Wikimaginot, le wiki de la ligne maginot




LAVOIR

( Ouvrage d'artillerie )









Secteur Fortifié
SFS - SF Savoie

Sous Secteur
Moyenne Maurienne

Quartier
Cols du Sud

Maître d'ouvrage
MIL - CORF

Constructeur
Entreprises civiles

Année
Commune
MODANE (73500)

Lieu-dit / Parcelle
Le Collet

Coordonnées
45.151617 - 6.632374

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940
Construit

Etat actuel
Complet





Plan sommaire








Notes et informations



CONSTRUCTION, Cartouche ou information constructeur


Le marché de construction de l'ouvrage a été adjugé à la Société Provençale de Travaux Publics


CONSTRUCTION, Cout


Le cout de construction de l'ouvrage est approximativement de 15 Mio de Frs de l'époque


CONSTRUCTION, Description


L'ouvrage du Lavoir est un ouvrage d'artillerie CORF à sept blocs dont deux entrées.

L'entrée des munitions :
- 1 créneau pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31, orienté vers la route en amont;
- 1 créneau pour arme mixte (Jumelage de mitrailleuse Reibel MAC 31 et canon AC 25), orienté vers le Charmaix, remplacée par un jumelage de mitrailleuses
- 2 créneaux FM, dont un à l'intérieur du garage de déchargement,
- 1 cloche GFM type A
- 1 cloche pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31
- 2 goulottes à grenades

L'entrée des hommes :
- 2 créneaux pour fusil mitrailleurs 24-29
- 1 créneau FM de défense intérieure de porte

Le bloc 1 (ex-casemate C1 du projet initial) :
- 2 créneaux pour canons-mortiers de 75mm/31
- 1 cloche pour jumelage de mitrailleuse non équipée, utilisée comme issue de secours
- 1 créneau FM de défense de façade
- 1 goulotte à grenades
A noter la présence d'une issue de secours en fond de fossé.

Le bloc 2 (ex-casemate C4 du projet initial) :
- 2 créneaux pour canons-mortiers de 75mm/31
- 1 créneau de défense de façade, de forme spécifique
- 1 goulotte à grenades
Ce bloc est aussi équipé d'une issue de secours en fond de fossé

Le bloc 3 (observatoire) :
- 1 cloche VDP

Le bloc 4 (ex-casemate C3 du projet initial) :
- 1 cloche lance-grenades (non équipée)
- 2 cloches pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31 orientées vers la Roue (gauche) et la Vallée étroite (droite). L'une de ces deux cloches JM aurait due être équipée d'une arme mixte.

Le bloc 5 (ex-casemate C2 du projet initial) :
- 2 créneaux pour canons-mortiers de 75mm Mle 1931 - orientés vers la Vallée Etroite
- 4 créneaux pour mortiers de 81mm Mle 1932, deux vers la Vallée Etroite et deux vers la Roue
- 3 créneaux FM de défense de façade, dont un - celui des 75 mm - a une forme particulière, identique à celui du B2.
- 2 cloches GFM type A, l'une couvrant le plateau entre le bloc et la cheminée, et l'autre couvrant les approches Sud et le B4.
- 3 goulottes à grenade
En sous-sol, une issue de secours sort dans le fossé sous les 75mm.

A ceci se rajoute un bloc passif en arrière, le bloc Cheminée, qui sert à l'évacuation des gaz viciés de la cuisine, l'usine et de la chaudière de chauffage central.


CONSTRUCTION, Mission, ou Fonction de l'objet


La mission de l'ouvrage est l'interdiction des débouchés des Cols du Sud , du vallon de la Roue et de la Vallée Etroite et le soutien de l'ouvrage du Pas du Roc.

Bloc 1 :
Couverture d'artillerie de l'ouvrage du PAS du ROC et du col de Fréjus.
Couverture d'infanterie vers la passe du Jeu

Bloc 2 :
Couverture d'artillerie de la Roue

Bloc 3 :
Observatoire au profit de l'ouvrage

Bloc 4:
Interdiction des débouchés du vallon de la Roue et de la Vallée Etroite

Bloc 5:
Couverture d'artillerie (Mortiers de 81) en direction de la Roue,
Couverture d'artillerie (obusiers de 75 mortiers de 81) de la Vallée Etroite,


