Wikimaginot, le wiki de la ligne maginot




BAMBESCH - A35

( Ouvrage d'infanterie )


L'ouvrage est ouvert au public









Secteur Fortifié
SFFA - SF Faulquemont

Sous Secteur
Steinbesch ( Zimming )

Quartier

Maître d'ouvrage
MIL - CORF

Constructeur
Entreprises civiles

Année
Commune
BAMBIDERSTROFF (57690)

Lieu-dit / Parcelle

Coordonnées
49.115838 - 6.607360

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940

Etat actuel





Notes et informations



ARMEMENT, Infanterie


Bloc 1 :
- 1 tourelle de mitrailleuses transformée en AM (canon de 25AC et jumelages de mitrailleuses Reibel MAC 31)
- 1 cloche GFM type A (Mortier de 50 et FM)

Bloc 2 : Casemate d'infanterie sud et issue
- 1 créneau pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31 interchangeable avec un canon antichar de 47 mm sur birail
- 1 créneau pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31
- 1 cloche GFM type A (FM et mortier de 50mm)
- 1 cloche LG (Non équipée)
- 2 créneaux pour FM de défense rapprochée
- Goulottes lance grenade (défense des fossés)

Bloc 3 : Casemate d'infanterie et entrée
- 1 créneau pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31 interchangeable avec un canon antichar de 47 mm sur birail
- 1 créneau pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31
- 2 cloches GFM type A (FM et mortier de 50mm)
- 2 créneaux pour FM de défense rapprochée
- Goulottes lance grenade (défense des fossés)

En 2 cycle étaient prévus un bloc d'entrée (Bloc 5) et une tourelle de 81 (Bloc 4)


ARMEMENT, Observation


Périscope, Bloc épiscope, Bloc jumelle (Sous cloche)


CONSTRUCTION, Cartouche ou information constructeur


Le marché de construction a été adjugé à l'entreprise Borie de Paris


CONSTRUCTION, Cout


Le cout de construction de l'ouvrage du Bambesch à été de 11 millions de francs de l'époque


CONSTRUCTION, Description


Les plans initiaux datés au 10 octobre 1931 prévoyaient la construction de cinq blocs.
En 1932 commence la construction des 3 blocs de combat existants, la construction des deux autres blocs (le bloc 4 où devait être installé une tourelle de 81 et le bloc 5 où devait se trouver une entrée séparée) aurait du commencer en 1941 lors d’une nouvelle phase de travaux. Ces n’ont jamais étaient construit.

La tourelle de mitrailleuse du Bloc 1 a été tardivement transformée en tourelle à éclipse d'arme mixte.


CONSTRUCTION, Mission, ou Fonction de l'objet


La mission principale du Bambesch est de couvrir l’accès à la route Metz/Sarrebruck (qui donne ensuite accès à l'axe Metz/Paris)

Son rôle est également de flanquer son voisin, l'ouvrage du Kerfent au nord et de flanquer les casemate Bambi au sud.


DENOMINATION, Dénomination officielle


A 35


DENOMINATION, Indicatifs et n° d'abonné


Le numéro d'abonné de l'ouvrage au réseau téléphonique de la fortification Maginot serait 887


EFFECTIF, Commandement et/ou unité


Cdt de l'ouvrage : Lt PASTRE
Officier Adj : Lt TRUKENWALD
B1 : SC CABALLERO
B2 : SC GRANDIN
B3 : SLt ETIENNE Régis


L'effectif théorique de l'ouvrage du Bambesch était de 2officiers et 121 hommes
L'effectif réel au 02 09 1939 était de 4 officiers et 102 Hommes principalement issus du 3°bataillon du 146 Régiment d'infanterie de forteresse (devenue ensuite 156° RIF) et de sapeurs du 18° bataillon du 4° Régiment du Génie.


Les listes d'effectif on disparu avec les journaux de marche du 146°RIF en juin 1940, cependant, en cherchant dans les livres on peut constituer une liste sommaire de l'équipage, avec selon les hommes leurs postes :

- Lieutenant Pastre (Commandant)
- Lieutenant Trunkenwald (Second)
- Lieutenant Baudon (Médecin)
- Sous-lieutenant Régis (Chef du Bloc 3)
- Sergent-chef Caballero (Chef du Bloc 1)
- Sergent Grandin (Chef du Bloc 2)
- Sergent Rémy (Second chef du Bloc 2)
- Sergent Pottecher (Chef de chambre de tir Bloc2)
- Sergent Lecére (Second chef du Bloc 3)
- Soldat Herblot (Servant de FM Bloc 3 blessé le 20 juin par un éclat aux poumons)
- Adjudant Quetelard (Commandant le détachement du génie)
- Sergent Maire (Spécialiste du Génie)
- Sergent-chef Redt
- Sergent Brestel
- Caporal Bempel
- Caporal Camus
- Soldat Le Quéméner
- Soldat Quoix


EQUIPEMENT, Electrique


L'ouvrage est doté d'une usine électrique équipée de deux groupes électrogènes à moteur Renault 6 cylindres de 54CV actionnant des alternateurs 50 kVA fournis par les "Ateliers d'Orléans" de la CGE.


