à droite, entre la Canardière et les écluses au nord de Réchicourt (incluses - PC à Foulcrey).
Le détachement LUCAS parvient en partie à retrouver le régiment dans la soirée après une marche épuisante de 50 km d'une traite à travers des lignes partiellement occupées par les Allemands. Le Lt ROUMAGNAC, envoyé à la rencontre du détachement, est capturé par les Allemands à la lisière nord de Sarrebourg...

17 juin

Sur la LPR : Après quelques hésitations et l'annonce de la demande d'armistice par Pétain, le CB JOLIVET donne l'ordre à son ouvrage et aux 5 casemates de surseoir au repli, et tenir coute que coute. L'ennemi est depuis la veille sur les arrières et au contact côté nord. Sans liaisons aucunes avec son ancien régiment, le groupement JOLIVET se met informellement aux ordres du groupe d'ouvrages du SF de Rohrbach (Col BONLARRON)
Groupement BERTRAND : Le I/133° RIF, remis à disposition du régiment dans la nuit, vient s'insérer au lever du jour entre les II et III/133° sur le canal entre le bois de la Canardière et le col des Français (au 3e Bon), PC à Ketzing. Le PC de régiment se déplace de Foulcrey à Ibigny pour se recentrer. La matinée est calme et occupée à préparer les positions défensives, incluant la réutilisation d'anciens blockhaus allemands autour de Foulcrey. Sur le canal, les CM10, CFV3 et CE3 s'établissent entre les trois écluses et le pont du Col des Français pendant que la CM9 fortifie le village de Réchicourt. L'ennemi arrive en cours d'après-midi et tente le passage sur le pont détruit du Col des Français vers 17h, repoussé par les défenseurs du III/133° RIF. Le bombardement sur Gondrexange et Réchicourt débute, occasionnant des pertes à la CM7. Le groupe retardateur du Lt BIEDERMANN, qui avait un parcours plus important à faire que le groupe LUCAS, rejoint dans la journée au travers des lignes Allemandes... Des tentatives d'infiltrations au travers du canal côté Est réussissent dans la nuit mais sont repoussées par contre-attaque.

De leur côté, les CHR et trains du régiment viennent se positionner dans les environs de Repaix et Blamont, 10 km au sud du canal.


18 juin - Bataille du Canal

Sur la LPR : Du coté de la ligne fortifiée, l'ouvrage et les casemates font l'objet de pilonnage par l'artillerie allemande. Le CB JOLIVET, sans lien aucun avec le 133° RIF, demande avec insistance - mais sans succès formel - son rattachement au 43° CAF et au groupe d'ouvrages du SF de Rohrbach.
Groupement BERTRAND : L'attaque ennemie s'engage sur le canal au Col des Français et aux trois écluses à l'Ouest de celui-ci dés 9h avec une préparation d'artillerie préalable. Le canal est franchi aux trois écluses et les éléments du III/133° RIF et du 41° RMIC refluent vers Réchicourt et Avricourt. Le CB GRILL dépêche le Cne BOUSQUET pour reprendre en main les troupes en repli. De nombreuses victimes sont à déplorer : le Cne BOUSQUET (CE3) lui-même (3), le Cne LAIGLE (CFV3 - commandant la défense du canal sur le ban du III/133°) sont blessés et les CM10 et CFV3 sont décimées. Le Lt LALLEMAND de la CM1 est grièvement blessé et succombera le lendemain au poste de secours. L'ennemi poursuit sa poussée vers Réchicourt, face au III/133° RIF et au 41° RMIF à gauche. Les éléments de pointe de cette tête de pont atteignent à travers bois la voie ferrée à l'Est de Réchicourt et la croupe au dessus au Nord du village, soit une profondeur de 2,6 km dans le dispositif français. (4)