EFFECTIF, Commandement et/ou unité


L'équipage de l'ouvrage du Lavoir est composé de 7 officiers et 218 hommes principalement issus des 71° BAF, 164° RAP et 4° Génie

Cdt d'ouvrage : Cne Deyris
Major d'ouvrage : Lt Pasquier

Cdt l'infanterie : SLt Cordier

Cdt l'artillerie : Cne Dubray
Cdt le SRA : Lt de La Chapelle
Cdt le PC Tir : Lt Comet

Cdt le B1 : Lt Calas
Cdt le B2 : SLt Ricour
Cdt le B3 :
Cdt le B4 : Asp Gachey
Cdt le B5 : Lt Naudy et Lt Chevilotte


EQUIPEMENT, Electrique


L'ouvrage est alimenté par le réseau civil en moyenne tension (10 200V) par une ligne aérienne depuis Modane, cette ligne dessert également l'ouvrage du Pas du Roc.
En cas de disparition du réseau civil l'ouvrage est alimenté par sa propre usine électrique.
Celle ci est dotée de 4 groupes électrogènes à moteur CLM 408 de 95 cv délivrant 70KW chacun et d'un groupe auxiliaire à moteur CLM 1PJ 65 de 8 cv assurant l'éclairage de l'usine et la production de l'air comprimé necessaire au démarrage des moteurs.

La puissance totale installée est de 131 kw, l'eau des moteurs est utilisée par un aérotherme permettant le rechauffage de la caserne.


EQUIPEMENT, Hydraulique


L'ouvrage est alimenté en eau par le captage par une source à proximité de l'entrée mixte
Le stockgae principal est assuré par quatre citenes de 30 m3, soit 120 000 litres


EQUIPEMENT, Transmissions


Le central principal de l'ouvrage est un central à 112 directions, composé de trois panneaux muraux pour 32 abonnés et d'un panneau mural pour 16 abonnés desservis par deux tables d'opérateur à 14 circuits.

Le central du SRA-PC Tir est un central à 64 directions composé de deux panneaux muraux 32 directions et d'une table d'opérateur à 14 circuits.

Un cable téléphonique entre dans l'ouvrage par l'entrée basse pour camions, et deux autres, dont celui venant des Granges de l'Arplane, par l'entrée haute.

L'ouvrage est doté d'un poste émetteur-récepteur ER 50.


GENERALITES, Spécificités


L'ouvrage du Lavoir présente la particularité d'être établi sur plus de 100 métres de dénivelé, avec son entre munition à 1 903m et le bloc 5 à 2 015 m. Le plan incliné reliant l'entrée munition aux oeuvres vives de l'ouvrage accuse 97 m de dénivelé pour 195 m de longueur.


ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle


2012 - Propriétaire : Commune de Modane


HISTORIQUE, Chronologie


La petite histoire : la gaffe ....

Selon une source somme toute bien informée, l'ordre donné de neutraliser les armes lors du Putsch d'Alger aurait été exécuté par le Génie avec un zèle particulier. Les tubes des pièces des ouvrages de ce secteur ont été découpés au chalumeau alors qu'il n'était à priori question sue de retirer les culasses des matériels d'artillerie.
Neutralisation définitive effectuée, chef ...


HISTORIQUE, Construction


1931 :

Un premier avant-projet de l'implantation de l'ouvrage et de ses blocs est proposé par la Direction du Génie de Grenoble fin 1930 et approuvé par Décision Ministérielle le 11 Avril 1931. Ce premier jet prévoyait l'ensemble de l'armement d'artillerie qu'on connaît à l'ouvrage, mais était incomplet dans la mesure où les feux d'infanterie et de défense des dessus et du périmètre n'avaient pas été traités. L'entrée de l'ouvrage devait se tenir sur le versant exposé, à la localisation de l'entrée Hommes actuelle. La DM d'approbation contenait donc plusieurs réserves et demandait qu'un bon nombre de points en suspend soient traités, incluant la problématique de l'entrée de l'ouvrage (exposition, route couteuse d'accès...).

Le chantier de la route d'accès allant de la caserne du REPLAT jusqu'à l'ouvrage est lancé. En juillet 1931, 25% des terrassements et maçonneries de celle-ci sont réalisés et "avancent rapidement".

