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BOUSSOIS

( Ouvrage d'infanterie )









Secteur Fortifié
SFMA - SF Maubeuge

Sous Secteur
Thiérache

Quartier

Maître d'ouvrage
MIL - CORF

Constructeur
Entreprises civiles

Année
1937

Commune
BOUSSOIS (59168)

Lieu-dit / Parcelle
Fort de Boussois

Coordonnées
50.294906 - 4.052949

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940
Construit

Etat actuel
En ruine





Notes et informations



ARMEMENT, Infanterie

Bloc 1 : Casemate simple flanquant vers le Nord-ouest, entrée de l'ouvrage, et équipée de:
- 1 créneau JM
- 1 créneau JM et canon AC de 47mm
- 1 cloche GFM
- 1 cloche pour arme mixte frontale, tirant vers la Cense du Fagne
- 5 créneaux FM de défense rapprochée

Bloc 2 : Bloc-tourelle
- 1 tourelle 2 armes mixtes n˚553, (ex-75 des Chantiers de la Loire)
- 1 cloche GFM

Bloc 3 : Casemate simple flanquant vers l'Est
- 1 créneau JM
- 1 créneau JM/AC47
- 2 cloches GFM (dont une sert d'observatoire pour l'Artillerie)
- 1 tourelle AM + Mo 50 (n° 605), dont le champ de tir est limité par sa position aux 180° frontaux du bloc.
- 1 créneau FM de défense de façade et une goulotte à grenades
Le bloc 3 est équipé d'une issue de secours en sous-sol.


CONSTRUCTION, Cout

Le marché de la construction du gros-œuvre se monte à 8 260 000 francs de l'époque. L'ouvrage coutera environ 10,5 millions de F en fin de compte.


CONSTRUCTION, Description

L'ouvrage de Boussois est un ouvrage d'artillerie projeté dont seuls les 3 blocs d'infanterie ont été construits.

Il a été construit sur le Fort de Boussois (Fort-de Kilmaine) érigé entre 1881 et 1883 dans le cadre des fortifications du système Séré de Rivières.

Il est composé de deux casemates d'infanterie simples flanquantes, encadrant un bloc pour tourelle à deux armes mixtes, le tout relié par galerie souterraine avec locaux (usine, caserne) à la cote -30 m.


EFFECTIF, Commandement et/ou unité

L'équipage du Fort de Boussois était issu de la 102° CEO du 84° RIF
Il était composé de 5 officiers et de 195 hommes

Cdt d'ouvrage : Cne BERTIN Maurice
Cdt l'infanterie : Lt LEMAIRE Roger
Cdt le Génie : Lt CHAPPIER
Médecin : Lt Médecin DRAMEZ

Bloc 1 : Lt VANNEUVILLE
Bloc 2 : AC LORIAUX
Bloc 3 : Lt VANTREPOTTE Louis et lt DOXCELLIN René (Obs artillerie)

Le Cne BERTIN commande en même temps la 102e CEO du 84e RIF.


EQUIPEMENT, Transmissions

Un central téléphonique d'observation avec standard à 32 directions est prévu dans le bloc 3 adjacent à la cloche GFM/J2. Ce central est relié au central principal de l'ouvrage proche du PC dans le casernement.

L'ouvrage est équipé de deux postes récepteurs installés dans le Bloc 3 et reliés à la courte antenne de 6m sur visière (3 poteaux de support). Le poste émetteur est installé au bloc 1.
Source(s) :
SHD 2V244



ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle

L'ouvrage a été totalement ferraillé après guerre, et se trouve dans un état d'abandon total.

Il se situe en terrain militaire, et est noyé dans la végétation. Ses accès sont - en principe - murés.


HISTORIQUE, Chronologie

Quelques jours avant le 10 Mai, le Capitaine VIGROUX du 23° Régiment du Train, est sanctionné et mis aux arrêts de rigueur. Il est envoyé purger sa peine d'arrêt dans l'ouvrage de BOUSSOIS (contre l'avis du commandement de l'ouvrage...). Présent là par le pur fait du hasard donc moment de l'attaque allemande, il se met à la disposition et sera impliqué dans la défense de l'ouvrage.

Au 10 Mai l'ouvrage est prêt à combattre, bien que partiellement incomplet :
- le Mo50 de la tourelle AM/Mo50 du bloc III n'est pas installé.
- les autres Mo50 de cloche n'ont pas leurs supports, et celles-ci n'ont pas reçu leurs blocs jumelles spéciaux.
- Certains créneaux de FM de défense rapprochée n'ont pas reçu leur trémie FMB.
- le masques de créneaux JM n'ont pas reçu leurs renforcements.

