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Secteur d'Altkirch (Défensif puis Fortifié) et GU de renforcement

Lié à la page suivante du Dico :
Secteur Fortifié d'Altkirch(SFAL) dans la catégorie Organisation - Secteurs


Fil ouvert par TringlotTunis ( 8 ) - Posté le 12/11/2020

Bonjour,
Je lis dans la présentation de ce secteur qu'il est indiqué , je cite :
"Le Secteur Défensif d'ALTKIRCH dépend initialement de la RF de BELFORT, puis du 13° CA à partir de la dissolution de la RF. Au moment de la réorganisation de Mars 1940 et de sa transformation en Secteur Fortifié, il est rattaché au 44° CAF issu de la RF de BELFORT."
Or suivant mes lectures des JMO concernant ce secteur, celui de la RFB / 44e CAF et celui du 13e CA je ne vois nulle part que suite à la dissolution de la RFB (sic !) le SDA est passé sous contrôle du 13e CA. et que lorsque la RFB (qui n'a pas été dissoute) devient le 44e CAF le SDA lui revient...
Je pense qu'il y a une erreur d'interprétation.
La RFB (et donc aussi le SDA) a été dépendant du 13e CA du 16/10 au 20/11/1939 puis la RFB (toujours pas dissoute) est redevenue rattachée à la 8e Armée et le SDA toujours dépendant de la RFB.
Au 16/03/1940 quand la RFB devient le 44e CAF pas de changement et cela jusqu'au 22 ou 25/06/1940.
Merci de vos avis.



Réponse de jolasjm ( 4061 ) - Posté le 13/11/2020
Dernière modification par jolasjm le 13/11/2020.
Bonjour

Vous le dites vous-même : la RF Belfort est devenue le 44° CAF. Elle a donc disparu et été dissoute en tant que corps constitué. La décision de dissolution remonte même de façon effective à décembre 1939, avec origine du processus en Octobre de cette même année.

En réalité, l'état-major de la RF de Belfort a été recyclé en Mars 1940 pour devenir l'EM du 44° CAF créé à cette occasion pour couvrir une partie des unités laissées orphelines par la disparition de la RFB, donc avec mission différente de celle de la RFB (ce n'est pas qu'un simple changement de nom).

Concernant le SD Altkirch, je vous confirme aussi qu'il a été rattaché au 13° CA du 16/10/39 jusqu'au 20-23/11/39 par le fait que la RFB semble avoir été rattachée au 13° CA durant cette période. C'est sans doute là qu'est la confusion. Au passage, cette chaine hiérarchique est plutôt atypique car une Région Fortifiée à rang de corps d'armée, et rattacher un corps d'armée à un autre corps d'armée ne pouvait pas durer... ou parait douteux dans le principe (erreur du GUF ?). Dans le cas d'autres RF, les SF ont bien été rattachés à la même époque directement au corps d'armée correspondant et non au travers d'un rattachement de la RF au CA. Cela n'aurait d'ailleurs fait aucun sens puisqu'il aurait alors fallu rattacher la RF de Metz à trois CA différents.

Ce rattachement particulier se situe dans le cadre temporaire de la réorganisation du front (voir plus loin) et en effet à la disparition de la RFB, le SFA revient sous le chapeau du 44° CAF. Je reformulerai cette partie si elle porte à confusion.

Par contre, je ne pense pas qu'il y ait eu erreur d'interprétation concernant la dissolution de la RFB. Il faut se rapporter aux diverses réorganisations successives de la défense des frontières pour mettre en perspective cette dissolution, car dissolution il y a bien eu (tout comme pour la RF de Metz et celle de la Lauter, d'ailleurs, exactement à la même période). La structure de forteresse, largement indépendante de celle des armées à mobiliser puisqu'établie dés le temps de paix et dépendant alors de Régions Militaires, a perduré jusqu'en fin 1939. A cette période, l'EMA a considéré que cette structure de forteresse avait accompli sa mission de couverture de la mobilisation et de défense autonome de la frontière et qu'il fallait changer les choses. Ceci n'était en rien un caprice ni une surprise en ce sens que cela avait été théorisé dés le temps de paix et la réflexion du milieu des années 30 autour de la notion même de "troupes de forteresse". Il était en effet clair qu'à terme on ne pouvait admettre au même endroit géographique des unités de forteresse dépendant d'un commandement (les RF) et les unités de renforcement, divisions ou autre, dépendant d'un autre commandement (le corps d'armée appartenant à l'armée mobilisée)... Le risque de confusion et de incohérence tactique était trop grand.

