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SAPEY

( Ouvrage d'artillerie )









Secteur Fortifié
SFS - SF Savoie

Sous Secteur
Moyenne Maurienne

Quartier
Arc

Maître d'ouvrage
MIL - CORF

Constructeur
Entreprises civiles

Année
Commune
MODANE (73500)

Lieu-dit / Parcelle

Coordonnées
45.203839 - 6.648622

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940

Etat actuel





Notes et informations



ARMEMENT, Artillerie


A l'artillerie de l'ouvrage Maginot du Sapey, convient de rajouter l'armement de l'ancien Fort du Sapey équipé en 1940 de :
- 2 pièces de 95-88,
- 4 pièces de 155L-77
- 3 mortiers de 150mm de tranchée Fabry.


CONSTRUCTION, Cout


L'ouvrage reviendra à un total de 12,9 millions de francs, dont 9,4 MF pour le Génie et 3,5 MF d'armements et munitions.

Source : état des lieux fin 1938 - SHD 7N3847


CONSTRUCTION, Description


L'ouvrage du Sapey est un ouvrage d'artillerie Maginot qui présente la particularité d'être construit sur le site d'un fort Séré de Rivière dont il réutilise une partie des locaux souterrains.

Il est constitué de cinq blocs

Bloc entrée mixte :
- 1 créneau pour jumelage Arme Mixte ( 2 mitrailleuses Reibel MAC 31 et un canon AC 25)
- 1 créneau pour FM de défense rapprochée
- 1 cloche GFM type A

Bloc 1 :
- 1 tube de 75 mle 33 sous casemate cuirassée frontale

Bloc 2 :
- 1 tube de 75 mle 33 sous casemate cuirassée frontale
Ces deux blocs réutilisent l'ancienne batterie caverne de la fin du 19ème siècle. Ils forment la casemate "Maurienne" du projet initial.

Bloc 3 (Observatoire)
- 1 cloche VDP (Vision Directe et Périscopique)
- 2 créneaux optiques (Vers Ouvrage de Saint Antoine et Granges d'Arplane)

Bloc 4 (Casemate "Fréjus"):
- 2 tubes de 75 mle 29 sous casemate
Le bloc 4 possédait aussi une issue de secours

Les appellations géographiques de blocs dans le projet initial proviennent de la zone qu'ils couvrent.

La construction d'un bloc supplémentaire (bloc 5) doté d'une tourelle de 145 mm a été prévue mais il n'a jamais vu le jour. Seule l'amorce de galerie qui aurait du y mener a été construite.


CONSTRUCTION, Mission, ou Fonction de l'objet


Les missions de l'ouvrage du Sapey sont d'interdire les débouchés de la vallée du Fréjus (Bloc4) et d'assurer le barrage de la vallée de la Maurienne en amont de Modane en contrôlant les débouchés du col du Mont Cenis.
Cette dernière mission est dévolue aux blocs 1 et 2 (Batterie Maurienne) qui agissent en complément des ouvrages de Saint Gobain et de Saint Antoine et sont à même d'effectuer des tirs d'action frontale ce qui est rare pour des 75 mle 29.


DENOMINATION, Indicatifs et n° d'abonné


Le bloc 3 porte pour l'artillerie l'indicatif O1.
Il travaille au profit de l'ouvrage du Sapey


EFFECTIF, Commandement et/ou unité


L'équipage de l'ouvrage du Sapey est composé de 144 hommes et 5 officiers principalement issus des 154° RAP et 71° BAF

Cdt d'ouvrage : CE Valat
Major d'ouvrage : Lt Goy
Cdt l'infanterie : Lt Paret Dodon
Cdt l'artillerie : Cne Lamoy de Bissy puis Lt Basset
Officier SRA : Lt Fatou puis Asp Eyselé
Officier Tir : SLt Delmer

Cdt B1 et B2 (Blocs Maurienne) : Lt Levasseur puis Couroux en juin 40
Cdt B 4 (Bloc Fréjus) : Lt Hébert

L'ancien fort du Sapey est occupé par la 5° Bie du 164° RAP


EQUIPEMENT, Electrique


L'ouvrage est raccordé au réseau électrique civil par une ligne HTA depuis Modane, ligne qui suit le tracé du téléphérique alimentant le Fort du Sapey.