Suite à une visite sur site du Général BELHAGUE le 1er Octobre 1931, cet avant-projet est contesté plus avant par la CORF au motif d'un désaccord sur l'organisation générale et l'implantation de deux blocs importants de l'ouvrage :
- la casemate C1 (futur Bloc 1 de l'ouvrage) est jugée trop proche de l'à-pic.
- la casemate C2 (futur Bloc 5 de l'ouvrage) est considérée mal conçue. La chambre de tir des mortiers de 81mm "Vallée Etroite" est placée sous la chambre des 75mm/31 de même orientation ce qui est considéré comme non acceptable compte tenu du poids en dessus des cuirassements frontaux massifs type "RIMPLAS" prévus pour protéger ces pièces de 75mm quasi-frontales. Le même type de cuirassement est prévu pour le futur Bloc 2.
La CORF demande donc que ces deux points soient corrigés - en plus du reste - avant d'aller plus avant.

Un nouvel avant-projet technique amendé est donc proposé le 9 Octobre 1931 (695/S de la DG Grenoble) et discuté avec la CORF, le SMF (Service des Matériels de Fortification) et le Général BIRCHLER, Inspecteur Technique des Travaux de Fortification. Il prévoit en effet un recul de la casemate C1, et la casemate C2 se présente maintenant avec une chambre de tir pour 81mm "Vallée Etroite" à côté de la chambre de tir pour 75mm et non plus en-dessous. Enfin une cloche LG est rajoutée au bloc C3 (futur bloc 4) qui comportait déjà un créneau pour Mo50. Les points suivants sont abordés:
- le déplacement de la chambre de tir de 81mm/32 à côté des 75mm/31 offre l'opportunité de mettre la fosse à douilles de ces derniers sous les chambres de tir, économisant le toboggan à douilles jusqu'aux galeries profondes
- cette disposition permet aussi de stocker des munitions de 81mm à l'étage inférieur du bloc, permettant d'économiser sur le M2 au niveau galerie
- le rajout d'un cloche LG à la casemate C3 est vu comme une bonne idée, mais du coup inutile de conserver le créneau Mo50.
- le projet prévoit deux blocs cheminée, un pour les fumées de cuisine et l'autre pour l'air vicié et le chauffage. Il est fortement suggéré de grouper tout cela en un et un seul conduit et bloc cheminée, à traiter au moins en protection 1.
- le rapport met en avant l'opportunité qu'il y aurait à capter la source repérée à côté de l'entrée de l'ouvrage lors des travaux de fouilles de ce bloc à l'été 1931.
- l'installation d'un aéro-refroidisseur pour les groupes de l'usine dans l'entrée "Hommes" est remise en cause
- l'ensemble des autres commentaires porte sur des détails du casernement et des galeries, avec pour but de réduire les coûts autant que possible.
L'estimé du cout de construction est considéré largement sous évalué du fait d'une erreur sur le coût unitaire des cuirassements de 75mm. L'utilisation de cuirassements d'embrasures frontales type "RIMPLAS" sur 4 embrasures entraine un surcoût - non pris en compte - de 800.000 F portant l'addition totale à 13 MF contre un budget initialement approuvé en 1930 de 10,9 MF réévalué un première fois à 12,1 MF en Avril 1931.

Pour permettre d'avancer sur le chantier des galeries, ce second avant-projet technique est approuvé partiellement le 25 Novembre 1931 (DM 4108 2/4-S), le chapitre ventilation et la partie blocs de combat restant réservées à un examen plus approfondi visant à rattraper le dépassement de budget. Les éléments concernant la ventilation sont définis et commentés courant décembre 1931, entrainant une deuxième approbation le 21 Décembre 1931 (DM 4504 2/4-S) englobant la précédente.

1932 :

Le premier bloc à être défini et examiné (projet 78/S du 28 Janvier 1932 de la Direction du Génie de Grenoble) est la casemate C1 - Futur Bloc 1 - 2x 75mm/31 et cloche jumelage "Fréjus". Ce bloc tel que conçu est conforme à l'avant-projet et ne soulève donc pas de débats de fond. La CORF fait cependant remarquer qu'outre la direction dangereuse sud vraie pour l'ensemble de l'ouvrage, direction de laquelle elle est protégé par le fort orillon droit, la casemate fait pile face à une autre direction dangereuse à longue distance (tirs à partir de Bardonnèche et du Mont Jaffereau). A ce titre, il convient de renforcer la protection des pièces par une visière plus grande et un fort massif entre les chambres de tir. Ce massif augmenté entraine la nécessité de supprimer les lunettes d'observation de chambre de tir, fonction qui sera - informellement - reprise par la lunette du jumelage de cloche... Le design de la fosse à douilles est par ailleurs rectifié par le SMF (Service des Matériels du Génie).