Gamelin a donc décidé, non sans une certaine logique, de faire perdre son "autonomie" apparente à la forteresse pour l'intégrer directement les unités de forteresse à l'ordre de bataille standard de l'armée française. Ceci s'est traduit par deux directives importantes de transformation des structures d'EM, l'un daté du 25/11/1939 et l'autre du 8/12/1939, qui rendaient ces unités de forteresse dépendantes de la structure de couverture et rattachaient tactiquement à terme les Secteurs Fortifiés et Défensifs aux corps d'armées qui couvraient leurs secteurs respectifs. Les RF perdaient leur raison d'être tactique et ne gardaient initialement qu'un rôle d'administration et c'est ainsi que dés le 24 Décembre 1939 le Gal Georges pousse la logique à son terme et acte la suppression des régions fortifiées à une date à préciser. Cette note 1010 3/FT officialise un processus en réalité déjà en cours par le démembrement progressif des RF depuis Octobre puis les notes de Gamelin qui donnent la vision, la cible organisationnelle à atteindre. Ce même jour, la "RF de Metz" (pour ne prendre que cet exemple), qui avait déjà été dépecée sur le plan tactique de ses SF entre fin septembre et fin octobre au profit des 21° Corps, 6° Corps et CA Colonial, a perdu tous ses éléments constitutifs d'alors (tous rattachés temporairement au CAC) et a été dissoute de façon effective en Mars 40. Mais son EM n'a pas disparu pour autant puisqu'il a géré la transition de suivi administratif des SF puis a été utilisé pour créer ex-nihilo le 42° CAF, couvrant le SF de la Crusnes (une des composantes de feu la RFM) et les unités de renforcement locales - la 58° et la 20° DI. Idem pour la RF Lauter, dont l'état-major sans affectation est reconverti en 43° CAF (SF Vosges + 30° DI de renforcement). Les RF passent donc d'un rôle de structure organisationnelle tactique spécialisé "forteresse" sur un vaste territoire - indépendant des divisions de ligne, colocataires du même territoire - à un rôle tactique de type banalisé, couvrant les GU locales sur un territoire plus restreint. Elles ne deviennent ni plus ni moins qu'un corps d'armée comme les autres à ceci près que leur suffixe "de forteresse" en caractérise leur fonction purement statique et défensive à l'inverse d'un CA standard. C'est exactement la même chose dans le principe qui arrive à certains SF moins exposés qui se retrouvent transformés au statut de DIF, couvrant des RI de forteresse comme des RI standards qui prennent alors un rôle statique.

Notez que ces dissolutions ne sont ni une sanction ni un désaveu de l'oeuvre des troupes de forteresse (même si cela a pu être vécu comme cela par leurs éléments) mais au contraire comme une reconnaissance du fait que ces troupes avaient parfaitement rempli l'une de leurs missions essentielle - la couverture autonome de la frontière contre une attaque durant la mobilisation et la mise en place de l'armée - et qu'il était temps de passer à un autre mode de fonctionnement. C'est quelque part une forme de réponse à ceux qui disent encore de nos jours que la "ligne Maginot" n'a servi à rien.

Ce processus s'est étalé progressivement entre décembre 1939 et Février-Mars 1940, car incluant en outre des modifications de frontières d'armées suite à l'intégration de la 7° Armée et du BEF dans le Nord. Au passage, les Secteurs Défensifs d'Altkirch et de Montbéliard prennent du grade puisqu'ils passent au statut de SF de plein droit.

Pour approfondir cette question - puisque je vois que vous avez les pages du "GUF" relatives au 13° Corps - je vous invite à lire celles relatives à la RFB et au 44° CAF. La conjonction de ces pages permet de retracer la question spécifiquement pour la région de Belfort.