Une usine dotée de 3 groupes électrogènes à moteur CLM type 308 à 3 cylindres fournissant 75 CV et d'un alternateur Alsthom fournissant 54 KW prend le relais en cas de disparition du réseau civil.

Un groupe moto-compresseur à moteur CLM 1PJ 65 fournit l'air comprimé pour le démarrage des moteurs de l'usine et l'éclairage de secours de l'usine électrique en 110V continus.
La consommation maximale de l'ouvrage est de 140 KW


GENERALITES, Spécificités


L'ouvrage Maginot du Sapey est construit sous l'ancien fort type Séré de Rivières modernisé du Sapey.

Une partie des galeries de l'ancien fort du Sapey est réutilisée, en particulier au niveau des blocs 1, 2 et 3 (ancienne batterie caverne du fort) et au niveau de l'abri caverne externe de l'ancien fort situé à gauche. Une porte blindée donnant accès de l'ouvrage Maginot à l'abri est considérée comme l'issue de secours de l'ouvrage.


HISTORIQUE, Chronologie


L'ouvrage du Sapey est intervenu contre les troupes italiennes attaquant l'avant poste de la Roue le 20 juin 1940 et le lendemain pour soutenir l'avant poste de la Vallée Etroite
Les blocs 1 et 2 (batterie Maurienne) défirent les troupes italiennes dans le secteur de Bramans.
L'ouvrage défendit encore le Planay le 24 juin et quelques tirs furent effectués jusqu'au 25 juin, date de l'armistice.
Au total, ce furent 1428 coups tirés par les blocs 1 et 2 pour la défense du secteur de la Maurienne, 981 par le bloc 4 pour celle du secteur du Fréjus.
Sous l'occupation, l'ouvrage fut désarmé par les troupe italiennes qui l'occupèrent jusqu'à l'arrivée des allemands en aout 1943.
L'ouvrage fut repris par les troupes alliées sans grande difficulté le 13 septembre.
Remis en état après guerre, l'ouvrage fut définitivement abandonné la fin des années 1960.


HISTORIQUE, Construction


L'avant-projet n° 539/S est validé le 21 Novembre 1930.

L'examen du projet des galeries et locaux souterrains, premier regardé pour permettre le début des travaux de gros-oeuvre, est déposé pour approbation le 7 Aout 1931 (projet 501/S). Dés ce moment, il subit un certain nombre de coupes - somme toutes assez logiques - compte tenu du maintient en 2e cycle de la tourelle de 145mm LP dont on ne sait pas grand-chose des caractéristiques à ce stade.
- l'usine est limitée à deux groupes de 50 kW au lieu de 3 groupes (2x50 et 1x30 kW). Malgré cela elle contiendra quand même trois groupes identiques.
- l'atelier mécanique est reporté en 2e cycle et servira en outre de réserve complémentaire de gasoil en cas de construction de la tourelle et donc d'installation d'un troisième groupe. Un petit atelier sera cependant construit en bout de la grande galerie principale.
- une pente de 5,4% (dépassant les 5% maximum) est admise vers la casemate Maurienne car cette pente ne concerne qu'une courte distance.
- le projet propose d'utiliser les anciens locaux souterrains de la batterie casematée du fort du Sapey, ce qui est grandement supporté. Cela permet en outre de faire des économies sur d'autres locaux (magasin du Génie, magasins à munition des casemates Maurienne, chambres...).
Le problème potentiel d'infiltrations dans les anciennes galeries est noté et il est recommandé à la Direction de Grenoble de prendre contact avec la Direction de Briançon qui a traité avec succès une problématique semblable au JANUS.
La ventilation est simplifiée par rapport au projet d'origine : une ventilation principale alimente les locaux arrières (Entrée, usine, casernement) et les blocs observatoire et Fréjus ont leur propre filtration. L'ensemble est approuvé le 29 Aout 1931 (DM 3054 2/4 S).

