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COL du FORT (F)

( Ouvrage d'infanterie )









Secteur Fortifié
SFAM - SF Alpes-Maritimes

Sous Secteur
Tinée-vesubie ( 65 DI )

Quartier

Maître d'ouvrage
MIL - CORF

Constructeur
Entreprises civiles

Année
Commune
SAINT MARTIN VESUBIE (06450)

Lieu-dit / Parcelle

Coordonnées
44.018393 - 7.252714

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940
Inachevé

Etat actuel
Incomplet





Notes et informations



CONSTRUCTION, Description

L'ouvrage du Col du Fort est un ouvrage d'infanterie CORF à quatre blocs construit par la MOM (Main d'Oeuvre Militaire). Sa construction ayant été stoppée par le début des hostilités en 1940, il est resté inachevé.

L'ouvrage est composé des blocs suivants:

Bloc 1 - Entrée
Devait initialement comprendre deux créneaux pour fusil mitrailleur, le bloc est inachevé et n'a jamais été armé. Seule une porte blindée avec créneau FM a été placée pour obturer la galerie.

Bloc 2 - Entrée
- 1 créneau pour jumelage de mitrailleuses ou de FM
- 1 créneau pour fusil mitrailleur

Bloc 3 - Observatoire
- 1 cloche d'observation par éléments, type normal.

Bloc 4 - Casemate d'infanterie
Ce bloc d'infanterie aurait du être doté de deux créneaux pour jumelage de FM, seules les fouilles ont été réalisées et la galerie débouchant à l'air libre est fermée par une porte blindée. Le chantier est encore visible, avec les supports de trémies d'armes en place, et le radier du bloc.


EFFECTIF, Commandement et/ou unité

L'équipage de l'ouvrage du Col du Fort est composé de 63 hommes issus du 94° BAF.
Il est placé sous le commandement du Lt Eche


EQUIPEMENT, Transmissions

L'ouvrage était doté d'un poste émetteur récepteur de type ER 50 W


HISTORIQUE, Construction

L'interdiction de ce passage permettant de contourner les défenses de Tinée à partir de la Vésubie est inscrit d'emblée dans le 1er cycle du Programme Restreint de Défense des Alpes de fin 1930. Une reconnaissance vient examiner la défense du col du Fort début Décembre 1930. Les officiers participants reconnaissent le fait que le col ne peut pas être défendu de ses abords mêmes par manque de visibilité et suggèrent de construire l'ouvrage juste à l'ouest du sommet de la Pointe de Siruol.

Un premier avant-projet permettant le lancement des travaux par le MOM est présenté par la DTF de Nice en Avril 1931 à l'ITTF et la CORF pour approbation. A ce stade, l'ouvrage - nommé alors "POINTE de SIRUOL" - consiste en un simple abri caverne pour une section, avec cloche légère d'observation du col et possibilité de rajouter une casemate active en 2° cycle. Cet avant-projet est critiqué par l'ITTF de la même manière que les autres abris/ouvrages CORF à construire par la MOM en 15° RM : trop grand, trop complexe,... Ceci se traduit par l'édition d'un 2e avant-projet en Mai de la même année, prenant en compte ces commentaires et permettant à minima l'attaque des travaux.

L'installation du chantier et le percement des galeries commence en Juin 1931 mais fait face à de sérieuses difficultés liées à la nature instable du terrain. En fin de campagne de travail, seul la moitié des locaux souterrains prévus a été réalisée et l'effort a porté sur l'étayage des galeries existantes pour que la période hivernale se déroule sans dommages.

Le projet technique est daté d'Avril 1932 (306/F de la DTF Nice). Il sera modifié en 1934 (187/F du 20 février) avec le rajout d'une casemate active flanquant le sentier de la vacherie de Venanson. Ce projet technique est approuvé moyennant quelques ajustements. L'ITTF recommande cependant de commencer la campagne de 1932 par la maçonnerie des fouilles réalisées en 1931 en priorité plutôt que d'attaquer plus loin le percement des alvéoles.

Fin 1934, le gros-oeuvre souterrain est fini. En Mai 1935, le projet relatif à l'entrée Est (bloc 2) et au bloc actif est produit par la DTF de Nice. L'ajout précédent du bloc actif a largement grevé le budget initial et pour permettre de rentrer dans l'enveloppe la DTF propose - avec l'appui de l'ITTF - d'ajourner le bloc d'entrée Ouest (B1) et d'armer l'ouvrage avec des armes de campagne (mitrailleuse Hotchkiss) sans munitions plutôt que des armes de forteresse et leur dotation... Si la CORF admet le report de l'entrée Ouest moyennant l'ajout d'un créneau de protection de cette entrée dans le bloc Est, elle s'oppose formellement à l'armement de campagne (note 512/ORF du 7 Mai 1935). Pour limiter le cout, elle propose alternativement de l'équiper de jumelages de FM récupérés du Nord-Est*. Le plan initial du bloc actif se voit lui même simplifié et l'armement confirmé pour jumelages de FM. Les créneaux correspondants doivent pouvoir tirer à des sites négatifs de 45 grades compte tenu de la forte pente du terrain. Retour à la planche à dessin, donc...

Ce projet est à peine présenté que la décision stratégique de ralentir les travaux sur les Alpes est prise mi-Mai suite à la détente avec l'Italie (accords de Stresa). La CORF définit en urgence les priorités de travaux MOM sur la position de résistance pour l'année 1935, car il est à anticiper le fait que les budgets et la disponibilité de main d'œuvre va drastiquement baisser sur les années à venir (l'EMA décide d'ailleurs dés cette date que seules les troupes de forteresse réaliseront des travaux sur la fortification à partir de 1936...).

Courant 1935, la coulée du bloc d'entrée Est est réalisée ainsi que la constitution du radier et des revêtements des galeries. Celle du bloc observatoire est prévue mais sera en fait reportée. Le projet remanié selon les commentaires de Mai est présenté à nouveau à approbation en Décembre. La DTF propose bien de remplacer optionnellement les jumelages de FM par des jumelages Reibel, mais ceci est refusé par le Gal BELHAGUE au motif que la valeur tactique limitée de l'ouvrage ne le justifie pas. Les choses sont donc approuvées en l'état. Le chantier s'arrête là fin 1935 pour cause de détente avec l'Italie et de difficultés budgétaires. Il ne redémarrera lentement qu'en 1937/38.

Le 20 Octobre 1937 l'ouvrage est classé par décret dans les places de guerre, servitudes définies.

En avril 1939, l'ouvrage est loin d'être achevé. Deux campagnes d'été sont encore nécessaire pour couler les trois blocs manquants (entrée, observatoire et bloc actif). 577.000 Fr ont été dépensés par les services locaux et environ 1.823.000 Fr restent à décaisser pour finaliser l'ouvrage - hors cuirassements et usine qui est à la charge des services centraux. L'avancement est évalué à 40%. Outre la coulée des blocs manquants, il reste à étudier et établir les réglages de terrain et réseaux bas extérieur. Il n'y a ni centrale, ni réseau électrique de prévu. L'étude de la ventilation et des transmissions sont achevées, mais aucun travaux n'ont été réalisés (pour les transmissions, le matériel est approvisionné néanmoins). Il est considéré "non occupable" par les autorités du Génie...

La construction sera stoppée en 1940 par les hostilités.


(*) cette proposition de récupération de jumelages FM pour les ouvrages MOM de haute altitude sera proposée pour plusieurs ouvrages similaires à COL du FORT.
Source(s) :
SHD - carton 7N3847, 4V1512, 6V11102




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