Cordialement
Jean-Michel

Pièces jointes :

GUF - Page de garde de la section relative à la RF de Belfort, donnant la date de dissolution effective après création du 44° CAF
GUF - rattachement du SD d'Altkirch au 13° Corps d'armée en date du 16/10.
GUF - 44° CAF - Création et dissolution de la RFB
TONE - Gal GEORGES - extrait de la note 1010 3/FT du 24/12/1939



Réponse de TringlotTunis ( 8 ) - Posté le 15/11/2020

Bonjour,

Merci pour cette longue réponse.

Quand je dis que la RFB a été transformé en 44e CAF c'est quand même bien plus proche de la réalité que de dire mais si c'est le terme officiel qu'elle a été dissoute.

Une dissolution est une suppression. Or contrairement à ce que vous dites le 44e CAF est une complète continuité de la RFB. Même région d'intervention, même personnel, même unités et mêmes Grandes Unités dont le SFA d'Altkirch qui dépendait de la RFB le 14/03 (en tant que SD) et qui dépend du 44e CAF le 15/03/1940 (en tant que SF). (ainsi que la 67e DI et le SD de Montbéliard devenant le SF de Montbéliard) et même la Défense de Belfort pour autant qu'elle soit considéré comme une GU !!!!

C'est à cause de cela que je préfère employé le terme transformation que le terme dissolution car ce qu'il en ressort n'est qu'un changement de nom avec quelques EOCA en plus... Mais je comprends que d'après vos explications cela a été différent à la RF de Metz. Pour celle de Belfort il n'y a pas eu tant de changement que cela et même mieux le 7e CA a été mis de côté de son rôle de couverture, bien que restant à proximité.

Concernant Belfort, il est très complexe de faire la part entre les organisations suivantes :
- RFB
- Défense de Belfort
- GS de Belfort
- Subdivision de Belfort
- Gouverneur de Belfort

Même le SHD s'est trompé en mettant dans le dossier de la RFB des documents qui concernant la Subdivision de Belfort. C'est ce que je viens de constater en regardant plus attentivement les documents de la côte GR 33 N 131...

Au début c'est relativement simple tant que c'est le Général GUILLEMONT...
Il est Commandant de la RFB
Il est Commandant du Groupe de Subdivisions de Belfort
Il est Gouverneur de Belfort

Mais il y a un Commandant de la Défense de Belfort et un Commandant de la Subdivision de Belfort

A son décès cela se complique un peu plus... Puisque le nouveau commandant de la RFB le Général TENCÉ n'est plus ni Gouverneur de Belfort, ni Commandant du Groupe de Subdivisions de Belfort.

D'ailleurs le titre de Gouverneur de Belfort est un titre de temps de Paix. Le Général GIROL était Commandant de la Place de Belfort et non Gouverneur...

Il est vrai que l'on voit quelques documents qui parle d'un 44e CA avant le 15/03/1940, MAIS jamais en en-tête de document officiel. D'ailleurs ces documents ne disent jamais CAF mais CA ou Corps d'armée. A la même époque le CA du Jura devient lui le 45e CA (et non CAF), au moins dès janvier 1940, et sera nommé 45e CAF le 16/03/1940.

Concernant l'épisode où la RFB est sous le commandement du 13e CA, je suis d'accord avec vos propos, et comme cela n'a pas duré longtemps je n'insiste pas. Le Général Guillemont a certainement fait ce qu'il fallait pour ne plus avoir à rapporter au Général MISSEREY.

Quand j'aurai un moment j'essaierai de faire un point plus précis entre les différentes grandes organisations se référant à Belfort... Car même pour suivre le Commandement de la Défense de Belfort, le Général GIROL, c'est compliqué, un coup il est le commandant puis ne l'est plus et il le redevient... La défense de Belfort a toujours été une coquille vide, les troupes qui défendait Belfort dépendait toujours d'une autre GU... Cela n'a pas dû être facile pour le Général GIROL...

Je reviendrai, c'est promis, sur ce fil de discussion avec des documents à l'appui...

Encore merci pour votre réponse, nous sommes a peu près d'accord...

Bien cordialement

Philippe ROBIN


Réponse de jolasjm ( 4061 ) - Posté le 16/11/2020
Dernière modification par jolasjm le 16/11/2020.
Bonjour Mr Robin

Oui, je pense que l'accord sur le fond n'est pas éloigné, et je trouve cette discussion intéressante car elle permet de toucher à des points fondamentaux.