L'ouvrage a la chance d'être localisé sous un fort existant. Les accès sont donc déjà établis à l'inverse des autres ouvrages du sous-secteur. Les relevés de travaux de Juillet/Aout 1931 montrent que les premières excavations ont commencé avant la validation formelle du projet, et avant celui des autres ouvrages. La galerie d'exploration fait déjà une centaine de mètres fin Aout 1931. Les terrassements souterrains ont 9% d'avancement.

Le dossier du bloc "Fréjus" (futur bloc 4) est présenté le 26 Janvier 1932 (projet 76/S de la DG Grenoble). La proposition est amendée par les services centraux dans le sens d'une réduction de coût tout en renforçant la résistance de la façade, vulnérable à des tirs possibles en provenance de Bardonecchia.
- l'orillon, très important dans le projet, est re-profilé et son mur arrière est restreint à une épaisseur de 2,50 mètres contre 2,75 mètres.
- A contrario, la façade se voit renforcée par un important massif entre les deux embrasures, qui sont reculées sous visières pour en accroitre la protection.
- un petit M3 pour la pièce Ouest est aménagé dans le mur épais entre les deux chambres de tir (il est expliqué qu'il est plus facile d'approvisionner un tel matériel par la gauche !), mur qui est lui-même prolongé vers l'arrière pour renforcer le supportage de la dalle de toiture.
- les lunettes fixes d'observation directe prévues sont supprimées car les pièces agissent à une portée rendant leur usage inutile.
- la reconstruction du terrain en rocaille au dessus de la fouille de bloc n'est pas jugée suffisante. La dalle de bloc sera prolongée vers l'arrière et la galerie d'accès et la fouille comblée par un mélange béton maigre et roche.
- les chambres de tir voient leur hauteur ramenée de 3 mètres à 2,70 mètres (approvisionnement par le sol et non par monorail).

De façon assez intéressante, l'ITTF fait remarquer que le magasin M2 du bloc est à la verticale de l'ancien fossé du fort au-dessus. Il fait donc la demande à ce que ce fossé soit comblé à cet endroit pour garantir 12 mètres d'épaisseur au-dessus du M2. Ce comblement est bien visible de nos jours.

Moyennant l'ensemble de ces ajustements, le projet de bloc Fréjus est approuvé par DM 1834 2/4 S le 19 Mai 1932.

Les travaux de l'été 1932 mettent en évidence des infiltrations importantes dans les galeries. La Direction de Grenoble propose de bétonner la galerie pour en assurer l'étanchéité, proposition rejetée par l'ITTF qui rappelle à la DG de Grenoble les bonnes pratiques décrites dans les notices standard, basées sur la construction de maçonneries étanchées par l'extrados dans la fouille.

Le projet 446/S de la casemate "Maurienne" est définie par la Direction de Grenoble le 2 Mai 1932. Groupe de casemates devrait-on dire plutôt puisqu'il s'agit de la récupération des deux alvéoles Sud de l'ancienne batterie casematée du fort du Sapey, datant de la fin du 19° siècle.

Le projet initial prévoit deux casemates parfaitement coaxiales. La CORF et l'ITTF font valoir qu'il serait préférable de les désaxer pour couvrir l'ouvrage de SAINT ANTOINE vers le sud (il était hors champ) et les pentes basses du Rateau d'Aussois vers le nord. Ceci entraine un changement d'orientation de 8° vers le sud pour le futur bloc 2 et de 10° vers le Nord pour le futur bloc 1. L'abri d'AMODON et l'ouvrage de SAINT GOBAIN sont bien couverts par les deux pièces de 75mm Mle 1929, mais la casemate annexe et l'ouvrage de SAINT ANTOINE ne sont couverts que par la pièce du B2.

De même que pour le bloc "Fréjus", il est recommandé de combler les fouilles avec un mélange plus résistant de roche jointoyée au béton maigre et de prolonger la dalle de protection de plusieurs mètres vers l'arrière avec épaisseur décroissante. La grande visière naturelle en rocher qui existait au-dessus des casemates anciennes doit aussi être supprimée de sorte à éviter que les ombres portées créées ne viennent signaler la façade des blocs à un observateur. Ce point particulier étant hors budget, il est mis en attente.

