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ARRONDAZ

( Ouvrage d'infanterie )









Secteur Fortifié
SFS - SF Savoie

Sous Secteur
Moyenne Maurienne

Quartier
Cols du Sud

Maître d'ouvrage
MIL - CORF

Constructeur
Mixte (Civil - MOM)

Année
1935

Commune
MODANE (73500)

Lieu-dit / Parcelle

Coordonnées
45.145581 - 6.659080

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940

Etat actuel





Notes et informations



ARMEMENT, Infanterie


L'ouvrage d'infanterie d'Arrondaz se compose de deux demi-ouvrages :

Premier demi-ouvrage (mitrailleuses) :

Bloc d'entrée
- 1 créneau pour FM sur porte

Bloc 1 : Observatoire
- 1 cloche VDP par éléments type STG équipée d'un périscope J2
- 1 créneau FM

Bloc 2 : Casemate d'infanterie
- 2 créneaux pour jumelage de mitrailleuse prenant en enfilade la route d'accès et le vallon du Fréjus.

Entrée de Secours
- 1 créneau pour FM sur porte

Deuxième demi-ouvrage (Stokes) inachevé :

Bloc d'entrée
- 1 créneau FM
- 1 créneau FM sur porte

Entrée de Secours
- 1 créneau pour FM sur porte

Deux positions de mortiers à l'air libre dirigées vers l'ouvrage du Pas du Roc et vers le col de Fréjus.


Les deux blocs du second demi-ouvrage ainsi que la galerie de liaison des deux demi-ouvrages n'ont pas été construits.


CONSTRUCTION, Cout


Le cout de construction de l'ouvrage est d'environ 1,8 millions de francs de l'époque, dont 1,5 MF pour le Génie.

Source : SHD-Carton 7N3847


CONSTRUCTION, Mission, ou Fonction de l'objet


Interdiction la route venant du col du Fréjus et observation d'artillerie au profit de l'ouvrage du Pas du Roc


DENOMINATION, Indicatifs et n° d'abonné


L'observatoire porte pour l'artillerie l'indicatif O6


EFFECTIF, Commandement et/ou unité


L'équipage de l'ouvrage d'Arrondaz est issu de la 20 Cie Mixte du 81°BAF.
Il se compose de 54 hommes placés sous les ordres du Lt Desgrange
Le commandement de la section de mortiers est dévolu au Lt Bégué


EQUIPEMENT, Divers


Le chauffage de l'ouvrage était assuré par une chaudière bois-charbon et un réseau de radiateurs.


EQUIPEMENT, Electrique


L'ouvrage ne dispose d'aucune installation électrique, l'éclairage était assuré par des lampes à bougie ou à pétrole et la ventilation était manuelle


EQUIPEMENT, Hydraulique


L'alimentation de l'ouvrage est assurée par une source proche. Le stockage est assuré dans une citerne de 2000 litres


EQUIPEMENT, Transmissions


L'ouvrage d'Arrondaz est relié au réseau téléphonique de la fortification par une nappe enterrée provenant de la boite de coupure 217 située à proximité.
Il est par ailleurs relié à l'ouvrage du Pas du Roc et à la boite de coupure 126 (Fréjus) par deux nappes enterrées.


EQUIPEMENT, Ventilation


Le système de ventilation de l'ouvrage était actionné à bras ? Il est dépourvu de système de filtre, une attaque par gaz à cette altitude étant jugée à l'époque impossible.


ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle


Situé en plein coeur du domaine skiable de Valfréjus, l'ouvrage d'Arrondaz est partiellement recouvert par les terrassements des pistes de ski.
Seuls subsistent encore le bloc mitrailleuses qui est utilisé comme local de groupe électrogène pour le téléphérique et la cloche observatoire.


