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24/1 OCHSENKOPF Sud

( Casemate d'infanterie - double )









Secteur Fortifié
SFCO - SF Colmar

Sous Secteur
Dessenheim

Quartier

Maître d'ouvrage
MIL - CORF

Constructeur
Entreprises civiles

Année
1932

Commune
OBERSAASHEIM (68600)

Lieu-dit / Parcelle

Coordonnées
48.006303 - 7.599658

Validité information
Disparu

Niveau de réalisation en 1940

Etat actuel





Notes et informations



ARMEMENT, Infanterie


2 embrasures pour JM
2 embrasures pour JM13,2
1 cloche GFM


CONSTRUCTION, Plan type


Casemate de type M2F.


EFFECTIF, Commandement et/ou unité


Equipage de la CEO n°3 du 28ème Régiment d'Infanterie de Forteresse

Chef de casemate : Adjudant-chef BISCHOFF

sergent-chef STADELMANN
sergent François TCHUDY
caporal-chef Joseph BURGLIN
caporal-chef GENESTIER
Caporal-chef KLEINDIENST
caporal Albert LOESCH
soldats Gustave FUCHS, Joseph FISCHER, Alphonse WILLIG, Albert MIESCH, MARCHAND, Paul LOMBARD, Joseph PROBST, Marcel MERCEY, Robert MASSON, Alfred BECK, François BERNERT

Source : Offensive sur le Rhin, par Roger Bruge, Fayard 1977, p.167, 204.


HISTORIQUE, Chronologie


- 15 Juin 1940 : Lors de l’offensive allemande, la casemate est bombardée au canon de 37 (embrasures) et au canon de 88 à la base de la cloche. Les soldats Gustave FUCHS, Joseph FISCHER, Alphonse WILLIG et Albert MIESCH sont blessés dans les chambres de tirs par des éclats projetés par les projectiles qui visent les embrasures. Les obus de 88 finissent par percer le béton et créé une brèche de 50cm de diamètre. Le sergent-chef STADELMANN, les soldats MARCHAND, Paul LOMBARD, Joseph PROBST, et Marcel MERCEY sont tués. Les caporal Albert LOESCH et le soldat Robert MASSON sont allongé, blessés. Paniqué, l’équipage tente d’évacuer mais les obus ne cessent pas de pénétrer dans la casemate blessant le caporal-chef Joseph BURGLIN, tuant l’adjudant-chef BISCHOFF, le sergent François TCHUDY, le caporal-chef GENESTIER. Les survivants finissent par ouvrir la porte et tirent les blessés à l’extérieur. Certains fuient épouvanté par ce qu’ils viennent de voir, d’autres trouvent malgré cela le courage de manier du FM à l’extérieur.

Un peu plus tard, le groupe franc du Sgt-chef BOURCEY envoyé aux nouvelles par le PC du II/28° RIF - inquiet de ne pouvoir joindre la casemate - parvient à la casemate et constate les dégâts. Trois rescapés sont restés sur place, sortent les cadavres et défendent les lieux en extérieur, le Caporal-chef KLEINDIENST et les soldats BECK et BERNERT. La casemate est alors sommairement réoccupée.

Source : Offensive sur le Rhin, par Roger Bruge, Fayard 1977, p.167 et 203.


Le caporal Albert Loesch était chef de pièce de l'un des jumelages de la chambre de tir Sud.

L'un des premiers obus a frappé le créneau nord avec la 13.2 (JM en créneau), l'obus dans sa course a détruit le support de la 13.2 qui est tombée sur l'un des servants.

Un autre obus est entré dans la cloche GFM et a tué son occupant.
Mon oncle était à côté du mur (côté Rhin) quand les obus ont martelés le béton, sous les coups, les caisses à munitions lui sont tombées dessus et il s'est évanoui. Il a été ainsi sauvé de la mort, les obus passaient au dessus de lui, inanimé au sol.

Revenant à lui quelques instants plus tard, le pilonnage avait cessé, tout autour de lui c’était la mort et la désolation.

En sortant de la casemate il a vu les restes de l'un des ses camarades morts, il était artiste peintre et les tubes de peintures qu'il portaient sur lui avaient éclatés et coulaient dans ses tripes mises à l'air.

Choqué et blessé (même des années après il sera hanté par ces images), il est sorti de la casemate et s'est retiré dans la plaine d'Alsace pour rejoindre le flot des troupes en retrait (il avait retrouvé un cousin en route ce qui l'avait réconforté). Quelques jours plus tard pris dans la nasse des troupes réfugiées sur les crêtes vosgiennes il sera fait prisonnier. Il sera libéré la semaine suivante étant alsacien.
L'histoire ne s'arrête pas là.

En 1941 il se marie, 15 jours plus tard il est 'réquisitionné' par les troupes allemandes et se rend à la casemate, il y découvre les corps de ses camarades exhumés quelques heures auparavant afin de les identifier. Les corps étant enterrés dans un sol très humide plein de gravier, nous pouvons imaginer leur état.

Après guerre (dans les années 60 probablement) il s'est rendu sur les lieux afin de les montrer à ses proches, mais les berges du Rhin ayant été refaites la casemate avait disparue.

Témoignage oral de Albert LOESCH au début des années 1990 à Robert HAAG rédigé sur mémoires en 2012.


SOURCES, Bibliographie ou documents de réference


Source :
- Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, par Jean-Yves Mary et Alain HOHNADEL, Histoire et Collection, Paris, 2003, Tome 3 p.146.
- La ligne Maginot en Alsace, 200kilomètres de béton et d'acier, par Jean-Bernard WAHL, Editions du Rhin, 1987, p.269.
- Offensive sur le Rhin, par Roger Bruge, Fayard 1977, p.163



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