Wikimaginot, le wiki de la ligne maginot




Magasin à munitions M1

(M1)






Description - Constitution


Pour illustrer ce paragraphe, nous vous invitons à vous référer au plans joints d'un magasin M1 type et des magasins M1 des ouvrages de Soetrich et de Bréhain.

Le magasin M1 est le magasin à munitions principal des ouvrages de la fortification Maginot. Il renferme à lui seul environ la moitié de la dotation de l'ouvrage en munitions d'artillerie comme d'infanterie.

Le magasin M1 est greffé sur la galerie principale de l'ouvrage à proximité de l'entrée munitions.
Il est normalement constitué de deux galeries parallèles reliées entre elles par les alvéoles (ou cellules) servant au stockage des munitions. Selon le type de M1 et le mode d'approvisionnement de l'ouvrage, les deux galeries s'alimentation se rejoignent ou non à l'extrémité du magasin en formant une demi boucle.

- les ouvrages alimentés par voie de 0,60m et disposant d'un accès munition de plain-pied ou en plan incliné compatible avec les plateformes Péchot Mle 1888 disposent de cette galerie semi-circulaire permettant aux plateformes une fois déchargées d'être retournées et renvoyées vers l'entrée.
- Les ouvrages alimentés par camion ou disposant d'une entrée M en puits, ne disposaient pas de la galerie semi-circulaire en bout de M1 car il n'était pas nécessaire de manœuvrer des wagons de deux types différents.


Ces galeries sont dotées sur toute leur partie droite de quais de déchargement dont la hauteur correspond à celle des wagons utilisés pour le transport des munitions. Elles sont équipées d'un systéme de pont roulant et de monorails (fournis par la Sté Tourtelier) permettant une manipulation aisée des casiers à munitions grâce à des palans sur monorail se prolongeant dans les alvéoles de stockage.

Face à chaque débouché d'une alvéole, un renfoncement du coté opposé de la galerie permettait le stockage des caisses vides. Par ailleurs, l'entrée dans le alvéoles ou la sortie se faisait au travers d'une chicane maçonnée, fermée côté quai par une porte en acier pivotante ou coulissante. Le magasin était complété par :

- des locaux techniques en entrée ou dans la galerie semi-circulaire
- une galerie de liaison pour piétons, en début de magasin, permettant d'aller de la galerie d'arrivée à la galerie de départ.
- deux rideaux métalliques coulissant permettant d'obturer chacune des deux entrées du magasin.



Protection contre l'explosion et l'incendie


La protection contre l'incendie qui était le principal risque identifié n'ayant pas été traitée par la CORF a été définie par la STG dans la Notice relative à la protection contre l'incendie des cellules à poudre des magasins M1 des ouvrages de fortification (n° 4929 2/4 S) parue le 19 Juin 1936.

Cette notice décrit un systéme d'extinction automatiques permettant aussi d'isoler les alvéoles entre elles grâce à des rideaux d'eau alimentés depuis des réservois sous pression, mais ces prescriptions sont toutefois restées lettre morte puisque ce type de systéme - supposé d'être installé à partir de 1938 - n'a à priori été mis en place dans aucun ouvrage, ou dans un nombre limité. A ce titre, le livre "Combat sur la ligne Maginot" de Mr R. Rodolphe décrit la présence d'un tel système dans le magasin de l'ouvrage du HOCHWALD. Signalons aussi le rapport du Cne KASPER de l'ANZELING, qui confirme l'existence d'un tel dispositif dans son ouvrage mais limité à une seule cellule du M1, celle qui stocke la poudre (gargousses de 135 mm).

D'autres dispositifs avaient été envisagés mais sont aussi restés sans suite comme par exemple celui de l'ouvrage du Galgenberg qui bien que doté d'une réserve d'incendie de 40m3 installée à mi-hauteur du puit de l'un des blocs n'est pas équipé du réseau d'incendie qui aurait du desservir le magasin M1.