Moyennant ces modifications, le projet du bloc C1 est finalement approuvé par DM 1923 2/4-S du 9 Mai 1932, à temps pour le début de la campagne de terrassement 1932.

Le projet 190/S de la casemate C4 (futur bloc 2 de l'ouvrage) est déposé le 29 Février 1932 alors que le puits de ce bloc est déjà partiellement creusé et que le bétonnage est prévu pour l'année en cours. Les commentaires soulevés et demandes de modifications sont les suivantes :
- Compte tenu de directions dangereuses en provenance du col de la Roue et du col de Fréjus, le profil des massifs d'encastrement des cuirassements type RIMPLAS des créneaux est corrigé pour limiter l'effet entonnoir et améliorer la tenue de ceux-ci.
- L'orillon à droite du bloc est à renforcer un peu pour tenir compte du risque de tir à partir de Bardonnèche / Jaffereau déjà évoqué dans le cas de la casemate C1 approuvée précédemment.
Le projet présenté annonce un prix de 1.120.000 F, qui ne peut pas être comparé au devis initial et approuvé car les avant-projets de la Direction de Grenoble ne donnent pas la répartition du budget par bloc.

Le projet de la casemate C4 (B2) est donc approuvé sous condition de réalisation des modifications demandées le 23 Mai 1932 par DM 2102 2/4-S. Par contre, le début de bétonnage prévu pour 1932 semble avoir été reporté sur 1933. L'année 1932 ne voit que des travaux de terrassement.

Le bloc principal de l'ouvrage, la casemate C2 (futur bloc 5 de l'ouvrage - 2 mortiers de 75/31, 4 mortiers de 81/32) est examiné ensuite par les instances pertinentes suite au dépôt du projet 1233/S le 15 Novembre 1932. Il soulève les commentaires suivants :
- la pente pour monter au magasin M2 du bloc depuis le haut du casernement est jugée trop pentue (2,4%) compte tenu du volume à manutentionner. Il est recommandé par l'ITTF de ramener cette pente quasiment à l'horizontale, ce qui approfondit le puits du bloc de 0,30 mètres, différence à rattraper - à cage d'escalier inchangée - en jouant sur la hauteur de marche de quelques millimètres. Cette demande n'est pas jugée problématique puisque sur le terrain cette galerie est seulement entamée.
- le rajout souhaité d'un PC de tir pour les 81mm à l'étage inférieur du bloc à la place d'une chambre pour 10 hommes pourra être compensé par l'installation d'une chambre pour 6 hommes à la place du réservoir d'eau sous la chambre des 81mm "Vallée Etroite". Le réservoir est déplacé sous la chambre de tir des 75mm..
- Il est recommandé de rajouter une issue de secours au bloc, non prévue dans le projet, pour permettre les sorties pour réparations.
- le mur de refend entre les deux chambres de tir des mortiers de 81mm "Vallée Etroite" doit être prolongé le plus possible pour participer à un soutien efficace de la dalle de toiture. Nota : Ce type de remarque a été fait de façon quasi systématique sur les projets de la Direction de Grenoble...
- Le créneau FM de défense de façade des mortiers de 81mm "Col de la Roue" doit être surélevé de 1,4 m pour pouvoir tirer par-dessus la contrescarpe du fossé et donc participer à la défense périphérique. Une plateforme d'accès est donc à rajouter.
- Comme au SAINT GOBAIN, le détail des magasins à munitions de 81mm du bloc ainsi que des ascenseurs / norias de manutention vers l'étage de tir est réservé en attente des expériences faites dans le Nord-Est.
- Il est proposé de tourner la cloche arrière de 19° dans le sens des aiguilles d'une montre pour permettre à son créneau droit de prendre la cloche avant du bloc sous son feu.
- Enfin, le bloc doit être compartimenté correctement par des portes étanches entre chacune des sections de tir à chaque étage, ce qui n'apparait pas dans le projet proposé.