EQUIPEMENT, Transmissions


L'ouvrage était doté d'un central téléphonique composé d'un panneau mural à 32 directions et d'une table d'opérateur à 14 circuits.

Le répartiteur principal de l'ouvrage est une boite de coupure type 5 pour 128 circuits.


ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle


Le Bambesch à été entretenu par le Génie de 1945 jusqu'à 1973.
A partir de 1973, l'association des Guides du Bambesch est créée par les sapeurs-pompiers du village qui se chargent de faire visiter l'ouvrage. Avec le temps, les personnes n'appartenant pas au corps des pompiers gagnent aussi le droit de rejoindre cette association.
Aujourd’hui, 40 ans après, l'association des Guides du Bambesch, accueille les deuxième et quatrième dimanche de chaque mois (entre avril et octobre) des groupes de visiteurs. (Départ des groupes 14h30 15h30 16h30)

L'association restaure et entretien l'ouvrage pour perpétuer le souvenir du soldat français de 1940 avec les fonds rassemblé lors des visites.


HISTORIQUE, Chronologie


Au cours des combats de juin 1940, le Bambesch a déploré trois blessés graves, dont le guetteur de la cloche GFM du Bloc 2 qui succombera à ses blessures deux jours après la chute de l'ouvrage,.

*Témoignage d'Albéric Vaillant, commandant l'ouvrage de l'Einseling.


Le Bambesch est l'un des cinq ouvrages composant le Secteur Fortifié de Faulquemont (avec le Kerfent, l'Einseling, Laudrefang et Téting).

A la mi-juin 1940, il assiste impuissant à l'encerclement du secteur par le IR.339 (de la 167 ID, du Général bavarois Oskar Vogl). L'ouvrage assiste également au repli des troupes d'intervalles le 15 juin, repli qui laisse certains ouvrages sans aucune couverture (Le Bambesch en sera la première victime).

Le combat (de petites escarmouches en fait) débute le 15 juin, et va finalement s'achever pour A35 le 20 juin après un terrible bombardement d'artillerie.


15 juin :

Les hommes depuis le Bloc 2 du Bambesch assistent au sabotage des casemates ‘’Bambi’’ (Nord et Sud).
Les réserves de fuel de Bambi Nord sont incendiées et des flammes immenses s’élèvent au-dessus de la casemate.

Au soir le guetteur dans la GFM du B2 signale l’arrivée d’un détachement allemand qui vient selon toute probabilité en reconnaissance constater ce qui se passe à Bambi nord.
Le Sergent Rémy met le 47 en batterie, le Sergent Pottecher se place au jumelage et le FM est mis en position dans la cloche GFM.
Un coup de 47 est tiré, débandade de la patrouille allemande qui perdra quelques hommes pris sous le feu des mitrailleuses et du FM.

A 4H30, le bloc 3 du Bambesch va repousser une section allemande tentant de déborder par le sud une patrouille française menée par le Lieutenant Gangloff (second de l’ouvrage du Kerfent).


16 juin :

Le Bambesch signale la présence de soldats allemands à proximité des réseaux de barbelés au sud du Bloc 3 du Kerfent.

La section d’avant poste du Bambesch est attaqué et doit décrocher pour regagner l’ouvrage, ce qui ne se fait pas sans difficulté.
Le Lieutenant Pastre demandera l’appui du Kerfent qui une fois la section en sécurité, arrosera copieusement les abords du Bambesch.

L’angoisse commence à se faire grandement ressentir car le commandant Denoix de l'ouvrage de Laudrefang indique que l’ennemi venant de la trouée de la Sarre est sur ses arrières alors que l'ouvrage du Mottenberg indique que l’ennemi venant probablement du Luxembourg est en train de contourner la Ligne.
L’étau se resserre sur le Secteur Fortifié de Faulquemont et on commence à se demander si l’évacuation prévue le lendemain au soir pourra avoir lieu.