Afin de parer les effets dévastateurs du souffle en cas d'explosion, les galeries donnant accés au magasin forment un angle avec la galerie principale permettant d'orienter le souffle vers l'entrée munitions dont les portes sont laissées ouvertes tant que l'ouvrage n'est pas attaqué par les gaz.
Une porte pare souffle (nommée Dispositif d'obturation sur le plan joint) installée dans la galerie entre le M1 et le reste de l'ouvrage permet d'isoler la partie avant (blocs, usine et casernement) de la partie arriére et de limiter à cette derniére les effets d'une explosion dans le magasin. Cette porte dont le déclenchement est manuel est actionnée par le personnel du M1 en cas de début d'incendie dans le magasin.
Par ailleurs, les renfoncement situés dans les galeries du magasin face à chaque alvéoles permettaient elles aussi de diminuer les effets du souffle en cas d'explosion dans une alvéole.

Pour éviter tout risque lié aux munitions sensibles et aux artifices, ceux ci sont stockés séparément des munitions classiques dans des locaux distants du magasin M1. Ces locaux nommés Annexes M1 sont de petites alvéoles de quelques mètres carrés chacune réparties le long d'un couloir et très espacées les unes des autres de manière à limiter le potentiel contenu dans chacune et éviter l'explosion des alvéoles voisines par sympathie en cas de déflagration dans l'une d'entre elles.

La gestion et la compatibilité mutuelle de stockage entre les différents types de munitions était décrite dans une notice "Instructions provisoires sur les services de l'artillerie dans les ouvrages..." qu'on trouvera dans la section Documents de cette fiche.



Gestion du magasin M1


Le fonctionnement du magasin M1 est assuré par le Service des Munitions composé de personnels de l'artillerie placés sous les ordres directs de l'officier chef du Service de l'Artillerie ayant son bureau au M1. Ces personnels sont chargés de la gérance du magasin M1, de son approvisionnement depuis l'extérieur et de de la fourniture des munitions nécessaires pour les magasins M2 des blocs. Ils sont aussi responsables de l'évacuation des caisses de munitions vides et des douilles usagées.



Fonctionnement du magasin M1


Le magasin M1 est approvisionné en munitions depuis l'extérieur, soit par des plateformes Péchot Mle 1888 circulant sur voie de 60 pour les ouvrages raccordés au réseau militaire extérieur, soit par camion dans le cas contraire. Les plateformes Péchot pénétraient dans l'ouvrage et étaient prises en charge au niveau de la gare de l'entrée munitions par un des locotracteur de l'ouvrage pour être poussées jusqu'au magasin M1. Dans le cas de la livraison par camion, ceux ci étaient déchargés dans le hall d'entrée de l'ouvrage et les munitions chargées sur des wagonnets de l'ouvrage pour être acheminées jusqu'au magasin M1.

Le quai de déchargement utilisé pour les opérations d'approvisionnement depuis l'éxtérieur était celui de la galerie du M1 la plus proche de l'entrée munitions, l'autre quai étant réservé aux opérations d'approvisionnement des magasin M2 des blocs de l'ouvrage via les wagonnets Mle Nord-Est internes à l'ouvrage. Les rames de wagons Péchot étaient refoulées dans le magasin en marche arrière, les locotracteurs n'ayant pas le droit d'y pénétrer du fait des étincelles qu'ils produisaient au niveau de la caténaire et des risques que cela présentait au niveau incendie. Les wagons étaient ensuite poussés à la main ou, dans les magasins les plus importants, tractés par des cordes grâce à un système de cabestans motorisés installés dans une des niches face aux alvéoles.

Les caisses de munitions étaient déposées sur le quai puis empilées dans les alvéoles de stockage. L'opération de déchargement terminée, les caisses de munitions vides étaient chargées sur les plateformes ou wagons pour être renvoyées vers le dépôt extérieur.