Annexé à son avis, le général ITTF contre-propose à Grenoble un plan du bloc intégrant tous ces changements et qui est très proche de ce qui sera finalement construit. Le projet de casemate C4 (Bloc 5) est approuvé par DM 35 2/4-S du 4 Janvier 1933 moyennant ces modifications et la prise en compte d'une note tardive du Général BELHAGUE demandant à ce que le coût total de ce bloc soit réduit de 100.000 F.

Un projet corrigé de la casemate C2 est donc généré par la Direction de Grenoble le 12 Janvier 1933 (n° 45/S) permettant de finaliser la prise en compte de l'ensemble de ces remarques. Une des façons adoptées pour réduire le coût est de diminuer l'épaisseur du mur de contrescarpe des fossés de mortiers de 81mm de 2,00 mètres à 1,75 mètres. Ce projet corrigé définitif est approuvé à son tour le 27 Janvier 1933 (DM 370 2/4-S).

1933 :

Le bloc observatoire (futur Bloc 3) est proposé début Décembre 1932 et approuvé en l'état le 23 Janvier 1933 (DM 295 2/4-S). Il est juste signalé que ce bloc souffre d'un angle mort important sur la route montant de Pont-Nuaz, zone morte qui devra être observée par un "observatoire annexe". Notons tout de même un débat intéressant entre l'ITTF et la STG concernant cet observatoire :
Le général ITTF propose l'installation de deux box-cabines téléphoniques séparées dans la chambre des observateurs du bloc, une pour les communications d'artillerie et une pour les communications d'observation de commandement d'ouvrage et d'infanterie. Ce type de commentaire faisant clairement référence à une double fonction d'observation artillerie-infanterie (commandement) est inédit dans un contexte où les observatoires sont à priori uniquement dédiés à l'artillerie. En réponse, la STG - reconnaissant l'utilité d'un raccordement à un PC ou des PC pour des finalités d'observation différentes - valide bien l'installation de deux prises téléphoniques, mais plus dans une logique prise principale (utilisée directement de la cloche) et prise de secours (dans le local des observateurs). Dans ce cadre, deux cabines séparées ne sont plus nécessaires et ce point ne sera pas intégré dans le projet.

Au 1er Avril 1933, les l'avancement des travaux de terrassement intérieur et extérieur est estimé à 60%. L'été 1933 voit la fouille et la coulée des blocs C1, C2 (futur bloc 5) et Observatoire. Le percement des galeries hautes est achevé et les travaux de maçonnerie intérieure sont en cours, en retard cependant sur les programmes.

La question de l'accès et de l'entrée de l'ouvrage est abordée au travers de l'envoi d'un avant-projet par le Génie de Grenoble concernant les options possibles, le 26 Aout 1933 (avant-projet 1476/S). L'accès envisagé en hauteur par la rive gauche amène à construire une route couteuse dans un versant géologiquement instable et exposé aux coups ennemis. Ce point a probablement été mis en évidence par les travaux de 1932 et 1933 nécessitant un accès aux galeries en construction, mais ce n'est pas confirmé par les archives vues à date. Il est juste laissé entrevoir un problème de glissement de terrain entrainant un fort surcout de remise en état de la route.

Plusieurs alternatives sont présentées et celle qui est préférée prévoit :
- une entrée basse pour camions sur rive gauche, avec pont en aval et aire de retournement avant le pont. Cette entrée basse participe à l'interdiction de la route Modane-Fréjus et est reliée au reste de l'ouvrage par un plan incliné ascendant.
- une entrée haute "muletière" simplifiée, en lieu et place de l'entrée mixte prévue initialement dans l'avant-projet de l'ouvrage. Cette entrée haute comporte un sous-sol accueillant l'aéro-refroidisseur et un local TSF.
Cette proposition à deux entrées et plan incliné est supposée d'un coût proche ou à peine supérieur à l'entrée unique d'origine et la route montante y accédant. Ce point est cependant réservé pour confirmation dans l'approbation finale du principe, accordée le 9 Septembre 1933 (DM 5144 2/4-S), et qui reste assujettie à une évaluation géologique du tracé du futur plan incliné.

Le 27 Décembre 1933 (Document 2233/S), l'avant projet de l'ensemble constitué par les entrées et le plan incliné est présenté, et validé par DM 858 2/4-S le 9 Février 1934. Il est simplement suggéré de reculer le pont d'accès de quelques dizaines de mètres vers l'aval du ruisseau pour ne pas l'inclure dans un éventuel bombardement de l'entrée basse. La zone de retournement des camions, prévue rive droite avant le pont peut être du coup positionnée entre le pont et l'entrée. Le coût affiné de l'ensemble dépasse sensiblement le devis initial de l'entrée et de la route datant de 1932, et donc nécessite des économies à envisager lors de la conception de détail des blocs et du plan incliné.