Jusqu'au 15 Mai, l'équipage de l'ouvrage met du personnel à disposition pour garder les points d'entrée à la frontière. Celui de Cousolre, tenu par le Lt VANNEVILLE et son équipe, est bombardé et mitraillé par l'aviation allemande, sans pertes.

- 15 Mai 1940 : les premières bombes allemandes tombent sur le village et le terrain d'aviation à côté du bois d'Elesmes. Une première bombe tombe sur l'ouvrage (angle sud-ouest de la contrescarpe). Dans la soirée, les piquets antichar Ollivier stockés là sont mis en place.

- 16 Mai 1940 : suite à la nouvelle de la chute d'Eben-Emael du fait de parachutistes, les réseaux sur le dessus de l'ouvrage sont renforcés, notamment autour des cloches. Le reflux des troupes alliées est maintenant tel que l'ouvrage reçoit l'ordre de réouvrir les barrages de route pour permettre les mouvements.
A 16h, l'alimentation électrique par l'arrière s'arrête, nécessitant le démarrage de la centrale de l'ouvrage. Un montage ad-hoc est fait avec un Mo50 pour pouvoir équiper la tourelle AM/Mo du bloc III.

- 17 Mai 1940 : l'ennemi est au contact de l'ouvrage côté avant. A l'arrière, les combats se propagent dans Maubeuge et se rapprochent par le faubourg de Mons.

- 18 Mai 1940, après un court réglage, le bombardement au 150 et 210 de l'ouvrage débute à 16 h. Un coup heureux sur le bloc I met le projecteur de casemate hors service. Un groupement d'artillerie tirant sur l'arrière de l'ouvrage (cloches, créneaux FM, bouches d'évacuation et prise d'air) est repéré à 4000 m et reçoit le tir des armes sous tourelle de l'ouvrage. Même purement psychologique - vu la portée - cette riposte entraine la sortie de batterie des pièces en question. Les tirs sur l'ouvrage se feront dorénavant de zones hors atteinte.
Durant la nuit suivante, l'ouvrage tire en aveugle sur les alentours de casemates du sud de la Sambre pour les couvrir tant bien que mal.

- 19 Mai 1940 : l'ouvrage intervient toujours au profit des 4 casemates au sud de la Sambre, qui sont encerclées et attaquées par l'arrière. Dés le 19 Mai, puis les 20 et 21, les blocs I et III reçoivent des tirs de la part de pièces de 88 et de 150 mm placées à 1 500 m (hors de vue des armes de l'ouvrage). Le 19, l'arrière du bloc I est percée et la ventilation endommagée. Le projecteur de ce bloc est détruit à son tour ainsi que l'antenne radio (qui sera réparée ensuite). La chambre de tir du bloc III est aussi prise à partie : le soir, la visière est partiellement démolie, et le 47mm est endommagé ainsi que le jumelage droit. Les dégâts sont réparés tant bien que mal dans la nuit (le 47mm refonctionne).

- 20 Mai 1940: le bombardement reprend sur le Boussois et une attaque de Stukas à 11h vient compléter l'œuvre destructrice des canons : 4 bombes de 500 kg tombent sur l'ouvrage, dont une pile sur le puits de service entre les blocs II et III. La prise d'air du bloc I est détruite par tir tendu. Ce bloc sera dorénavant alimenté indirectement - et à faible débit - par les prises de secours des blocs II et III. C'est ensuite au tour des cloches GFM d'être visées.
Dans la soirée, l'ouvrage comprend que l'ennemi attaque les ouvrages et casemates du nord de Maubeuge (87° RIF, lequel est en train de décrocher). On approche de l'encerclement pur et simple.
Durant la nuit, l'équipage essaie de resécuriser le puits de service dégagé par une bombe en le recouvrant avec les anciennes portes acier du vieux fort Séré de Rivières...

