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ROCHE la CROIX - R...



ROCHE la CROIX - ROC

( Ouvrage d'artillerie )


L'ouvrage est ouvert au public









Secteur Fortifié
SFD - SF Dauphiné

Sous Secteur
Ubayette

Quartier
Meyronnes

Maître d'ouvrage
MIL - CORF

Constructeur
Entreprises civiles

Année
1938

Commune
MEYRONNES (04540)

Lieu-dit / Parcelle
Roche Lacroix

Coordonnées
44.468977 - 6.800374

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940

Etat actuel





Notes et informations



CONSTRUCTION, Description


L'ouvrage de Roche Lacroix est un ouvrage d'artillerie CORF doté de 6 blocs.

Bloc 1 : Entrée réduite.
- 2 créneaux pour FM
Le bloc est relié au reste de l'ouvrage par un plan incliné descendant à 50%, avec chariot porteur.

Bloc 2 : Casemate d'infanterie (flanquement des fossés et de la route d'accés)
- 1 créneau de mortier de 50
- 3 créneaux pour FM (flanquement du tronçon du fossé entre les saillants 4 et 1, et de l'angle mort vers B3.)

Bloc 3 : Casemate d'infanterie (flanquement du fossé nord (front 3-4) et du chemin montant vers la forêt.
- 1 créneau de mortier de 50
- 2 créneaux pour FM (flanquement du fossé)

Dans les blocs 2 et 3 un des créneaux prévu pour FM pouvait être utilisé pour un projecteur.

Bloc 4 : Observatoire d'artillerie
- 1 cloche observatoire VDP (O2)
- 1 cloche GFM type A (cloche conjuguée)
Notons que dans ce bloc les habituels champignons de prise d'air sont remplacés par de simple tubes coudés émergeant de la dalle.

Bloc 5 : Casemate d'artillerie et tourelle
- 2 créneaux de mortiers de 75 mle 31 (K17)
- 2 créneaux pour mortiers de 81 mm en sous-sol (K18)
- 1 Tourelle de 75 mle 33 (K16)
- 1 créneau pour FM/observatoire
- 1 créneau FM de défense de façade.
Une issue de secours est située en fond de fossé.

Bloc 6 : Observatoire
- 1 créneau projecteur couvrant en avant de Saint-Ours (non installé)
- 1 créneau pour FM et mortier de 50 (couverture du fond de la vallée)
- 4 créneaux FM utilisés comme observatoires (032)
- 1 cloche GFM type A équipée d'un périscope J2 (O5)

Bloc 7 : Cheminée d'évacuation des gaz - Issue de secours
Ce bloc assure l'évacuation des gaz de l'usine électrique et de la cuisine ainsi que de l'air vicié de l'ouvrage. Il est aussi utilisé comme issue de secours

L'ouvrage est relié par une voie de 60 à la recette supérieure du téléphérique (fiche disponible sur wikimaginot) située à distance de l'entrée. Ce choix s'explique par le fait que le retournement de camions n'était pas possible au niveau de l'entrée. En 1937, une partie du chemin menant à l'entrée est recouvert de tôle métro pour la protéger des intempéries hivernales.

Les blocs 2 et 3 de flanquement des fossés ont éte construits en remplacement de la caponnière double de l'ancien fort.
Le bloc 6 non prévu dans les plans initiaux a été rajouté en 1936-37 pour couvrir la vallée.


CONSTRUCTION, Mission, ou Fonction de l'objet


La mission de l'ouvrage de Roche Lacroix est le flanquement de l'ouvrage de Saint-Ours Haut et la couverture d'artillerie vers le col de Larche et les cols de la frontière.


DENOMINATION, Dénomination officielle


L'ouvrage est aussi connu sous le nom de ROCHE-LA-CROIX.


DENOMINATION, Indicatifs et n° d'abonné


Le numéro d'abonne au réseau téléphonique de la fortification de l'ouvrage de Roche Lacroix est O 1224


Pour l'artillerie, les organes de l'ouvrage portent les indicatifs suivants :
Bloc 4 - Observatoire d'artillerie :O2
Bloc 5 - Mortiers de 75 : K17
Bloc 5 - mortiers de 81 : K18
Bloc 5 - Tourelle de 75 : K16
Bloc 6 : Observatoire d'artillerie O32 (créneaux FM) et O5 (GFM)


EFFECTIF, Commandement et/ou unité


L'équipage théorique de l'ouvrage est composé de 6 officiers, 28 sous-officiers et de 127 hommes, principalement issus des 162° RAP, 83° BAF et du 216° Bon du Génie de Forteresse.