Il demeure quelques divergences qu'il y a lieu de remettre dans le contexte historique et tactique de l'époque. Il est en effet fort rare que ce qui arrive à un échelon local ne soit pas le résultat d'une approche plus globale ou d'une tendance de fond initiée par le haut de la pyramide, comme souvent dans notre pays. La seule composante réellement local est l'ampleur de l'application de la vague de fond.

Au risque de paraitre insister (et je ne vais pas recommencer mon topo du message plus haut), le 44° CAF ne me parait en rien une "continuité" de la RFB après sa dissolution fin décembre 1939 (effective en Mars suivant) :

- le territoire est différent, et de plus en plus petit.
La RFB couvrait du SF de Mulhouse au SD de Montbéliard incluant Belfort comme secteur arrière, le 44° CAF ne couvre en fin de compte plus qu'Altkirch et Montbéliard. Même le secteur de Défense de Belfort (à ne pas confondre avec un secteur défensif au sens "couverture de la frontière") est retiré au 44° CAF début Juin 40.
En ce sens, ce qui arrive à la RFB est identique à la situation en RFL et RFM (où le 42° CAF et le 43° CAF ne couvrent qu'à peine un quart du ban de l'ex-RFM ou RFL)

- la mission et la responsabilité sont différentes.
On passe d'une responsabilité limitée à la forteresse à la mobilisation sur un vaste territoire à une responsabilité tactique totale sur tout le dispositif - forteresse plus renforcement - sur un beaucoup plus petit territoire. Il s'agit à la fois d'une forme de banalisation (le 44° CAF est un corps d'armée du front comme les autres à ceci près qu'il a vocation à être totalement statique, ce qui n'est pas le cas des CA conventionnels - Le 13° CA voisin était amené à entrer en Suisse dans le cadre de l'hypothèse "H") et d'une prise de responsabilité totale sur ce territoire plus petit. Ainsi, la 67° DI - unité de renforcement - est rattachée au 44° CAF alors qu'elle ne l'était pas à la RFB, sauf progressivement début 1940 dans la phase transitoire suite à annonce de dissolution.
... bien sur idem pour les ex-RFM et RFL, car tout ceci se place dans le processus global d'intégration des commandements et de rationalisation du front, avec disparition des structures de commandement "forteresse" pures au profit d'un commandement unique, banalisé et intégré. Dans le fond, les Régions Fortifiées perdent en ampleur et visibilité ce que les CAF gagnent en responsabilité locale tant sur la fraction de troupes de forteresse qu'elles conservent que sur les troupes de renforcement d'intervalle qu'elles gagnent en contrepartie.

- même la composition du commandement - et des unités de support - change.
Le raccourci qui consiste à dire que le commandement de la RFB devient le commandement du 44° CAF est à nuancer quand on l'examine de plus près. En effet, une partie des services et de l'EM de la RFB n'ira pas au 44° CAF mais sera reversé à la 8° Armée directement (cas notamment des services techniques qui constituent la Direction des Services Techniques de Forteresse de la 8° A). Il en est de même pour les unités organiques de support associées à la RF et au CAF ultérieurement. Là encore cette décision n'est pas unique à la RFB mais sera appliquée pareillement en RFM et RFL. Ce n'est qu'une application pratique des décisions de réorganisation prises par le Gal Georges le 25 Décembre 1939.

Maintenant, je reconnais bien volontiers qu'une fois ces points importants admis, le débat sur "dissolution versus continuité" devient purement sémantique selon qu'on évalue le verre à moitié plein ou à moitié vide. L'essentiel est de comprendre les fondements de l'évolution (ou de la rupture) de RFB à 44° CAF. Dans le cadre de wikimaginot nous avons privilégié la vision de rupture et de table rase du passé, car c'est historiquement celle qui transparait des écrits de Gamelin et Georges.

Pour le reste de vos points, je vous suis assez largement.
C'est un fait que la situation dans la région de Belfort est particulièrement complexe, principalement du fait de la présence du Secteur de Défense de Belfort (ex-Place de Belfort que les auteurs ou sites oublient régulièrement mais qui à leur décharge a joué un rôle - modeste... - dans la défense des frontières). Mais là encore, si on remet la situation locale dans le grand ordre des choses, il y a eu bien d'autres situations complexes qui pourraient donner lieu à d'aussi intéressantes discussions.