- 21 Mai 1940 : Profitant du retrait de l'infanterie (14° DI) l'ennemi passe sur les arrières de l'ouvrage en fin de matinée et concentre ses efforts sur le bloc I. La tourelle du bloc II parvient à neutraliser l'effectif d'un 88 en cours d'installation. Un autre 88 s'acharne contre la façade du bloc I mais est gêné dans sont tir par la riposte du bloc, réglée par la casemate de l'EPINETTE. Le 47 du bloc I est endommagé à 11h, mais rentré et réparé créneau ouvert en plein bombardement ! Le 1er 88 ne sera remis en batterie que plus tardivement, profitant de la neutralisation de la tourelle par des tirs de contrebatterie. A 15h, le 47 et un jumelage du bloc I sont à nouveau endommagés par les tirs tendus. Cette fois l'EPINETTE ne peut assister car elle est elle-même sérieusement prise à partie. Vers 16 h 30, un assaut débouche côté bloc I mais il est repoussé par les armes de tourelles de l'ouvrage.
Le commandant de l'ouvrage demande des tirs sur la batterie de l'Epinette, sur le bois-Carré et sur la cote 146,3. Cet appui de feu lui est fourmi sans délai. Vers 20 heures, le bombardement allemand au 88 reprend malgré un nettoyage de la position de batterie par la tourelle du bloc II. Au moment de sa remise en éclipse plusieurs coups directs sont encaissés par la muraille de cette tourelle. Les deux armes mixtes sont neutralisées et le périscope de visée détruit. La tourelle est maintenant inutilisable, mais heureusement les blessés ne sont que légers.
Le bloc I se remplit de fumées du fait de la destruction des bouches échappement de gaz. Ceci nécessite son abandon partiel. Le ventilateur de 600 m3/h prévu pour la morgue est détourné pour aspirer de l'air frais par l'égout visitable de l'ouvrage, ce qui donne un peu de répit.
L'ouvrage peut malgré tout faire sortir des patrouilles nocturnes sur le dessus pour parer à une éventuelle attaque.

le 22 mai, les bombardements terrestres et aériens reprennent sur l'ouvrage. A 9 h du matin, après un bombardement par stukas (14 bombes) et avoir repercé au canon le bloc I, les Allemands traversent les fossés et coiffent les blocs. Deux des bouches de ventilation ont été obturées par les explosions et l'assaillant neutralise la 3e bouche de ventilation restante. L'atmosphère est irrespirable dans l'ouvrage et on manque de cartouches CO et de Draegers. La ventilation est hors service.

Devant ce constat, le Cne BERTIN ordonne le sabotage de ce qui peut l'être. A 10h30, toutes ses armes et documents détruits, l'ouvrage capitule et est évacué à 11h.

Rédaction : Jean-Michel Jolas - © wikimaginot.eu - 06/04/2021
Source(s) :
SHD - historique de la 102° CEO - 34N95
le petit ouvrage de la Salmagne - AMIFORT SF Maubeuge - page 41
La ligne maginot - Ce qu'elle était, ce qu'il en reste - Page(s)185, 221



HISTORIQUE, Construction

L'ouvrage fait l'objet d'un avant-projet (14 S) du 15 février 1934.

Lors des études préliminaires, il était prévu comme ouvrage d'artillerie, équipé de blocs pour tourelles de 75mm, de 3 blocs d'infanterie, et de deux entrées. Les restrictions budgétaires amèneront cependant à reporter entrées et blocs d'artillerie en 2e cycle. Ce principe est validé lors de la 54° réunion de la CORF, tenue en juillet 1934.

Le marché de la construction est daté du 13 novembre 1934 - pour un montant prévisionnel de 8.260.000 F - alors que les plans de détail de l'ouvrage ne sont pas encore finalisés ni approuvés (1). Le plan d'implantation général de l'ouvrage n'est lui-même approuvé que le 23 Novembre 1934 (DM 7623 2/4-S). Les travaux réels ne débutent qu'au mois de Mars 1935, l'hiver ayant été simplement limité à de la préparation de chantier.

Le projet du bloc 1, casemate à gauche et entrée 1er cycle de l'ouvrage, est émis le 10 Décembre 1934 (dossier 119/S). L'ITTF, dans un souci de standardisation des blocs d'entrée des ouvrages de Maubeuge, demande à ce que le projet soit amendé de sorte à être aussi identique que possible au plan de l'entrée de BERSILLIES, approuvé plus tôt et qui doit servir de modèle aux autres. cet aller-retour entraine un léger retard, qui fait que l'implantation spécifique du bloc n'est finalement approuvée que le 28 Février 1935 (DM 1469 2/4-S).