Une contre-attaque importante du 133° RIF avec des éléments des I et III/133° (CM3 et CM9 qui étaient en 2e échelon) et des réserves (section du PC-RI, section de CEC et une section du Génie) est menée à partir de 15h. Un bataillon du 51° RMIC est mis à disposition mais ne sera pas utilisé. A défaut de bouter l'ennemi de l'autre côté du canal, elle contient néanmoins sa progression dans le bois de Réchicourt et parvient même à réduire de moitié son importance, les éléments de la CM3 parvenant même jusque sur la rive du canal à travers bois. Le II/133° tient toujours sur le canal du côté de Gondrexange malgré un début de repli du 153° RIF, lui-même fortement pris à partie. Côté droit, le groupement DAGNAN ne peux que constater le repli de la 54° DI, ouvrant brèche dans la forêt de Parroy. Le 41° RMIC est lui aussi malmené à gauche du 133° RIF. Le bilan de la journée est sans appel : le 3e bataillon a perdu en une journée la moitié de son potentiel de combat. L'autre moitié dudit potentiel est largement entamé par la nouvelle de la demande d'armistice la veille.

En fin d'après-midi, l'ennemi - toujours contenu devant Réchicourt - arrive à Avricourt sur la gauche et menace directement le PC du RI à Foulcrey. La défense s'organise vers l'ouest mais le Cne de MENTHON, chargé de cette tâche, est blessé pendant cette opération (5). L'ordre de se replier sur Ibigny arrive à 21h : le régiment, avec le bataillon du 51° RMIC mis à disposition, devra tenir une ligne Igney-Foulcrey-Ibigny. Ce repli se passe dans de mauvaises conditions car partout l'ennemi est au contact, notamment sur l'axe de la contre-attaque de l'après-midi. Certaines unités ne reçoivent d'ailleurs pas l'ordre de repli et restent sur place la nuit suivante sans se rendre compte de leur situation (Sections des Lt ARLAUD, VIDO, RENARD, REISER et TEITGEN du I/153°, section du PC-RI...). La section du Génie qui participait à l'attaque parvient à se dégager mais ne rejoindra le PC-RI à Blamont que dans la matinée du 19. Le II/133°, qui a été moins sollicité, décroche à partir de 1h du matin des abords de Gondrexange.


19 juin

Sur la LPR : L’infanterie allemande investit les intervalles délaissés et vient au contact de la fortification.
Groupement BERTRAND : Les sections "oubliées" du I/133° RIF sur le canal de la Marne au Rhin (150 hommes quand même !...) comprennent enfin leur situation et tentent un repli à partir de 10h au travers de la forêt et des lignes allemandes. Une bonne partie est capturée sur place, certains parviennent à s'échapper durant toute la journée mais sont finalement pris, un petit nombre parvient à rejoindre la zone libre après plusieurs semaines de tribulations (Dont le Lt RENARD, de la CM2).

L'attaque allemande reprend eu matin sur tout le front, tenu de gauche à droite par le I/133° (Igney), le bataillon du 51° RMIC (Foulcrey) et le II/133° (Ibigny). Le III/133°, très éprouvé la veille et auquel il ne reste que la CM9 à peu près intacte, est en 2° échelon (réserve). Après quelques heures de résistance, l'ordre de repli arrive à 15h, direction Blamont. Ce repli est une fois de plus rendu très compliqué par le contact de l'ennemi. La CM6 du II/133° est capturée car ne reçoit pas l'ordre de repli. Arrivé sur la nouvelle position à Blamont, le commandement du régiment - excédé par ces replis successifs - décide de tenir sur place coute que coute et se prépare à cela. Les combats débutent aux entrées Nord de la ville. Informé de la décision de son subordonné, le Col DAGNAN annule celle-ci en courant d'après-midi et donne ordre au groupement BERTRAND de reprendre le repli - sous des mitraillages aériens ennemis - vers une ligne Halloville (3° Bon)-Nonhigny (2° Bon)-Montreux (1° Bon), 4 km au sud de là. Ce repli s'engage à 17h. Si la liaison est possible avec le 51° RMIC à gauche, à droite c'est le grand vide... (6). Les troupes arrivent épuisées dans la nuit sur leur nouveau lieu de stationnement. (7)


20 juin

Sur la LPR : les allemands s'installent puissamment sur les hauteurs près de la route de Oermingen à Kalhausen, et l'ouvrage du HAUT-POIRIER fait l'objet d'un pilonnage en règle. L'ennemi est au contact de l'arrière des casemates de WITTRING et du GRAND-BOIS.
Groupement BERTRAND : Dans la nuit du 18 au 19, la liaison à gauche est perdue avec le 51° RMIC et le 41° RMIC (réserve de Groupement) s'est lui-même replié vers Badonviller. Le 133° RIF est une fois de plus isolé en pointe, et prend de plein fouet la poussée allemande du matin.