Cdt de l'ouvrage : Cne FABRE (162°RAP)
Cdt l'artillerie : Cne HYVERT (13e Bie / 162°RAP)
Cdt l'infanterie : SLt ROUSSELIN, puis SLt LASSALE

Bloc 1 :
Bloc 2 :
Bloc 3 :
Bloc 4 :
Bloc 5 :
- K 16 (Tourelle de 75) : Lt PETIT
- K 17 (Créneaux de 75) : Lt BROUARDEL
- K 18 (Créneaux de 81) : Cne HYVERT


EQUIPEMENT, Divers


L'ouvrage était équipé, pour les divers transport, d'un téléphérique à 36 bennes dont la recette inférieure se situe dans le village des Gleizolles, et la supérieure à distance des entrées.
D'une longueur de 2323m, il est le plus long de tous les modèles installées dans les Alpes. Son dénivelé atteint par ailleurs presque 580m
La jonction entre la recette supérieure et l'entrée de l'ouvrage était assuré par une voie de 60 extérieure.

Ce téléphérique à remplacé celui qui desservait les deux redoutes initiales de Roche La Croix qui utilisé pour la construction qui était trop aux vues de l'ennemi


La cuisine est dotée d'une cuisinière à charbon. L'évacuation des gaz se fait par le bloc cheminée de l'ouvrage


EQUIPEMENT, Electrique


L'ouvrage est alimenté depuis le réseau civil par un transformateur raccordé à une ligne HTA provenant de Meyronnes et par une usine dotée de trois groupes électrogènes à moteur CLM 308 3 cylindres de 75 CV assurant la production électrique en cas de disparition du réseau civil.

Un groupe CLM auxiliaire 1PJ65 de 8 CV assure l'éclairage de secours et le gonflage des bouteilles d'air comprimé de démarrage des groupes principaux.


EQUIPEMENT, Transmissions


Le PC Tir est doté d'un central type TM32 sous carter étanche à 16 directions. Ce carter était équipé de deux centraux TM32 à huit directions.


EQUIPEMENT, Ventilation


L'ouvrage n'est pas équipé de salle de filtres à gaz.

L'air admis est réchauffé par l'eau de refroidissement des moteurs (échangeur visible dans l'usine) et par une chaudière d'appoint au fuel située proche du bas du plan incliné.


ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle


Désormais propriété de la communauté des communes, l'ouvrage est ouvert à la visite. Voir la partie "Tourisme" du site.

L'accès s'effectue à partir du village de Meyronnes et est possible en voiture. La piste d'accès fait 6 km de long et est assez caillouteuse, bien que parfaitement carrossable. Compter 1/2 heure pour monter de la route de fond de vallée jusqu'au parking 700m avant l'ouvrage (au plan de l'Ancien Camp). 15 mn à pied ensuite.

2016 : L'intérieur de l'ouvrage est en bon état général, humide par endroits. Le Bloc 5 est encore équipé de ses armements principaux et la tourelle - plus manœuvrable électriquement - a encore belle allure.


2018 Juin. Les dessus ont été mis en sécurité par des grilles et des barrières (périmètre de la falaise du bloc 6, fossé et dessus du bloc 5. Le fossé a été en grande partie dégagé


HISTORIQUE, Chronologie


L’ouvrage de Roche la Croix ne sera pas directement pris à partie durant la campagne de 1940. Le 17 juin 1940, il tirera sur une patrouille italienne entrée sur le territoire français puis repoussera avec sa tourelle de 75 et l’aide de l’ouvrage de Saint Ours Haut la division italienne Forli lors de son attaque du 20 juin.
La tourelle de 75 tirera encore quelques salves dans les jours suivants: Le 22 la tourelle contre battra l’artillerie italienne, puis des effectua des tirs sur les forces italiennes avançant au niveau du Col des Monges avec l’appui des pièces du bloc 6 et de la batterie d’artillerie installée à Roche la Croix Supérieure. L’ouvrage interviendra aussi au profit de l’ouvrage de Plate Lombarde. Le 24, les pièces de casemate et la tourelle couvriront le Col Rémi et la Tête Dure ainsi que le Col de Larche.