1934 :

C'est à la même période que se situe l'examen du dernier bloc actif de l'ouvrage, la casemate C3 (futur bloc 4 de l'ouvrage). Déposé le 23 Décembre 1933 (projet 2246/S) et prévoyant une cloche pour JM, une cloche pour JM transformée AM et une cloche LG, il est approuvé par DM 1424 2/4-S du 3 Mars 1934. Les seules modifications demandées concernent :
- la diminution de surface du vide central de la cage d'escalier du puits, le monte-charge éventuel pouvant être choisi dans les petits modèles. Ceci permet de réduire le coût et d'augmenter la place disponible dans le bloc pour les munitions de la cloche LG.
- l'inclinaison de la dalle de toiture côté ennemi. L'arme mixte de cloche JM modifiée ne sera jamais installée.
- comme pour tous les autres blocs conçus par Grenoble pour le Lavoir, il est recommandé de placer le ventilateur de bloc au pied de puits plutôt que dans un local à mi-puits.

Le projet des entrées et du grand plan incliné ascendant sont présentés pour approbation le 11 Avril 1934 (projet 675/S). D'emblée le projet de l'entrée haute muletière est rejeté, entrainant une évaluation formelle limitée à l'entrée basse pour camion et au plan incliné.
Les amendements imposés sont les suivants :
- compte tenu de la criticité du pont traversant le torrent en aval de l'entrée pour camions et hommes, il convient de le renforcer et de le construire en béton. Un nouveau projet doit être envoyé.
- il convient de renforcer le mur de soutien de la visière de l'entrée côté Nord et de reporter la chambre d'homme plus en arrière pour lui garantir une protection par le terrain suffisante. Ce dernier point ne sera pas appliqué.
- la réservation proposée pour une barrière anti-char fermant par gravité la route de l'autre côté du torrent est jugée positivement. La barrière sera actionnée par câble à partir du bloc.
- concernant le plan incliné, le seuil haut devra être fermé par une porte blindée à sa jonction avec la galerie.

Pour permettre la ventilation de l'ouvrage en régime air-pur par l'entrée haute, il est recommandé de mettre un carneau de by-pass qui permette de tirer de l'air extérieur même porte blindée fermée. En version finale ceci se traduira par un simple passage avec grille en avant de la porte étanche du bloc. Cette même entrée haute devait collecter l'ensemble des cheminées de fumées et air vicié de l'ouvrage en lieu et place de la cheminée originalement prévue. Ce point est aussi contesté par la STG au motif que cela entrainerait des canalisations uniquement horizontales, parfaitement impropres à un tirage acceptable. La STG préconise donc de revenir à une cheminée avec longueur verticale importante, hors bloc d'entrée.

Ce dossier "entrée basse et plan incliné" est approuvé par DM 5156 2/4-S le 6 Aout 1934, permettant le lancement rapide des travaux.

Suite à son rejet, le projet de l'entrée haute est représenté après rectification le 11 Mai 1934 (895/S) et traité selon un processus séparé de l'entrée pour camions. Ce nouveau projet tient en particulier compte des recommandations de la CORF pour réduire le cout de l'ensemble. La cloche GFM a été supprimée et les locaux simplifiés, mais la cheminée reste prévue dans le bloc. Le général BELHAGUE fait remarquer que les dessus de ce bloc ne sont pas couverts et que par conséquent la cheminée générale et la prise d'air prévues dans le bloc sont très vulnérables. La nécessité de prévoir une cheminée séparée dans la zone sous couverture du futur bloc 5 continue donc de faire son chemin après l'avis de la STG. Ce projet est rejeté à nouveau.

Pour parfaire la protection de l'entrée supérieure contre une attaque d'infanterie par le dessus, un projet de grille défensive est présenté le 3 Octobre 1934 (2276 S) avec deux options :
- une grille horizontale à trois niveaux et réseau barbelé placée sur la visière au dessus de l'antenne radio du bloc
- une grille verticale simple sur la toiture du bloc, légèrement en retrait de la visière.
La première option est rejetée par la Direction du Matériel de la Télégraphie Militaire du fait de l'impact de cette grille sur la performance de l'antenne en émission-réception.