Le décrochage sous pression disperse les 3 bataillons. Les I et II/133° RIF parviennent péniblement (8) à se replier vers Badonviller pendant que les restes III/133°, laissés en arrière garde, sont encerclés entre Ancerviller et St Maurice au sud d'Halloville. Le CB GRILL meurt suite aux combats et l'essentiel du bataillon est capturé. Son décès est constaté à l'hôpital de St Dié où son corps est transporté par le Med-Lt HIRSCH. Seule une section (Asp VALERY-RADOT), des isolés commandés par le S-Lt LAVERGNE et un canon de 25mm rejoignent les lignes à Pexonne et ... Raon-l'Etape, à 9 km au sud de là.

Le mouvement reprend vers la scierie Lajus (vallée de la Plaine), puis les restes du régiment se placent en arrière garde à Raon-l'Etape au milieu d'un capharnaüm d'unités en repli et dispersées (PC-RI à St Blaise au sud de la ville). Le groupe de CHR du régiment, arrêté par le Col DAGNAN pour faire bouchon à la MF de Lajus, est lourdement bombardé là par les Allemands et subit des pertes.
Dans la soirée, le 133° RIF reçoit ordre de partir de Raon-l'Etape dans la nuit pour aller vers St Dié, protégé par un barrage sur la Meurthe entre Etival et Clairefontaine organisé par le 41° RMIC. L'ennemi arrive au contact à Raon dans la nuit et attaque les bouchons placés sur les voies d'accès à la ville.


21 juin

Sur la LPR : L'ouvrage du HAUT-POIRIER a son bloc 3 éventré par l'artillerie allemande. Sans couverture d’artillerie, l’ouvrage du SIMSERHOF étant hors de portée, les équipages de l’ouvrage et des casemates qui l'entourent sont attaqués par la 262° ID allemande et se rendent dans la soirée.
Groupement BERTRAND : Le mouvement prévu sur St Dié est modifié dans la nuit : le 133° RIF passe en protection arrière du Groupement DAGNAN et doit protéger le repli des autres unités en arrière garde, direction le pont de St Michel sur Meurthe où on doit se protéger de la directions de Raon... et de la direction de St Dié ! Les Allemands arrivant d'Alsace menacent en effet maintenant cette localité qui s'est décrétée "ville ouverte". Mission de protection accomplie, le 133° RIF se replie sur la Bourgonce en fin de journée. Là, le régiment est placé en 2e échelon, au repos dans les bois de la Grande-Basse. La compagnie de commandement, qui n'avait pu passer le pont de St Michel dans la journée, le pensant détruit, fait un long détour par St Dié puis, comprenant que le passage là est impossible, remonte vers le col de Haut-Jacques et retrouve le régiment dans la soirée. Le décompte des troupes se monte alors à 40 officiers et 800 hommes sur un effectif ayant quitté la position de Kalhausen de 97 officiers et 2700 hommes...

Le drapeau du régiment est brulé à Marzelay par les soins du Lt MORELLE (CH3) auquel il avait été confié par le Cne GILLOT. Les CHR sont capturées sur place dans la soirée et envoyées en captivité par Sarrebourg.


22 juin

Sur la LPR : A 5h du matin, les équipage du HAUT-POIRIER et des casemates avoisinantes prennent le chemin de la captivité. Ils passeront à à Bliesbruck puis rejoindront la prison de Sarreguemines. Ce sera ensuite la prison de Sarrebruck où ils restent deux jours avant d'être transférés en wagons à bestiaux dans le camp de prisonniers de Ludwigsburg sur le Neckar, dans le Land de Bade-Wurttemberg en Allemagne.
Groupement BERTRAND : La journée est calme pour les troupes encerclées. Sans vivres ni munitions, le Groupement DAGNAN doit finalement capituler à 17 heures sur la ligne La Salle - Sauceray au nord du col du Haut-Jacques. Le 133° RIF dépose les armes et détruit ce qui peut l'être (armement, documents...).