L'organisation détaillée du bloc 2 (tourelle deux AM) est finalisée le 21 Décembre 1934. Ce projet présente un bloc à protection réduite (2,00 m, soit le type de protection des tourelles de 75mm Mle 1905 d'avant 1914), ce qui parait inacceptable à l'ITTF et la CORF qui proposent de passer en protection 3 (2,75 m) tout en demandant l'évaluation de l'impact sur les couts d'une telle décision. Par ailleurs, le couloirs, paliers et portes sont conçus trop étroit pour permettre la manutention des filtres de rechange, il est donc demandé de les élargir. Le bloc 2 est approuvé finalement sur ces bases le 8 Février 1935 (DM 998 2/4-S).

Les plans de détail des organisations souterraines sont soumis à approbation le 26 Janvier 1935 par la DTF de Valenciennes (dossier 180/S). Ce dossier est incomplet au sens où il ne traite pas de la partie transmissions et énergie, qui seront traités ultérieurement, mais intègre les commentaires qui avaient été faits sur le plan des locaux de BERSILLIES, approuvé en janvier. Les commentaires des organismes centraux sont donc de ce fait limités. L'ITTF demande cependant le report en 2e cycle des DMP des galeries de l'ouvrage à l'exception de celui de l'égout. Ce dernier voit sa protection réduite sous le fossé du fort, du fait d'une épaisseur de roc homogène suffisante au-dessus. L'approbation intervient le 4 Mars 1935 (DM 1565 2/4-S).

Le dernier bloc à être défini en détail est le bloc 3, casemate à droite et tourelle AM/Mo50mm. Il est présenté le 14 Mars 1935 (dossier 262/S de la DTF), et soulève les points suivants :
- l'obligation de traverser la chambre de tir casematée pour accéder à la cloche GFM Sud et au réservoir d'eau est problématique.
- La filtration étant à l'étage inférieur du bloc, il est inutile de faire monter le monte-charges jusqu'à l'étage supérieur. Une simple échelle peut être installée pour la communication entre étages, ainsi qu'une trappe de manutention de 1,00x0,90m.
- la disposition du bétonnage autour de la tourelle AM/Mo50 est à modifier du fait de la décision récente de rendre cette tourelle éclipsable et non plus simplement tournante (plan joint).
L'approbation intervient le 11 Mai de la même année (DM 3757 2/4-S).

Lors de l'avancement des travaux de percement de la galerie entre les blocs 2 et 3 (juin 1935), ceux-ci furent confrontés à un problème lié à la présence de galeries de mine désaffectée - attribuées à des travaux locaux du début du 19e siècle. A l'exploration, il s'avère que ce réseau est au même niveau et sous l'ouvrage au droit de la position du futur casernement. Après sécurisation de ces galeries en mauvais état et relevé de ce qui pouvait l'être de l'ampleur du réseau partiellement écroulé, un plan de sécurisation est développé par la DTF et approuvé par le ministère le 1er Aout 1935.

Le marché de fourniture et montage de l'usine est approuvé le 4 Aout 1935 et passé le 28 Décembre 1935. Le marché de réalisation des installations électriques est approuvé le 29 Juillet 1936 et passé le 18 Novembre 1936. Celui relatif à l'installation de la ventilation est approuvé le 26 Aout 1936 et passé le 28 Décembre 1936. Ces trois marchés d'équipement sont communs à tous les ouvrages nouveaux-fronts du Nord.

Fin Juin 1937, le gros-œuvre est pratiquement achevé (96% avancement). L'aménagement des dessus et de l'adduction d'eau sont prévus pour s'achever un mois plus tard. Toutes les trémies - sauf 3 trémies FM - et cloches sont en place, sans aucun armement cependant. Des montages temporaires sont en place pour pouvoir utiliser des armes de campagne. La tourelle pour 2xAM est déjà installée, comme l'ensemble des portes blindées et grilles d'accès.

Dans l'ouvrage, les travaux avancent à grand pas. Les portes intérieures, lits et tables sont installées, et les latrines sont opérationnelles. La cuisine n'est cependant pas installée, ni les monte-charges de blocs. La centrale est opérationnelle et les travaux de réseau électrique ont débuté, pour un achèvement prévu en fin d'année. Les travaux de ventilation et de transmissions ont tout juste débuté eux aussi.

L'achèvement de l'ouvrage est prévu pour le 30 Novembre 1937. (2)
Source(s) :
SHD 2V244
SHD 7N3795 (1)
SHD 9NN4423 (2)





Fils de discussion



Bloc ou casemate à identifier - B1 Boussois
3 messages, le dernier est de Pascal le 10/05/2021

Casemate ou bloc à identifier - Boussois
3 messages, le dernier est de Pascal le 09/04/2020

attaque du boussois
2 messages, le dernier est de jolasjm le 23/09/2018



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