17 juin :

Les préparatifs pour l’évacuation prévue pour le soir sont en cours, les hommes préparent les paquetages etc.
Des patrouilles tentent d’accéder aux arrières de l’ouvrage et sont rapidement fixées par des allemands surveillant les arrières du Bambesch.
On apprend par Denoix qui téléphone depuis l'ouvrage de Laudrefang qu’il y a un contrordre : l’évacuation est annulée, il faut tenir, nous sommes encerclés.

Le discours de Pétain est entendu par les troupes de forteresses, le moral est bas mais cela n’entame en rien leur volonté de résistance.

Les allemands tentent un coup de main sur le Kerfent vers 22h, aussitôt tous les blocs de ce dernier, ainsi que ceux de l'ouvrage du Bambesch, la casemate sud du Mottenberg et l'ouvrage du Mottenberg (SF de Boulay) déchaînent un enfer de feu et d’acier sur les attaquants qui se replient rapidement.

Certains officiers trouvent la coïncidence louche (Gangloff du Kerfent notamment); les allemands étaient présents en masse le 17 juin à 22h aux abords de l’ouvrage, heure à laquelle les équipages étaient censés évacuer les ouvrages…les allemands étaient ils informés de l’avant dernier ordre reçu ?


18 juin :

La journée est relativement calme, on devine que des patrouilles ennemies se sont réfugiées à la ferme situé à proximité de la crête dominant le route Metz Sarrebruck, à portée de tir du Bloc 3 du Bambesch. Il est alors décidé de détruire le bâtiment à coup de canon de47, de 25 et de mortier de 50.

Le Bambesch participe avec d’autres ouvrages à des tirs de harcèlement sur les villages environnants (Longeville, Bambiderstroff).


19 juin :

Appel de l'ouvrage du Kerfent indiquant que l’ennemi à découvert et pris possession de certaines boîtes de coupure du réseau téléphonique reliant les ouvrages


20 juin : La chute du Bambesch


Au matin, l’artillerie allemande se déchaîne sur les ouvrages du SFF, visant particulièrement le Bambesch et le bloc 3 de Laudrefang.

Le Lieutenant Vaillant commandant l’ouvrage de l’Einseling envoie une patrouille sous le commandement du Caporal Roy avec la mission de se porter à proximité de la route de Bambiderstroff. Le but est de repérer les pièces d’artillerie ennemies faisant feu.
La patrouille localise une première batterie à proximité de la vallée de l’Albach et une deuxième sur la route de Dorviller à Bambiderstroff.
Cette patrouille est au retour prise à partie par une mitrailleuse située sur la cote 400, Roy et ses hommes rentrent à l’Einseling sans perte et transmettent leurs informations à Vaillant qui les communique immédiatement aux ouvrages de Laudrefang et du Bambesch.

Les attaquants allemands placent un ou deux 88 FLAK et des 37 PAK dans un angle mort entre 500 et 1000m du bloc 2 du Bambesch. La casemate Bambi Nord étant évacuée, l'ouvrage d'’Einseling et les mortiers de 81 de Laudrefang à trop grande distance des pièces allemandes, celles ci sont hors de portée des ouvrages du secteur .

Vers midi et demi, les tirs de ces piéces commencent.
Après une après-midi de tir intensif, les canons vont percer le Bloc 2, pulvériser la visière, déchausser la cloche GFM et défoncer un créneau FM.
Ses armes neutralisées et sa façade percée, le Bloc 2 est évacué. Dans la galerie les portes sas et la porte blindée sont fermés et le FM engagé, pour pouvoir défendre le casernement si jamais ils passait par la tête des allemands de descendre dans l'ouvrage en s’infiltrant par le Bloc 2.

Le Bloc 3 est lui aussi attaqué. Le Soldat Herblot est blessé aux poumons par un éclat d’obus, le bloc étant enfumé l’air devient irrespirable.

La tourelle pour arme mixte au Bloc 1 est HS. Touchée par un coup au but alors qu’elle était en batterie, cette dernière est restée bloquée en position.
Les systèmes d'aération des bloc 1 et 3 sont HS et malgré les tentatives faites, il est impossible de les remettre en fonctionnement

Usant de toutes les armes encore en état de tirer, les défenseurs du Bambesch continuent la lutte et se battent désespérément contre l’ennemi. La situation devient critique, l'ouvrage du Kerfent tente vainement de défendre son voisin mais ne parvient qu'à occasionner une gène minime aux assaillants.

Les indications données à Baudon par un appareil de mesure indique que le taux de CO monte dangereusement. L’air devient irrespirable.

