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AUMETZ - A7

( Ouvrage d'infanterie )









Secteur Fortifié
SFCR - SF Crusnes

Sous Secteur
Aumetz

Quartier

Maître d'ouvrage
MIL - CORF

Constructeur
Entreprises civiles

Année
Commune
AUMETZ (57710)

Lieu-dit / Parcelle

Coordonnées
49.414962 - 5.961088

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940

Etat actuel





Notes et informations



CONSTRUCTION, Cout


Le cout de la construction de l'ouvrage a été de 9,5 Mio Fr de l'époque


CONSTRUCTION, Description


Le PO d'Aumetz est un ouvrage d'infanterie à trois blocs :

Le bloc 1 (entrée) flanquement vers l'ouest,
- une cloche pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31
- une cloche GFM (guetteur et fusil-mitrailleur) type A (FM24/29 et mortier de 50)

Le bloc 2
- une tourelle pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31 numéro 52
- deux cloches GFM type A (FM24/29 et mortier de 50)

Le bloc 3 flanquant vers l'est,
- un créneau mixte pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31 interchangeable avec un canon antichar de 47 mm monté sur bi-rail
- un créneau pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31
- deux cloches GF type A (FM24/29 et mortier de 50)

Point à signaler, l'ouvrage à bénéficié de points de construction et finition de première qualité, à l'image de tronçons de galerie au travail de maçonnerie en tout point remarquable.


CONSTRUCTION, Phase ou tranche de construction


Les plans initiaux prévoyaient la construction d'un ouvrage à huit blocs (avec deux entrées séparées et trois tourelles d'artillerie), mais seuls trois blocs d'infanterie furent construits .


DENOMINATION, Dénomination officielle


Denomination: Ouvrage A 7


EFFECTIF, Commandement et/ou unité


L'équipage théorique du petit ouvrage d'Aumetz était de 112 hommes et 2 officiers issus des 128° RIF; 2° et 8° Génie

Cdt de l'ouvrage : Lt Braun
Off adjoint : lt Fressy

Cdt le bloc 1 : Adj KECK
Cdt le bloc 2 : Slt Curien
Cdt le bloc 3 : Adj Tilly


EQUIPEMENT, Electrique


L'ouvrage est raccordé au réseau civil.
En cas de disparition du réseau civil, la production électrique était assurée par l'usine électrique de l'ouvrage équipée de deux groupes électrogènes Renault type 6-115 délivrant 54 chevaux


ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle


L'ouvrage a été vendu en 1973 par l'état défense et ferraillé immédiatement après par une société messine. L'opération s'étant révélée moins fructueuse que prévue, elle n'a pas té menée à son terme, mais une grande partie des éléments métalliques comme les cuirassements a été retirée

A ce triste état de fait s'ajoutent des mouvements de terrain dus aux affaissements miniers, nombreux dans ce secteur, et qui ont fortement endommagé les locaux et galeries.


HISTORIQUE, Chronologie


L'ouvrage Maginot d'Aumetz, comme tous ses voisins du SF de la Crusnes, atteindra l'armistice du 25 Juin 1940 - 0h35 invaincu bien que les allemands aient atteint le village d'Aumetz dés le 23. Au moment de l'armistice, une bande continue de terrain correspondant à la ligne principale de résistance du secteur était donc toujours aux mains françaises et résolument défendue. Des échanges de tir auront d'ailleurs lieu durant la journée du 24 entre l'ouvrage et des allemands retranchés dans les maisons d'Aumetz.

La différence importante concernant cet ouvrage est que son commandant, le Lt Braun, pendra - le seul sur la partie encore tenue de la ligne Maginot - la responsabilité d'ordonner le sabotage complet de l'armement, de l'optique et la destruction de tous les documents de l'ouvrage dés l'heure de l'armistice passée.

Le 25 au matin, les allemands sont donc dans Aumetz mais ne font rien pour approcher l'ouvrage le temps que les consignes concernant la ligne soient définies, tant du côté allemand que français. Dans le cas du secteur de la Crusnes, les allemands (161° ID - Gal Wilck) tenteront le coup - avec un succès certain - d'une négociation locale et séparée avec les équipages d'ouvrages et de casemates, représentés pour l'occasion par le commandant des ouvrages de Bréhain et Latiremont qui signeront donc indépendamment un accord séparé de reddition dés le 26 Juin prévoyant la livraison de l'ensemble des installations le lendemain 27. Les accords d'armistice prévoyant la livraison des fortifications en état de marche, le CB Vanier commandant Bréhain - constatant le sabotage des installations d'Aumetz - menaça le Lt Braun de conseil de guerre mais cette menace ne fut heureusement jamais mise à exécution. Les allemands ne tinrent d'ailleurs pas grande rigueur aux défenseurs de l'ouvrage, trop heureux de récupérer tout cela à bon compte et sans difficulté. Le Lt Braun sera tout de même séparé de ses hommes et interné à la mairie d'Errouville fraichement convertie en kommandantur de circonstance.