23 Juin 1940 :
Les Allemands se présentent au PC du régiment à 13 heures. La colonne du régiment descend sur Nompatelize puis St Dié. La captivité débute.

Après le second conflit mondial, le régiment est dissout. Il sera de nouveau recréé en 1954 pour être dissous en juin 1998.



Notes

(1) - Une première création du régiment avait eu lieu en 1793 mais ne fut pas suivie d'effet et sera annulée.
(2) - Selon le JMO de l'ouvrage établi par le Cne GAMBOTTI, le CB DRAGON lui aurait confirmé vers midi le 14 que JOLIVET partait avec le Régiment... A 14h45, JOLIVET confirme à GAMBOTTI son intention de rester et va plaider sa cause auprès de l'EM du Régiment, qui lui autorise ce changement. JOLIVET arrive à 15h32 à l'ouvrage, sous un bombardement...
(3) BOUSQUET, blessé par balle à 11h, est évacué à l'hôpital de Baccarat où il est capturé le 20 Juin. Transféré le 24 par les Allemands à l'hôpital de circonstance de St Jean de Bassel (Couvent de la Providence), il arrive à s'en évader le 25 Juillet avec un autre officier, le Cne PUTZ, avec l'aide d'une religieuse. Il parvient en zone libre (Lons-le-Saulnier) le 14 Aout.
(4) Cette défaillance passagère du III/133° RIF sur le canal fit l'objet d'échanges peu aimables en 1943 entre la Commission d'Enquête sur les Evénements de la Guerre (Gal FRERE) et l'encadrement supérieur du 133° RIF, dont les avis étaient par ailleurs divergents sur l'événement... Cette enquête avait été diligentée suite à un passage très critique du rapport du Cne de MENTHON, mettant en cause certains officiers défaillants, corroboré par d'autres rapports d'anciens du 51° RMIF, alors que le commandement du 133° RIF avait par ailleurs demandé des récompenses pour ces mêmes officiers défaillants pour "faits de bravoure".
(5) de MENTHON est évacué au poste de secours régimentaire, puis sur l'hôpital de St Dié, où il est capturé par les allemands le 22 Juin. Il s'en évade le 14 Septembre et rejoint Annecy où il est démobilisé. Il reprendra ensuite son poste de professeur à la faculté de droit de Lyon.
(6) dans la journée, la DM CHASTANET (ex-SF de Rohrbach, 43° CAF) à obliqué vers l'Est direction Cirey-Val et Chatillon, créant un vide de 3 km avec le groupement DAGNAN dont le 133° RIF forme l'aile droite...
(7) L'appel effectué sur la CM3 du I/133° RIF à Montreux cette nuit là montre qu'il ne lui reste que l'équivalent d'une section (45 h) pour toute la compagnie... Deux sections sur les 5 de la compagnie ont disparu.
(8) Positionnée à Nonhigny, la CM 5 du II/133° RIF - lui-même déjà amputé de la CM6 la veille - ne reçoit pas l'ordre de repli le 20 au matin, sont messager - Le Lt Le BIGOT - s'étant fait blesser. Encerclés dans le village, ayant de nombreux blessés et à cours de munitions, la CM dépose les armes dans la matinée avec une partie de la CEFV 2.




Rédaction

Initiale : Pascal Lambert
Mise à jour : Jean-Michel Jolas par exploitation du carton SHD - 34N134 - 08/2021





Sources :


GUF
SHD - Carton 33N134
wikimaginot
Hommes et ouvrages de la ligne Maginot T1 - JY Mary, A Hohnadel, J Sicard
Christatus - Carte 133° RIF
dlezin.free.fr
meyer.famille.free.fr




Secteur(s) concerné(s) :SFR SFS




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