Pastre réunit ses officiers et il est décidé à l’unanimité de la rédition de l'ouvrage. Paris est pris depuis 6 jours (le 14 juin), Pétain à la radio le 17 avait annoncé un armistice et de plus le sort des combattants de la Ferté était connu de tous. L'ouvrage du Bambesch étant perdu, il est hors de question sacrifier 108 hommes en les condamnant à l’asphyxie alors qu’ils on accompli leur devoir jusqu’au bout.

Pastre prend donc la lourde décision de se rendre. L’honneur reste sauf, l’ouvrage aura combattu jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême limite de ces capacités.


Attention, les témoignages concernant la façon exacte dont eu lieu la rédition de l’ouvrage sont variés, la plus probable est la suivante :

A 19h00, le Lieutenant Trunkenwald (du fait qu’il était, germanophone, prêtre (donc célibataire) et officier en second de l’ouvrage) ainsi que le Sergent-chef Redt (germanophone et son nom revient dans beaucoup de version) gravissent l’escalier du Bloc 3. et hissent un drapeau blanc par l’orifice du périscope d’une cloche GFM.

Trunkenwald et Redt sortent du Bloc, puis alors qu’un l'un des deux reste en otage, l’autre redescend chercher ses camarades.

Les hommes sortent, certains discutent avec les allemands, puis c’est le départ vers 5 ans de stalag.

Les officiers du Bambesch sont conduit au siège des charbonnages de Faulquemont où est installé le PC de l’Oberst von Lichtenstern (qui sera tué le lendemain 21 juin, à la tête de ses hommes devant le Kerfent) pour être interrogés avant de partir vers un camp de prisonnier allemand (Oflag).

Pastre, Régis et Baudon ont probablement passé 5 ans en Oflag. Trunkenwald sera libéré au bout d’un an car il était alsacien/lorrain.


HISTORIQUE, Construction


Les plans initiaux de l'ouvrage sont datés au 10 octobre 1931 prévoient la construction de cinq blocs (Plan d'implantation N1076 du 10 10 1931).
La construction sera approuvée par la note 3707-2/4 S du 29 octobre 1931 et commencera effectivement en 1932 avec la construction des 3 blocs de combat actuels, le bloc 4 prévu pour une tourelle de 81 et le bloc 5 prévu en tant qu'entrée séparée ont été rejetés pour des rasions budgétaires en deuxième cycle et n'ont jamais été construits.


DIVERS (Sans critère)


La troupe occupant l'ouvrage éditait régulièrement un périodique vendu pour la modique somme de 1 franc pour la troupe et de 2 francs pour les officiers : ‘’Le Coup de Bambi’’ en référence au village de Bambiderstroff à proximité duquel se trouve l’ouvrage.


SOURCES, Bibliographie ou documents de réference


- Roger Bruge - ''On a livré la Ligne Maginot''
- Raymond Simon - ''Les hauts de Faulquemont''
- Raymond Gangloff - ''La tragédie de la Ligne Maginot''
- Philippe Truttman et Frédéric Lisch - ''La muraille de France ou la la Ligne Maginot''
- Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel , Jacques Sicard - ''Hommes et Ouvrages de la Ligne Maginot'' Tome 1,2 et 3


Horaires d'ouverture au public


Horaires 2015 :
• 12 et 26 avril
• 8, 10 et 24 mai
• 14 et 28 juin
• 12 et 26 juillet
• 9, 15 et 23 août
• 13, 20 et 27 septembre
• 4 octobre (au profit de Noël de Joie)

Début des visites : 14h - 14h30 - 15h15 - 16h

ouverture pour les groupes toute l’année uniquement sur réservation

TARIFS
Prix adultes : 5 euros
Prix enfants de 8 à 16 ans : 2 euros
Prix groupes adultes : 100 euros
Prix groupes scolaires : 80 euros

Température intérieure 12° - Durée de la visite 1h30 environ
Attention : Nombre important de marches pendant la visite


Coordonnées et adresse


Association des Guides du Bambesch :
M. BECKER Cédric
71 rue Saint Hubert
57690 BAMBIDERSTROFF
Tel : 06 76 76 61 62


Mairie de Bambiderstroff :
1, place de la mairie
57690 Bambiderstroff
Téléphone : 03 87 90 30 11
Fax : 03 87 90 41 74



© 2018 -Tous droits réservés wikimaginot.eu - Cette page a été mise à jour le 13/09/2018



Fils de discussion



Photo à identifier - Bambesch B3
5 messages, le dernier est de Pascal le 09/01/2018