Ligne Maginot - TLFR - Téléphérique PONT-NUAZ - PAS-du-ROC



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TLFR - Téléphérique PONT-NUAZ - PAS-du-ROC

( RESEAU - Téléphérique (ligne) )









Secteur Fortifié
SFS - SF Savoie

Sous Secteur
Moyenne Maurienne

Quartier
Cols du Sud

Maître d'ouvrage
MIL - Commandement

Constructeur
Entreprises civiles

Année
Commune
MODANE (73500)

Lieu-dit / Parcelle
Pont Nuaz

Coordonnées
Non définies

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940
Construit

Etat actuel
Disparu





Notes et informations



CONSTRUCTION, Description

Le téléphérique du Pas du Roc s'étend entre la station basse de Pont Nuaz et la recette Haute de l'ouvrage du Pas du Roc sur une longueur de 1600 mètres environ, supporté par 8 pilônes pour un dénivelé de 548 mètres. Il est de marque APPLEVAGE.

C'est un téléphérique à câble unique d'un diamètre de 24mm permettant un approvisionnement maximal théorique de 5 tonnes de marchandise par heure à la cadence d'une benne toutes les 3 minutes.

Le mécanisme d'entrainement est installé dans l'entrée de l'ouvrage du Pas du Roc, ce qui le met à l'abri des coups de l'artillerie adverse.
L'entrainement est assuré soit par un moteur électrique de 22KW alimenté par le réseau électrique de l'ouvrage du Pas du Roc, soit par un moteur diesel indépendant de marque CLM 285 de 32 CV(1)

Le convoyage des marchandises est assuré par des bennes spécifiques, le câble supportant au maximum six bennes chargées d'un coté et six bennes vides de l'autre écartées chacune de 288 mètres.

La dotation était de 20 bennes pour marchandises, 20 supports pour le transport de liquides en tonneaux et d'une benne pour évacuation de blessé.

(1) Puissance maximale à 1000 t/mn


CONSTRUCTION, Mission, ou Fonction de l'objet

La route stratégique reliant l'ouvrage du Pas du Roc n'est accessible que trois à quatre mois par an du fait de l'enneigement à cette altitude et n'est pas totalement défilée des vues de l'ennemi.
Pour pallier à cette problématique et permettre un approvisionnement constant de l'ouvrage, un téléphérique a été construit reliant Pont Nuaz situé au nord de la route avant l'ouvrage du Lavoir et le bloc d'entrée de l'ouvrage du Pas du Roc


ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle

Seules subsistent aujourd'hui la recette haute du téléphérique, les pylônes et le câble ont été démontés ainsi que les équipements de la recette basse. Le mécanisme de la recette haute est (2000) en complet et en bon état.

2016: la station basse est propriété privée et est en cours de restauration.


HISTORIQUE, Chronologie

Le téléphérique Pont Nuaz - Pas du Roc a été mis en service avant la déclaration de guerre, le téléphérique ayant vraisemblablement été utilisé en partie pour la construction de l'ouvrage.
Le 21 juin 1940 le Cne Chanson commandant l'ouvrage sera évacué suite à une blessure. Le câble sera sectionné dans la même journée par un tir d'artillerie et réparé peu après.

Le téléphérique sera mis hors d'état par l'occupant allemand en septembre 1944 pour interdire son utilisation par les troupes alliées. Les allemands font sauter l'un des huit pilônes et coupent le câble en plusieurs endroits. Il restera hors service jusqu'à ce que le Génie le remette en état à la fin des années 40. Il restera en service jusque dans les années 1990, date à laquelle le cable sera démonté suite à l'abandon de l'ouvrage du Pas du Roc.


HISTORIQUE, Construction

L'avant-projet global du téléphérique PONT-NUAZ-PAS du ROC est défini en Mars 1934, suivi par l'ouverture du marché de construction de la station basse et son adjudication à l'entreprise Rossetti le 23 Juillet. Les travaux de 1934 se limitent au détournement de la route Charmaix-Lavoir pour accéder et contourner la station, ainsi qu'au nivellement de la plateforme de la future station basse. Le chantier est précipitamment clos pour l'hiver le 7 Novembre 1934 du fait de fortes chutes de neige.

Le projet technique final ne sera cependant discuté qu'un an plus tard au printemps 1935. Dans le cadre de ce processus, la station basse voit son projet présenté le 6 Mars 1935 (projet 569/S de la Direction de Grenoble).

Celui-ci est l'occasion d'une petite guerre entre services centraux et la Direction de Grenoble.

La STG commence par se déclarer incompétente, le dossier - incomplet - ne précisant pas dans quelle mesure ses recommandations de Mars 1934 avaient été prises en compte (note 355/S du 21 Mars 1935). Il est par ailleurs sévèrement critiqué par l'ITTF, qui n'avait pas été consultée pour l'avant-projet de 1934. Les reproches portent essentiellement sur l'existence de locaux non à l'épreuve contre le blockhaus du téléphérique, et que les portes du téléphérique ne sont pas blindées.

L'ITTF demande à ce que des locaux "de guerre" pour les hommes et le groupe électrogène soient construit en dessous du bloc téléphérique et que les portes soient blindées et identiques à celles de la station haute (entrée du PAS du ROC) et du bloc de protection du pilone 8. Ces demandes ne seront pas satisfaites initialement mais le projet est cependant approuvé avec réserves le 15 Mai 1935 (DM 3880 2/4 S) avec obligation de produire un rectificatif.

Le dossier de la station basse du téléphérique est transféré à la Direction du Génie de Lyon (et non plus celle de Grenoble) suite à la réorganisation du Génie de la 14° RM de Mars 1935. Celle-ci produit le rectificatif souhaité le 28 Mai 1935 (projet 1366/S). Les demandes de l'ITTF ayant été intégrées, le projet révisé est approuvé à son tour. Ces modifications ne semblent finalement pas avoir été mises en place. Victoire à posteriori de la Direction de Grenoble...

Pendant ce temps, l'entreprise ROSSETTI approvisionne les matériaux et débute la construction (ferraillage) courant 1935. Elle n'a cependant pas le temps d'aller beaucoup plus loin avant la fin du contrat au 31 Décembre 1935 car le projet est brutalement ajourné en Juillet de l'année par mesure d'économie (680.000 F à supprimer de la construction de SAINT GOBAIN, SAINT ANTOINE et PAS du ROC). En outre, le budget extrêmement réduit de 1936 (détente franco-italienne liée à la conférence de Stresa) entraine le report supplémentaire de la reprise de ce chantier ! S'en suit une négociation de solde de contrat ardue entre les deux parties concernées, qui se finit au détriment de l'armée qui doit accorder une compensation à ROSSETTI.

Les travaux d'achèvement de la station basse seront réalisés ultérieurement et achevés en 1937, sous la forme d'un batiment maçonné simple. La partie technique du téléférique, fournie par la société APPLEVAGE, est étudiée en 1935 et arrive sur site pour montage entre 1936 et 1937. Fin 1937, le montage n'est finalisé qu'à 40%.
Source(s) :
SHD - 4V685 (chefferie Chambéry - 1934) et 2V245 (approbations STG), 9NN4451, 9NN4453



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