L’armistice du 25 juin 1940 obligera les troupes françaises à évacuer le fort et à le livrer aux Italiens. Avant d’évacuer l’ouvrage, l’équipage procédera au démontage de pièces vitales nécessaires à la ventilation, au chauffage et au fonctionnement des matériels d’artillerie. Les italiens occuperont l’ouvrage et procédèrent au désarmement de l’ouvrage.
L’ouvrage aura tiré 1909 obus depuis sa tourelle, 401 depuis ses tubes sous casemate et 128 obus de mortier.

En août 1943 les italiens capitulent et se rangent aux cotés des alliés suite au débarquement allié en Italie. Les Allemands envahissent le sud de la France et réoccupent le fort Roche la Croix à la place des Italiens en septembre 1943. Ils prennent alors possession d’un ouvrage dont les équipements ne sont pour la plupart pas en état de fonctionner, ce qui leur fera défaut en 1945.
L’Ubaye sera libérée par le maquis local, et les alliés arrivés le 25 aout 1944 ne pourront rien tenter avant l’hiver. Le 4 décembre 1944, les Allemands qui tiennent toujours l’ouvrage de Roche-Lacroix, attaquent le fort supérieur tenu par les troupes françaises. L’artillerie française déclenche un tir de barrage “au plus près” du fort supérieur et disperse les attaquants.

Remis en état au début des années 50, l'ouvrage sera entretenu jusqu'en 1968. Il sera revendu en 1991 au syndicat intercommunal de la vallée de l'Ubaye en même temps que l'ouvrage de Saint-Ours Haut.

sources : wikipedia.org, docroger.over-blog.com/, Bernard Morel, Gérard Lesueur


HISTORIQUE, Construction


Un premier projet de 1930 est amendé par le Général BELHAGUE, qui propose de remplacer le bloc d'artillerie frontal prévu par une tourelle.

La construction de l'ouvrage de Roche Lacroix dont l'avant-projet est daté du 18 mars 1931 (n° 261S, approuvé par DM n°1211-2/4S du 11/04/1931) s'est étalée de 1931 à 1938. Il a été construit sur le site occupé par la Redoute de Roche Lacroix, fort du système Séré de Rivières construite de 1883 à 1889.

Le bloc 6, dit Observatoire de l'Egout, sera ajouté tardivement au plan de l'ouvrage à la demande de l'état-major local, de manière à permettre une meilleure surveillance du fond de vallée.

En 1937, un projet de liaison entre l'ouvrage et le casernement extérieur est envisagé. Ce projet restera sans suites.

Fin 1937, la chefferie de Gap estime le degré de réalisation de l'ouvrage à 98%, hors le nouveau bloc 6 à réaliser complètement. Pour le reste, l'armement est en place ainsi que les équipements intérieurs à quelques détails près. Les réseaux de protection extérieurs sont cependant à finaliser totalement. La dépense cumulée à ce point - uniquement pour le génie et hors armement et munitions - est de 8.019.000 F, auxquels devront se rajouter les 1.190.000 F prévus pour le bloc 6.

L'ouvrage sera totalement achevé en 1940, à l'exception du système de filtrage de l'air et des projecteurs du bloc 6

Source(s) : SHD - carton 7N3847 et 2V259


L'histoire de la conception et de la construction du Bloc 6 est particulière et mérite un zoom.

Dés 1934, alors que les travaux de construction de l'ouvrage sont en cours, l'artillerie déplore que le bloc observatoire sommital (B4) ne permet aucune vue vers le fond de la vallée (BAS St OURS). Cette même année, la Direction du Génie de Briançon émet donc un premier projet visant simplement à ajouter au bout de l'égout de l'ouvrage, en avant du bloc 5, une simple paroi équipée d'un périscope, projet approuvé par la CORF mais finalement ajourné suite au contexte de détente avec l'Italie.