La grille verticale est donc approuvée, pour peu qu'elle soit suffisamment reculée de la visière pour empêcher de voir l'antenne, et sera installée effectivement mais sans tenir compte des recommandations de renforcement mécanique du général ITTF pour des raisons de coût. On peut voir de nos jours le résultat de cette décision : la grille a plié progressivement à l'horizontale du fait de la poussée accumulée des couches de neige hivernales.

Durant l'année, les travaux avancent cependant bien permettant d'annoncer un taux de réalisation global de 60% au 1 Octobre 1934.

1935 :

A l'occasion de ces échanges sur la grille défensive, la Direction du Génie de Grenoble fait savoir qu'elle continue de travailler sur les détails de l'entrée haute et devrait pouvoir présenter quelque chose sous peu. Le 7 Février 1935, c'est chose faite : le projet 314/S de Grenoble pour l'entrée haute et le bloc cheminée final est présenté à approbation des instances centrales, avec plusieurs variantes.

Celle qui a les faveurs du panel d'évaluation contient toujours l'aéro-refroidisseur en sous-sol et son évacuation d'air chaud en façade de bloc, côté orillon. On ne parle plus d'accès muletier et la largeur du couloir d'accès, juste réservé à des hommes, fait 0,90 mètres de large. Une chicane d'entrée d'air frais est ménagée dans le couloir d'entrée avec grille au droit du couloir. La CORF approuve le projet tout en regrettant le retour du bloc cheminée pour 230.000 F alors qu'elle avait été favorable à sa suppression lors des projets successifs. L'ITTF - tout en validant le bloc cheminée contre l'avis de la CORF - est plus réticent sur le reste, critiquant la trop grande portée de la visière de l'entrée (8,25 mètres sur le projet le plus favorable), la largeur excessive du couloir, la position de la sortie de l'aéro-refroidisseur et le manque de précision du détail d'organisation de la recette haute du plan incliné et de sa porte blindée.

Le projet final, encore modifié pour tenir compte de ces derniers commentaires, est validé par DM 2898 2/4-S du 15 Avril 1935. La coulée de cette entrée et de la cheminée peut enfin commencer.

Les péripéties ne sont cependant pas achevées. Le Général ITTF fait parvenir le 23 Mai 1935 à la STG, pour avis et amendement éventuel, le projet du pont renforcé devant permettre le franchissement du torrent des Herbiers pour atteindre l'entrée basse pour camions et de l'aire de retournement des camions. Ce projet est produit par la Direction du Génie de Lyon et non plus celle de Grenoble. Compte-tenu de la criticité de ce pont, la STG suggère de construire le tablier en poutrelles d'acier renforcées par du béton et ancré sur des massifs solides. Le total, pont, accès et aire de manœuvre revient au total à de 290.000 F.

L'année 1935 est entachée d'un net ralentissement des travaux du fait d'une détente temporaire des relations politiques avec l'Italie.

L'ouvrage, prévu pour être utilisable au 1er Septembre 1936 lors du rapport d'avancement d'Avril 1934, prend une année de retard de ce fait. Courant 1936 et 1937, l'équipement continue mais au 1er Octobre 1937 le taux de réalisation n'est encore que de 80%, avec date possible d'occupation courant 1938. Un état des lieux effectué par la Chefferie de Chambéry en Novembre 1938 donne l'ouvrage réalisé à 99% :
- Gros oeuvre, usine et cuirassements achevés à 100%
- Aménagement intérieur finalisé à 80%, achevable en Décembre 1939.
- Armement installé à 95%. Manquent les trois armes mixtes prévues sur l'entrée basse et au B4, ainsi que le LG de cloche.
- Transmissions : 20%

En réalité, les travaux s'étendront jusqu'en fin 1939, avec un dépassement du devis initial de prés de 50%.

Sources : Dossier d'approbation - SHD carton 2 V 245
Avancement des travaux - SHD carton 7 N 3797


DIVERS (Sans critère)


L'ouvrage est alimenté par un téléphérique dont la station basse est installée au Charmaix et la station haute au casernement du LAVOIR.



© 2018 -Tous droits réservés wikimaginot.eu - Cette page a été mise à jour le 01/04/2018