L'évacuation de l'ouvrage d'Aumetz et des casemates attenantes et le transfert de tout cela aux allemands est effectué le 27 Juin au matin. Les hommes sont internés au camp d'Errouville où ils resteront jusqu'au 2 Juillet, date de leur départ en captivité. La veille, le Lt Braun sera finalement relaché de la kommandantur et regroupé avec ses hommes sans autres suites.


HISTORIQUE, Construction


L'ouvrage d'AUMETZ apparait dans l'avant-projet sommaire de la section Rochonvillers-Longuyon de la RFM comme "petit ouvrage" - au sens 1930 - de liaison d'artillerie entre les ensembles de ROCHONVILLERS et de CRUSNES (futur BREHAIN). Telle que présentée en aout 1930 lors de la 41° réunion CORF, l'idée initiale est de le doter, outre des trois blocs d'infanterie classiques (casemates et tourelle mitrailleuses), de deux casemates de flanquement pour mortiers de 75mm et d'une tourelle frontale LB 135mm pour sa défense d'approches. Le type d'armement proposé est logiquement choisi du fait de la présence de nombreux vallons profonds en avant est sur les flancs, présentant autant de pénétrantes possibles - échappant aux vues du plateau - justifiant une artillerie à tir courbe.

Le cas de l'ouvrage est à nouveau examiné en Novembre 1930 (46° réunion CORF). A ce stade, les casemates d'infanteries de flanquement sont ramenées à un seul jumelage fusionné avec les mortiers de 75mm qui sont réduits aux passage à deux pièces chaque, mais sous tourelle du fait de l'absence de défilement. La modicité des budgets alloués au tronçon Rochonvillers-Longuyon entrainent le report en 2e cycle des blocs d'artillerie de l'ouvrage ainsi que de l'entrée munitions prévue et une large partie des locaux souterrains. L'ouvrage passe d'ailleurs proche de la disparition pure et simple et son remplacement pas un couple de casemates sans communication souterraine lors de cette réunion CORF, l'économie faite permettant d'ajouter une tourelle de CO 75mm à l'ouvrage de CRUSNES (BREHAIN).

Seuls trois blocs d'infanterie, la communication souterraine, et un casernement réduit seront finalement réalisés. Un premier plan de masse est établi par la DTF de Metz-Ouest (Col FROSSARD) le 26 avril 1931 (*). C'est cependant un plan de masse - et plan d'implantation général - plus tardif de l'ouvrage qui est proposé sur ces bases le 26 Aout 1931 par la DTF de Metz-Ouest (Dossier 1123/S). Dans ce plan de masse et d'implantation, le flanquement prévu en 2e cycle est constitué de deux blocs pour tourelles de mortiers de 75mm, pour des raisons de difficulté de défilement aux vues de l'avant, et une entrée Hommes est prévue dans un abri pour réserve locale de 1er cycle situé près de la voie ferrée?. Cet abri sera lui-même reporté en 2e cycle. Le bloc d'infanterie gauche est aussi de type "cuirassé" du fait des problèmes de défilement, affaiblissant de facto la défense antichar côté gauche, qui devra être réalisée par armes de campagne.

A ce stade, l'ouvrage dans sa totalité est d'un coût estimé de 53,2 millions de F pour 10,7 MF en 1er cycle. L'effectif prévisionnel complet est de 7 officiers, 21 sous-officiers et 260 hommes, avec pour le 1er cycle : 3 officiers, 4 sous-officiers et 54 hommes. Notons que l'effectif réel sera du double en 1939, montrant l'imprécision et l'optimisme des premières estimations.

Ce plan de masse et d'implantation est approuvé par DM 2576 3/11-1 du 9 Novembre 1931.

Source(s) : SHD 7N3762, 7N3809
(*) cf "La Muraille de France" - P. Truttmann - p74




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