HISTORIQUE, Chronologie


Après une importante préparation d'artillerie italienne au cours de laquelle il sera pris à partie par les canons de 149 italiens (les impacts sont encore visible au tour de l'ouvrage) le 21 juin 1940, l'ouvrage d'Arrondaz fera l'objet d'un assaut d'infanterie qui sera contenu puis repoussé par l'artillerie des ouvrages alentours (Pas du Roc, Lavoir, Sapey).
Le 24 juin, profitant du brouillard et en empruntant des itinéraires détournés, l'infanterie italienne parvient jusqu'aux abords de l'ouvrage ; ils en sont chasés par une sortie de la garnison se défendant à la grenade et un violent tir d'épouillage effectué par les mortiers de l'ouvrage du Pas du Roc.

Au moment du cessez-le-feu, l'ouvrage et la garnison sont intacts.
L'ouvrage d'Arrondaz sera ensuite tenus par les allemands à partir de septembre 1944, qui ne l'abandonneront que fin avril 1945 lors de leur retraite malgré de nombreuses tentatives des forces de libération pour le reprendre.

Source : HUYGEN Georges - Yoan Konieczny


HISTORIQUE, Construction


Dans les plans initiaux de la CORF en 1930, l'ouvrage d'Arrondaz devait comporter une casemate d'infanterie pour mitrailleuse et un bloc pour deux mortiers.

L'avant projet soumis en Mai 1931 est sensiblement moins ambitieux, car comportant déjà une séparation en deux petits ouvrages, un pour deux mitrailleuses avec deux entrées et un observatoire, et un second - réduit à un simple abri caverne - supposé abriter une section de mortiers Stokes. Cet avant-projet prévoit la liaison entre les deux parties et avec les positions de combat à l'air libre (FM et mortiers) par tranchées couvertes. La liaison souterraine entre les deux parties est prévue pour une réalisation de temps de guerre. Cet avant-projet est partiellement approuvé le 9 Juillet 1931 (DM 2386 2/4 S), des débats existant encore sur les blocs de surface. Le feu vert est cependant donné par le ministère pour engager les travaux souterrains par la MOM en fonction des moyens et conditions météorologiques, au moins pour réaliser un abri d'altitude.

Les choses avancement lentement jusqu'en Septembre 1934, date d'une reconnaissance sur le terrain du Gal BELHAGUE de la CORF. Peu satisfait de la situation, celui-ci demande qu'un projet remanié soit proposé (note 930/ORF du 2 Octobre 1934). Il est encore temps, car à cette date, seules les galeries ont été percées, à l'exclusion de tous autres travaux.

Le 2e projet est présenté le 15 Février 1935 par la DG de Grenoble. Ce projet prévoit un ouvrage "Mitrailleuse" plus compact et avec une entrée en moins, et un ouvrage "Stockes" renforcé avec un créneau FM sur l'entrée Sud. Les liaisons par tranchées couvertes disparaissent mais la liaison souterraine "de temps de guerre" est toujours prévue. Après les habituels aller-retours avec les diverses parties prenantes, le projet est validé le 1 Mai 1935 (DM 2408 2/4 S).

La marché est passé à une entreprise privée en 1935 (nom inconnu) mais les conditions météo exécrables à l'été 1936 et les retards de l'entreprise entrainent litige et l'ouverture d'un nouvel appel au marché sur liste de prix en Juin 1937 pour compléter l'achèvement de l'ouvrage. A cette date, l'ouvrage n'est achevé qu'à 50% et considéré comme tout juste "occupable" comme abri. Il ne sera théoriquement utilisable qu'au mieux fin 1938.

Un état des lieux effectué par la Chefferie de Chambéry en Novembre 1938 donne l'ouvrage réalisé à "100% (sic)" :
- Gros oeuvre, usine et cuirassements achevés à 100%, suite à travaux importants en 1937 (70% fin 1937)
- Aménagement intérieur finalisé à 80%, achevable en Décembre 1939.
- Armement installé. Manque cependant les FM prévus sur l'entrée et sous cloche.
- chantier de l'abri Stockes non prioritaire.

Compte tenu du retard accumulé, l'ouvrage - en particulier la partie "Stokes" - sera cependant inachevé (et partiellement équipé) en Juin 1940.

Sources : Correspondances STG-ITTF-Génie de Grenoble - SHD carton 2V245
Rapports d'avancement de travaux - SHD carton 7N3797 et 7N3847



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