La question est reposée en début 1937. La chefferie de Gap, insatisfaite avec le projet initial, propose en Mai un projet de bloc plus important permettant en outre de répondre aux demandes additionnelles de prise en compte du réglage de toutes les pièces du secteur. Ce nouveau projet comporte un bloc en protection 1 - du fait du supposé défilement - équipé de :
* quatre grands créneaux permettant une visibilité à 180 dégrés de toute la vallée, jusqu'au col de Larche
* un créneau pour projecteur pouvant éclairer jusqu'au col, à 3 kilomètres,
* un créneau pour mortier de 50mm
* et d'un periscope sommital.

Ce projet, estimé à 120.000F, est examiné en Juin et s'attire de nombreuses critiques de la CORF et de l'ITTF: protection trop faible contre des coups venant du plateau de Mallemort, créneaux bien trop vastes (1,90m x 1,40m !) car devant permettre d'observer aussi bien les crête que le fond de vallée, créneau projecteur constitué d'un grand vide en l'absence de clarté sur les caractéristiques d'un tel projecteur longue-portée...

Le projet est sèchement rejeté et il est demandé à la chefferie de Gap de totalement revoir sa copie
* en séparant les fonctions d'observation, quitté à rajouter une cloche GFM (qui pourra être prise sur les cloches rebutées pour autant que la cause de rebut n'entache pas sa résistance). Il est même suggéré de remplacer purement et simplement le bloc par un observatoire cuirassé.
* en passant en protection minimale de 2, sachant que le bloc d'artillerie (B5) est en protection 3.
* en limitant la tailles des créneaux.

Un nouveau projet tentant de reprendre les préconisations est présenté par la chefferie de Gap le 16 Septembre 1937, qui s'attire à nouveau les critiques de la STG, entrainant son retrait.
* le créneau obs. ajouté face au col de Larche est jugé très exposé.
* deux des quatre créneaux observation ont sensiblement le même angle de vue.
* Les créneaux de la cloche GFM ajoutée ont exactement les mêmes directions de vue que les créneaux sous béton, entrainant une redondance inutile.
* enfin le devis fourni (on passe à 550.000 F...) est incomplet.

La STG finit par faire le travail de Gap et renvoie en Novembre 1937 à la chefferie un ensemble de plans corrigés et optimisés par ses soins sur la base du projet local et permettant de traiter tous les défauts soulignés par les experts :
* créneaux d'observation sur base de créneaux FM, tout comme le créneau pour mortier de 50mm,
* traitement de la redondance de couverture de orientations d'observation
* réservation de 1,5mx1,5m pour le créneau projecteur, à combler en cas d'échec de mise au point de l'appareil dont les tests seront réalisés à l'été 1938, sans succès.
* rajout d'un ventilateur, qui avait été "oublié" par Gap.
Le total arrive à 700.500 F tout compris. Ce chiffre sera rapidement révisé par le service local à 1.200.000 F environ...

Ce projet STG est approuvé par DM le 27 Décembre 1937 (DM 12378 2/4 S). Les travaux de gros oeuvre se déroulent durant l'année 1938, incluant le rebouchage du créneau pour projecteur, devenu inutile.

SHD - carton 2V259


SOURCES, Bibliographie ou documents de réference


Bernard Morel et Gérard Lesueur, Forts de Roche-la-Croix et du haut de Saint-Ours : la ligne Maginot en Haute Ubaye, Barcelonette, Association des fortifications de l'Ubaye, 1998, 28 p. (ISBN 2-908103-05-2).

Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel, Jacques Sicard ;Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 5 (ISBN 978-2-35250-127-5)


Description touristique


La visite commence par une présentation générale de la ligne Maginot en extérieur, puis conduit de l'entrée aux secteurs logistiques (usine, casernement, etc) jusqu'au bloc 5, où des démonstrations de manœuvre de mortier de 81mm et de canon-mortier de 75/31 sont effectuées.
La visite se termine par la tourelle de 75/33.


Horaires d'ouverture au public


Consultez le site suivant pour les horaires d'ouverture :

http://www.ubaye.com/sortir/fortifications-vauban-fort-tournoux-roche-la-croix-saint-ours.html



© 2018 -Tous droits réservés wikimaginot.eu - Cette page a été mise à jour le 21/10/2018


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