Le projet concernant le bloc observatoire (futur B3) est déposé pour avis le 8 Décembre 1932 par la Direction du Génie de Grenoble (projet 1354/S). Ce projet est approuvé par DM le 13 Février 1933 (DM 633 2/4-S) moyennant les modifications suivantes proposées par la CORF et l'ITTF:
- diminution des dimensions des locaux - surévaluées - pour regagner 90.000 F sur le dépassement de 140.000 F de devis.
- diminution du local de ventilation commun à l'observatoire et à la casemate "Fréjus" (B4).
Un gain supplémentaire est escompté du fait que la casemate "Maurienne" n'aura pas de filtration propre et sera alimenté en air dégazé pour moitié à partir de la filtration de l'entrée et pour moitié à partir de la filtration de l'ensemble Observatoire-Casemate "Fréjus".

Au printemps 1933 le gros oeuvre du bloc "Fréjus" est achevé et l'équipement a débuté. Au total, le rapport d'avancement de travaux précise que les terrassements intérieurs et extérieurs sont finalisés à 80%, les maçonneries à 75% et que le bétonnage est fait à 24%. En Avril, un échange entre la Direction de Grenoble et la STG permet de résoudre un problème d'installation de sous-sellette de canon-obusier de 75mm Mle 1929 dans le bloc "Fréjus". La construction des casemates "Maurienne" intervient au cours de l'été.

Peu de temps en suivant, le projet du dernier bloc - bloc Entrée - est déposé, suivi 10 jours plus tard par un correctif (projet 915/S du 9 Mai et correctif 965/S du 19 Mai 1933) car le devis du projet initial dépasse considérablement le budget alloué. Le rectificatif amène les commentaires suivants :
- augmentation de l'angle entre entrée et galerie principale pour améliorer le défilement et limiter le risque de projection d'éclats dans la galerie (avis CORF).
- rectification de la place disponible derrière le créneau de façade Nord-Est pour permettre la mise en place future d'un canon de 25mm (arme mixte prévue à terme).
- Ajout d'une goulotte à grenade à côté du créneau FM de défense interne de la salle de déchargement.
Le dépassement final par rapport au budget est ramené à 15.500 F.

Ce projet d'Entrée est finalement approuvé par DM 4573 2/4-S le 31 Juillet 1933.

Les travaux se poursuivent par le bétonnage de l'observatoire et la réalisation du bloc d'entrée à l'été et l'automne 1934. Après une petite polémique entre 4° Direction, Service du Matériel de Fortifications et Direction de Travaux de Grenoble sur la façon dont ces derniers avaient réceptionnés les matériels en fabrication, les 75/29 du bloc "Fréjus" et leurs cuirassements sont livrés début 1934 et installés.

L'été 1934 voit aussi la discussion du projet demandé en 1932 de rectification du terrain naturel au dessus des blocs "Maurienne" pour les rendre moins apparents. Le projet se monte à plus de 100.000 F, mais est tout de même approuvé en cohérence avec un budget rectifié de construction de l'ouvrage présenté fin 1933.

Fin 1934, le chantier est estimé réalisé à 68%, essentiellement du gros oeuvre, et la date prévisionnelle d'occupation possible de l'ouvrage est annoncée pour Aout 1935. La date est largement optimiste, car la détente temporaire avec l'Italie en 1935 va singulièrement ralentir les travaux. ce moratoire d'une année reporte la mise à disposition effective de l'ouvrage - pourtant le premier à avoir vu les travaux démarrer - en janvier 1938.

Un état des lieux effectué par la Chefferie de Chambéry en Novembre 1938 donne l'ouvrage réalisé à 99% :
- Gros oeuvre, usine et cuirassements achevés à 100%
- Aménagement intérieur finalisé à 95%.
- Armement installé à 90%. Manque une arme mixte prévue dans l'entrée.
200.000 francs de travaux sont planifiés pour 1939.

Sources : dossier d'approbation de l'ouvrage du Sapy - SHD carton 2V245
Rapports d'avancement de travaux CORF - SHD carton 7N3797 et 7N3847


DIVERS (Sans critère)


Un téléphérique reliait l'ouvrage du Sapey au Fort du Replaton (dénivelé 500m). Ce téléphérique mu à l'électricité a été démonté en 1963



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