La notion de subdivision ou de groupe de subdivisions n'est pas propre à la région de Belfort bien sur. Il s'agit des subdivisions standards de la structure normale des Régions Militaires (RM) du temps de paix, qui ont perduré après la mobilisation. Leur rôle n'a par contre rien à voir avec l'organisation du front après mobilisation puisque ce ne sont que des organes administratifs de gestion du territoire militaire. Les RM et leurs subdivisions avaient par contre un rôle absolument considérables avant septembre 1939 en tant que seules structures militaires régionales existantes. Il est important de comprendre leur rôle car il a été majeur dans la construction de la ligne Maginot, notamment entre 1935 et 1939, après dissolution de la CORF. Après la mobilisation, leur rôles se sont trouvés limités aux questions de logistique, de gestion des zones d'étape, et de la sureté/sécurité du territoire et des installations ou structures civiles importantes pour la Défense (usines, infrastructures...). Rôle important mais purement de support - et qui est allé un peu plus loin que le simple support d'administration locale lors de la débâcle quand il a fallu gérer des unités et reconstituer des fronts en pleine zone de "France intérieure". Il était cependant fréquent que le même officier supérieur ait plusieurs responsabilités touchant autant à ces structures administratives qu'aux tâches de type opérationnel ou tactique. Tout dépendait du volume de la charge de travail et de l'étendue de ces responsabilités - et bien sur de la qualité du bonhomme.

* Gouverneur de place : comme vous le précisez très justement, c'est une responsabilité de temps de paix. Dépendant du détenteur du titre ou de l'organisation locale, les gouverneurs militaires sont souvent en même temps commandants de Régions Militaires. C'est le cas notamment successivement des généraux Guitry, Giraud, Loizeau, qui sont à la fois Gouverneurs Militaires de Metz et commandants de la 6° Région, ou même des gouverneurs militaires de Lyon qui étaient en même temps commandant de la 14° RM. Leurs papiers à entête contiennent d'ailleurs les deux titres.

* CA versus CAF : il y a en effet du flou et des dénominations variables de ce type d'unité particulière, et pas seulement qu'à Belfort. L'acte de naissance du 24 Décembre 1939 lui-même génère d'emblée cette confusion puisqu'à une page il prononce la création de "corps d'armée et divisions de forteresse"(sic) puis 3 pages plus loin il les nomme "xx° Corps d'Armée, à commandement de type Corps d'Armée de Forteresse" (c'est écrit tel quel), ce qui a souvent été raccourci en "xx° corps d'armée de forteresse".
Mais ce qui compte en fin de compte, c'est la façon dont les papiers à entête des unités concernées se qualifient eux-mêmes dans la majorité des cas.
Je me fierait par contre moins aux écrits des JMO ou rapports d'officiers, qui ont tendance à utiliser des dénominations raccourcies ou "coutumières du langage courant" qui sont loin de traduire la réalité officielle dans sa rigueur. On constate tant de fois les RAP ou RAMF qui deviennent de simples RA, etc...
Pour la petite histoire, la notion de "corps d'armée de forteresse" de cette époque ne date pas de leur généralisation au 24 Décembre 1939, mais de la mobilisation elle-même ! Il y a eu création fugitive d'un "Corps d'Armée de Forteresse" (sans numéro propre !) le 2/9/39, simple état-major sans troupes en réserve du GQG. Le 14/09, ce "CAF" s'est vu affecté le SF de Montmédy et les 71° DI et 7° DIC (2° Armée) jusqu'au 12/10, date à laquelle il a transféré ses unités au 10° CA et s'est retrouvé comme réserve de commandement de la 1° Armée. C'est ce groupe de commandement qui a pris en Mars 1940 la tête du 41° CAF (Ardennes). Ce CAF a donc dû attendre 6 mois avant d'avoir un vrai numéro... Même chose bien sur pour le CAC (Corps d'Armée Colonial) qui n'a jamais eu de numérotation, mais c'est vrai que ce corps d'armée - et son commandement - est unique à plus d'un point !

En espérant que ceci permette au besoin d'alimenter constructivement le débat.
Bien cordialement
Jean-Michel


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