L'approvisionnement des magasins M2 des blocs se faisant sur un principe identique, si ce n'est que le quai opposé (quai de départ) était alors utilisé. Pour le transport vers les blocs, les munitions d'infanterie ainsi que celles de mortier de 81 restaient en caisse, les munitions d'artillerie étaient elles transportées dans les châssis modèle 34. Les munitions étaient chargées sur les wagonnets stationnés sur la voie de départ vers les blocs, la plus proche des alvéoles. La voie parallèle permettait elle aux plateformes Péchot de repartir vers l'entrée après avoir utilisé la galerie semi-circulaire. Dans les magasins réduits propres aux ouvrages alimentés par camion, il n'y avait qu'une seule voie dans la galerie de départ.

Ces châssis étaient spécifiquement développés pour permettre la manutention des munitions entre le magasin M1, le magasin M2 et le magasin M3 du bloc sans reprise en main. Ils étaient adaptés aux dimensions des wagons comme des monte-charges et conçus pour être manutentionnés par le système de de transport aérien monorail-palan dont les magasins, monte charges et coursive des blocs étaient dotés.

Les caisses vides étaient stockées dans les renfoncements faisant face à chaque alvéole.




Ouvrages dotés d'un magasin M1


Seuls douze ouvrages d'artillerie tous situés dans le Nord Est ont été dotés d'un magasin à munitions M1. Sur ces douze magasins, tous correspondent aux besoins effectifs des ouvrages tels que construits mais certains auraient du été étendus si les blocs dont la construction était prévue 2° cycle avaient rajoutés. Ces magasins M1 sont souvent cités comme 'inachevés', en exemple:

- Le magasin M1 de l'ouvrage de Fermont serait passé de 2 cellules complètes et 2 partielles, à 3 complètes et 3 partielles.
- Dans le magasin M1 de l'ouvrage de Latiremont, une cellule partielle aurait été transformée en complète
- Le magasin M1 de l'ouvrage d'Anzeling aurait compté une cellule complète de plus.
- Le magasin M1 des ouvrages du Simserhof et du Hochwald en auraient compté 2 de plus.
- Le magasin M1 de l'ouvrage du Galgenberg aurait été complété d'alvéoles supplémentaires si la Bretelle de Cattenom avait été construite.


Magasin disposant de 9 cellules de stockage

- Ouvrage du Hackenberg


Magasin disposant de 7 cellules de stockage

- Ouvrage du Hochwald,
- Ouvrage du Simserhof


Magasin disposant de 6 cellules de stockage

- Ouvrage de Métrich,
- Ouvrage de Rochonvillers
- Ouvrage de Molvange


Magasin disposant de 5 cellules de stockage

- Ouvrage de Bréhain,
- Ouvrage d'Anzeling,
- Ouvrage de Latiremont*


Magasin disposant de 3 cellules de stockage

- Ouvrage de Fermont,
- Ouvrage de Soetrich


Magasin disposant de 2 cellules de stockage et une 3° partielle

- Ouvrage du Galgenberg



A noter quelques cas particuliers :

- Le M1 de ROCHONVILLERS est cintré entre la 1° et la 2° alvéole, pour permettre de s'insérer entre les galeries de l'EH et de l'EM.
- Celui du GALGENBERG ne possède qu'une seule galerie d'approvisionnement pour alimenter ses 2 alvéoles et demi de stockage. Une galerie piétonne de liaison relie l'arrière des alvéoles.


Ouvrages sans magasin M1


Dans les ouvrages non dotés de magasin M1, les munitions dont le stockage était initialement prévu dans le magasin M1 sont stockées dans le magasin M2 en supplément de la quantité qui y est normalement prévue. Dans ce cas, les alvéoles des M2(/M1) étaient de taille double par rapport à celles d'un M2 d'ouvrage disposant de M1, soit typiquement 15m de profondeur contre 7 normalement.





© 2019 -Tous droits réservés wikimaginot.eu - Cette page a été mise à jour le 17/03/2017



Fils de discussion



Derniers documents rajoutés Magasin M1 & annexes
14 messages, le dernier est de jolasjm le 09/07/2016